‹ Mémoires de mistriss Bellamy (volume 3)Chapitre 16 sur 110 · LETTRE XV · texte numérisé non relu

LETTRE XV

8 février 17 — .

Je me levai le matin de bonne heure, avec le projet d'aller à Ingatestone, où demeurait une jeune dame qui, dans une visite qu'acné avait faite à ma cousine, mVvait beaucoup engagée à^er passer quelque temps chez elle; Mes parens firent Fun et Pautre tous leurs efforts pour m'engagera rester quelques jours de plus avec eux j mais me voyant décidée , ils me laissèrent aller. Mistriss Clarke voulut absolument que j'acceptasse d'elle quelques présens; entre autres choses, elle me donna l'Apologie de Barclay, ouvrage qui, quelques années après, me fut d'une très-grande utilité. Je partis de Clarke-Hall sur les neuf heures du matin , dans la voiture de ma cousine. En arrivant à Ingatestone , j'appris avec grand chagrin que miss White , chez qui j'allais , était partie pour Londres , avec toute sa famille, à l'effet d'y assister à l'assemblée

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•anuelle de s» secte. Je me fis conduire à une auberge, d^où je renvoyai la voiture.

Tandis qu^on me préparait à diner, j'^allai me promener au bout de la ville. Séduite par Taspect d^une jolie campagne, je m^avançai vers une éminence , d'où Ton découvrait au loin la contrée : j'observais dans la vallée une belle ferme , autour de laquelle tout annon« çait Tindustrie ; tout-à-coup , je vis quelque chose glisser à mes pieds ; c'était un serpent Je veux fuir : un enfant s'oflàre pour me protéger, et d'un coup de bâton tue mon ennemi.

De retour àFauberge, je fais quelques que»* lions sur le pays. Cette ferme , me dilK>n, appartenait à lord Petre, digne et re^ctaUe seigneur, quoique c(tihoUqik9 romain* JesovH ris, et mon bdtesse fol un peu embarrassée de voir que j'étais de cette même rdigion. Le fermier de lord Petre était aussi un honnête homme quoique papiste. Je îa& curieuse de savoir quelle différence impliquaient ces deux expressions \ c^était , me dî&H>n , celle d'un lotd à un paysan.

Tentée de passer quelque t«mp9 dans cette solitude, j'envoyai demander an fermier s'il voudrait recevoir en pension une personne

de sa secte. Mistriss Williams, son épouse , ymt me trouver à Fauberge; bientôt nous fumes d'accord.

J^allai le même jour prendre possession de mon nouvel asile : la première personne que jy trouvai fat le jeune enfant qui , le matin, m^avait servi de champion. Je fus présentée à la famille , composée du fermier, de sa femme, de deux fils , Fun veuf depuis peu, Pautre gar- 'çon , et de plusieurs domestiques ; honnêtes et industrieuses gens, vraiment heureux dans leur obscurité. On me conduisit , le soir, dans une chambre mieux meublée que le reste de la maison ; cMtait celle de la jeune femme qui récemment était morte , et fy trouvai des livides que je ne m'attendais pas à rencontrer dans une demeure aussi champêtre. Le matin et le soir M. Williams faisait la prière en présence de tout son monde; il n'eût pas permis au moindre gardeur de vaches d^ manquer. A nos repas, tout le monde était gai, à l'exception du jeune veuf, dont les traits exprimaient encore les regrets et la tristesse. Mistriss Williams semblait plus occupée de ce fils que de l'autre ; non pas , dit-elle , qu'elle l'aimât davantage, mais parce qu'il avait à ses

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soins plus de droit que Fautre, qui était exempt de soucis. Mon hôte me fit admettre les dimanches et fêtes dans la chapelle de lord Petre* Je passai dans cette ferme les jours les plus heureux dont jVusse joui depuis ma sortie de ce cher couvent, où j^ai vécu quelques années pour le regretter toujours.

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