‹ Mémoires de mistriss Bellamy (volume 3)Chapitre 79 sur 110 · O MEMOIRES · texte numérisé non relu

O MEMOIRES

parlé dans une autre occasion. Le digne garçon, en baisant mes mains, les mouilla yéritablement de ses larmes. Il avait témoigné à mon fils tant d^affection , que je le regardais comme un parent plutôt que comme un serviteur. Il était, deptiis Penfance , avec son maître, ayant été élevé dans une école qu^avait fondée M. Montgomery, père de sir George, pour rédu cation des enfans auxquels ses fermiers ou vassaux ne pouvaient en donner. A cette époque, sir George n^avait guère de domestiques mâles ni femelles, qui n'^eus- •sent participé à cette munificence de son père. J'ajouterai, avec tm grand chagrin, que sir George, quelques années après, trompé par une maîtresse, congédia ce fidèle Sherad.

Il y avait peu de temps que nous nous reposions , lorsque nous vîmes arriver miss Wordley, avec toute la cavalerie qui avait été au-devant de moi. La déesse de la déraison, oubliant que estait un dimanche, sMtait placée, dans sa chambre d'auberge , à côté de la fenêtre , et s'était mise à travailler Ce spectacle avait frappé les passans ; bieptôt la foule s'était rassemblée devant la porte. Mon fils et ses com-

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pagnons^ revenant de leur course, traversaient en ce moment le village ; iU s^arrêtèrent près de ce monde rasseml>le. Miss Wordley , jetant les yeux sur mon fils , le reconnut à rinstant par la ressemblance qu^il avait avec son père. Naturellement sans cérémonie, et rassurée par Paspect de la voiture sur la crainte de n^être pas bien reçue, elle ouvrit la fenêtre , et se fit connaître à ces messieurs ; bientôt , placée dans la chaise, elle se mit en route , accompagnée par* quatre écuyers à cheval, et ne tarda pas à arriver.

Après le thé , mon hôte me pria de trouver bon qu^il me montrât mon appartement, parce qu'il avait quelque chose de particulier à me dire. WPétant levée, je le suivis. Quand nous fumes dans ma chambre, je fus très-surprise de lui voir prendre un air important, que personne ne savait mieux affecter que lui. Il me dit alors, avec un grand sérieux, qu'il était fâché d'avoir à m'apprendre quelque chose de peu agréable. Cet exorde commença à me faire craindre d'avoir trop tôt renvoyé la voiture ; mais ma frayeur se dissipa , lorsqu'il me dit gravement que pen-

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dant la douleur quWait occasionée notre séparation, il sVtait obligé, par les sermens les plus sacrés, à ne jamais renouer avec moi une liaison pareille à celle qui nous ayait unis.

Cette brusque conclusion pensa me déconcerter , et me faire partir d^un éclat de rire ; mais me contenant de mon mieux, je rassurai quHl pouvait, à cet égard , se dispenser de toute excuse ; que si , dans Fétat actuel des choses , j Wais cru qu^il en fût autrement, je n^aurais pas accepté son invitation. Je m^aperçusque son amour-propre était blessé de cette déclaration, et j^en fus fâchée- Il nWait pas cru que je reçusse avec tant dHndifférence une nouvelle qui lui paraissait si importante , et il se flattait que Tobstacle qu^il m^annonçait me ferait autant de peine qu^il prétendait lui-même en éprouver; sa mortification fut visible. Cependant, quand nous eûmes rejoint la société , il reprit sa gaieté et sa politesse. Sir George, à ces deux égards, et surtout au dernier , remportait sar tous les hommes de son temps. Je n^ai connu personne, excepté la douairière lady Harrinff-

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ton i qui fit les honneurs de chez soi ayec plus d^aisance et d^attention , mérite qui dénote un bon cœur, perfectionné par Féducation et Fusage du monde.

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