‹ Mémoires de Mistriss BellamyChapitre 17 sur 91 · ME310IRES · texte numérisé non relu

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qu^il serait absent. Cette offre notait pas faite pour être refusée : mylord alla voir cette dame pour la remercier , et en même temps lui communiqua la défense qu^il me faisait de voir ma mère.

Cette malheureuse femme avait épousé depuis peu un officier, fils de sir Georges Walter, jeune étourdi qui aurait pu être son fils. Le dégoût suivit de près une union si mal assortie ; ce mari , choisi sous de mauvais auspices, quitta sa femme pour aller à Gibraltar, où était son régiment ; mais , avant de partir , ilsVmpara de tout ce qu''elle possédait, et même de ses vêtemens. Il prit, pour faire cette opération, le moment où ma mère était au théâtre, et revêtit des habits qu^il lui avait pris une femme qu'il emmena avec lui : résultat trop fréquent de ces mariages disparates , dans lesquels une femme , en encourant les mépris de son sexe , sVxpose aux outrages de Tautre.

Soit que Tétat où cette spoliation laissa ma mère la déterminât à se rapprocher de moi , dansTespoirque je pourrais lui être de quelque utilité , soit que Tabandon où elle se trouvait réveillât sa tendresse, elle s'adressa à cette même domestique qui m'avait menée chez elle

pour me faire prier d'aller la voir ; elle désirait même que j'allasse demeurer avec elle. Dans cette démarche, elle avait probablement pour objet de partager les cent livres que lord Tyrawley me donnait par an, tant pour mon entretien , que pour le salaire de ma femme de chambre.

Naturellement compatissante , je ne pus apprendre que ma mère était abandonnée, pauvre et malade , sans me sentir disposée à lui donner tous les secours qui dépendraient de moi. Oubliant la manière dont elle m'avait traitée , et n'écoutant que ce qui me semblait être mon devoir, je pris tout ce que j'avais d'argent, une montre de prix, quelques bijoux, et sans même prendre congé de la dame qui m'avait si obligeamment reçue chez elle, j'allai trouver ma mère. Je me suis reproché depuis ce défaut d'attention; mais je ne songeais alors qu'à l'obligation que m'imposait l'affection filiale.

Ma mère, par mille marques de tendresse, chercha à expier la légèreté avec laquelle elle m'avait précédemment reçue. Son affection ne me laissa aucun regret pour l'éclat et les richesses que je venais de quitter : je

me trouvais parfaitement heureuse. Cependant le peu dVrgent que j Wais apporté n^ofFrit pas une ressource de longue durée : lorsqu'il fut fini, ma mère emprunta sur mes bijoux, sur ma montre , espérant que ces petites sommes nous suffiraient jusqu'à l'échéance du quartier de ma pension ; mais lorsque ce terme arriva , nous apprîmes ^ a notre grand étonnement, que mon changement de domicile avait mis fin à ma rente. Ma mère alors reconnut qu'au lieu d'alléger son sort, elle s'était chargée de deux personnes qu'elle allait être obligée de nourrir.

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