‹ Mémoires de Mistriss BellamyChapitre 33 sur 91 · H6 MEMOIRES · texte numérisé non relu

H6 MEMOIRES

heure, pour être moins incommodée de la soirée du lendemain.

En rentrant à la maison, je trouvai notre compagnon de voyage, M. Crump, tète à tête avec ma mère. Celle-ci m^apprit que miss Saint-Léger, Fune des trois dames que j''avais connues chez Jones, quelques années auparavant, était venue pour ine voir. Elle me priait de Taller trouver le lendemain matin , chez lady Doneraile, dans DaAvson- Street. Ainsi , étant arrivée sans connaître à Dublin une seule femme, je me trouvai tout d'un coup en mesure dVtre introduite dans les meilleures compagnies de Dublin. Flattée de la manière dont j'*avais été reçue chez mistriss O'Hara , je dis en riant , à ma mère , qu'il fallait qu'elle bannit un peu de sa réserve, pour engager M. Crump, qui paraissait se plaire avec elle, à lui donner tous ses momens de loisir; car probablement elle jouirait peu de ma société; les devoirs de mon état, et les invitations que j'allais sûrement recevoir, promettant d'occuper tout mon temps. M. Crump promit, pour sa part, de suivre mon conseil; mais ma mère fut très-choquée de la li{)erté que j'avais prise avec elle. J'ai déjà dit qu'elle

avail conserve toute la pruderie des quakers, quoiquVlle eût renoncé aux dogmes de cette secte.

Le lendemain matin , j'allai déjeuner chez miss Saint-Léger , qui me reçut avec une politesse animée par le plaisir d'embrasser une personne chère , qu'on revoit après une longue absence. Elle me demanda avec empressement des nouvelles de miss Conway, et fut bien touchée d'apprendre que cette jeune personne était dans un dépérissement alarmant, son service auprès de la princesse de Galles , dont elle était fille d'honneur , l'empêchant de prendre les mesures qui eussent pu rétablir sa santé. Miss Saint-Léger me pressa de rester à dîner avec elle; mais lorsque je lui eus dit que j'avais un engagement, et nommé les personnes chez qui je dînais, elle me dit obligeamment qu'elle se félicitait alors de ne me pas avoir, la connaissance de mistriss Butler étant la plus précieuse que je pusse faire à Dublin. Elle témoigna même beaucoup de regret de ne pouvoir fréquenter cette maison; lady Doneraile, sa tante, s'en était éloignée pour quelque tracasserie.

Ma réception chez mistriss Butler fut on ne

Il8 MEMOIRES

peut plus flatteuse. Cette dame se déclara ma protectrice avant même de savoir si je mériterais ses bontés; et lorsque je pris congé d'elle, elle m'invita à passer dans sa maison toutes les heures que je ne serais pas obligée de donner au théâtre; ce que je lui promis bien volontiers.

DE Ml'STHlSS UEIA.\M\

iJ9

Page 1