TOME I. aa
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portant sur la décence, je le frappai. Je rougis encore aujourd'hui, en me rappelant cette violence commise il y a tant d''années. J^eus une telle honte de mon emportement, que je fondis en larmes; et je parus plus confuse d^avoir donné ce coup , que ne le fut Zanga (ïen avoir reçu un. M. Calcraft soupirait et sanglottait. Le bon M. Gansel était presque hors de lui. Celui-ci m''ayant enfin déterminée à m'asseoir, s*'étendit sur la manière brutale dont M. Metham sVtait conduit avec moi. Il en résultait, selon lui, que ma véracité était devenue suspecte ; que ma réputation était entachée ; et que jetais exposée à être , au premier moment, victime de la jalousie d^un furieux. Enfin, il peignit ma situation de couleurs si fâcheuses, que je commençai à être aussi agitée de crainte, que je Pavais été de colère.
M. Calcraft, trouvant en M. Gansel un si zélé défenseur, pensa qu'il ferait bien de lui laisser plaider sa cause. En conséquence, prétextant quelques affaires , il le pria d'excuser la promptitude de son départ. Il craignait, ajouta-t-il, que des raisons du même genre ne Tempéchassent de revenu r bientôt à Don-
iralan-Park, à moins qu**!! ne reçût Theureuse nouvelle que je consentais à être à lui. Il pria M. Gansel cremployer tous ses soins pour obtenir cet aveu, auquel cas il accourrait pour signer son acte. Son amour, dit-il encore, lui donnait pour moi les plus vives inquiétudes; il ne savait trop ce qui pourrait m''arriver , si je retournais à Londres sans y avoir quelqu^un pour me protéger; si je le permettais, il se chargerait volontiers de cet emploi , fût-ce au péril de sa vie. Je ne répondis rien : il sortit.
Son départ me soidagea. L'agitation que J€ venais d*" éprouver me donna la fièvre. La semaine de la Passion expira avant que je fusse rétablie. M. Gansel pria son fils , qui était retourné à la ville, d^'instruire M. Garrick des motifs qui m^mpécheraient de paraître pendant quelques jours. Le colonel trouva que le directeur n'avait pas grand besoin de ma présence, la plupart des représentations étant destinées aux bénéfices. Les chagrins et les inquiétudes se succédaient : j'étais née pour être malheureuse; et chaque incident de ma vie semblait tendre à l'accomplissement de cette triste destinée.
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