‹ Mémoires de Mistriss BellamyChapitre 76 sur 91 · TOME 1. .i · texte numérisé non relu

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ry-lane , et me faisaient fort rechercher par ceux de Covenl-Garden. Enfin , maigre Tavis de tous mes amis , et les sollicitations les plus pressantes de mistriss Cibber, je m^engageai avec les derniers. Il semble qu\in mauvais génie ait préside à toutes les actions de ma vie , et m''ait empêchée de profiter de toutes les occasions de bien faire qui se sont offertes à moi. Dans cette circonstance , mon choix fut dVutant plus mal calcule , que d\me part, en continuant déjouer avec Garrick , je me serais perfectionnée ; de Tautre, les fréquentes et ( quoi qu^on en ait dit ) trop ve'ritables indispositions de mistriss Cibber, m'^auraient fourni autant d'occasions que je pouvais le désirer de cultiver Findulgence avec laquelle le public voulait bien me traiter.

A notre retour à la ville, lord Digby étant en pays étranger , M. Caîcraft , qui craignait le retour de M. Metham , me détermina à aller demeurer chez lui. Son attachement semblait chaque jour augmenter au lieu de s*'affaiblir ; tout paraissait nous promettre une vie aisée et tranquille.

Ce fut alors qu^il m\npprit quel était soq revenu : je fus très-surprise de voir qu^il n'était pas aussi considérable que le mien , y compris mon bénéfice , qui , à la vérité , était prodigieux, et que ma liaison avec lui devait probablement beaucoup augmenter. Il me demanda quelle somme me paraissait nécessaire pour tenir notre maison : sans calculer ni réfléchir , je répondis cent guinées par quartier. Il y consentit sans difficulté.

Tant de temps sVtait écoulé depuis que j^avais reçu des billets de banque d\me main inconnue , que je crus pouvoir faire usage des mille livres qu^ils contenaient. Je commençai , en conséquence , par payer toutes mes dettes ; j'*employai le reste à ajouter âmes bijoux Ainsi délivrée de tout embarras, munie de riches et élégantes parures , et pourvue d\me assez grande quantité d''argenterie , je pris publiquement Tétat de femme de M. Calera f t.

Je vous donne ces détails , pour vous prouver que lorsque j^ai formé cette union avec lui , loin d'*avoir des dettes pour Facquittement desquelles j'eusse besoin de ses secours.

je ne devais rien à personne , et j'avais un revenu supérieur au sien. Je vous ai dit que je serais vraie dans tous mes récits ; vous reconnaîtrez que je ne vous ai point trompée.

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