‹ Mémoires de Mistriss BellamyChapitre 81 sur 91 · TOME 1. aS · texte numérisé non relu

TOME 1. aS

alarmes que me causait la maladie d^une enfant qui mVtait si chère; pour M. Calcraft, il semblait ne redouter que pour la beauté' de sa fille les funestes effets de cette terrible maladie.

Loin dWoir le même souci , j^eusse plutôt désiré quVUe eût peu de ces dangereux attraits qu'ion envie. Une triste expérience m^avait appris à déplorer ceux que j^avais reçus de la nature. Quoique, par un sentiment de devoir , je me conduisisse , envers M. Calcraft , avec tous les égards que comportait notre union , quoiqu'une absence de dixhuit mois eût effacé presque toute la tendresse que j'avais eue pour M. Metham , je ne songeais jamais sans amertume à ces misérables agrémens qui m'avaient jetée dans les bras d'un homme que je ne pouvais aimer.

Les peintres ont représenté Famour monté sur un lion , et gouvernant , à son gré , le plus fier des animaux; mais personne ne s'est avisé de le peindre obéissant lui-même à un maître. Souverain du monde , il n'est jamais esclave , et il ne nous est pas plus permis de diriger ses traits , qu'il ne nous est possible

DE MISTRISS BELLAMY. SSj

de les éviter. Il ne dépendait pas de moi d^aimer un homme dont Pâme notait pas de la même trempe que la mienne. On peut feindre , dit-on; mais il est difficile de tromper : et serait-ce en ce genre que j'eusse voulu en faire Fessai , moi qui , fîère de ma franchise , n^ renoncerais pas pour Fempire de la terre ?

Puissiez-vous , ma chère , quand votre heure sera venue , car il en est une , ce semble , marquée pour Tamour comme pour la mort , puissiez-vous trouver dans Fhomme auquel s'unira votre destinée , un cœur à Funisson du vôtre ; puissiez-vous ne jamais savoir , comme moi , ce que c'est que de donner sa main , et de ne pouvoir en même temps donner son cœuri

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