CHAPITRE IX
Une soirée chez des dévotes. — Un quiproquo. — Une soirée chez mademoiselle Duchesnois. ■— Une débutante. — Un Jésuite. — Le Père Loriquet.
Quelque temps après ma fête, mademoiselle Duchesnois domia une soirée à Paris. J'y fus invite'e, ainsi que ma camarade Félicie , que son amabilité faisait beaucoup désirer dans le monde artistique.
Mademoiselle Duchesnois habitait une par-
lie (lu rcz-dc-chaiissck^ (F un hôtel de la rue de la Ferme-des-Malhurins.
Je ne jouais qu'en premier. Je fis une toilette de bal , et j'arrivai vers neuf heures.
Il était fort tard quand Féîicie arriva. On la gronda amicalement.
Elle riait comme une loilc, au lieu de s'excuser.
En(in, elle nous dit : — Écoutez mon avanlure :
« C'est la [première lois que je viens ici. Je vois une file de voitures . je descends de fiacre h la porto , et suivant des personnes qui entraient dans la cour , je monte un perron , j'entre dans une antichambre , où je dépose
mon châle et les petits chaussons que j'avais par dessus ma chaussure de bal.
» Un grand laquais en livrée me demanda mon nom ; je le lui dis ; il ouvre deux battans, et annonce : — Mademoiselle Félicic !
» Je me trouve dans un grand salon meublé à l'antique. Une demi-douzaine de dames, qui paraissaient aussi antiques que les meubles , se lèvent et me l'ont de profondes révérences que je rends, assez surprise à l'aspect de ces physionomies sévères.
— Asseyez-vous, mademoiselle, me dit une de ces dames , la maîtresse de la maison va venir.
» Ne voyant que des toilettes de grand' ma-