‹ Mémoires de Mme Du HaussetChapitre 3 sur 28 · PREFACE VII · texte numérisé non relu

PREFACE VII

crcts révoltants, qui ne la révoltent point, ne parait pas avoir atteint sa conduite personnelle.

Quoi qu'elle dise ou qu'elle fasse, et prêtât-elle la main à des actes inavouables, la femme de chambre de M"** de Pompadour conserve un air de décence et répand autour d'elle comme un parfum de désintéressement et de probité. Et pourtant son obéissance sans borne l'incite à se transformer, à Voccasion, en Lucine interlope, en entremetteuse suspecte. Peu lui importe! son devoir n est-il pas d'aller là où on l'envoie, fût-ce au Parc aux Cerfs, d'accomplir ce qu'on lui commande, de s* incliner toujours et quand même, quelque fange qu'elle remue, devant la main royale dont le moindre signe suffit pour réduire M"** du Hausset à l'état de machine à obéira Chez cette femme de qualité déchue, le déclassement a laissé intact le sentiment particulier à sa caste : ce fétichisme de la royauté, fait de servilité aveugle et d'adoration passionnée ou intéressée, qui crée autour des trônes, suivant le hasard des événements, tout un monde de héros ou de courtisans avilis.

M^' du Hausset, elle, est une héroïne d'antichambre. Elle a de l'intelligence, du zèle, de l'initiative, du jlair et du tact; elle est de bon conseil, comme elle est de bonne compagnie, autant par instinct que par éducation. Et, mérite rare, aucune révolte de l'orgueil, aucune suggestion de cette envie féroce et basse qui enfîelle si aisément l'âme des dé-

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