LETTRE DE MOLE
Au Journal de Paris.
Messieurs,
J'ai déjà trop tardé à vous remercier sincèrement de la note flatteuse que vous avez bien voulu insérer au sujet de ma femme , dans votre feuille du vendredi 8 de ce mois, à Toccasion du rôle que M. Dorai lui a confié dans sa pièce de Roséide ; vous avez eu la complaisance de rendre justice à son application , à ses efforts , et de remarquer en elle quelques progrès faits surtout depuis quelques mois. Ces progrès ont paru plus sensibles. Messieurs, par l'absence de son ancienne, qui l'a mise à portée de jouer plus souvent ; et ce que vous avez reconnu en M"'' Mole, prouve qu'au théâtre notre réputation , et même nos talens, tenant au plus ou moins d'usage qu'on en peut faire, dépendent du plus ou moins d'activité ou de complaisance de celui ou de celle dont nous sommes le double. Souffrez qu'en rendant publique ma reconnaissance et celle de ma femme, je vous
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prie, {Messieurs, de poinieltre que je relève par la iiièine voie une erreur glissée dans le Mercure y au sujet de ce inéme rôle joué pai ma femme. M. de Chamois , gendre de mon camarade Préville , et chargé de la rédaction de l'article {\{^s spectacles, devrait mieux savoir ce qui s'y passe , et n'aurait pas dû craindre de nommer M"**^ Mole dans la liste des acteurs employés dans celte pièce; il nous dira qu'y avoir nommé à sa place M"'' Luzy, qui n'y joue point, est une faute de copiste , et j'aurai l'honneur de lui répondre qu'en corrigeant l'épreuve il pouvait y relever cette faute, et que M'"' Mole ne devrait pas, pour un homme chargé d'instruire le public de la vérité , être plus difficile ni plus long à écrire que M"' Luzy . A votre égard , Messieurs , j'en viens à vous témoigner toute ma reconnaissance de l'encouragement que vous avez donné à ma femme ; c'est par ce moyen toujours honnête qu'inspirant quelque confiance aux talens timides, on leur procure de nouveaux moyens de satisfaire le public. La confiance donne à l'esprit de la liberté , à l'âme de l'essor, et c'est toujours aux encouragemeus que le public daigne nous prodiguer
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que nous devons le I)onlicnr don mériter <]uelques uns. J'ai l'honneur d'être , etc.