SUR MOLK. XV
cette ma^ie éblouissante du taleiit qui pare le ridieule et qui embellit jusqu'au vice, excitèrent ladmiration des loges où se trouvaient les orij^inaux, et la gaîté nialig^ne du parterre , qui riait à la fois de la fidélité de la copie et de la bonbonne des modèles.
Mole rendit alors aux jeunes seigneurs de la cour ce qu'ils lui avaient prêté; il avait étudié des ridicules individuels , dont il avait composé un tout : le théâtre est une optique où il faut toujours un peu exagérer la vérité; mais Mole était si élégant , si délicieux , que la jeune noblesse se mit à l'imiter, et que les originaux se firent copie. Ainsi chacun ajouta au ridicule qu'il avait déjà le ridicule d'un autre , comme s'ils s'étaient fait une espèce de don mutuel : dans une pièce qui était une satire sanglante des classes élevées de la société , elles ne trouvèrent qu'un tableau parfait de leurs amusemens , et dans l'acteur qui humiliait l'ha* bit et 1 honneur militaire par une légèreté