‹ Mémoires de MoléChapitre 51 sur 85 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Qui regarde partlcuUèrement les soubrettes et les valets.

Pour divers rôles de suivantes, il n'importe pas et peut - être même il est à propos que l'actrice ne soit plus de la première jeunesse. Pour d'autres, il est de la bienséance qu'elle soit jeune, ou que du moins elle le paraisse. Cela est convenable lorsque les discours peu

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respectueux , tenus par la soubrette à des personnes auxquelles elle doit des égards, ou les conseils peu sages qu'elle donne à déjeunes beautés, ne peuvent avoir pour excuse qu'un grand fond d'étovu'derie. Cela l'est surtout lorsque, pour favoriser deux amans, elle se permet certaines démarches condamnables au tribunal d'une morale rigoureuse. Moins la soubrette aura l'air jeune , plus l'indécence sera frappante.

Une soubrette n'est pas toujours obligée d'avoir l'air jeune ; elle l'est toujours d'avoir dans la langue une extrême volubilité. Si elle est privée de cet avantage , elle fera, surtout dans les comédies de Rcgnard , perdre à plusieurs rôles la plus grande partie de leurs grâces.

L'air malin ne lui est pas moins nécessaire que la volubilité de la langue. Quand on remarque, dans une suivante, une physionomie simple et ingénue, on s'imagine voir Louison ou Javotte, et non Finette etNérine.

Autant l'air malin est-il nécessaire aux suivantes, autant la souplesse et l'agilité le sontelles aux valets. J'ai observé que, dans une pièce bien faite, tous les personnages étaient toujours en mouvement, et, pour lors, je

n'employais cette expression que dans le sens figuré; par rapport aux valets, elle doit être prise au propre; il est essentiel que sans cesse ils amusent nos yeux aussi bien que notre esprit. De ce principe il s'ensuit qu'une taille épaisse ne leur sied pas mieux que le bëgayement à une soubrette babillarde.

FIN DE LA PllEMIEKE PARTIE.

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SECONDE PyVRTJE.

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