‹ Mémoires de MoléChapitre 67 sur 85 · PREMIÈRE OBSERVATION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE OBSERVATION

Mal à propos se sert-on du mot charge en parlant du trop de véhémence de la déclamation d'un acteur tragique. Lorsqu'un peintre , dans un tableau destiné a nous toucher, fait grimacer ses figures, on ne dil pas qu'il charge; on dit qu'il rend mal ce qu'il veut exprimer. Lorsqu'un comédien, en voulant

LE COMKDIF.N. ^5l

copier un héros, nous montre un encr£»uniène, on ne doit pas non plus dire qu'il charf^c son rôle; on doit dire qu il joue un rôle difl'erenl. La charge est au théâtre la même chose que dans la peinture : c'est un excès qu'on se permet pour se moquer ou pour faire rire. Un peintre, dans une débauche d'imagination, trace une figure grotesque ; il racca})le sous le poids d'une bosse dont l'cnormité surpasse tout ce qu'on a pu voir en ce genre ; de même un acteur comique , pour s'égayer ou pour égayer les spectateurs , peut porter quelques espèces de ridicules à un plus haut point qu'elles n'ont jamais été portées.

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