‹ Mémoires de MoléChapitre 7 sur 85 · DISCOURS DE CLOTURE · texte numérisé non relu

DISCOURS DE CLOTURE

Prononcé par Mole en 1776.

JVlEâSIEURS,

Les devoirs ne sont pas toujours pénibles à remplir ; j'éprouve combien il est heureux d'avoir à s'acquitter de ceux que le respect, le zèle et la reconnaissance ont imposés aux comédiens : toujours animé de l'ardeur de vous plaire, souvent ému par la crainte de vous mécontenter, et en tout temps pénétré de vos bontés, mes camarades m'ont jugé digne par ces sentimens d'être leur interprète. Us auront lieu d'être contens du choix qu'ils ont fait de moi pour vous présenter leur hommage, s'il peut vous satisfaire. Messieurs, par l'organe d'un cœur sensible et rempli de vérité.

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Parmi les nouveautés que nous avons eu l'honneur de vous donnei* depuis Pâques dernier, plusieurs ont reçu de vous un aceueil favora])le, quelques unes ont subi un sort moins heureux. Vous rappeler celles qui ont obtenu votre sufïrage, serait solliciter en faveur des talens un prix qu'ils ont déjà reçu de vous, tandis que mon silence sur les autres , en augmentant le regret de leurs auteurs, ne servirait qu'à renouveler en eux le chagrin de n'avoir pu réussir : heureux ou malheureux , tous ont été guidés par le même principe; tous, excités par le même désir, méritent au fond les mêmes encouragemens. Ils viennent de recevoir un exemple bien cher et bien frappant de la solidité de votre goût dans l'accueil que vous avez fait à un des chefsd'œuvre du célèbre, de l'immortel Corneille, à la tragédie à' Héraclius ; les applaudissemens que vous avez donnés au Dépit amoureux, lors de la remise que nous avons faitj de cet ouvrage du père de notre théâtre dans un autre genre : tout atteste l'amour que vous avez, que vous aurez toujours pour le vrai beau. Quelque délassement, quelque variété que vous cherchiez dans vos plaisirs. Messieurs , qu'on suive la route des grands hommes

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