CIT
doine, cl le livret d’un ballet, «où l’on représente les Dieux « qui se disputent la gloire d’avoir le plus contribué à donner
• au roi le glorieux surnom de Grand,» avec les noms des élèves qui ont figuré dans les deux pièces.
Nous devons remarquer une création qui se sent du génie de Colbert, et dont il n’est pas dès lors étonnant de voir prendre l’initiative à son fils Seignelay. Il s’agit de l’enseignement des langues vivantes: l’Université ne l’admettait pas, et les négociants étaient obligés d’envoyer leurs enfants en Angleterre et en Hollande pour y apprendre les langues de ces pays. Afin de combler cette lacune, Seignelay écrivit à Foucault, en 1687', que le roi jugeait à propos de faire enseigner l’anglais et le hollandais dans les ports de mer. Foucault proposa d’établir cette école, pour sa généralité, au bourg de la Chaume, petit port très- fréquenté par les étrangers*. Le môme esprit présida à une autre création. En septembre i yo4 , Foucault fit établir, au collège des Jésuites de Caen, « une
• chaire de mathématiques et d’hydrographie pour finstruc-
• lion des jeunes gens qui prennent le parti de la mer. » Les Mémoires* ont conservé l’affiche annonçant f ouverture de ce cours, qui fut inauguré le 26 mars suivant. On a soin d’y faire savoir que le discours préliminaire et les leçons elles-mêmes auront lieu en français
On doit rattacher à un ordre d’études intermédiaires entre
' p. ai5.
' Ed 1701» PoDtchirirain fit établir une école toute semblable k la Rochelle. (V07 sa lettre, du 29 août 1701, k l'in* tendant Bégon, dans Depping, Correspond dance admi/ùitrativf , t. IV, p. 5 10.]
* Page 365.
' Déjà, en 1668, l'intendant Chamil*
iart, père du minisire, avait chargé le P. Gautrucha. de la Compagnie de Jésus, d'ouvrir un cours de mathématiques à Caen; on y avait joint une «académie, >• où l'on s'assemblait toutes les semaines pour se perfectionner dans cette science. (Depping, Correspondance administratite , t. III, p. 780.)
l’instruction secondaire et l’instruction supérieure l’érection d’une chaire de mathématiques au collège des Jésuites de Cahors, en i683, moyennant la suppression de deu.x chaires des arts dans l’Université de cette ville, et la demande à Colbert ‘ d’établir un écuyer à Montauban, « pour mettre à cheval •< les jeunes gentilshommes, » et d’imposer à toute la généralité 5oo** pour le logement de l’écuyer.
lùoles de droit. En 1681, Foucault proposa au chancelier, qui y consentit, rétablissement de six docteurs agrégés et d’un professeur en droit français à la faculté de droit de TUniversité de Cahors. Le chancelier voulait charger de ce cours un des quatre professeurs en droit déjà en fonctions, mais Foucault lui représenta qu’ils étaient tous enfermés dans l’étude (lu droit romain, et fit nommer le sieur d’ülive, conseillera la cour des aides de Montauban, et fils'* d’un bon jurisconsulte
A son arrivée à Poitiers, il eut à réformer un abus dans la faculté de droit de cette ville, en empêchant les écoliers de faire en même temps leur droit à la faculté et leur philosophie au collège des Jésuites'*. Il y installa, la même année ^ un professeur de droit français, comme il avait fait à Cahors. Les Mémoires ont conservé le brouillon du discours qu’il prononça à cette occasion.
A Caen il eut à se mêler encore des affaires de la faculté de droit, où il se passait « des brigues et cabales » au sujet de la nomination d’un professeur. C’est la seule occasion où cette faculté soit mentionnée dans les Mémoires; mais il en est ques-
' Mdmoiret, 1 8 juin i68i, p. 78.
’ Simon d'Olive, le père, est connu encore aujourd'hui par scs Queilioiu notables de droit, i" édil. Lyon, 164g.
’ Mémoires, a3 avril 1681, p. 78.
' Ibid. 1 4 février 1688, p. a 18.
* Ibid. a4 novembre 1G88, p. ai'].
* Ibid, mars iGgo.p. 360.
INTRODUCTION. «vu
tioii dans les dépêches adressées à Foucault j>ar le chancelier de Pontchartrain. Une déclaration du roi ayant fixé les vacances du lo août au lo novembre, la faculté de Caen demanda le maintien de l’ancien état de choses, qui les faisait courir du lo juillet au lo octobre, et Pontchartrain ordonna à Foucault d’examiner celte réclamation pour juger si l’on pouvait y satisfaire Deux autres dépêches du chancelier^ ont pour objet d’interdire aux professeurs en droit de faire euxmêmes les répétitions des écoliers, ce qui les empêche de donner tout le temps nécessaire à leurs leçons publiques, et « ce • qui prive les agrégés d’une fonction pour laquelle ils sont «principalement établis et des émoluments qu’ils pourroicnt « en retirer, dont ils ont souvent besoin pour subsister. » Ponlcbarlrain suggère à Foucault un moyen de s’informer si cet abus se renouvelle : « Vous chargerez les agrégés d’y veiller; ils « ne manqueront pas de vous en avertir. »
Belles- lettres. Colbert était amateur de manuscrits; il recommandait aux intendants de profiter de leurs visites dans les généralités pour rechercher, dans les églises cathédrales et dans les principales abbayes, s’il s’en trouverait de considérables, et de tâcher de les avoir sans autorité, mais par douceur et par achat. Lorsque Colbert lui envoyait cette recommandation ^ Foucault l’avait déjà mise en pratique, car, dès le commencement de 1678, il était en correspondance avec le célèbre Baluze, bibliothécaire de Colbert, relativement aux manuscrits de l’abbaye de Moissac*. La recherche qu’on en
' Dép^be du 1 1 mars 1700. p. bh-j.
' DépécbesdePontcharliain àFoucaull, du 1 décembre ■ 703 et du 1 ' mars 1 704 . p. 54g.
’ Dépêche à Foucaull , du 1 a décembrr i6bo, p. 45g.
‘ Noua avons extrait les deux lelire.v suivantes, ainsi que le catalogue des ma-
INTRODUCTION, fit avait-elle commencé sur un ordre de Colbert, ou par l’initiative de Foucault, fort amateur de curiosités bibliographiques? c’est ce que nous ne saurions décider. En tout cas, les deux lettres de l’oucault à Baluze, que nous donnons en note.
nuMrrits de l’iibbaye de Moissac, des ma nuscrits de 1a Bibliothèque impériale coti' cernant la bibliothèque de Gilbert:
rOÜCAULT k BALOZE.
■ Je n*ai point voulu. Monsieur, faire « réponse à la dernière lettre que vous avex
• pris la peine de m*écrire. que jen aieëté «en état de vous envoyer le calal(^uc des
■ manuscrits qui sont dans Tabbaye de « Moissac. Je me suis servi pour les exa«
• miner de M. Fonillac, chanoine de Ca-
■ hors, qui a demeuré sept jours à en par-
• courir seulement une partie, les archives
• de ce monastère étant dans une très-
• grande confusion et la plupart des actes « pourris ou mangés des rats. M. le prési- «dent Douât y a passé assez légèrement, « et il y a beaucoup de livres et de carlu-
• iaires qu'il n'a point vus. 11 est aisé de
■ connoiire parfaitement co qui est ren-
■ fermé dans celte abbaye, pnr le moyen
■ dudit sieur Fouillac, qui est irt^s-babilc
• en res matières et aux yeux duquel rien « n'échappera de tout ce qui mérite d'étre
• relevé. Mâi;>, comme il perdroit le revenu
■ de son canonicat pendant ie temps qu'il
• travaillcroit k cette recherche et qu'il
■ s'offre d'y travailler gratuitement, il se-
■ roit , Monsieur, nécessaire d'avoir une
■ commission du roi qui enjoignit au cha* « pitre de Cahors dele tenir présent pendant
• qu’il seroit occupé dans sa perquisition. « Ce seroit un moyen d'avoir une coooois-
■ sance entière de tout ce qu'il y a de cu-
■ lieux dans les églises de celte province , et
« vous serez. Monsieur, d'abord éclairci de
■ tout ce que vous voudrez savoir. M. l'é-
• vé(|<>e de Cabors est à Paris à la poar-
• suite d'un procès qu’il a contre l’Univcr-
• silé, et je suis persuadé qu'il ne vous
• refusera pas le manuscrit de Hadulphe,
• archevêque de Bourges, dont vous me «marquez avoir besoin.
• Foccault.
• A Moatauban, le 9 février 1678.
• M. Balvii.»
• Je n'ai pas voulu, Monsieur, me rap*
■ |K>rler k personne pour aller tirer des
• archives do Moissac les manuscrits dont
• j'ai eu l'honneur d'écrire à M. Colbert.
• Je me suis transporté dans l’abbayc cl ai
• fait assembler les chanoines, qui ont dé-
• libéré de me les remettre entre les mains
• après avoir vu la letttre de M. l’abbé
• d Estrades; ce qui a été exécuté surle-
• champ 11 est vrai que quelques-uns deux
• en vouloient faire faire un catalogue; « mais je me suis chargé de ce soin, et j’y
• fais présentement travailler par M. Fouil-
■ lac, chanoine de Cahors, qui fait un
■ grand cas de ces manuscrits que les cha-
• noines ne connoissenl pas . ne s'étant
■ pas trouvé de catalogue dans les ar-
• chives. Lorsque celui qui se fait sera
• achevé, dont je vous donnerai avis par
• rorditiaire prochain , je les enverrai par « les rouliers de Limoges , étant 1a voie la « plus courte et la plus commode. Je m'es- « limerai bien heureux si le jugement que
INTRODUCTION
nous apprennent au juste' ce qui se passa dans cette affaire. Foucault y fit travailler l’abbé Fouillac, chanoine de Cahors, et il envoya d’abord à Baluze le catalogne des manuscrits de l’abbaye, dressé par les soins du savant abbé, et ensuite les
• VOUS fttret de ces livres répond à mes
• souhaits, et s'ils sont agréables & M. Col*
• berl. Je vous en écrirai. Monsieur, plus
• amplement par le premier ordinaire,
• n'ajant que le Ictnps de les faire porter
• ici depuis qu'ils sont on roa possession.
• Foocault.
• A Montauban , le 4 mai 1 678. •
• Catalotjue des manascrUs ilr^s des ar-
• cAtici de Cabhaye de MoUsac, le 3 moi
• 1678, par M. Foucault, et envoyés d
• M. Colbert.
• La Bible , en 4 grands vol. in-fol.
« üEtivres de saint Cyprien, 1 vol. in-fol.
• Eusèbe deCésaréc, Histoire ecclésias* « tique, 1 vol. in-fol.
• Josèphe, Histoire de la guerre des
• Juifs, i vol. in-fol.
• Grégoire le Grand, 7 vol. in-fol.
«Amalarius, De divin. olBc. et Raban,
• De institut, cleric. 1 vol. in-fol.
• Saint Augusiin, 17 vol. (oiue in-fol. et
• cinq in 4**)
• Saint Ambroise, 4 vol. in-4*.
• Saint Jérôme, 7 vol- (deux in-fol. et
• cinq in 4*-)
• Rèdc, 5 vol. (deux in-fol. trois in-4‘.) «Saint Hilaire, 1 vol. in-fol.
• Saint Prosper, 1 vol. )o-4*«
• I vol. in-4* de la Collection d'Isidore.
• Panonnia Yvonis Carnotensis, in-fol.
• Instituüoncs clericorum, in-fol.
■ Collection des canons de Burchard, ■ in-fol.
• Origenis bomiliæ in Levitic. in-4*.
« Benedietu^ Levila contre Félix et Eli- « sand.
• Pierre Lombard, 3 vol. in-fol. et un
• petit in-8* de sermons.
■ Isidore de Séville , Elymolc^es . 1 vol.
• in-fol.
• 1 vol. petit in-folio, ancienne chro*
• nique.
• Odo ad TiirpionemLcmoviccns.episc.
■ in-4%
• Recueil de quelques vies des Pères,
• touchant la vie régulière des moines, « in-8*.
«Arator subdiaconus; défectueux.
• Constitutions impériales, 1 vol. in 4*.
• Petites collections; lois et coutumes
• de Bourgogne.
• Sidonius Apollinaris; défectueux.
■ Lois des Goihs et suite de leurs rois;
• livre défectueux.
■ Ancien martyrologe de l'abbaye de
■ Moissac.
• 6 vol. in-fol. de Raban Maur.
• 1 commentaire in fol. sur saint Paul.
• anonyme ; avec les Institutes de Jusli- < nien.
■ Une dialectique et physique, en 1 vol. « in-4% selon l'opinion d'Aristote.
« Exposition anonyme sur les Psaumes , « in fol.
«Joannis Januensis ordin. prsdicato.
• rum calholicor. de Bde , spe et charitate ,
• io-fol.
• De virtulibtts, et vitiis et de ordine
• iKsoilentûe.
INTRODUCTION
nianuscrils eiiJt-mêmes, qui, des m^ns de Colbert, passèrent à la bibliothèque du roi, où ils sont encore aujourd hui.
Le joyau de cette collection , la seule pièce qui l’ait rendue célèbre, est le traité de Lactance, De morlibiisperscciUoram,i\\\\ y lut découvert. Mais il n'est pas exact d'en attribuer, comme le fait lUdhière ', « la découverte et la publication • à Foucault. La découverte doit être rapjjortée à l’abbé Fouillac; et la publication eut lieu pour la première fois, à Paris, en 1 679, |)ar les soins de Baluze. Les Mémoires de Foucault comineltent aussi une erreur en rapportant l’envoi des manuscrits au mois de juillet 1681 : ils lurent expédiés par le roulage en I G78. Ce qui appartient à 1681, c’est l’ordre, donné par Colbert ci Foucault*, de faire faire des ornements d’église pour la valeur de 1,200**, et de les offrir au chapitre de Moissac, en échange des manuscrits qu’il avait cédés. Foucault continua de faire explorer les archives de cette abbaye, et, à la lin de 1682, il en envoyait encore à Colbert des manuscrits
• Bruno epi»c. CommenUire sur les
• Écritures.
• Ancienne chronique ü'Adam è Louis
• ic Débonnaire, avec quelques peliu
• traités.
• Alcuin contra Elisand et Sniaradgi
• diadema monachorum, tn-A*-
• Les Coorérences de Cassico, in^fol.
• di^fectueux, et InsLituta monachoruni,
• in*i 3 , du même.
• Regulr monachorum Saocti Bene- «dicti, avec une chronique défectueuse
• de Moissac.
• Un Sancioral de Moissac; il inet au
• commencement les persécuteurs de l'E-
■ glise jusqu’à Maxence (c’est Lactance.
■ De mortibüs penecatoram . traité qui fut
• découvert pour la première fois dans ce
■ manuscrit), et les vie» de saiol Odiloii.
• saint Amand. saint Ansbert. etc. *
■ Hugo, sur les Cantiques, iii-fol.
• 6 vol. d*ox{K>siteurs de rÉcrilure,
• anonymes.
• Vite sancloriim.
• Un ancien ponlilical.
• Liber sacramenlor. S. Gregorïi.
• Ciceroiiis de inventionc rlielorica;
• ejusHem Übri IV ad Hereoniuoi.
• Vêtus liber sacramentorum.
« Vêtus ordo Romane ccclesis.
■ Brimui lomus bibliorum.
■ Pandecte sive digesium cum glosai».
« Le code en langage gascon , etc. »
' EclaircUsemmiU tur les causes de la révocation de l'édit de Nantes, 1. 1. p. 391.
• Dé|>èchcdu 16 juillet 1681, p. 468.
INTRODUCTION
précieux, entre autres une bulle du pape Sergius, de l’an 1 009.
Une circulaire de Colbert, du 19 juin i683 ', prescrivit aux intendants de rechercher les savants qui pourraient écrire l’histoire des provinces, et de les signaler au ministre. Foucault n’en trouva pas dans sa généralité, et l’écrivit à Colbert, qui dut se contenter de cette excuse '^.
A son arrivée à Caen, Foucault prit place à l’Académie, qui n’était pas encore établie par lettres patentes, et se tenait chez Segrais^. Foucault s’intéressa beaucoup aux travaux de cette savante compagnie; il les partagea, comme nous l’avons vu, et finit par obtenir pour elle, en janvier 1706, des lettres patentes lui donnant une vieollicielle. Le chancelier de Ponlchartrain lui écrivit à ce sujet deux dépêches'*, dont la seconde fait honneur au sérieux de son esprit et à son aversion pour la flatterie : * Si, dit-il, vous voulez que j’aie pour celte nou- « velle assemblée et pour ceux qui la composent des sentimens «d’estime et de considération, et que je leur rende tous mes «bons offices dans les occasions, je vous prie de leur recom- « mander de n’appliquer leur esprit et leur science qu’aux ou- « vrages qui le méritent, et suivant leurs propres statuts, et « surtout de ne jamais penser à moi. »
8 9. — Affaires militaires.
Les fonctions militaires des intendants étaient nombreuses et variées; elles comprenaient beaucoup de choses qui tombent
' Publiée dans Depping, Comsp. ndministr. t. IV, p. 6o6.
’ Dépêche à Foucault, du aa juillet i683, p. 5oi.
’ Mémoirts, i4 mars 1689, p. ady.
* La première , du a3 janvier 1 706 , est donnée dans notre Appendice , p. 553 : la seconde, du 3 février suivant, a été publiée dans Depping, Comsp. adminûlr.
t. IV, p. 636.
CW
INTRODUCTION
nianuscrils eiu-mêmes, qui, des miyns de Colbert, passèrent à la Bibliothèque du roi, où ils sont encore aujourd’hui.
I.e joyau de cette collection, la seule pièce qui l’ait rendue célèbre, est le traité de Lactance, De mortibus persicutoram , t\ui y lut découvert. Mais il n’est pas exact d’en attribuer, comme le fait Bulbière ', « la decouverte et la publication » à Foucault. La decouverte doit être rapportée à l’abbé FouiUac; et la publication eut lieu pour la première fois, à Paris, en i 679, par les soins de Baluze. Les Mémoires de Foucault commettent aussi une erreur en rapportant l’envoi des manuscrits au mois de juillet 1681 : ils furent expédiés par le roulage en 1 678. Ce qui appartient à 1 (i8 1 , c’est l’ordre, donné par Colbert à Foucault de faire faire des ornements d’église pour la valeur de i,aoo**, et de les offrir au chapitre de Mois.sac, en échange des manuscrits qu’il avait cédés. Foucault continua de faire explorer les archives de cette abbaye, et, à la fin de 168a, il en envoyait encore à Colbert des manuscrits
• Bruno epi»c. Commentfiire sur les « Écriturt-s.
• Andenne chronique ü'AdftCD à Louis ■ le Débonnsirc . avec quelques petits
• Imités.
• Alcuin contra Elisand et Sniaradgi
• diadema monachorum, in-4”.
• Les Conférences de Cassien. in fo).
«défectueux, et InsUtuta monachorum , «in*i2, du mémo.
• Régulé monachorum Sancti Bene* «dicti, avec une chronique défectueuse « de Moissac.
• Un Sanctoral de Moissac: il met au « commencement les persécuteurs de l’É- «glise jusqu'à Maxence (c'est LacUnoe, «De mortibtu penêculorumt traité qui fut « découvert pour la première fois dans ce
• manuscrit), et les vies de saint Odilon,
• saint Auiand , saint Ansbert . etc.
• Hugo, sur les Cantiques, iii>fol.
• 6 voL d*ex(K>siteurs de l'^Urriture ,
• anonymes.
• ViUe sanclorum.
• Un anden ponlifical.
• Liber sacramenlor. S. Gregorii.
• Ciceroiiis de invenliunc rlielorica; «ejusdem libri IV ad Herennium.
■ Vêtus liber sacramentorum.
« Velus ordo BomansB ecclesia.
« Primus lomus bibliorum.
• Pandeclc sive digestum cum glossis.
« Le code en langage gascon , etc. »
• Éclairciuemenii tor Us causes de la révocation de Védil de Nantes , 1. 1. p. agi.
• Dépêche du i6 juillet i68t, p. 468.
INTRODUCTION, précieux, entre autres une bulle du pape Sergius, de l’an
Une circulaire de Colbert, du 1 9 juin i683 ’, prescrivit aux intendants de rechercher les savants qui pourraient écrire l’histoire des provinces, et de les signaler au ministre. Foucault n’en trouva pas dans sa généralité, et l’écrivit à Colbert, qui dut se contenter de cette excuse '^.
A son arrivée à Caen, Foucault prit place à l’Académie, qui n’était pas encore établie par lettres patentes, et se tenait chez Segrais^. Foucault s’intéressa beaucoup aux travaux de cette savante compagnie; il les partagea, comme nous l’avons vu, et finit par obtenir pour elle, en janvier lyoS, des lettres patentes lui donnant une vieollicielle. Le chancelier de Pontchartrain lui écrivit à ce sujet deux dépêches \ dont la seconde fait honneur au sérieux de son esprit et à son aversion pour la flatterie : « Si, dit-il, vous voulez que j’aie pour celte nou- « velle assemblée et pour ceux qui la composent des sentimens «d’estime et de considération, et que je leur rende tous mes «bons offices dans les occasions, je vous prie de leur recom- « mander de n’appliquer leur esprit et leur science qu’aux ou- « vrages qui le méritent, et suivant leurs propres statuts, et « surtout de ne jamais penser à moi. »
8 9. — Affaires militaires.
Les fonctions militaires des intendants étaient nombreuses et variées; elles comprenaient beaucoup de choses qui tombent
' Publiée dans Depping, Comsp. ndministr. l. IV, p. 6ü6.
* Dépéclie à Foucault, du aa juillet i683, p. Soi.
’ Mémoires, i4 mars 1689, p. a4y.
* La première, du a3 janvier 1706, est donnée dans notre Appendice , p. 5S3 ; la seconde, du 3 février suivant, a été publiée dans Depping, Corresp. adminislr.
t. IV, p. 636.
INTRODUCTION
manuscrits eux-mêmes, qui, des m^ns de Colbert, passèrent à la Bibliothèque du roi, où ils sont encore aujourd'liui.
Le joyau de cette collection, la seule pièce qui l’ait rendue célèbre, est le traité de Lactance, De mortibtis persnutoram , y lut découvert. Mais il n’est pas exact d’en attribuer, comme le fait Bulbière ', «la découverte et la publication» à Foucault. La découverte doit être rapportée à l’abbé FoniUac; et la publication eut lien pour la première fois, à Paris, en 1679, par les soins de Baluze. Les Mémoires de Foucanlt commettent aussi une erreur en rapportant l’envoi des manuscrits au mois de juillet 1681 : ils furent expédiés par le roulage en 1G78. Ce qui appartient à 1G81 , c’est l’ordre, donné par Colbert à Foucault de faire faire des ornements d’église pour la valeur de 1,200”, et de les offrir au chapitre de Moissac, en échange des manuscrits qu’il avait cédés. Foucault continua de faire explorer les archives de cette abbaye, et, à la fin de 1682, il en envoyait encore à Colbert des manuscrits
■ Bruno cpitc. Cotnmenltirr sur les « Écniurrs.
a Ancienne chronique d’Adam à Louis
• le Débonnaire . avec quelques petits
• traités.
• Alcuin contra Eüsand et 5maradgi tdiadema monachorum, in A*»
a Les Conférences de Cassicn, in*fol.
a défectueux, cl InsLituta monachorum,
• in*ia , du mémo.
a Regul» monachorum Soncti Beneadicli, avec une chronique défectueuse a de Moissac.
a Un Sanctoral de Moissac; il met au a commencement les persécuteurs de l’E* aglise juiqu’é Maxcnce (c’est Lactanoe, a Dê mortihui perucatorum , traité qui fut a découvert pour la première fois dans ce
a manuscrit), et les vies de saint Odiion, a saint Amand , saint Ansbert . etc.
a Hugo, sur les Cantiques, iii>foi.
a 6 vol. d'ex|K>siteurs de rÊcritore , a anonymes.
a ViUe saiiclorum.
a Un ancien ponlilical.
a Liber sacramentor. S. Gr^orii.
a Ciceronif de invenliuue rhelorica ; aejusdem libri IV ad Herennium.
a Vêtus liber sacramentorum.
a Vêtus ordo Romans ccclesûe.
a Primus lomus bibliorum.
a Pandects sive digestum cum glossis.
a Le code en langage gascon , etc. >
' EctairçissemênU sur les causes de la révocation de l'édit de Nantes, 1. 1, p. 391.
* Dépêche du 16 juillet iGBi, p. 468.
INTRODUCTION
précieux, entre autres une bulle du pape Sergius, de l’an 1 009.
Une circulaire de Colbert, du 19 juin i683 ', prescrivit aux intendants de rechercher les savants qui pourraient écrire riiistoire des provinces, et de les signaler au ministre. Foucault n’en trouva pas dans sa généralité, et l’écrivit à Colbert, qui dut se contenter de cette excuse
A son arrivée à Caen, Foucault prit place à l’Académie, qui n’était pas encore établie par lettres patentes, et se tenait chez Segrais^. Foucault s’intéressa beaucoup aux travaux de cette savante compagnie; il les partagea, comme nous l’avons vu, et finit par obtenir pour elle, en janvier 1706, des lettres patentes lui donnant une vie oflicielle. Le chancelier de Pontcbartrain lui écrivit à ce sujet deux dépêches*, dont la seconde fait honneur au sérieux de son esprit et à son aversion pour la flatterie : « Si, dit-il, vous voulez que j’aie pour cette nou- « velle assemblée et pour ceux qui la composent des sentimens «d’estime et de considération, et que je leur rende tous mes « bons offices dans les occasions, je vous prie de leur recom- » mander de n’appliquer leur esprit et leur science qu’aux ou- « vrages qui le méritent, et suivant leurs propres statuts, et « surtout de ne jamais penser à moi. »
S 9. — Affaires militaires.
Les fonctions militaires des intendants étaient nombreuses et variées; elles comprenaient beaucoup de choses qui tombent
' Publiée dans Depping, Corresp. ndministr. l. IV, p. 606.
* Dépêche à Foucault, du aa juillet i683, p. 5oi.
' Mémoires, i4 mars 1689, p. a47<
* La première, du a 3 janvier 1708, est donnée dans notre Appendice , p. 553 : la seconde, du 3 février suivant, a été publiée dans Depping, Corresp. aiministr.
t. IV, p. 636.
INTRODUCTION
aujourd’hui sous la compétence d’autorités très-diverses. L’intendant avait, dans les limites de sa généralité, la levée et l’administration de l’arrière-ban et des milices *, la haute main sur le recrutement do l’armée régulière et de la marine, une immixtion dans l’administration des régiments, l’intendance militaire pour les logements et les vivres des troupes, la police et la justice prévôtale pour tous les excès quelles pouvaient commettre envers l’habitant; il sui'veillait et construisait, au besoin, les fortifications, et enfin prenait part, s’il le jugeait à propos, aux opérations militaires qui s’accomplissaient sur le territoire de sa province. Nous allons résumer ce que les Mémoires nous apprennent sur la conduite de Foucault dans ces diverses fonctions.
La convocation de l’arrière-ban, souvenir de l’organisation féodale et de l’obligation imposée aux vassaux de prendre les armes à l’appel de leur seigneur, donnait de grandes occupations à l’intendant, car c’était lui, ou du moins ses subdélégués, qui dressaient, concurremment avec le gouverneur de la province, l’état de la noblesse, et désignaient ceux qui devaient laire le service par eux-mêmes et ceux qui, dispensés du service personnel, devaient fournir une contribution pécuniaire, dont la même autorité fixait le montant, et qui servait en beaucoup de cas à aider les gentilshommes trop pauvres pour s’équiper eux-mêmes. Ce secours ne suffisait pas encore, et presfjue toujours il fallait y joindre une suspension des droits des - créanciers à l’égard des gentilshommes occupés par l’arrièreban. Cette institution, sans beaucoup de résultats utiles, paraît avoir pesé comme un impôt assez lourd sur la noblesse des provinces.
‘ Arr^l du conseil du 19 sepleoibre torique des institutions, mœurs et coutumes 1668, cité dans C.liéruel, Dictionnaire his- de la France, »* milice.
INTRODUCTION
La levée des milices avait lieu sur les paroisses et communautés, dont le contingent était fixé à l’avance, et qui désignaient elles-mêmes, et fort arbitrairement, ceux de leurs garçons qui (levaient partir. Elles étaient tenues de les envoyer tout équi|)és, et employaient souvent à cette dépense l’argent de la taille, ce qui constituait une confusion dans les comptes financiers et une perte pour le roi.
On levait l’arrière-ban et les milices dans les cas où, en fabsence de troupes régulières, le territoire se trouvait inopinément menacé. Ce fut ce qui arriva en 1674, dans les premiers mois de finstallation de Foucault à f intendance de \fontauban. On crut, sur de faux avis *, que les Hollandais voulaient attaquer Bayonne et les Espagnols Fontarabie. Foucault et le maréchal d’Albret, gouverneur de Guyenne et Gascogne, appelèrent aussitôt les milices et l’arrière-ban. Les généralités de Bordeaux et de Montauban réunies fournirent environ 5,000 hommes d’arrière-ban et 1 0,000 de milices. Les villes capitales fournissaient i o hommes, celles du second ordre 5, et les plus petites 3 ; toutes s’elTorçaient de monter au-dessus de leur classe, et les bourgs voulaient passer pour villes. Pas un des hommes de milice ne coûta moins de 5o**, et beaucoup revinrent aux villes ju.squ’à 200”, car on les habillait et on les armait de pied en cap. Tout cela, joint à la subsistance de ces troupes une fois réunies, aux vivres et aux munitions que Foucault dut tirer comme il put du pays et des environs, causa de grands frais inutiles, l’ennemi ne s’étant pas montré.
Au mois de novembre 1688, au moment où la guerre allait éclater de nouveau contre la Hollande et où le prince d’Orange débarquait en Angleterre, on pensa encore à l’armement deS milices, surtout dans les provinces maritimes, pour défendre ' A/^moirvi, juÎD 1674. p a4.
INTRODUCTION, au besoin les côtes; Foucault, qui était alors en Poitou, écrivit à Louvois', se faisant fort de mettre sur pic<l 6,000 hommes d’infanterie, tous anciens catholiques. Le règlement du ag novembre imposa moins de sacrifices à la province : on ne lui demanda que 760 hommes; et encore l'élection de la Hochelle, qui formait une intendance à part, fut comprise dans ce contingent.
La levée des milices s'était opérée sans difficulté dans les généralités de Monlauhari et de Poitiers; le caractère des peuples s'y prêtait. Il n’en fut pas de même en basse Normandie, et Foucault arrivant à Caen, en 1689, v trouva une population disposée à mettre eu œuvre tout ce que « la plus line chicane ■ pouvait inventer pour s'exempter de prendre les armes*. .Malgré ces mauvais vouloirs, la nécessité pressant, il leva, équipa et disciplina un beau régiment de 900 hommes qu’on envoya serxir en Guyenne, pendant que les milices du Poitou et de la Champagne venaient garder les côtes de la basse Normandie, avec farrière-ban bas normand, levé en même temps à cet effet. La noblesse qui le composait était si obérée, que Foucault fut obligé de lui donner des provisions sur ses revenus saisis. A la fin de l'année, on fil rentrer les milices dans leurs provinces d’origine, et on en leva de nouvelles dans l’biver de 1689-1690. Elles sortirent encore au printemps suivant. Le régiment de la généralité de Caen ne rentra plus alors que le 33 février 1691, fort délabré et réduit au tiers de son effectif. Il fallut le réparer et le mettre en état de servir encore l’année suivante. L’arrière-ban fut également convoqué au mois de mars 1691.
En 1708, la guerre de la succession d’Espagne l’émit les
' Mémoini, i3 novembre 1688, p. i36. — * Ibid, mars et avril 1G89, p. j&8, aôo et 331.
INTRODUCTION
milices en mouvement. Le marquis de Beuvron en leva neuf régiments en haute Normandie. En basse Normandie on n’en leva pas plus qu’à l’ordinaire, mais on les équipa et on les dressa avec beaucoup de soin. Cent invalides furent envoyés pour garder les côtes, et l’on essaya de former, dans le meme but, deu.\ compagnies de cent gentilshommes chacune; mais la mauvaise entente de leurs chefs avec M. de Matignon, lieutenant général de la province, obligea de les licencier.
Les intendants s’occupaient aussi quelquefois du recrutement de l’armée régulière. A la demande de Colbert, Foucault leva, dans la généralité de Montauban, io3 hommes pour le régiment de Champagne, dont le chevalier Colbert de Blainville, fds du ministre, était colonelL En 1682 , il rassembla des compagnies de jeunes gentilshommes qu’il expédia en Flandre. En i683, Seignelay le chargea de lever, pour la marine, une autre compagnie de jeunes gentilshommes âgés de moins de seize ans. Lors des préparatifs de guerre de 1688, Louvois lui écrit ^ de chercher des officiers qui se chargent de lever des compagnies d’infanterie et de cavalerie: on leur donnera 0,2 5o« par compagnie de cavalerie de 35 maîtres (1 5o” par cavalier), et 900** par compagnie d’infanterie de 45 hommes (20” par homme). En 1703, il s’occupa encore de lever un régiment pour M. de Thorigny, fils de M. de Matignon; on pouvait le recruter par les milices, mais Foucault jugea plus expédient de demander aux paroisses 60 ** pour chaque homme qu elles devaient fournir
L’intendance militaire était également dans la compétence
’ Dép^hes de Colbert à Foucault cl à ’ Dépécbedu 3i août 1688, Mémoirtt, M. de Ris, du la décembre 1679, P-
chovalicr(Joiberl,du aa mars 1680, p. 439 ’ üf^/noiws, p. 35.3.
et 444-
INTRODUCTION
des inteudanis. Foucault s’occupa, dès le mois de juin 1674, de tirer des approvisionnements militiires de la généralité de Monlauban, pour venir en aide À celle de Bordeaux. Les étapes, comme on l’a vu, étaient de son ressort; c’était lui qui distribuait les logements des gens de guerre et qui les mettait en quartier d’hiver'. Une fois, à cette occasion, il se trouva engagé, malgré lui, dans les mauvais vouloirs de Louvois pour Turenne et Colbert; mais il sut s’en tirer avec adresse. C’était à la fin de 1674 : Foucault, ayant des logements à distribuer, proposait à Louvois d’en exempter Négrepelisse, unique terre du maréchal de Turenne, « qui avoit bien mérité cette distinc- « tion. » Louvois lui répondit'' avec sa hauteur habituelle • que « l’intention du roi n’est pas qu’aucun village, à qui que ce soit «qu’il appartienne, soit exempt du logement des cavaliers, et « qu’il eût été bien à propos que Foucault ne se fût pas dis- « pensé de s’y conformer pour des considérations pareilles à « celle qu’il lui a communiquée. » Lu même temps, une lettre de Colbert instruisait Foucault que le roi trouverait bon qu’on exemptât Négrepelisse. Il parvint à contenter tout le monde en y assignant seulement quelques places de l’état major qui étaient « des places mortes, » c’est-à-dire qui n’étaient pas occupées et ne figuraient que sur le papier sans rien coûter à la paroisse.
Chargé aussi de distribuer la solde et l’ustensile^, l’intendant poussait ses attributions jusqu’à se mêler de réduire et d’augmenter, suivant les occasions, l’effectif des régiments. En décembre 1678, après la paix de Nimègue, il fut chargé de réduire à 4o maîtres les compagnies de cavalerie et de dragons, et de réformer les cornettes; en décembre 1688, quand la
' Mémoires, fin 1689, p. aby. ^ Dépêches des 17e! 3 1 décembre 1676,
’ Dépêche du 1 6 décembre 1 674. p. 5o5. p. 5o6.
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INTRODUCTION
guerre recommença, il rétablit ces mêmes compagnies à leur effectif premier, qui avait encore été diminué dans l’intervalle. “
A l’intendant appartenait aussi la police militaire. Les Minutes de Louvois sont pleines de dépêches chargeant Foucault de poursuivre les délits commis par les militaires contre les habitants *. Il lui enjoint^ de surveiller les quartiers d’biver et de les visiter souvent, d’empêcher que les militaires n’y exercent d’exactions, et de faire arrêter les officiers qui ne se prêteraient pas au maintien exact de la discipline, afin que le roi en puisse faire des exemples. Foucault fut en effet obligé, en 1676, de sévir contre les désordres commis par les troupes en quartier d’hiver : il fit punir plusieurs officiers et pendre des soldats. Plus tard, Louvois lui expédia l’ordre^ de ne plus faire couper aux déserteurs que l’extrémité du bout du nez en les envoyant aux galères, «pour les marquer seulement,» parce qu’une plaie trop intense les rendait incapables de supporter les fatigues de la mer. Barbezieux, fils du ministre, lui lit tenir à son tour, le 2 2 avril 1 686, une ordonnance du roi* décidant que les cavaliers, dragons, sergents et soldats qui se marieraient à l’avenir, seraient déchus de leur ancienneté et ne pourraient plus la prendre que du jour de leur mariage. La police de Foucault s’étendait aussi sur les gentilshommes de l’arrièreban. En 1689, il informa* contre les violences qu’ils avaient commises à Alençon. Le 2 2 mai 1 6g4, il fil parvenir des plaintes à la cour contre les abus commis par un colonel de milices qui refusait arbitrairement les hommes que lui présentaient les
' Nous n'avons pas reproduit ces dépêches , qui sont en tréa-grand nombre et se rapportent toutes à des cas particuliers.
’ Dépêches du 3 octobre 1677 et du 5 avril 168a, p. 5o8, 5og.
’ Mdinoires, 3i janvier 168G, p. i5i.
* Du 6 avril précédent; Isambert, Anciennei lois françaises, t. XIX. p. 545.
* Mimoites, 18 juillet 1689, p. a5a.
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INTRODUCTION
paroisses, et, de son autorité privée, y envoyait des soldats vivre à discrétion.
Foucault prit encore, en plus d’uue occasion, une part directe aux affaires militaires, soit en indiquant des places à défendre, soit en fortifiant lui-inéme des points menacés, soit en concourant de sa personne aux opérations de l’armée active.
Pendant la première guerre de Hollande, nous l’avons vu, en 1G74, convoquer à la hâte l’arrière-han et les milices pour résister à un coup de main qu’on redoutait; plus tard*, il proposa à Louvois de mettre garnison dans le château de Foix, pour arrêter les incursions que la garnison espagnole de Puycerda ne cessait de faire dans ce pays.
L’Espagne ayant déclaré la guerre à la France, le 1 1 décembre i683, à propos des prétentions de Louis XIV sur la Flandre et sur le Luxembourg, une armée française, sous les ordres du maréchal de liellefonds, fut réunie au pied des Pyrénées, en i684. Foucault, alors intendant en Béarn, prit part à une expédition inoffensive par laquelle elle débuta. C’était ce qu’on appelait, d’un mot espagnol emprunté à la langue et aux usages arabes, une aUjarade, c’est-à-dire une pointe en pays ennemi, avec l’intention de faire immédiatement retraite. Celle-ci fut dirigée contre Roncevaux, au mois de mars i684» et Foucault y assista à la tête de la noblesse béarnaise. Il en a laissé un récit animé La dépense de l’expédition monta à 769”**. Il n’y eut ni un coup de fusil tiré, ni représailles de la part des Espagnols, comme on le craignait. Le 2 1 avril suivant. Foucault reçut l’ordre du roi de faire arrêter tous les Espagnols qui passeraient dans sa généralité, par représailles pour un officier français arrêté dans le Milanais.
' Mémoirtt, i5 octobre 1676, p. 89.
’ Ibid. p. 95 et suiv.
’ Dépêche de Louvois à Foucault, du 8 avril i684, p. 5io.
INTRODUCTION
Le 9 juillet, un autre ordre du roi lui enjoignit de faire sortir des troupes les Espagnols qui s’y trouvaient enrôlés, et d’einpécher qu’il en fût admis à l’avenir. Cette guerre, de peu d’importance, fut terminée, le i5 août i684, par la trêve de Ratisbonne.
Foucault était encore intendant à Poitiers lorsque la guerre de la ligue d’Augsbourg éclata. Le 3 décembre 1688, elle fut déclarée aux Hollandais, et, dès le 27,' Foucault reçut une ordonnance du roi, du 22 précédent, pour faire saisir dans sa généralité tous les biens appartenant aux Hollandais ou à ceux qui les auraient assistés. Le 1 7 janvier 1 689, un ordre de Seignelay lui enjoignit d’assister Bégon, intendant de la Rochelle, dans les travaux qu’il entreprenait pour fortifier Brouage et Rocbefort, et les îles d’Oléron et de Ré. Le 19, une dépêche de Louvois lui demanda des renseignements sur l’état de fortification des principales villes du Poitou, et sur les secours qu’un débarquement de l’ennemi trouverait dans les religionnaires de la province. Vers le même temps. Foucault proposa au ministre de faire travailler à la carte géographique du Poitou ; mais Louvois répondit qu’il n’y avait que trop de cartes des provinces pour instruire les ennemis.
A son arrivée à Caen, en février 1689, Foucault y trouva tout en émoi. On craignait un débarquement du prince d’Orange en basse Normandie; les corsaires de Flessingue troublaient la Manche et interceptaient le commerce côtier de la Normandie et de la Bretagne. 11 commença par proposer qu’on mît deux frégates en mer pour leur donner la chasse. Il visita en même temps* les fortifications des côtes. Les années 1689, 1690 et 1691 furent occupées à se prémunir contre les descentes possibles des Anglais. Vauban vint visiter les ouvrages;
* Mémoires, a5 mars iGSg.p. a48.
INTRODUCTION
il jugea le château et les murailles de Caen en mauvais état. Foucault fait de ce grand homme un éloge très-senti. Vauban avait déjà travaillé à fortifier Cherbourg en 1688, mais Louvois, sous prétexte que le prince d’Orange, ayant formé le dessein de faire une descente en Normandie, se saisirait de cette place, et en réalité, suivant Foucault, par jalousie pour Seignelay de qui venait ce projet, fit raser la citadelle élevée par le* grand ingénieur; Foucault, visitant Cherbourg en 1689, n’en trouva plus que les ruines, «un
• chaos de débris de tours, de bastions et de murailles ren- « versées'.» On travailla avec plus de succès à élever sur la côte de la Hougue des redoutes et des retranchements qui, malheureusement, ne devaient pas suffire à repousser l'ennemi. On voulait y faire un port, • comme à l’endroit le plus
• propre des côtes de Normandie pour y tenir un grand noiu- « bre de vaisseaux commodément et en sûreté. > Un ingénieur chargé d’examiner la question trouva que c’était l'ouvrage le plus facile et le plus nécessaire; «mais l'avis n’a pas été
• agréable à M. de Louvois’'. » Cependant, au printemps de 1691, on y établit un camp de 4<ooo hommes pour s’opposer aux descentes qu’on redoutait. La mort de Louvois, arrivée en juillet, ne changea rien au train des choses. La direction générale des fortifications passa à M. Le Pelletier de Souzy, avec lequel Foucault se trouva dès lors en rapports fréquents. A la fin de l’année. Foucault demanda à Darbezieux, qui succédait à son père comme ministre de la guerre, de maintenir le camp
* Sur celle destruction des fortiricalioDs do Cherbourg , ei sur les opinions de Vauban et de Louvois à cet égard, voy. les fragments de correspondance entre eux cités pjr M. Baude. dans U Bevae des Deiux Mondes du iS décembre i858 »
p. S96 {Côtes de la Manche, Cherbourg).
' A/^morras« octobre 1 690 , p. 969. L'opi* nion de Vauban était également contraire s rétablissement d'un port à la Hougue : il préférait Cherbourg. (Voy. M. Baude, article cité, p. 897.)
INTRODUCTION, de Ja Hougue, mais d’en éloigner les réfugiés irlandais qui en formaient une partie, parce que, «dans la conjoncture de la U guerre, ils n étoient pas assez bien disposés pour la France
« pour leur confier la garde de nos côtes ' Ils parloient avec
• très-peu de respect du roi d’Angleterre et beaucoup d’estime « du prince d’Orange^. »
Bien qu’on redoutât toujours des descentes, et qu’il en résultât quelquefois des paniques assez singulières^, la presqu’île du Cotentin fut le théâtre, au printemps de 1692, des préparatifs d’une expédition qui devait passer en Angleterre avec le roi Jacques et le maréchal de Bellefonds. Douze escadrons de cavalerie et de dragons y arrivèrent au mois d’avril avec neuf bataillons français et douze irlandais. Ces derniers étaient dans la plus extrême misère, «sans souliers, sans bas, sans cha- « peaux et sans linge; ils avoient vendu le linge qui leur avoît « été fourni. » Foucault fut obligé de faire nourrir toutes ces troupes en l’absence des munitionnaires, qui lardèrent quinze jours et se montrèrent fort négligents. A la fin du mois, le roi Jacques* arriva lui-même, accompagné de lord Melfort, et alla camper à Quinéville, au bord de la mer. On avait reçu l’ordre de la cour de ne faire aucune cérémonie sur son passage. En ce moment on croyait encore à une descente des An-
' Mémoires, 169a . p. aSo.
* /6(J. juin 169a, p. aSg.
’ Jbii. (in de 1689, P- ‘ Déjà, à son reiour en France, après la bataille de la Doyne, le roi Jacques avait passé par la basse Normandie, où Foucault l’avait reçu les a3 et a4 juillet 1690. 11 en envoya à son père une relation trèscurieuse, qui est insérée aux Mémoires, p. a64 et suiv. Rien n'égale l'insouciance de Jacques : tU paroit aussi insensible
c au mauvais état de ses alTaires que si elles < ne le regardoient («oint. II raconte ce qu'il c cnsaitenriant,ctsans aucune altération. * La population de Caen était très-jacobite ; on n'ovait pu l'empéchcr tout récemment de faire des feux de joie sur la fausse nouvelle de la mort de Guillaume 111 à la Boy ne ; aussi reçut-elle Jacques avec beaucoup de chaleur. 11 dîna chez l'intendant, qui eut l'honneur de lui présenter la serviette. • Les jésuites le vinrent complimenter, t
CXXXfl
INTRODUCTION, glals, et le maréchal de Bellcfonds ie manda à Foucault le 3i avril. I..e mois de mai se passa ainsi jusqu'à la catastrophe qui mit fin à tous les projets. La flotte de Tourville, qui devait protéger le débarquement en .\ngleterre, fut attaquée le a 8 mai, entre la Huugue et Barfleur, par les escadres réunies d’Angleterre et de Hollande; forcée de céder au nombre, elle se dispersa et alla chercher refuge dans tous les ports, depuis le Havre jusqu’à Brest. Treize vaisseaux de haut bord, commandés par Tourville lui-méme, parurent le 3i mai au matin devant la Hougue, où étaient réunis le roi Jacques, le maréchal de Bellefonds et Foucault. L’ennemi les suivait à deux portées de canon. Comment les vaisseaux furent misérablement échoués au lieu d’étre défendus, et comment les chaloupes anglaises vinrent les brûler à la côte sans résistance et presque sans coup férir, c’est ce qu’apprennent les relations écrites par Foucault, témoin oculaire, immédiatement après l’événement. La première est le compte rendu ofliciel qu’il devait au gouvernement : il n’y dit que la vérité, mais non toute la vérité, et se tait sur les causes qui firent qu’après avoir résolu de se défendre on y renonça pour se faire maladroitement échouer. Des bruits fâcheux couraient à cet égard, et, dès le 7 juin, le contrôleur général Ponlchartrain, qui avait le département de la marine depuis la mort de Seignelay, écrivit une lettre Irès-vive enjoignant à l’intendant de lui révéler tout ce qui s’était passé. Foucault répondit par une seconde relation qui incriminait surtout le maréchal de Bellefonds et M. de Bonrepaux'. Nous n’essayerons pas d’analyser ici ces
' Dans Mémoires (p. i33 et suiv.], le marxjuis de VilleUe , un des ofljciera de marine c|ui assistèrent à ce désastre, ni’ conte les choses un peu autrement. Nous
donnons son récit dans les notes du texte, afin qu'on puisse le comparer à celui de Foucault et les compléter Tun par Tou* tre. Mais on ne doit pas oublier que la re^