‹ Mémoires de Nicolas-Joseph FoucaultChapitre 19 sur 105 · U MÉMOIRES · texte numérisé non relu

U MÉMOIRES

Marie-Anne, baptisée à Saint-Eustachc. Elle a épousé M. Petit de Villeneuve, conseiller en la cour des aides.

Le i8 février 1663, j’ai été mis pcusionnaii eau collège de Lisieux, au sortir des mains de M. Chenu, mon précepteur, chez le P. Mezière, régent de sixième, où je demeurai jusqu’au mois d’octobre de la même année, que j’en fus retiré et mis chez le sieur Savary, qtii tenoit des pensionnaires, dans la rue Bourtibourg, pendant les guerres civiles, et qui, ensuite, retourna au village de Piepus, où il demeuroit auparavant. J'en sortis à la Saint-Remy i655, pour aller au collège de Clermont, où j’entrai en cinquième. Je fus plusieurs fois empereur', et remportai le troisième prix de prose sous le P. Barbereau, sous lequel j’achevai mes humanités. J’ai été plusieurs fois empereur, et remportai des prix dans toutes mes classes. J’eus le premier prix de prose en troisième et fus de la tragédie. En 1669, j’entrai en rhétorique sous les PP. Dozenne et Davouy. Mon père me retira , en 1660, du collège des Jésuites, et m’envoya en celui de Navarre, faire ma philosophie sous M. Léger. J’y soutins une thèse latine à la fin de l’année de logique, et devois soutenir un acte à la fin des deux années et le dédier à M. Colbert; mais je tombai malade d’une fièvre qui m’en empêcha. Ayant achevé ma philosophie, je pris le degré de maître ès arts" et étudiai en théologie pendant l’année i663, sous les PP. Guichard, grand maître de Navarre, et du Saussoy.

Sur la fin de 1 664’, je quittai la théologie pour étudier en droit.

‘ On appelait, dans les collèges, empereur d'Oricnl et empereur d’Oecident les élèves (jui avaient les deux premières places de la classe.

’ Le degré de maître ès arts était le début des grades universitaires. On le conférait à la suite de la thèse de philosophie.

’ Foucault commet ici une erreur de

date. Plus loin , il nous apprend lui-nième que ce fut en i663, nu mois d'août, ((u'il finit sa théologie. On doit donc lire ici i663 au lieu de i664, et, dans la phrase suivante, 1664 au lieu de i665. 11 est impossible de douter de cette rectilication, lorsque, plus loin, on voit Foucault plaider ou Parlement dès le coinmenceinciU

de i665.

et allai, en 1 665, prendre des licences à Orléans. Je continuai ensuite l’étude du droit, ayant le P. du Quesnoy pour répétiteur, et ensuite le P. de Marville, célèbre professeur de l’université de Valence. Etant venu à Paris pour un procès, mon père l’y retint et il demeura auprès de moi pendant six mois.

Je fus reçu avocat au parlement de Paris, où je fus présenté au serment par M. de Gomont, célèbre avocat, et reçu par M. le premier président de Lamoignon.

Clément Métezeau, père de ma mère, est décédé le a 8 novembre i65a, et a été inhumé à Saint- Paul, lieu de la sépulture de ses pères.

En i65a, Joseph, mon frère puîné, mourut de la petite vérole. Il naquit le 5 octobre 16/19, et fut baptisé à Saint-Eustache. Il est inhumé à Saint-Gerraain-le-Vieil, près de son grand-père.

.\u mois de juin i653, mon père a été pourvu d’une charge de secrétaire du roi".

Le 20 août, j’ai été confirmé et tonsuré®, dans l’église de Saint- Germain-l’Auxerrois, par M. de Gelas, évêque de Valence®, auquel Jean-François de Gondi, archevêque de Paris, en avoit donné le pouvoir, et le nom de Joseph a été ajouté à celui de Nicolas, qui est mon nom de baptême.

Le 8 février 1 654, ma mère accoucha d’un troisième garçon nommé Joseph. 11 a été élevé chez M. Savary, à Piepus. Il est mort le a5 janvier 1664, et a été inhumé à Saint-Germain-le-Vieil.

* Le 19 juin, scion La Cbcsnayc des Bois. C'élait un oiïice altacbi^ aux chaneeK lcrics des cours souveraines , pour signer leurs actes. Foucault père devint plus tard secrétaire du Conseil d*état.

* La tonsure était l'cnlrccdans les ordres

ecclésiastiques. Il n'en fallait pas davantage pour être ca|>able de jouir d'un bénéfice. On pouvait la recevoir dé» i âge de -sept ans.

^ Charles-Jacques de Gelas de Leberon, évêque de Valence en i6a4 • mort en 1 654-

MEMOIUES

Marie Jassaud, ma femme, est née le i4 juin i6ô5. Elle est fille de Nicolas Jassaud, maître des requêtes, et de Marie de Flandres.

Le 2 0 août i655, ma mère est accouchée d’une fille qui a été nommée Anne. Elle a fait profession dans l’abbaye de Jarcy‘, le 9 janvier 1 674. Je lui ai donné en mon nom loo** de pension viagère. Le roi l’a nommée à l’abbaye de Jarcy, par la mort de Claude, sa sœur aînée, le 19 décembre 1676.

Le 24 février i658, mon père a eu un brevet de conseiller d’état et a prêté le serment accoutumé.

Madame Desnos, ma tante, est morte le 1 3 janvier i65g.

Le 26 avril 1669, Claude Foucault, ma sœur aînée, a fait profession de religieuse dans le monastère de l’Assomption, dit des Haudriettes^, et, par le contrat de dotation dudit jour, il a été stipulé de donner io,ooo**, savoir : 6,ooo** argent comptant et 200*’ de rente racbctable de 4, 000”.

Le môme jour, il a été passé un acte par-devant les mêmes notaires entre les mêmes parties, par lequel les 10,000^ ont été réduits à 8,000*^, dont 4,ooo^ coniptant et 4. 000” faisant le principal de 200** de rente, lesquels 200*^ ont été rachetés audit monastère de l’As-somptlon, moyennant 4.ooo**, le 22 août 1679.

Le 2 mal 1673, les religieuses de l’Assomption ont consenti, par un acte devant notaire, que les 200” de pension fussent payés à l’abbesse de Jarcy, sa vie durant.

' Jarcy ou Gercy en Brie, près Bric- Conitc* Robert, abbave de femmes de l’ordre de Saint-Augustin. (Voy. Gaüia christiam, t. VII, coi. 6a3, sqq.)

’ Répétition. « Claude Foucault, ma sœur • aînée, a fait profession de religieuse dans «le monastère de l'Assomption, dit des « Ilaudriettes, le 7 avril iCb^.»

Le 10 mars i()73, Claude Foucault a été nommée, par le roi, abbesse de Jarcy, sur la démission de Françoise de Péréfixe de Beaumont*, abbesse de ladite abbaye, à la réserve de i,5oo" de pension. Le brevet est signé Ariiault de Pomponne.

Le a3 Juillet 1 00 1, j’ai soutenu une thèse de logique et de morale au collège de Navarre, sous M. Léger, professeur de philosophie dans ledit collège, dédiée k Saint-Sébastien.

M. l'abbé de Crusy-Clermont, mort évêque de Fréjus’, soutint la même thèse et répondit alternativement avec moi.

Le a4 février, le général des cordeliers a envoyé à mon père des lettresde confraternité et d’as.sociation aux suffrageset prières de l’ordre.

Le 1" août, mes lettres d'écolier juré’ m’ont été expédiées par M. Tavernier, recteur de l’Université.

Le 24 octobre 1662, ma mère est accouchée d’une cinquième fille, qui a été nommée Catherinc-.Angélique. Elle a été élevée à Maubuissoii, d’où elle a passé à Jarcy. Elle a épousé M. d’Avaray*.

Le 3o juillet, .\L du Saussoy, professeur en théologie du collège de Navarre, m’a donné un certificat d’étude en théologie depuis la Saint-Hemy 16O2 jusqu’au mois d’août i603, ayant pris le traité de l’Incarnation.

^ Françoise de lV«)auiiioiU de Pérûluc, 'tceurdc llardoin de Péréfixe, arcliev6que de Paris, ancien prèceplcur de Loub XI V.

* Antoine -Benoit de Clernionl-Cra») , ê»i?<jue de Fréjus, sacre en 1676, mort en

* On appelait écolier juré celui qui avait étudié cinq an* à Tuniversité de Pari* cl

(|ui en avait lettre* et certificat du recteur.

* CalberinC'Angélique Foucault épou*o, le 6 novembre 1G91, Claude-Théophile de Béziade, marqui* d’Avaray, qui devint lieutenant général desannéoadu roi, anibaaaadcur en Suisse, chevalier de i'onlrc du Sainl-E*prit, et mourut le 6 avril 1745. E^lc mourut le ad avril 1728.

MEf.MOIHES

Le 3o septembre ont été expédiées mes lettres de licencié en droit canon et civil dans l’université d’Orléans.

l.e a6 novembre , j’ai été reçu avocat au parlement do Paris, présenté par M. de Gomont, ancien et célèbre avocat.

Le 3o mars, j’ai plaidé une cause à la Tournelle, pour Le Vas.seur père, intervenant dans le procès intenté par son fils contre Marguerite Muloté, sa femme. L’arrêt a évoqué le principi, ordonné que les accusés se représentassent en état d’ajournement personnel pour subir l’interrogatoire, et que la Muloté sera tirée de l’abbaye de Sainte-Périne et mise en une maison d’bonneur pour y demeurer pendant l’instruction du procès, et qu’elle sera visitée par médecins, cbinirgiens et matrones qui dresseront procès-verbal de sa grossesse.

Le 3o mars i G65, j’ai plaidé une cause en la grand’ebambre, poulies enfans de Rose Brussac, parties intervenantes dans la cause de ladite de Brussac, se prétendant femme de feu M. le duc de Noailles, et M. le duc de Noailles, son fils; par l’arrêt, sur la demande de Rose de Brussac et sur l’intervention des enfans, les parties ont été mises hors de cour, et néanmoins, pour certaines considérations, la cour a adjugé 30,000** aux enfans’.

Le I -/ juillet, j’ai plaidé une cause à la Tournelle, pour Charlotte

‘ Il faut iiécc^'H'iiremcnt supposer que les deiu alinéa qui suivent se sont passés en 1664. et que poucault a simplement oublié de noter Tannée; car on a vu plus haut qu'en i6G3 il étudiait* non pas en dndf, maU en théologie.

* Il faut éclaircir ce que celte exposition offre d*ob.scur. François, deuxième du nom, .seigneur de Noailles, comte d'Aycn, etc. était mort en i643* Son fds. Anne, obtint, en iG63, Térection du

comté d'Ayen en duché-pairie. D’apré'»

l'Histoire généalogique et chronolc^que des pairs de France, parle P. Anselme (t. IV. p. 795), «François, deuxième du nom.

« comte de Noailles, eut cinq enfants, trois

• garçons et deux lilles, d’une demoiselle ■ du Limosin, laquelle, après sa mort, sc « voulut dire sa veuve ci ses enfauLs légi-

• times; mais elle perdit son procès, par «arrêt du parlement de Paris du QO mars

Dieupart, femme de Pierre Bouloche, appelante comme d’abus de la célébration de son mariage. 11 y avoit beaucoup d’incidens criminels dans ce procès. L’arrêt ordonne plusieurs décrets et appoints sur l’appellation comme d’abus.

Le 30 août, j’ai plaidé une cause aux requêtes du Palais, pour Augustin Grandin et Antoinette Grandin, sa fille, contre Pierre Rousseau, garde du corps, qui demandoit 20,ooo**de dommages et intérêts procédans de l’inexécution des articles de mariage arrêtés entre les parties, ensemble la restitution d’un diamant et de la bourse, or et argent que ledit Rousseau avoit ci-devant donnés à ladite Grandin. Sur ces demandes, la cour a ordonné la restitution du diamant, de la bourse , et de l’or et de l’argent, et a condamné Augustin Grandin et sa fille à payer i,ooo** à Rousseau, pour tous dommages et intérêts, sans dépens entre les parties.

Le roi ayant établi des commissaires pour travailler à la réformation de la justice*, M. Colbert me fit nommer, par le roi, secrétaire de cette commission, aux appointemens de 4,ooo** par an. Mon père les a toujours touchés. Lorsque j’ai été avocat général du grand conseil, j’ai eu voix délibérative dans cette commission. Cette commission a fini.

Le 3o août, M. Deffita m’a vendu sa charge de procureur du roi des requêtes de l’bôteD, moyennant 5o,ooo** que mon père lui a payés au moyen d’une rente de 2,5oo** due par M. de Bellièvre, dont il a fait transport audit sieur Deffita, par contrat du i 7 septembre 1 666.

' Sur ccUe commission , dont le travail aboutit à l'ordonnance civile d'avril 1 667, voy. Cliérucl, Histoire de V administration monarchique en France, t. II, p. a54 cl .«uiv.

’ Les requôtcs de l'iiôtel du roi constituaient une juridiction royale exercée par les maîtres des requêtes, et connaissant

de ccitaincs afl'aircs privilégiées qui lui étaient attribuées par les ordonnances.

Tne de ces attributions était tout ce qui concernait les sceaux de grande et de petite chancellerie ; c'est pourquoi le procureur du roi des requêtes de l'Iiotel était en même temps procureur général des chancelleries du royaume.

lÜ

MI^MOmES

Lorct, dans sa gazelle en vers de 1666, a fait menlion de ma réception dans celle charge'.

Le I" scplcmbre, j’ai élé pourvu de ia cliarge de procureur du roi des requêtes de riiôlcl es causes qui s’y traitent à l’ordinaire, de procureur général ès causes qui s’y traitent au souverain , et de procureur général en la chancellerie de France et en toutes les autres chancelleries du royaume, sur la résignation de M. Deffita, auquel le roi donna, par le crédit de M. Colhert et la recommandation de mon père, la chaige de lieutenant criminel, vacante par la mort de M. Tardieu, qui fut tué et sa femme, pardes voleurs*, le Jour de Saint- Barthélemi i6Gfi, pour la somme de i5o,ooo", quoiqu’elle valût aoo,ooo", à condition qu'il me laisscroil celle de procureur général des requêtes de l’holel pour 5o,ooo", quoiiju’il en eût refiisé 80,000".

' Lorot ne réctigrnil plus \a Mute kttlO’ rt(fue en iG66. Il avait pour successeur un cerlain Mayolasdc U Gravctle, auquel un autre poêle joumAlistc, nommé Charles Uohînel, SC mit à faire concurrence sous le pscu<loii)Tne «le Ou Loren.s" Tous deux paHrni de la réception de Foucault. Voici d’aliord les vers de Mayolns de la Gravctic :

Monsieur Foucault, très*éclairé,

Aui bonnes choses préparé.

Avocat rempli d'éloquence .

Dont le génie et ia science Font qu'il agit bien prudenmient , .\droitemcnt et justement.

Est aussi choisi pour ta chai ge Que vous trouverei à la marge**;

El je jure en cet entretien Qu'il s'en acquittera fort bien,

El qu'il imitera son père Que maint bel esprit eonsidére i'our sa personne et pour l’emploi

* Nous devons ces l'ciiscignements la Bibiiutlicqiic impériale.

Qu'il a receu de noslre roy.

Pour, dans U chambre de jtsaticc,

De gredier y faire l'nfllice,

Qu'il fait valoir fidMement,

Depuis son eatablissement.

4 Mpirtubn iSM, (••Pt

büii. )

Voici les vers de Robinet ; lin autre iisbile personnage,

Éclairé , vigilant et sage.

Et qui lisrangtie comme il faut (Cesl monsieur l’avocat Foucault .

Dont le mérite est ample et large).

Lui succède '** dedans sa charge ,

Qu'il exercera bien, je croy.

Sçavoir de procureur du roy •

Cha^ que l'on fait aux requestes.

Où SC trouvent de bonnes testes.

( 4* t>m Lanmi , •» vm ia l • »*f •

(■•Pt BiU. t«p. L &eu!t. L.)

* Boileau a parlé de Tardieu et de sa mort, satire x, v. x5o cl suiv.

de \f. Kâvenel, conservateur des imprimée à

À l'obligeance

En marge ; * procureur du roy aux reqoesicv de niosirl.» * A M. DeOtta.

J'ai élc reçu dans cette cliai^e sans examen, messieurs les maîtres des requêtes, président M. de Bercy, doyen des doyens, m’en ayant dispensé, les quatre quartiers a.sscmblés, le 3 septembre.

Le 4 septembre, j’ai été installé par M. Foullé, maître des re- (juétes, tenant le sceau dans la chancellerie du Palais, en qualité de procurem' général des chancelleries du royaume*. Il me fit prendre place à sa droite, sur un siège à dos, après que les lettres eurent été enregistrées par l'audiencier, le garde-rôle ayant dit, après la lecture, qu'il croyolt qu’elles dévoient être enregistrées auparavant à la grande chancellerie, nonobstant quoi on passa outre.

Par arrêt du Conseil d’état. Sa Majesté y étant, donné à Vincennes le I" septembre i666. il a été ordonné que la qualité de procureur génér.!! ès causes et procès dont la connoissance appartient aux maîtres des requêtes comme juges souverains, ensemble celle de procureur général en la chancellerie de France et en toutes les chancelleries du royaume, sera employée dans les provisions de la charge qui seront expédiées au profit du sieur Foucault, conjointement avec la qualité de procureur du roi pour les affaires ordinaires, sur lequel arrêt lettres patentes ont été expédiées en forme d’édit au mois de septembre 1 606, registrées aux registres de l’hôtel le 3 septembre.

Le 3 septembre 1 666 , après avoir rendu visite à M. de Moutmort, doyen des quatre quartiers et des maîtres des requêtes de quartier, j’ai pris occasion que tous les quartiers étoient assemblés pour une affaire qui les concernoit. M. Foullé présenta mes lettres de provision et un arrêt du conseil qui confirmoit le pourvoi en la charge de procureur général du roi aux requêtes de l'hôtel, eu la possession et joui^nce des droits, prérogative et séance de la charge de procureur générai des chancelleries de France, dont la qualité avoit été omise dans les provisions de ceux qui l’avoient possédée ci-devant. 11 se forma quelque difficulté sur le mot d’inspection qui se trouve dans l’arrêt, par lequel il étoitdit, « pour avoir inspection sur ce cpii concerne le sceau, • M. d’Ormesson et quelques autres de MM. les maîtres des requêtes

' VoT. plus haut note a, p. 9.

en ayant demandé l'explication, et sur la séance, pour savoir quelle elle seroit; l’un et l’autre fut réglé, et l’on me fit prêter le serment, après m’avoir dispensé de l'interrogatoire, parce que j’avois plaidé.

Le a O septembre, il m’a été expédié une commission de procureur général de la recherche de la noblesse', pour toutes les provinces du royaume, à l’exception de Paris, aux appointemens de i ,5oo".

Incontinent après que j’ai eu la commission de procureur général de la recherche de la noblesse, du ao de septembre iC66, M. Chapellier, ancien avocat général de la cour des aides de Paris, a trouvé bon que j’allasse travailler chez lui à l’examen des productions des assignés pour représenter leurs titres, et a prié M. Charruau, son ancien substitut, de venir travailler avec nous. Je lui ai donné i,ooo" par an, ce qui a duré jusqu’au dernier décembre i 669.

I.e 10 octobre 1666, M. le chancelier Séguier m’a expédié des lettres déconseiller d’état*, et j’ai prêté le serment entre ses mains, étant procureur général des requêtes de rhôtel.

Le ... . I 666 , j’ai été commis procureur du roi dans la recherche de ceux qui ont bâti des maisons dans les faubourgs de Paris au delà des bornes prescrites par la déclaration de i644’.

Le 20 février, il m’a été expédié des lettres de maître ès arts dans

l’imiversilé de Paris, qui dévoient j’ai pris le bonnet de maître ès arts.

' Pn arrêt du conseil du a a mars 1666 avait firtlonné de rechercher les usurpateurs des titres de noblesse. Les commissaires départis en étaient chargés dans les provinces, et ils devaient soumettre le résultat de leur examen à une commission établie i la suite du conseil du roi. C'est devant cette commission que Foucault fut nommé procureur général.

‘ C'était un litre purement honorifique et ne donnant aucune entrée au conseil.

être datées du 5 août 166a, que

On appelait ceux qui en étaient )>ourvus conuilUrs à brevet.

’ Cette recherche avait lieu en vertu de ïéditdu toisé t du i S mars i644 (Isambcrt, Ane. lois françaises, t. XVll, p. 38), ordonnance qui avait soulevé des troubles a son apparition, et que Ton peut considérer comme une des causes de 1a Fronde. (Vo^. Sainte Aulaire , Uist. de la Fronde, t. 1, p. i46.)

Le I 7 novembre 1 667, le roi m’a accordé une pension de 1 ,aoo**, à prendre sur le domaine, pour en jouir tant que je serai procureur général des requêtes de l’hotel.

Les épices de la charge de procureur général des requêtes de riiôtel ont monté, année commune, pour les conclusions, à i,3oo**, dont il en a été payé le tiers à M. du Tillet, avocat du roi, auquel, en cette qualité, il est dû.

Le 2 avril 1668, Marianne Foucault a été mariée à M. Petit de Villeneuve, conseiller à la cour des aides.

Au mois d’avril, mon père a mis la première pierre du bâtiment que les religieuses de Popincourt ont fait construire.

En 1669, Poncette Maillard, veuve de M. Resneau, tante de ma mère, est décédée. Madame Baudouin, ma tante, et ma mère, sa soeur, ont été ses légataires universelles; elle m’a légué 6,ooo** que mon père a reçus. Ils ont été employés à l’acquisition des livres de M. Dubois, avocat au giand conseil, que j’ai payés.

Au mois de juillet, il a été publié un édit portant règlement de l’âge requis pour entrer dans les charges de judicature , des parentés et alliances des olBciers, et pour la fixation des prix des charges'. Cet édit a été dressé par mon père, et M. le premier président de Lamoignon en faisoit tant de cas qu’il le regardoit comme l’édit le mieux dressé qui eût été porté au parlement depuis un siècle.

Mon père a été commis à l’exercice de la charge de secrétaire du conseil, saisie et décrétée sur le sieur Catelan, en la chambre de justice; la commission est du 7 janvier 1670.

' Cet édit est du mois d'aoùt 1669. (Voy. Isambert, Ane. lois françaises, l. XVIII, p. 3a5.)

14 MÉMOIUKS

Le. . .janvier 1670, M. Langlois, avocat, m’a pieté 3,5oo'*qiic je lui ai rendus.

Le 3o mai 1G70, fête du Saint-Sacmncnl, j'ai porté le dais à la procession de la paroi.sse de Saint-lùistache. 11 m’en a coûté 80** pour l’olfrande, présent àTo-uvre, (|uôtcuse et menus frais.

I.e 1 5 juin 1670, il a été pa.ssé, entre mon père, ma mère et moi, un acte sous seing privé, en forme de compte, par lequel mon père a reconnu qu’il avoit touché, depuis le mois de .septembre 1 66(>, tant sur mes gages de ma charge de procureur général des requêtes do l'hôtel que des pensions et appointemens des commissions extraordinaires que j’ai exercées, |)articulièrement de procureur général de la recherche de la noblesse et de secrétaire de la réformatiun de la justice, ensemble des 0,ouo^(pii m'ont été légués par madame Resneaii, lesquelles sommes touchées par mon père se sont trouvées monter à So.ooo**, et, jiour en demeurer ipiitte par mon père et par ma mère, ils m’ont, de leur part, tenu quitte des ôo,ooo** qu’ils ont payés à M. DelFita pour le prix de la charge de procureur général aux requêtes de l’hôtel.

Cet acte, fait double, a été reconnu par-devant notaire, par toutes les parties, le 33 octobre 1670; et, le 1 1 avril 1 674 , j’ai déposé celui que j’avois enü'c les mains chez Beauvais, notaire.

Le 3 4 octobre 1670, Marie Métezeau, ma mère , a fait son testament , par lequel elle veut que ses obsèques soient modestes, et en laisse la disposition, aussi bien que des prières, à mon père. Elle donne à Claude Foucault, son ainée, religieuse à l'Assomption, une pension viagère de i5o**; elle donne une croix de diamans de 4,ooo*' à madame de Villeneuve; à Anne, seconde lille, une croix de 1,000”, et à Angélique, troisième fille, une pareille croix de 1,000”. Elle fait encore quelques autres legs particuliers à ses amis. Elle se rapporte <4 son mari de la récompense de ses domestiques; et, après les legs acquittés, elle veut que sa succession soit partagée en six parts, dont j’en prendrai trois, et, en cas que les trois autres enfants aimassent mieux retenir les quatre quints des propres que de prendre les trois autres

portions, en ce cas elle me fait son Ic^gataire universel et me donne généralement tout ce quelle peut me donner par la coulumeL Elle ^ fait mon père son exécuteur testamentaire.

Ma mère est morte le 4 novembre i 670, à quatre heures du soir; les frais funéraires montent à 4,275** i5*.

Le 3o mars 1671, j’ai obtenu des lettres d’induit'^ sur l’abbaye de Saint-Martin de Pontoise, en faveur du sieur Crostc, en qualité de procureur général des requêtes de rbôtel.

Le :j3 avril i 67 1 , j’ai été pourvu de la charge d’avocat général du grand conseil’, sur la résignation de M. de Marillac; elles ont été registrées au grand conseil le 6 mai, et j’y ai été reçu et prêté le serment sans subir l’interrogaloire.

J’ai acheté celte charge 97,000**, par contrat du 26 mars 1 67 1 . Le contrat est quittancé à commencer la joui.ssance le 1" avril 1671, aux gages de i,5oo** et de 4oo** de pension.

Le 22 avril, il m’a été expédié des lettres de dispense d’âge; il falloit avoir trente ans et je n’en avois que vingt-huit.

J’ai continué la fonction de procureur général de la recherche de la noblesse depuis que j’ai été reçu avocat général au grand conseil et ai eu voix délibérative dans la commission de la réformation de la justice.

' Pour i'iiiteliigencc de ce testament, f|ui soulevait une des questions controversées de la coutume de Paris, voy. la coutume, art. 3g5, Claude de Ferrière sur cet .article, gl. 1, n"’ aa et suiv. et Ricard, Traité des donations, 3* partie, n*’ jo56, io63 et i46o.

* L’induit était un privilège accordé aux olTiciers de li.aute judicaturc, pour requérir, sur un évêché ou sur une abbaye.

un bénéfice vacant , pour eux-mêmes , s'ils étaient capables de le recevoir, ou pour un tiers qu'ils désignaient.

’ II y avait au grand conseil deux avocats généraux qui servaient par semestre. Sur cette cour souveraine, qui faisait originairement partie duConseil d'état, eten fut détachée par Charles Vlli , dansson ordonnancedu a août 1 497, voy. Chéruel . Hist. de l’admin. mon. en France, 1. 1 , p. i ag et 346.

If) MÉMOIRES

Le gi-and conseil ayant été complimenter le roi sur ses conquêles, j’ai porté la parole pour le parquet'.

Le 1" janvier, j'ai passé ma procuration ad resignandum de la cbai-ge de procureur général des requêtes de l’hôtel à M. Maboul, en exécution du traité fait avec lui de ladite charge, moyennant 78,000", dont il s’est obligé de payer 38, 000" comptant. Le même jour, je lui ai rendu les provisions en main.

Le 28 février, j’ai acheté le Traclatas Iractataum, en vingt-huit volumes’, 35o", des sieurs Guignard et Villiers, libraires; il contient un grand nombre de petits traités particuliers dont plusieurs sont devenus très-rares. Ce recueil a été fait par l’ordre du pape Grégoire XIll, et a été imprimé à Venise en 1 684.

Le 30 octobre 1672, le roi m’a accordé des lettres patentes portant établissement d'une pension de 600", à prendre sur le fonds du revenant-bon des gages des oQieiers du grand conseil; cette pension m’a été donnée en qualité d’avocat générai du grand conseil.

Le 22 novembre 167a, les lettres ont été regislrées à la chambre des comptes.

Je n’ai été payé des appointemens des commissions de la réformation de la justice et de la recherche de la noblesse que jusqu’en I 67a.

' Foucault se trompe ici de deux ans.

Ce n*cst pas en l’an 1671, mais en 1673, qu’eut lieu celte cérémonie. Voici le passage de la Gazette de 1G73 qui s'y rap* porte:

«Le 30 (octobre 1673) le grand con*

• seil vint féliciter Sa Majesté sur son heu*

• reux retour, étant présenté par le niar*

• quis de Seignelay, secrétaire d’état. Le

• président Barentin, qui portoit la parole

• pour cette compagnie, lit un très-beau

• discours, et le sieur Foucault, qui en est

■ avocat général, un compliment qui fut

■ des mieux reçu de Sa Majesté, et applaudi «de toutes les personnes de qualité pré • sentes k cette action. •

’ Cet ouvrage, cité le plus souvent comme Foucault le noiimie, a pour litre exact : Tractatas anivetsi juris in nnam congesti, XVI II maUrias A' A' F voluminihus comprehenJentes , curante F. ZiUtto, Venet I58i, in*l^. C'est par erreur que Foucault lui attribue vingt-huit volumes au lieu de vingt-six. tables comprises

Le 6 janvier 1 678, mon père a payé à M. de Villeneuve 5,ooo** sur les 1 0,000** qu’il s’étoil obligé de lui payer par son contrat de mariage, lorsqu'il passeroit à une charge plus considérable <{uo celle de conseiller de la cour des aides, dans laquelle cependant ledit sieur de Villeneuve est mort.

Le . . mars 1678, mon père a acheté la charge de secrétaire du conseil 3 00,000**, dont le roi lui a donné 5o,ooo** et fait remise de la première année du droit annuel montant à i,888** i8‘.

Les gages sont de 14,070**, gages de conseiller d’état i,5oo**, acquit patent* pour les expéditions du roi 3, 000**, sept minotset demi de sel. Les droits de ces charges étoient autrefois considérables; ils ont été réduits à lo** par arrêt et 6** par commission. La qualité de conseiller d'état est attribuée à ces charges.

Le I o mars 1673, Claude Foucault, ma sreur aînée, a été pourvue de l'abbaye royale de Jarcy-en-Brie, sur la résignation de madame de .. Beaumont, à la charge de 1 ,5oo** de pension viagère.

Ma sujur est morte le 17 décembre 1678, et Anne Foucault, sa sœur, a été pourvue de la même abbaye, n’ayant que vingt et un ans.

Le roi, par sa déclaration du (3o novembre 1673)*, s’étant relâché de la rigueur de l’ordonnance du qui règle l’âge

et le temps de service pour parvenir aux charges de judicature, moyennant la linance qui seroit réglée, j’ai consigné aux parties

p. 13 1; règlement dan» lequel le roi, par des considérations surtout fiscaJes, se re- Uclie de la rigueur dea édits de i665, août 1669 et février 167a, sur l’Age requis pour entrer dans les charges de jtidicalure. Célait trente-sept ans pour les mailrca des requêtes, et Foucault n’avait que trente et un ans en 167/i.

' Les acquits patents étaient des ordres ou mandements du roi pour faire payer comptant par ses trésoriers une certaine somme. On les nommait ainsi parce qu’ils étaient expédiés en parchemin à la grande chancellerie sous forme de lettres patentes.

* Isambert, Ane. his frunçahet, t. XIX.

18 >fÉMOIRES

casuelles ' t 5o,ooo pour une charge de maître des requêtes, suivant la fixation, et i fi.qSH de dispenses, savoir: cinq années et quelques jours d’âge, n’ayant pour lors que trente et un ans, pour sept années cinq mois et quelques jours de service qui me inanquoient, à raison de 2,000** pour chaque année de manque. On m’a tenu compte des quatre années de serv'ice de procureur général des requêtes de l’hôtel.

Depuis cette consignation, le roi a créé huit charges de maître des requêtes par son édit du mois de janvier 1674, qui sont demeurées aux revenus casuels sans être levées, jusques au i5 février, que M. Colbert ht entendre à mon père qu’il se présentoit une occasion favorable d’établissement pour moi, qui étoit de prendre une desdites huit charges de maître des requêtes, qu’il me feroit nommer à une intendance, de trois qui vaquoient, à mon choix; mou père m’envoya chercher au grand conseil et me lit cette proposition, (jue j’acceptai. Le soir même, mes provisions furent portées à Versailles pour être scellées. Mon père y apprit (pie MM. de Ménars, Bercy et Morant avoient demandé trois de ces charges et avoienl été agréés; M. de Villeneuve, conseiller à la cour des aides, mon beau-frère, refusa d’en prendre une.

Deux jours après, M. Colbert me présenta au roi. Je lui dis que je venois l’assurer de mes respects et de ma fidélité à son service. Il me répondit qu’il étoit bien aise que je prisse une des nouvelles charges, étant persuadé que je le servirais bien dans tous les emplois qu’il me confieroit, et qu’en toutes rencontres il me donneroit des marques de son affection; que M. Colbert me diroit les avantage.s qu’il avoit joints à ces charges. Je fus ensuite rendre compte à M. le chancelier d’Aligrc de ce qui se passoit; il scella mes provisions et mes dispenses extraordinairement.

Dispense d’âge et de service du 18 février 1674, moyennant’ 16,938** dont le roi me fit remise.

' On appelait parties casuelles les droits des oflices , et , par dérivation , le bureau

et deniers public.s provenant de la vénalité où on les payait.

Le même jour, j’ai prêté le serment entre les mains de M. d’Aligre, chancelier.

Le a 3 février, mon nom a été publié aux chambres du parlement, pour l'enregistrement de mes dispenses. Le dernier février, elle a été registrée, toutes les chambres assemblées.

J’ai ensuite visité M. le premier président, les trois plus anciens présidens au mortier et toute la grand'chambre, et, le 3 mars, j’ai été reçu à la grand’chambre, où j’ai seulement pris place sans assister à aucun jugement de procès, attendu que je n’avois pas dix années de service en compagnie souveraine.

Le dernier février, la commission d’intendant de Montauban a été expédiée en mon nom, à la place de M. de Brou*.

La commission d’intendant de Montauban a été accompagnée de lettres du roi pour M. le maréchal d’Âlbret^, gouverneur de Guyenne, pour le parlement de Toulouse dans le ressort duquel est la généralité de Montauban, pour la cour des aides de Montauban, poulies présidiaux et les principales villes de la généralité et pour l'exécution de l'édit de Nantes, pour les trésoriers de France et pour M. de Bournaxel, sénéchal de Quercy.

J'ai reçu avec ma commission d'intendant une commission particulière du roi pour faire exécuter ce qui reste à faire dans la généralité de Montauban, concernant l'édit de Nantes, celui de 163g et autres donnés en conséquence.

Le 3 mars, j’ai été reçu au parlement.

Le 4 mars, j’ai visité tous MM. les maîtres des requêtes, et, le 5 , j’ai prêté le serment aux requêtes de l’hôtel , président M. de

Le 5 mars, j’ai pris séance aux requêtes de l'hôtel.

Le i4 mars, j'ai assisté au conseil pour la première fois.

' Denù Feydeau, seigneur de Brou, sens , maréchal de France en i65d,gou-

iiilendant de Montauban, pois de Rouen. verneur de Guyenne en 1670, mort à

mort le 10 novembre 1691. Bordeaux le 3 septembre 1676.

* César Phébusd'Albret, comte de Mios-

MEMOIKES

Le 3o mars, j'ai été prendre place au grand conseil, M. Barentin président.

I. e 4 avril 1674. commission à M. E’oucault pour exécuter ce qui reste à faire dans la généralité de VIontauban, concernant l'édit de Nantes.

l..e ao février 1674. j’ai emprunté de M. I.e Fouin, greffier du conseil, 3o,ooo** à constitution, dont il a été payé le 10 août 1679, par les mains de M. Charpentier, de mes deniers.

J. e 3 avril, M. Pirot, payeur des rentes, m’a prêté 1 0,000 rendus.

Le i5 avril 167.4, nion père et moi avons passé un acte sous

seing privé, par lequel nous nous sommes quittés respectivement de tout ce que nous pouvions prétendre l’un à l’encontre de l’autre, .savoir, de ma part, tant des arrérages, loyers, fruits et revenus des biens de la succession de ma mère, qu’autres deniers qu’il pourroit avoir reçus pour moi, et de celle de mon père pour mes pensions, nourritures, alimens, entretiens, tant de moi que de mes domestiques et équipages, même pour la somme de 1 6,000 ** que j’ai déclaré devoir à la communauté d’entre mon père et ma mère , pour partie du prix de la charge d’avocat général au grand conseil, <lont mon père me fait la remise, au moyen de quoi je lui cède de ma part et transporte 14,000*^ qui me restent dûs par M. Maboul du prix de la charge de procureur général aux requêtes de rhôfcl; cet acte a été reconnu devant notaires, le ag avril 1674-

Le 1 6 avril , M. Gilbert , conseiller au parlement , m’a prêté ■ a, 000** par un acte sous signature privée, apporté par ledit sieur Gilbert, le 3i mars 1676, cbex Beauvais, notaire, et reconnu par ledit sieur Foucault, par devant ledit Beauvais et Clément, son compagnon.

Le I O septembre 1681, lesdits 1 a,ooo ont été par moi remboursés ès mains du sieur Vallin, tuteur onéraire des enfants mineurs de M. Gilbert.

Le même jour, M. Barentin, président au grand conseil, m’a prêté 3,3oo'^ sur billet; rendus.

Le 19 avril 1674, j’ai payé i,5oo^ au grelTier de.s requêtes de l’hôtel pour mon droit d’entrée.

Le . ‘ j’ai vendu la charge d’avocat général au grand

conseil à M. le président de Maupeou, pour son fils, moyennant 120,000**, et le même jour, et par-devant le même notaire, le fils me passe une obligation de 5, 000**, dans laquelle il déclare que c’est à sa prière que j’ai consenti que le contrat ne portât que 1 20,000**, et qu’il est convenu avec moi de m’en payer 126,000**, M. Bailly ayant vendu la sienne 1 3 0,000**.

M. de Maupeou étant mort^, le père et son frère depuis ont refusé de me payer ces 5, 000**, mon débiteur étant mort insolvable et endetté.

J’ai eu un procès avec M. Maboul, en 16741 au sujet des gages et pensions attribués à la charge de procureur général des requêtes de l’hôtel que je lui ai vendue et dont il prétend qu’il n’avoit pu jouir, attendu que la pension de 1,200** étoit personnelle pour moi. Nous convînmes d’arbitres pour nous juger; .savoir, MM. Barentin, de la Margric et de Besnard Rezé. Ce procès a été jugé par la sentence arbitrale du 28 janvier 1676.

Le 12 novembre 16741 naon père a emprunté de M. Le Fouin, greflier du conseil, sous le nom d’Euldes, tant en son nom que se faisant fort de moi, 2 1,000**, dont il a passé contrat de constitution de 1 ,060** de rente.

Les appointemens d’intendant de Montauban sont de i8,3oo**, y compris ceux du secrétaire et des hocquetons. Je n’ai été payé que de huit mois de l’année 16741 M. de Brou, à qui j’ai succédé, étant demeuré à Montauban jusqu’au 1" mai de la même année.

J’ai reçu, pendant l’année 16741 de mes appointemens d’intendant, de mon père et pour gratifications, 24i664**, en ce non compris les deux sommes empruntées de MM. Gilbert et Pirot.

' D'après le Dictionnaire de la noblesse, fut reçu avocat général au grand conseil

de La C.hcsnayc des Bois, t. IX, p. 6.3i, le 6 juin 167/j.

Pierre de Maupeou , fds ainé du président, ’ Il mourut le ao octobre 1679.

dépense de l’année 1674 monte à 3ç),68i'', eu ce compris les 10,000*^ de M. Pirot, qui ont été employés en achat de vaisselle d’argent qui a coûté 10,43a**.

Le ag avril 1674, M. Colbert m'a expédié un passe-port de mes hardes* à Montauban, sans payer aucuns droits.

Je suis parti le i*' mai de Paris, et ai pris la route de Bordeaux pour voir M. de Sève, qui en étoit intendant et qui l’avoit été de la généralité de Montauban, et pour prendre scs instructions sur les ulVaires de cette généralité.

Je passai à Orléans où M. de Ménars, beau-frère de M. Colbert^ et intendant de cette généralité, me lit un accueil très-gracieux et prévenant.

J'ai passé par Poitiers, où M. de Mariliac étoit intendant.

Je suis arrivé à Bordeaux le 1 a mai. M. de Sève m’avoit envoyé une chaloupe à douze rameurs, qui m'a conduit de Blaye à Bordeaux en deux heures. J’allai descendre chez lui , où il voulut que je logeasse. Nous conférâmes sur l’état des affaires de la province. Le lendemain il me mena chez M. le maréchal d’Albret, qui me fit beaucoup d’honnêteté et me dit qu’il feroit toutes les [avances] pour m’engager à mieux vivre avec lui que n’avoit fait M. de Brou, mon prédécesseur. Je payai cette marque de bonté de beaucoup d’encens, dont M. de Sève m’avoit averti qu’il étoit fort avide. M. de Sève étoit généralement aimé et estimé dans la province; il n’en étoit pas de même du maréchal auquel on ne se boit pas. M. le maréchal me rendit le lendemain matin ma visite, et nous invita, M. de Sève et moi, à dîner chez lui.

J’allai rendre visite à M. de Montagu, lieutenant général de la

' li était levé, dan» rintéricur du rujauiue, sur les marchandises, et en générai sur les objets mobiliers qui voyageaient, des droits d'octroi, péages, pontonnages, etc. dont une partie au moins ('tait un reste des tehnea féodaux. Mais le contrôleur général des finances pouvait

accorder des passe-ports pour dispenser du payement de ces droits, sauf aux fermiers À les décompter.

* Colbert avait épousé. en i64b, Marie Charon, üUe de Jacques Cbaron, seigneur de Ménars.

province et gouverneur du château Trompette, à M. le premier président d’Aulède, et à MM. les presidens à mortier. J’ai dîné chez le premier pré.sident. J’ai été voir aussi M. le procureur général de Pontac. J’ai été chercher. M. l’archevêque de Bordeaux, mais il ne voyoit personne. Il s’était démis un pied et étoit au lit. Il m’a envoyé le jour même un gentilhomme me faire compliment.

M. le maréchal d’Albret écrivit à mon père une lettre très-gracieuse sur mon sujet.

J’ai reçu des visites de tout le parlement et de la noblesse à Bordeaux.

On étoit à Bordeaux en crainte d’une descente des Hollandois, qui avoient une flotte considérable en mer.

Je suis parti de Bordeaux le i5 de mai, et suis venu coucher à l..angon. M. de Sève m’a donné une barque à onze rameurs qui m’y a conduit, et a pris soin de la faire remplir de rafraîchissemens. Le sieur de Breteuil, qui étoit auprès de M. de Sève, m’a accompagné jusques à Langon par son ordre. Les consuls de Langon m’ont présenté le vin de la ville.

J’allai voir en chemin madame la comtesse de la Selve, en son château de Grignon. J’ai couché le i5 à Castelgeloux ‘ , dépendant du duché d’Albret.

Le 2 0 mai, je suis arrivé à Montauban, où je reçus les complimens de tous les corps ecclésiastiques et séculiers de la ville.

IVota. — Voir la lettre de M. Charpentier à mon père, datée de MonlauJ)an, le 2 i mai i Gyù. pour la suite du voyage jusques à Montauban.

J’ai été descendre, en arrivant à Montauban, chez M. d’ Alliés, qui m’a très-bien régalé. J’ai couché chez lui un jour, et le lendemain dans la maison que la ville donne aux intendans, appartenant à un gentilhomme nommé M. de Montbeton.

En attendant un secrétaire de Paris, je me suis servi du sieur Temple, qui avoit été à M. Pellot.

' On écrit aujourd'hui Caateljaioiu.

M. d’Ossonne, premier président de la cour des aides, m’a rendu la première visite, et, ne m’ayant pas trouvé, j’ai été le voir.

M. Berlier, autrefois grand prédicateur, étoit évêque de Montauhan, lorstjue j’y suis arrivé. Je lui ai trouvé l’esprit fort baissé et ne faisant plus de fonction épiscopale.

Je n’ai point assisté à la procession du saint sacrement, parce qu’il auroit fallu aller après le premier président de la cour des aides, ce que M. Pellot et M. de Sève n’ont point voulu faire.

M. le maréchal d’Albret, gouverneur de la province, a fait une convocation d’arrière-ban, sur l’avis qu’il a eu que les Espagnols avoient des desseins sur la frontière et d’assiéger Bayonne, et, sur ce qu’il m’en a mandé, j’ai envoyé chercher des canons, des grenades, des armes, des boulets et autres munitions de guerre à Toulouse et dans les villes de mon département, que je lui ai envoyés. Je lui ai aussi envoyé tm grand nombre de gentilshommes en bon équipage , avec 5oo hommes de milice , dont Montauban en a fourni 200.

J’ai envoyé à M. le maréchal d’Albret deux mille sacs de blé et pareille quantité d’avoine, et en ai fait faire provision d’autant de sacs à Auch et à Montauban.

L’arrière-ban et les milices * convoqués pour la défense des côtes, en cas de descente des ennemis, m’a d’abord donné beaucoup d’occupation. La noblesse des généralités de Bordeaux et de Montauban

‘ Dam in signilication rigoureuse du mot, rnrricrc bon s'appliquait à la convocation des arrière-vassaux ou vassaux médiats du roi , par opposition au ban , i|ui désignait les vassaux iinmcdiata. Telles sont encore les expressions dont se senent les lettres patentes du 1 1 août 1674 : 'Nous e mandons et ordonnons ù tous nobles. . . « vassaux , tenant de nous des fiefs et nr- « rièrc-fiefs, sujets à notre ban et arriére- *ban. . . • (bambert. Ane. lois françaises.

t. XIX, p. iSg.) Mais dans le langage ordinaire on ne citait que l'aj-rièrc-ban, et l'on désignait sous ce nom la convocation de la noblesse tout entière, mandée par le roi pour servir dans scs armées, ün donnait le nom de milices aux troupes que rournissaient les paroisses ou qui étaient levées par ordre du roi dans les généralités, par opposition aux troupes réglées, qui se recrutaient par enrôlements volontaires.

forinoient un corps de 4oo à 5oo boniiues, et les milices 10,000. La dépense qui a été faite pour cette levée a été inutile, les Espagnols n’ayant point assiégé Fontarabie, et les Hollandois n’ayant pas fait de descente à Bayonne, comme on l’apprébendoit, le port étant sans défenses.

J’ai été obligé de régaler la noblesse qui a passé par \fontauban et sur la route de Bayonne, lorsque je m’y suis transporté.

Dans le voyage que j’ai fait à Bayonne, j’ai couebé le 16 juin' dans un village nommé Mugron, dont étoit originaire un secrétaire de M.'le chancelier d’Abgre, qui en est devenu seigneur et en a porté le nom.

Je suis venu à Cabors pour la première fois le. . . juin lôyé. Le sieur Fouillac, grand vicaire de M. Sevin, évêque de Cabors, est venu à un quart de lieue m’offrir sa maison; les consuls sont venus au-devant de moi; on a tiré le canon; les habitans étoient sous les armes sur le pont, et ont fait plusieurs salves. M. Charpentier en a eu tant de frayeur eu passant sur le pont, entre une double baie de mousquetaires, qui firent une salve, qu’elle lui causa une foible.sse dont il ne revint qu’après une diète et un sommeil de douze heures à l’évèché; j’y ai soupé et couché. J’ai visité quelques écluses de la rivière du Lot, et suis retourné à Montauban pour exécuter des ordres que m’a envoyés .M. Colbert.

Un consul de Nogaro, où j'ai couché le i4 juin iCyé, et qui est médecin, me dit, dans sa harangue, que le roi m’avoit envoyé dans la province pour la purger de tous les fainéans et gens de mauvaise vie, et qu’au sentiment d’Hippocrate, [ce qui] formoit les humeurs peccantes étoit l’oisiveté. Je gardai mon sérieux, mais les assistaiis ne se crurent pas obligés à la même gravité.

De Nogaro, j’ai couché le i5 juin à Grenade, où je trouvai les rues jonchées de soldats de milice, qui dormoient d’ivresse ou de fatigue.

' Il ^ n erreur sur le quantième du Mémoires nous apprennent que le 16 juin mois; car, quelques alinéa plus loin, 1rs Foucaolt était à Dax.

Ali mois de juin 1674, je me suis rendu à Oacqs', à la pincre de M. le maréchal d’Albret et de M. de Sève, pour prendre des mesures avec eux sur les munitions de guerre et de bouche qu'il falloit tirer de la généralité de Montauban, y ayant disette de grains dans celle de Bordeaux. J’avois déjà fait voiturcr 6,000 seliers de blé à Dacqs. J'ai demandé .sur cela les ordres à M. Colbert.

Je suis arrivé le 1 6 à Dacqs, où j’ai été descendre cher M. le maréchal d'Albret, arrivé nouvellement de Bayonne, qui est venu audevant de moi; et, après un entretien d’une demi-heure sur le sujet de mon voyage, je l’ai quitté pour aller voir M. de Sève, avec lequel je soupai et me suis entretenu sur nos aflàires communes.

M. l’évcque d’Acqs m’est venu voir; c’étoit l’abbé de Fromenlière. Les consuls sont aussi venus le 16. Tous les gentilshommes de la généralité de Montauban, qui étoient à Dacqs, et le présidial en corps, sont venus me voir. J’ai dîné avec M. de Sève, et, après dîner, M. le maréchal d’Albret m’est venu voir. lïd. le reste dans la suite de la lettre de M. Charpentier à mon père, du 37 juin 1674.

J’ai été de retour de Bayonne à Montauban le a 5 juin 1674, et y ai solemnisé par des réjouissances publiques la prise de Besançon.

J’ai mandé à M. Colbert que la guerre avec l’Espagne avoit ruiné le commerce dans la province. Il s’étoit seulement entretenu dans les passages des Pyrénées, nonobstant la guerre avec la Hollande, jusques à la rupture ouverte avec l’Espagne, qui a fait fermer les passages, les habitans des Pyrénées françoises et espagnoles ayant le privilège de continuer entre eux le commerce , nonobstant les déclarations de guerre entre les deux nations, tant que leurs intérêts les y engagent et qu’ils le jugent à propos.

La convocation de la noblesse et leur passage ont encore beaucoup coûté, aussi bien que la levée des milices, les consuls s’étanl servis des deniers de la taille pour cette dépense. Les villes se sont rachetées de l’établissement de la jurande des arts et métiers^. On

‘ Ancienne orUiognipbe de Dax. L* * Los oITices de jurende.s avaient étÿ forme primitive était ta citte d'.tcfs. établis par un édit de mars 1673, dans

a encore fait des taxes pour les rrancs-fiefs des procureurs, greffiers cl autres, les reveiians-bons et la marque du papier

Au mois d’avril 1674, il a été établi un droit sur le papier’. J'ai fait visiter par mes subdélégués tous les moubns à papier de mon département , qui se sont trouvés monter à dix ; et cbex les marchands, il ne s’est trouvé que six mille rames de papier.

L’édit de la marque du papier a été révoqué *.

Je suis retourné à Montauban sur la fin de juin, où j’ai travaillé au recouvrement des droits de franc-fief ‘, M. Colbert ayant cette affaire fort à cœur.

Le recouvrement des taxes des francs-fiefs dans la généralité de Montauban avoit été commencé par M. de Brou ; les trois rôles étoient de 5g4,ooo**, en trois forfaits, y compris les taxes des procureurs; j’ai achevé ce recouvrement.

Quoiqu’il n’y eût plus de descente à craindre, M. le maréchal d’Albret n'a pas voulu renvoyer la noblesse et les milices chez eux ,

un but üscal, pour subvenir aux frais de In guerre de Hollande.

' Foucault confond daf» une rédaction défectueuse des choses tout à fait distinctes. Les «procureurs, grcHiers et autres » n'ont rien de commun avec les taxes des francsfiefs. et probablement ils ne sont mea> tionnés ici que par rapport éla marque du papier, et aux édits des i g mars et a juillet 1673 qui les astreignaient à se servir de formules imprimées pour leurs actes de procédure. Quant à U taxe des revenansbons, nous n'avons trouvé aucun renseignement à son égard.

* Isambcrt . A ne. loU Jrunçaûe$ , L Xl.V , p. i55. Cet édit a deux objets: rétablissement d'un impôt sur le parchemin et le papier qui sc fabriquaientdans le royaume, et la révocation de deux décUrations, des 19 mars et a juillet 1673, qui forçaient les «liuisMers, procureurs et autres mi-

nistres de justice. • à employer, dans leurs procédures, des formules imprimées sur papier timbré.

’ Par un édit d’aoùt 167/1,

Deppirig, Corretp. admin. sou* te régné de Louis XIV, l. m. introd. p. xTii.

* Le droit de franc-fief était payé au roi par les roturiers à cause des fiefs cl biens nobles qu‘ils possédaient. Il n'était pas levé annuellement, ou. du moins. aprè.« l’avoir tenté en i655, on y avait renoncé en i656. (Isambcrt. l. XVH. p. 335*7.) Mais de temps en temps on recherchait les roturiers possesseurs de fiefs, et on les taxait à trois années de revenu pour vingt ans de possession. Par deux édits, de novembre i656 et mars 1673, le roi leur offrit 1a faculté de se racheter et de libérer leurs biens. Les poursuitei onlonnées par Colbert avaient pour but dactiver ce rachat

et leur a même assigne des quartiers aux environs de Bayonne. Cependant, M. Colbert m'a mandé de faire payer les droits de francsfiefs aux gentilshommes' convoqués et qui ne servent point dans les troupes réglées; et, d'autre coté, le parlement de Toulouse et celui de Bordeaux donnent â ces gentilshommes et aux commandans des francs-fiefs’ des surséances à toutes poursuites civiles et criminelles contre eux; MM. d'Aguesseau et de Sève en ont donné de générales, ce qui ne s'étoit jamais fait, f usage ayant été jiis<|ues à présent de ne les accorder que sur le certificat du .secrétaire d'état ayant le département de la guerre; et il a fallu fournir à la subsistance de ces troupes. Les villes les plus petites ont fourni trois hommes; celle du second ordre, cinq, et les capitales, dix. Les houles ont voulu passer pour villes, et toutes les villes ont fait des efforts pour .se mettre au-dessus de leurs classes. 11 n'y a pas un homme qui n'ait coûté 5o", et beaucoup qui sont revenus aux villes 1 .5o et aoo", les miliciens ayant été habillés et armés de pied en cap.

Les ennemis n'ont pas donné le moindre indice qu'ils voulussent faire une descente. C'e.st une terreur panique de la cour, fondée sur des avis de personnes suspectes.

Le a juin, la ville de Toulouse m'a député trois de ses capitouls pour me faire compliment sur mon arrivée dans la province. Je leur ai donné à dîner le lendemain.

M. Bertier, évêque de Montauban, est mort le a8 juin ifiyA, âgé de .soixante et dix ans. J'en ai donné avis à M. Colbert.

Au mois de juin, M. de Sève m'a demandé de l'aident de nos recettes, pour employer aux affaires du roi dans la conjoncture présente.

M. Caulet, évêque de Pamiers, e.st venu me voir à Montauban.

M. Colbert m’a mandé, au mois de juin 1G74, de me .servir de .suli-

' L’pxprcâsion de geRÙUhomiM* nV'it pas tout à foit exacte; les droits de francsnefs n'étaient pa» dus par les nobles de race, mais seulement par le* roturiers.

pour les héritages qu'ils possédaient noblement. Les roturier* étaient »ujct* <i rarrièrebaii à cause de ces même* bien*.

’ Sic. Lisez des milice».

DE NlCOLAS-JOSEPll FOUCAULT délégués* le moins (]uc je pourrois. J’ai dans mon esprit préveiui sa lettre. Ils avoient abusé de la conBance de M. Pellot, qui signoit des ordonnances à leur rapport, et, s'ils l’ont faitparoitre présent à toutes les affaires, ils lui ont fait rendre beaucoup de mauvais jugemens.

Le frère de Haynault est venu, au mois de juillet i GyA, à Montaitban, pour me servir de sous-secrétaire.

Au mois de juillet iGyAi les habitans de Cahors ont proposé à .M. Colbert de transférer la cour des aides qui y avoit été établie.

Le 3o mai, je reçus une plainte du sieur de Cahusac, lieutenant principal du présidial^ de Montauban, contre le sieur de la Chaise, conseiller du même siège, dont il me dit avoir reçu un .soiifllet, et me requit de me transporter au présidial pour eu informer, et, quoique cette affaire fût de la compétence du parlement de Toulouse, cependant, comme c’étoit une violence publique, je me transportai au présidial, où j’entendis plusieurs témoins, et, quoiqu’ils eussent vu l’action, cependant, comme ledit sieur de Cahusac n’étoit pas bien voulu dans sa compagnie, la preuve ne fut pas complète, et je pris le parti d’accommoder l’affaire, La Chaise étant un homme de mauvaise réputation, de beaucoup d’esprit, et à qui M. Pellot, dont il avoit été subdélégué, entreprit de faire le procès, mais il n’y réussit pas. J'ai accommodé cette affaire, les parties m’ayant remis leurs intérêts.

Au mois d’août iGyA, le roi a rendu un arrêt qui ordonne au sieur de la Chaise, conseiller au présidial de Montauban, de se défaire de sa charge pour avoir donné un soufflet, en présence de plusieurs officiers du siège, au sieur de Cahusac, lieutenant particulier. Cet arrêt a été donné sur mon avis; ledit La Chaise étoit un homme

' L'intendant commetuil de« subdélé- , afin de le remplacer pour une affaire spéciale ou d'une manière permanente * dans une ville ou dans un bourg de sa généralité. 1! était à »a discrétion de les nommer comme de les révo<)ucr. Ln édit d'avril 1706 créa, il est vrai, des subdélégués en titre d'office; mais ils furent sup-

primés plus tard par un autre édit d'aoùl

* Un lieutenant princi|>al, ou plus exactement un lieutenant général de présidial, était un magistrat é peu prés correspondant à ce rjue serait aujourd'hui le viceprésident d'un tribunal de première instance

de très-mauvaise vie et grand scélérat. M. Pellot lui avoil fait son procès pour concussions et malversations commises par lui dans la fonction de son subdélégué.

Au mois de décembre 167/1, j’ai proposé à M. 'de Louvois de ne point mettre de gens de guerre en quartier d’hiver dans Négrepelisse, appartenant à M. de Turenne; il m’a mandé que l’intention du roi étoit que, sans distinction, je distribuasse les troupes dans toutes les paroisses. Il étoit brouillé avec M. de Turenne. D’autre part, M. Colbert m’écrivit, de son propre mouvement, que le roi trouveroit bon que j’exemptasse de logement la terre de Négrepelisse, qui étoit la seule que possédât M. de Turennne, qui avoit bien mérité cette distinction. Pour accorder les deux ministres, je mis quelques places de l’état-major dans Négrepelisse; mais c’étoit des places mortes* qui ne coûtèrent rien à la paroisse, et cette affaire n’eut point de suite.

Au mois de décembre 1674 > on a proposé de me marier à la fille unique de M. Donneville, président au mortier de Toulouse; mais il vouloit qu’on l’assurât de son rappel à Toulouse, et le roi étoit trop indisposé contre lui pour oser en faire la proposition. Il avoit été exilé pour avoir parlé avec trop de chaleur contre la vérification de quelques édits, et avoir fait un parti dans le parlement contre le sieur de Fieubet, premier président.

Il y a eu du désordre dans l’hôpital de Beaulieu, près Figeac, ordre de Malte : cinq rebgieuses se sont révoltées contre madame de Vaillac, leur abbesse. M. Sevin, évêque de (^ahors, les a excommuniées et a envoyé à l’abbesse un règlement auquel elles ont refusé de se soumettre. Le grand prieur de Saint-Gilles, de qui dépend cette maison, a prétendu que c’étoit une entreprise de la part de M. de Cahors, qu’il n’étoil point en droit de faire des règlemcns dans une maison dépendant de l’ordre de Malte. Le roi m’a ordonné de prendre connoissance de ces contestations, et j’ai été commis, par arrêt du conseil, pour me transporter dans ce monastère, entendre toutes les parties, dresser mon procès-verbal de leurs contestations et envoyer C*esl-à-dirc des places qui n'etaient pas occupées.

le tout avec mon avis au conseil. Vid. le procès-verbal et l'avis. Il v avoit huit religieuses opposées à l'abbesse; mais trois sont rentrées dans l'obéissance. Leur vucétoitde se faire transférer dans une maison du pays de Foix, où elles iroient former une nouvelle communauté.

En 1674. j'ai fait construire des écluses sur la rivière du Lot pour la rendre navigable. Cette dépense a monté à 56,666** et a porté également sur les généralités de Bordeaux et de Montauban.

M. Charpentier n'a jamais voulu prendre connoissance des affaires (]ui regardent la finance et le roi, mais seulement de celles des particuliers*.

Anne Foucault, ma troisième sœur, a fait profession à Jarcy, le 38 janvier 1 676. Je lui ai donné 1 00** de pension en mon nom.

Au mois de janvier 1675, M. Charpentier, chanoine de Saint-Germain-l'Auxerrois, qui étoit venu avec moi à Montauban, est retourné à Paris.

Gendron est arrivé dans le même temps è Montauban, pour nie servir de secrétaire.

Au mois de janvier 1 676, j'ai fait faire, par ordre du roi, des réparations aux bains et chemins de Barége. La dépense a monté à 1 ,300**. Ces réparations ont été faites à l'occasion du voyage que M. le duc du Maine, fils naturel du roi et do madame de Montespan, conduit par madame de Maintenon.y a fait, pour l'allongement des nerfs d'une jambe dont il est boiteux.

Au commencement de février 1675, le vice-sénéchal d'Auch a arrêté un ouvrier faux monnoyeur, trouvé saisi de quatre pistoles et de quinze écus blancs faux. J'ai envoyé à M. Colbert un projet d'arrêt qui me commettoit pour lui faire le procès.

Le I 7 avril j'ai proposé de créer une élection dans le pays

' A la fi D de Tannée 16741 on Irouvc «dans U géaéraJité de MonUubaii, je n'ai Ttlinéâ suivant * non achevé : • Le roi ayant • pas cru en devoir ...»

« envoyé des troupes eo quartier d*biver

de Foix, dont le roi tlreroit des secours plus considérables que ceux qu’il reçoit, les deniers qui se lèvent sur les communautés' de ce pays touniant, pour la plus grande partie, au profit de ceux qui en sont les administrateurs; cela n’a pas été suivi.

Au mois d’avril 1676, j’ai fait arrêter, à Cahors, des faux monnoyeursetfabricateurs de faux papier timbré auxquels j’ai fait le procès.

Au mois d’avril 1 676, j’ai informé, par ordre du roi , des vexations que faisoit M. le marquis de Foix®, gouverneur du pays de Foix, les trois états en ayant porté des plaintes à Sa Majesté. J’ai envoyé cette information à M. Colbert. Il a été relégué à Sisteron, et a reçu ordre de se défaire de son gouvernement.

Le i5 juin 1675, j’î»i jugé, au présidial de Montauban, des pêcheurs du lieu do Bedon, sur la Garonne, qui ont assassiné deux archers du domaine. Deux ont été condamnés, par contumace, à la roue, et un troisième à être pendu, et a été exécuté. Il auroit subi la même peine que les deux autres, s’il n’avoit été sexagénaire.

Le. . . juin, j’ai condamné deux dragons du régiment de Tessé à être pendus, pour avoir tué un consul et un habitant de Beaumont qui avoient voulu® violer la femme de leur hôte.

.Mon père a épousé en deuxième noce, le ao juillet 1676, mademoiselle Bossuet, sœur de .M. l’évêque de Condom; point de communauté; 2,000** de rente annuelle de douaire préfix, 3, 000** d’ameublement une fois payés; n’est point demeuré de minute chez Beauvais, notaire, qui a passé le contrat demeuré double pour chacune des parties; mademoiselle Bossuet n’avoit aucuns biens.

Ce mariage n’a pas été heureux. MM. Bossuet n’y avoient pas consenti; les enfans de M. Foucault n’avoient pu l’empêcher. Les humeurs du mari et de la femme devinrent incompatibles. La femme

' Appelées, dans le langage actuel, les commune.s.

* Jean Roger de Foix, dit le marquis de Foix, nommé gouverneur de la province de Foix en 167a. Il devint plus tard capi-

taine des cent-suisses du duc d'Orléans , frère de Louis XIV.

’ Il y a là une omission évidente. On doit probablement rétablir : « qui avoient • voulu [les étnpécher de] violer. . . »

avoit tiré de son mari deux billets, l’un une année avant le mariage, et du 1 6 juillet 1674» de la somme de 20,000*^ payable au porteur; l’autre du i5 janvier 1676, de 3o,ooo**, payable à M. Cbovalier.

Le divorce s’étant mis dans le ménage, la femme demanda en 1677 payement de ces billets, dont déclaration avoit été faite à son profit; elle demanda aussi d’ètre séparée d’habitation. Toute l’année 1677 se passa en procédures pour le payement de ces billets jusques au commencement de 1678, que M. le duc de Cbevreuse entreprit, par ordre de M. Colbert, d’accommoder les parties, et leur fit passer une transaction par laquelle la femme se retira de la maison de son mari pour entrer en telle autre, particulière ou religieuse, quelle voudra choisir. On lui donne 3,ooo^ comptant, pour rameublemcnt stipulé par son contrat de mariage, et, pour demeurer

quitte des 5o,ooo*^ portés par lesdits deux billets, ensemble du douaire de 2,000**, on lui donne lasommede 3o,ooo**en propriété comptant, qui seront employés en acquisition de rentes sur la ville, sans qu’elle en puisse disposer ni en recevoir le rachat du vivant de son mari , qu’en sa présence et de son consentement. J’ai copie des deux contrats, collationnée par les notaires qui les ont passés.

Au moyen de ces conventions, les deux billets de 5o,ooo** ont été rendus à M. Foucault; la transaction est du 3o octobre 1678.

Lcsdiles rentes sur la ville ont été remboursées à madame Foucault, du consentement de mon père, et commuées en d’autres rentes aussi sur la ville, par contrat du... avril 1682. J’en ai les copies.

Au mois de juillet, j’ai été visiter les ouvrages faits par M. Biquet pour la communication des mers par un canal qui traverse tout le Languedoc. Je fis ce voyage dans une barque que ledit sieur Biquet avoit fait préparer. 11 m’accompagna dans ce voyage et me régala magnifiquement. M. de Froidour, grand maître des eaux et forêts, a fait la description de ce canal, qui a été imprimée'.

' Letlre de [ Louis ] Froidour, grand maître font en hinguedoc pour la communication des

des eaux et forêts de Toulouse, contenant la deux mers. Toulouse , 167a, in-8*. relation et la description des travaux qui se

■6h MÉMOIRES

Le I I septembre 1G75, j’ai proposé à M. Colbert de me donner M. d’Héricourt, conseiller au présidial de Soissons, pour procureur (lu roi de la commission du domaine, à la place du sieur Auvinet, incapable de cette fonction; ce qui a été accordé.

Au mois d’octobre 1675, j’ai proposé à M. Colbert de faire le procès au sieur Thevenin , commis au recouvrement des taxes faites sur les notaires, pour les frais excessifs qu’il faisoit .sans donner de (juittances.

Le 23 novembre 1676, M. de Villeneuve [étant] chagrin du deuxième mariage de mon père, j’ai passé un acte devant notaire, par lecjuel je lui ai payé 8,000 ♦♦ pour l’indemniser des avantages qu’il prétendoit m’avoir été faits par le testament de ma mère et de ce (}ue les eifets qui lui avoient été donnés par son contrat de mariage avoient été évalués à un trop haut prix, ce qui nous exposoit à un procès.

.\ola. — Ces 8,000 ** m’ont été depuis rendus au moyen du partage des biens de mon père, par acte du 6 février 1 685, passé devant notaires.

J’ai fait un voyage à Paris à la Saint-Martin de 1675 pour me marier.

I^e 17 novembre, mon contrat de mariage avec Marie de Jassaud a été passé, étant intendant à Montauban. M. de Jassaud, doyen des maîtres des requêtes, et Marie de Flandre, ses père et mère, lui ont donné 1 a 0,000 *♦, dont le tiers entrera en communauté. Le douaire est de 4,000 par chacun an, le préciput de 1 0,000**. Mon père me donne 1 00,000 ** en avancement d’hoirie; je déclare que la charge de maître des requêtes m’appartient et la moitié dans les biens délaissés par ma mère. Mon mariage a été célébré le 2 4 novembre 1676, dans l’église de Saint-Louis, île Notre-Dame, paroisse de M. de Jas-saud'.

Le même jour 17 novembre, M. et madame de Ja.ssaud m’ont cédé les effets suivans pour demeurer quittes desdits i 20,000** : savoir, 24,000** à eux dus par M. de Bagnols, conseiller au Châtelet; Marie de Jas^^aucl survécut dix ans à son mari ; elle mourut le a5 septembre 1751.

5o,ooo** dus par les officiers de la chancellerie et secrétaires du roi; 20,000** à eux dus par M. de Valcourt; plus 8,000 ** d’argent comptant, et enfin 900** de rente qu’ils se sont constitués; toutes lesquelles sommes font celle de 1 20,000**, et lesdits sieur et dame do Jassaud m’ont remis tous les titres desdites sommes cédées.

Claude Foucault , mon aînée , abbes.se de Jarcy , est morte le 17 décembre 1676.

Elle a porté 200** de pension quelle avoit à l’Assomption, à Jarcy, suivant le consentement des religieuses de l’Assomption, porté par l’acte du 2 mai 1673. Elle a été nommée par le roi à l’abbaye de Jarcy, par brevet du 20 mars 1678, sur la résignation faite en sa faveur par madame de Beaumont, moyennant i,5oo** de pension. Ma sœur a été transférée de l’ordre de Saint-Augustin dans celui de Saint-Benoît ‘ ; le pape ayant d’abord refusé de donner des bulles sur la nomination du roi, le grand conseil a permis à ma sœur de prendre possession en vertu du brevet, et de jouir des fruits de l’abbaye, à la charge de la réitérer lorsqu’il aura plu au pape hii accorder des bulles. L’arrêt est du 18 mai 1678.

l..e... décembre, le roi a donné à Anne Foucault, ma sœur puînée, l’abbaye de Jarcy, vacante par la mort de Claude, sa sœur aînée, décédée le 1 7 décembre de la même année, à la charge de la pension de 1 ,5oo** en faveur de madame de Beaumont , que payoit son aînée. Mon père a remercié le roi le 28 décembre 1678.

J’ai fait faire pendant le cours de cette année et les suivantes plusieurs ouvrages sur la rivière du Lot pour la rendre navigable; il y a été construit onze écluses.

M. le marquis de la Valette ayant prétendu que M. de Fontrailles, oncle de sa femme, étolt tombé en démence, et que ses douiestiques disposoient de sa personne et de ses biens, a obtenu un arrêt du conseil qui me commet pour interroger ledit sieur de Fontrailles et le

' Foucault veut probablement dire au dernier ordre qu'appartenait l'abbaye de contraire, • de l'ordi-e de Suint-Benoît dans Jarcy. {Voy. Gullia chrisùana , lome VII, celui de Saint-Augustin, • car c'était à ce col. 6a.^.)

faire visiter par des médecins. Je fai interrogé sur le fait de la religion et sur l’adininistralion de ses biens, et il m’a répondu fort sensément sur tous les interrogatoires, ne m’ayant paru aucun dérèglement dans son esprit; il s’est seulement emporté sur le fait de sa sœur et surtout sur son avidité pour ses biens, mais il m’a prié de ne point faire rédiger ce qu’il m’a dit à son égard dans mon interrogatoire. Il a été maintenu dans la jouissance de son bien, sur mon avis, par arrêt du conseil. Il en avoit été dépossédé par des arrêts précédons. Les médecins n’ont trouvé en lui aucune cause de dérangement d’esprit. Il y a eu une assemblée de parens qui l’ont reconnu sain d’entendement'.

M, Fouquet, évêque d’Agde, ayant été relégué à Villefranche de Houergue, y composoit des gazettes* qu’il faisoit distribuer par ses émissaires dans la province, et les envoyoit par tout le royaume. Comme il étoit parent de ma femme, je l’ai fait avertir et averti moimême de cesser ce commerce , de quoi il n’a tenu compte. J’ai écrit A M. de Cbâteauneuf pour le prier d’obtenir du roi qu’il fût retiré de Villefranche. Il a été envoyé àTounms, en Bourgogne.

Les troupes ont fait beaucoup de désordres dans leurs quartiers, cette année,à Cahors, à Villefranche, à Audi; et j’ai été obligé de punir plusieurs ofiieiers et de faire pendre des cavaliers, dragons et soldats.

< et mourut le 1 6 juillet suivant, sons avoir «été marié. — Sa sœur, Paule d’Aslarac,

• épousa : 1 * en 1 64o, Roger de Roussolts ,

• comIe d’Espnnaii, baron de Luc, lieute-

• nant général des armées du roi , mort en

• i646; a* Louis-Félix de Nogarel, mar-

< quis de la Valette, lieutenant général des

• armées du roi, mort en iGgS. > (Histoire généalogique et cluonologique , etc. par le P. Anselme, .V édit. t. II, p. 6a4.)

’ Ces gazettes, qu'on appelait gazettes à la main, étaient des libelles manuscrits. {Voy. Chéruel, Hist. de l'adm. monarch. en France, t. Il, p. a8o.) Depping, Corresp. admin. sous le ligne de Louis XIV, t. II, introd. p. xxxvn , xxxviii , donne de curieux

' • Louis d'Astarac, marquis de Mares-

• tarig, de Fontrailles et autres lieux , séné- «clial d'Armagnac, servit avec distinction

• CS guerres de Flandres , de Catalogne et

• d’Italie. Il fut depuis impliqué dans les ■ intrigues de la cour contre le gouverne-

< ment, et particulièrement dans la conju-

• ration du seigneur de Cinq-Mars contre

< le cardinal de Ricbclien, fut porteur du » traité fait par M. Gaston, duc d'Orléans,

• avec le roi d’Espagne , et ne revint en

• Franco qu’après la mort du cardinal et

• avoir fuit son accommodement. Il fit une

• donation de tous scs biens , étant à Paris

• le 4 mars 1677 , à Jean -Paul de Roche- «chouart de Barbasan , son petit-neveu.

J’ai fait aussi des exemples sur des gentilshommes qui exeix’oient des violences sur les peuples, surtout dans le voisinage des Pyrénées, et sur des notaires et sergens faussaires.

Le 5 janvier, ma femme est arrivée à Montauban; elle y a été reçue avec les cérémonies ordinaires; M. d’Arquinvillicrs étoit avec elle.

Le 8 janvier 1676, j’ai remercié le roi, par une lettre, de l’abbaye de Jarcy qu’il a donnée à ma sœur Anne.

Le père de la Chaise, confesseur du roi, a fait en sorte que le roi n’a point nommé de religieuse à Jarcy, comme il est de l’usage h chaque mutation. Angélique, ma quatrième sœur, y a été nommée.

Le 26 janvier, mon père a vendu, à M. Coquille, .sa charge de secrétaire du conseil 4oo,ooo**, et celle de secrétaire du roi , à M. Piques, 52,000**.

Le 18 mars 1676, j’ai envoyé à M. Colbert le jugement que j’ai rendu au présidial de Cahors' contre un habitant du lieu de Pruines en Rouergue, qui a assassiné son seigneur d’un coup de mousqueton. Il a été condamné à être rompu vif et exécuté.

Dans le même mois de mars, les habitans d’Asprières ont aussi comploté d’assassiner leur seigneur. Ils ont tué quatre de ses domestiques.

Le 7 avril, ma femme a fait une fausse couche d’un enfant jugé mâle et de trois mois.

Le I 1 avril 1676®, mon père a épousé en secondes noces mademoiselle Bossuet, dont il a eu fort sujet de se repentir. — Vid. les actes et mémoires de ce mariage.

Le i5 avril, j’ai fait mes complimens à mon père sur son second mariage.

exemples de ce que ces pièces contenaient. (Voy. aussi P, Clément, Tlisl. Je Colbert, p. 395.)

' Le texte dit Caen au lieu de Cahors,

et cette erreur est un indice de l'époque à laquelle les racmnircs ont été écrits.

’ Erreur d'année , ce mariage a été déjà raconté à la da'e du ao juillet 1676.

Mon père m’a proposé, au mois île juillet, de traiter d’une charge de président au grand conseil.

Au mois de juillet i j’ai fait reléguer deux gentilshommes qui avoient fait un syndicat* avec plusieurs autres gentilshommes pour ne point reconnoître les juges ordinaires dans les procès (|u*ils auroicnt et pourroient avoir contre M. l’évèque de Conserans.

I.e ta août 167G, j’ai envoyé à M. Colbert le jugement que j’ai rendu, avec sept gradués, contre des faux monnoyeurs et fabricateurs de faux timbre de papier marqué dans le Quercy; le nommé Seguy, arpenteur de Montpczat, a été condamné à être pendu et exécuté; il a tout avoué à la question. Cinq des fabricateurs de Cahors ont été condamnés par contumace à être pendus. Le nommé Douvrier, professeur en médecine de runlverslté de Cahors, étoit un de ces cinq; j’ai pro|)Osé le sieur Senault , habile médecin, pour remplir sa place. La fausse monnoie et le faux timbre se faisoient publiipiement à Cahors, oVi les juges ne faisoient aucune diligence pour les faire prendre cl punir.

Le I 9 août, j’ai rendu un deuxième jugement, par lequel le nommé Jean Passemanlier, de Cahors, qui avoit fabriqué les faux moules du papier timbré, a été condamné aux galères perpétuelles, et le fils de Seguy, aux galères poui trois ans.

ï.a ferme du papier marqué a augmenté , par ce jugement, de 9,000**.

l.es récollets établis dans le bourg de la Roque en Quercy ont demandé au roi d’être transférés à (jahors. J’ai été commis, par arrêt du conseil, pour dresser procès-verbal des raisons de leur demande et de celles de l’opposition des consuls de Cahors, et non-seulement j’ai été d'avis que ces religieux demeurassent à la Roque, niais même que l’on délivrât, s’il étoit possible, la ville de Cahors d’une partie des couveiis qui en dévorent les habitans.

Au mois de septembre 1676, le roi a donné une déclaration pour l’établissement d’un hôpital général dans les villes et gros bourgs du royaume. M. l’évêque de Montauban et mol avons envoyé à M. de

' C'est-à-dire une association.

Chàteauncuf un projet de lettres patentes pour commencer ces établissemens par la ville de Montauban.

Le i5 octobre, j’ai proposé à M. de I^oiivois et à M. de Chàteauneuf d’établir une garnison dans le château de Foix, pour empêcher les courses de la garnison de Puyeerda dans le pays de Foix, le gouverneur de Puyeerda ayant même envoyé des ordres à plusieurs villages dépendans du pays de Foix d’envoyer leurs contributions.

Le 27 novembre, j’ai jugé au présidial de Villefranche en Houerguc le procès criminel aux sieurs d’Albignac, sieur de Ferrière, de Cantobre et leurs complices, pour meurtres, assassinats, violences publiques, exactions et oppressions commises dans la ville de N'ant, dont ils ont été déclarés atteints et convaincus par le jugement. C'est madame d’Alègre, dont M. de Seignelay avoit épousé la bile', qui avoit engagé M. Colbert à faire purger ses terres de ces brigands, et qui m’avoit fait renvoyer la connoi.ssance de cette afl'aire. Le sieur de Cantobre fut arrêté à Montpellier et conduit par le sieur de Clérac, grand prévôt de Guyenne, à Nant, où je lui ai instruit et à ses complices le procès’.

Il y avoit un notaire complice pour avoir passé de faux actes, qui avoit cent six ans; il ne fut pas jugé â cause de son grand âge.

J’ai condamné aux galères cinq Bohèmes au présidial de Montauban, au mois de novembre.

Au mois de décembre 1676, j’ai jugé avec les commissaires de la chambre du domaine le procès instruit au nommé Du Sol, lieutenant de la justice de Castel-Ferrus, et à quatre notaires, fameux fau.ssaires qui tenoient à Ca.stel-Ferrus bureau ouvert de faussetés, il y avoit preuve de plus de sept cens qui ont rempli de procès toutes les juridictions de Gascogne, et même le parlement de Toulouse.

' Le marquis de Seîgoela^'jr avait épousé, le a8 février lüyS, Marie-Marguerite d'Alègre. fille unique de Claude-Yves, marquis d'Alégre . et de Marguerite Gilbert de Roquefeuil.

’ (iette alTaire parait faire double emploi avec une autre dont il sera question le Q novembre 1 677 ; probablement Foucault a reçu la délégation |>our en connaître en 1 676 et a jugé en 1677.

1-0 seigneur de Caslel-Femis les prolégeoil. Ils avoient fait un faux codicille on sa faveur, fjul a donné lieu à un grand procès à Toulouse. J’ai instruit aussi son procès pour d'autres faussetés et pour exactions clans sa terre.

Au mois de décembre 1 676, j’ai jugé avec les officiers du présidial de Villefranclie le procès instruit au sieur Bastide, consul de Montauhan , pour malversations commises dans la fonction de cette charge; Il a été banni pour trois ans de la généralité de Montauban, déclaré incapable d’exercer aucune charge de judicalurc publique ni municipale , et condamné de se défaire dans six mois de celle d’assesseur criminel au présidial de Montauban, dont il étoit pourvu. Ce jugement a été suivi d’un règlement que j’ai fait et que le roi a agréé pour l’administration des alfaircs de la ville. Ledit Bastide m’avoit récusé, mais sa récusation a été jugée frivole par arrêt du conseil.

F,n attendant ce règlement, j’ai fait surseoir à l’élection des consuls. Le sieur de Rabasteins, juge mage de Montauban, a obtenu une ordonnance de M. de Montaigu, lieutenant de roi de basse Guyenne, qui porte qu’il sera passé outre à l'élection. J’en ai donné avis à MM. Colbert et de Cbâteauneuf, le 1,^ janvier 1677 *.

F. a nommée Béalle, qui se disoit fille de M. de Turenne, a présenté un placct au roi pour être reconnue telle; mais, ce placet m’ayant été renvoyé, j’ai trouvé qu’elle étoit fille d’un maiire de poste de la ville de Tonneins, en .\génois, et qu’elle étoit tombée dans une aliénation d’esprit. Je fai fait enfermer dans fhûpital de Montauban.

Les habitans des Pyrénées françoises qui habitent la frontière jouissent d’un ancien privilège qui est de recevoir du sel que les Espagnols apportent de Cardonne et d’Aragon pour leurs bestiaux. Les fermiers généraux ont prétendu que ce commerce se portoit au delà des bornes marquées par les privilèges qu’ils appellent des lies et passelles'^. J’ai

‘ Le texte |>orlc 1717 par une erreur * On dl^signail par les mots de /lei et

évidente , qui semble indiquer que les Mé- pajulles ou patsencs la liberté de commerce

moires ont été écrits au plus tôt en 1717. dont jouissaient les habitants de la fron-

DE NICOLAS. JOSEPH FOUCAULT, été commis, par arrêt du conseil, pour, en présence du sieur du Ruau Fallu, fermier général, régler les bornes de ce privilège, avec un commissaire député par le roi d’Espagne. Ce privilège s’exerce même en temps de guerre entre les deux nations, ce cpii est arrivé dans le temps même que M. le maréchal de Navailles assiégeoit Puyeerda, qui n’est

J’ai travaillé avec le commissaire espagnol et ai envoyé à M. Colbert mon procès-verbal. Le conseil a confirmé le règlement provisionnel

que je fis au mois de >676, du consentement du directeur du

convoi de Bordeaux'.

éloigné de Saint-Girons et de Couzerans que de treize lieues.

Au mois de janvier 1677, j’ai reçu ordre du roi d’informer de lu mort prétendue violente du nommé Martin, valet de Sainte-Croix, fameux empoisonneur. Son père, son frère et quelques autres pareus ont été entendus et donnent des indications qui méritent d’être suivies.

Le a a février, à quatre heures quarante-deux minutes du soir, ma femme est accouchée, à Monta uban, d’un premier fils, qui a été tenu sur les fonts par deux pauvres, et nommé Nicolas-Joseph. Le i5 mars 1678, les* cérémonies du baptême ont été suppléées, ayant été ondoyé le jour de sa naissance.

Le a 8 février, mon père m’a proposé de traiter avec M. d’Argouges de la charge de premier président de Bretagne, moyennant 100,000". Elle a 6,000" d’appointemens du roi, et 13,000" de la province lorsque les états se tiennent.

lière française avec leurs voisins d'Eapagne, cl aussi l’étendue de terrain où s'exerçait cette liberté. (Voj. dans l’Etat cle la Fronce de Boulainviliicrs, le mémoire de l’intendant de Guyenne, et ici. la dépêche do Colbert à Foucault en date du 8 juillet 168a.)

' On appelait à Bordeaux droit de convoi une perception fiscale levée sur le sel

et sur plusieurs autres denrées. On présume que ce droit tirait son nom de ce qu'il aurait été établi après la reprise de la Guyenne sur les Anglais en i453, et qu'on en aurait appliqué le produit k l'entretien de navires armés pour convoyer les bâtiments marchands le long des eûtes et les protéger contre les attaques des Anglais.

Le 28 février 1677, mon père m’a cédé des effets pour la somme de 1 00,000 ** qu’il m’a promis par mon contrat de mariage.

Le 7 avril 1677, j’ai congédié le nommé Gendron que M. de Chftteauneuf m’a voit donné pour secrétaire, qui prenoit à toutes mains et sans aucun ménagement. 11 répondit aux reproches qu'un de ses amis lui faisoit qu’il n’étoit pas venu en Gascogne pour y ap> prendre la langue *.

Au mois d’avril 1677, j’ai été commis par arrêt du conseil, avec deux trésoriers de France do Montauban, pour achever la confection du papier terrier des domaines du roi*.

Le 3 mai 1677, j’ai porté ma plainte à M. de Châteauneuf du manque de respect que le sieur de Rahasteins avoit marqué pour moi dans un Te Deum, où il avoit refusé de se lever et de me suivre avec les autres officiers du présidial après la cérémonie achevée. 11 a reçu ordre de me venir faire des excuses en présence du premier président de la cour des aides, du vicaire général de M. l’évêque, et des consuls, mais il s’est tenu caché pour ne pas exécuter cet ordre.

Le 27 juin 1677, j’ai reçu une lettre de cachet, par laquelle le roi témoigne au sieur de Rahasteins qu’il est mal satisfait de la conduite qu’il a tenue à l’égard de M. l’évêque de Montauban et au mien, et lui enjoint de se mieux comporter à l’avenir, à peine d’être interdit des fonctions de sa charge.

Le sieur LalRtau, procureur du roi du présidial de Montauban, ayant offert aux bahitans de Moissac de les faire exempter de quar-

' Répétition. • Au mois d'avril j'ai été obligé de me défaire d'un secrétaire nommé Gendron que M. de Chàteauneuf m'nvoil donné , l'ayant convaincu de plusieurs exactions faites de plusieurs particuliers dont il exigeoit de l'argent, même des communautés. •

’ On appelait terrier ou papier terrier, en style de droit féodal , le recueil des foi et hommage, aveux et dénombrements, déclarations et reconnaissances passés à

une seigneurie par les vassaux , censitaires , emphytéotes et justiciables. Le domaine royal possédait dans toute l'étendue de la F rance une foule de seigneuries détachées, dans l'administration desquelles il s'était gliasé une grande confusion. Pour y mettre de l'ordre, Mazarin résolut, en i65g (règlementdu a6 murs), de faire faire un terrier complet des domaines du roi. C'est ce travail que Colbert 6t continuer. (Voy.

notre introduction.)

lier d’hiver, moyennant i,5oo**, le roi l’a interdit des fonctions de sa charge au mois d’octobre 1G77.

J’ai jugé le procès le 7 novembre, au présidial de Villefranche, aux nommés Pujol frères, célèbres voleurs et meurtriers dans les montagnes de Rouergue, à Aubrac, du côté de l’Auvergne. 11 n’y en a eu qu’un de pris, qui a été exécuté sur les lieux. — Vid. le jugement*.

Dans le même mois, j’ai condamné au présidial de Villefranche deux faux monnoyeurs, l’un à être pendu et l’autre aux galères, et un soldat à être pendu à Moissac, pour avoir exigé de l’argent de son hôte et volé dans une foire.

Le 9 novembre, j’ai jugé au présidial de Villefranche le procès criminel à trois gentilshommes nommés d’Albignac frères, et leurs complices, pour meurtres, assassinats, violences publiques et autres crimes commis dans la ville de Nant, située dans le haut Rouergue, en vertu d’un arrêt du conseil du 27 novembre 1676. Le chevalier d’Aire a été condamné à être rompu vif. Ferrière d’Arrigas et la Talvègne, d’avoir la tête tranchée, et plusieurs de leurs complices à être pendus, d’autres aux galères, leurs maisons démolies. L’exécuteur de la haute justice ayant mal fait son devoir, un des pendus fut tiré vif de la potence, étayant été au cabaret pour réparer ses forces, quelques-uns des archers qui avoient assisté à l’exécution le reconnurent et lui demandèrent si ce n’étoit pas lui qui venoit d’être pendu. Il leur répondit que c’étoit son frère, auquel il ressembloit; mais un d’eux ayant regardé à son col et y ayant trouvé les marques de la corde, ils reprirent ce misérable et l’allèrent remettre au gibet dont il s’etoit tiré. Us étoient apparemment ivres, mais, s’ib n’avoient pris la fuite, je les aurois fait punir. Le château de Cantobre a été rasé. Un notaire, âgé de plus de cent ans, avoua qu’il n’avoit jamais passé un acte véritable; on l’amena dans une bière; je ne voulus pas le faire pendre.

' Voy. sur celle affaire, un extrait d’une verte), t. 177 bis, p, 34g. Nous le donnons lettre de Foucault k (Colbert, du ai mai dans notre appendice.

1677, tiré des Mélanges Colbert (collection

'1^1 MÉAfOIRES

M. Caulet, évêque de Pamiers, a refusé et fait refuser l'absolution aux officiers et cavaliers qui ont passé l’hiver dans son diocèse, s’ils ne rendoient aux communautés ce qu’ils ont reçu de leur quartier d’hiver; et sur ce qu’ils ont représenté qu’ils n’avoient rien pris que suivant les ordres du roi, il leur a répondu qu’il valoit mieux quitter le service de la guerre que* d’être à charge aux peuples.

Au mois de décembre 1677, M. de Châteauneuf m’a envoyé un arrêt du conseil qui enjoint à M. Caulet, évêque de Pamiers, de faire enregistrer à la chambre des comptes son serment de fidélité dans deux mois, pour le lui faire signilier, ce que j’ai fait. Il n’a rien répondu; il s’est contenté de m’écrire que l’arrêt lui a voit été signifié.

Le sieur Coras, ministre de Montauban, étant converti ', j’ai proposé au roi de donner 600** de pension à ses deux filles. Leur père avoit 800 de pension du clergé.

Le roi , ayant prétendu être en droit de nommer des prieures aux monastères de l’ordre de Sainte-Claire, a nommé la dame de Savignac au monastère de Puget en Quercy. J’ai été commis pour la mettre en possession, et y ayant envoyé le sieur de la Boissière, président en l’élection de Cahors, pour exécuter cet ordre, il a été obligé de faire faire ouverture des portes et a eu de la peine à se garantir de la fureur de plusieurs Glles qui lui ont jeté du sable et de la chaux dans les yeux , et qui l’ont chassé à coups de pierres et de bâton. Ces violences, précédées par celles qu’elles faisoient journellement à la dame de Savignac, leur ont été inspirées par deux Cordeliers qui gouvemoient cette maison, sujette à la juridiction des Cordeliers. J’ai fait informer de ces violences et mandé à la cour qu’il étoit à propos de transférer dans d’autres couvens quatre religieuses, chefs du parti contraire à l’abbesse, et qui entretiennent les autres dans la révolte aux ordres du roi. Cet ordre m’a été depuis envoyé, et les deux cordellers ont été envoyés dans le couvent de leur ordre

' Il était converti depuis 1 665. (Voy. 1 4 janv. 1 665, dans Depping, Conrsp. «dm.

lellrc de l’intendant Pellot à Colbert, du sous le règne de Louis XIV, t. IV, p. Sog.)

à Aucb. Ayant reconnu l’extrême aversion et même le mépris que toutes les religieuses de Puget avoient pour la dame de Savignac, j’ai proposé à M. de Chûtcauneuf de la tirer de cette maison et d’y envoyer une autre supérieure du même ordre et dont elles connoissent le mérite. J’ai proposé la dame de Camas, religieuse aux Sainte-Claire de Cahors, fille du doyen des trésoriers de France de Montauban.

Le 1 1 mars 1678, j’ai payé à M. Langlois de Monthyon 3,5oo" que je lui devois par acte sous seing privé du 5 janvier 1671 , reconnu devant notaire le 6 des mêmes mois et an.

Le 3o mars 1678, mon père a vendu à M. Pussort, conseiller au conseil royal, la maison qu’il avoità Fontainebleau, appelée le Pavillon de l’bàtel de Guise, que M. le duc de Guise avoit donnée à mon père, cette vente faite pour le prix de 4, 000 Mon père m'a dit plusieurs fois que M. Pussort s’étoit engagé à me remettre cette maison par son testament, ce qui n’a pas été fait, cette maison ayant passé ,i ses héritiers après sa mort.

Le a3 avi-il, ma femme est accouchée k Montauban d’une première fille. Elle a été tenue sur les fonts par deux pauvres et a été nommée Marie. Elle est venue au monde fort contrefaite par la faute de sa mère qui, pour ne pas devenir trop épaisse, se faisoit serrer le corps à force. Elle est religieuse à Jarcy.

Au mois de mars 1 678 , j’ai fait saisir, en vertu de l’arrêt du conseil du 27 novembre 1677, tous les revenus de l’évêché de Pamiers qui sont dans le département de Montauban, et, comme il y en a une partie située en Languedoc, j’ai envoyé à M. Daguesseau une copie collationnée de cet arrêt. M. de Pamiers ayant appris cette saisie , il a fait venir celui qui étoit chargé de la faire, pour lui représenter qu’il ne pouvoit, sans offenser Dieu mortellement, exécuter cette commission, ce qui m’a obligé de mander à M. de Cbâtcauneuf la nécessité qu'il y avoit d’empêcher que ledit sieur évêque ne prenne connoissance des

/i6 MÉMOIRES

affaires où le roi a intérêt et (|u'il n’entre à l’avenir aux états dont II est président-né.

Le i6 mai, j’ai reçu un ordre du roi qui interdit à M. de Pamiers l’entrée aux états du pays de Foix.

Au mois de mai 1678, le.s jésuites ont entrepris de rebâtir le collège de Montaul)an, ruiné pendant les guerres et pour les fortifications faites en i65q. Le roi les a aidés.

Au mois de juin >678, il y a eu des contestations entre les officiers du présidial de Montauban et les trésoriers de France pour le rang dans l'église lors des cérémonies. Avant l’établissement de la cour des aides à Montauban, le présidial marchoit avant le bureau des finances, mais le roi ayant réglé que, lorsqu’il y a une compagnie supérieure dans une ville , le bureau des finances la suit immédiatement aux processions et aux Te Deum, le présidial qui avoit précédé le bureau souffroit impatiemment ce changement cl ne se trouvoit point aux cérémonies. M. l’évèque de Montauban s'en plaignit à la cour, qui m’envoya un ordre au mois de juillet pour obliger le présidial à marcher après le bureau.

Le 26 août 1678, M. de Pomponne, secrétaire d’état, m’a écrit une lettre très-gracieuse par laquelle il me remercie de la manière honnête dont j’ai traité les affaires qui concernent l’établissement des bureaux des saisies mobiliaires qu’il avoit procurés au public *.

Le sieur de Sigognac, gentilhomme de la religion prétendue réformée , de Montauban , qui avoit été commis par le roi pour juger avec les intendans des contraventions aux édits de paciGcation dans l’étendue de la généralité de Montauban, étant décédé, j’ai proposé à

' 11 s’agil ici de bureaux public» établis par un édit de septembre 1676 (Isambert, l. XIX , p. 146) pour remédier à l’inconvéuieni des séquestres et gardiens insolvables ou infidèles, et en général incapables de répondre des objets saisis et placés sous leur surveillance. Par cet édit, le roi accorde à M. de Pomponne, secré-

taire d'état, la faculté d'établir des bureaux dans toutes les villes et bourgs du royaume, tpour meUre en sûreté toutes « les saisies mobiliaires , et les déposer és t mains de commis fidèles et capables d'en t répondre , » et lui abandonne « pour quel- « ques années tout ce qui pourra provenir « dudit établissement. ■

DE NICOLAS-JOSEPH FOUCAULT. kl

M. I.e Tellier, chancelier, la personne du sieur d’Alteyrac, gentilhomme de Montauhan, pour remplir sa place.

Au mois d’août 1678, j’ai fait commettre le sieur de Villemade, gentilhomme de Montauhan, pour remplir la place de conseiller de la religion prétendue réformée, vacante par la mort du sieur de Sigognac , pour juger avec moi les affaires qui concernent l’exécution des édits de paciûcation.

La déclaration de la paix avec les Hollandois' a été publiée au mois de novembre.

Il est arrive quelque désordre siu le sujet des tailles dans les paroisses de la généralité de Montauhan qui confinent à l’Auvergne, dans le mois de novembre 1678. Pour punir les révoltés, on y a envoyé le régiment de cavalerie de la Rablière.

Le i5 décembre 1678, j’ai reçu une lettre de M. de Louvois qui me marque que le roi a résolu de réduire les compagnies des régimcns de cavalerie qui sont dans la généralité de Montauhan à 4o hommes et de réformer les cornettes. M. du Saussoy, brigadier de cavalerie , a été chargé de cette réforme.

Le 24 décembre , j’ai reçu une pareille lettre pour les dragons.

Au mois de décembre, j’ai demandé à M. de Cbâteauneuf et à M. Colbert un arrêt pour faire le procès aux coupables de quinze meurtres, commis dans le haut Rouergue depuis six mois.

Il s’est fait pendant cette année et la suivante une recherche contre les consuls qui ont traité de l’étape avec les troupes.

Au mois de décembre 1678, j’ai condamné en trois années de bannissement le nommé Mazard, pour avoir fabriqué de la fausse poudre, quoique les anciennes ordonnances le condamnent à mort^.

La cour des aides de Montauhan ayant voulu prendre connoissance des affaires qui regardent les dettes des communautés, j’en ai écrit à M. le chancelier Le Tellier, qui m’a envoyé un arrêt qui en attribue la juridiction aux intendans et l’interdit aux cours des aides. J’en ai

‘ La paix avait été signée à Nimegue , * Cet alinéa est raturé dans le manus-

dans la nuit du 10 au 1 1 août 1678. crit.

48 MÉMOIIIES

aussi écrit à M. Colbert auquel j’ai fait voir que j’ai fait revenir des sommes considérables aux villes de la généralité dans lesquelles j’ai envoyé des commissaires pour faire rendre les comptes aux consuls. Une seule communauté a été déchargée de 60,000

Au mois de janvier, j’ai reçu une déclaration qui défend la saisie des bestiaux, même pour les deniers du roi*.

J’ai aussi reçu un arrêt du conseil qui exclut les habilans de la religion prétendue réformée des chaînes politiques de la ville de Montauban, et ai proposé à la cour d’en rendre un pareil pour toutes les autres villes.

Le 2 3 février 1 679, j’ai mandé à M. Colbert que je croyois a propos de permettre le cours des monnoies étrangères dans le royaume, mais qu’il se débitoit un grand nombre de pièces de 4 sols fau.sses dans mon département, qu’on pourroit réduire cette monnoie, qui est d’un bas aloi , à 3 sols 4 deniers. 11 a été réglé par un arrêt la quantité de pièces de 4 sols qui peuvent entrer dans les payemens.

Le 26 avril, j'ai mandé à M. de Châteauneuf que M. l’évëque de Hodez donnoit son consentement à l’établissement d’un couvent d’Ursulines dans la ville d’Entraigues, dont le seigneur pourvoiroit à la subsistance , et que j’attendois les ordres pour cet établissement. L’onh-e pour cet établissement m'a été envoyé.

Madame la duebesse d’Arpajon ayant prétendu que l'on avoit voulu empoisonner son mari fort avancé en âge, elle en a fait informer et emprisonner des domestiques contre lesquels il s'est trouvé de grands indices, 11 demeuroit au château de Sévérac en Rouci^ue. M. d’Arpajon est décédé le 26 avril 1 679, et par son testament il a exhérédé

' Il résulte de la < orre&|K>ndance de Colbert (circulaire du 6 janvier 1679.

cUds Depping , Corresp. admin. t. III , p. 87) , que la dédaralion n otait pas aussi absolue que le prétend Foucault. La saisie pour

les deniers du roi n'était pas complètement interdite; mais il était recommandé aus officiers du fisc de réviter autant que pos siblc. (Sur toute cette question, voy. notre introduction.)

le fils du marquis d’Arpajon , son fils, et a institué sa fille son héritière universelle, ce qui a produit de grands procès dans la suite*.

J’ai été commis après la mort de M. d’Arpajon pour apposer le scellé à Sévérac où il est décédé, mais le juge mage de Rodez l’avoil fait et travailloit à l’inventaire lorsque je m’y suis transporté. M. le marquis d’Ambres* avoit envoyé le lieutenant de ses gardes avec cinquante hommes pour se saisir du château, mais je les ai fait retirer.

Le roi m’a renvoyé au mois de les contestations entre

madame la duchesse d’Arpajon, mademoiselle d’Arpajon et madame la marquise d’Arpajon au sujet du séquestre des biens de la succession de M. le duc d’Arpajon. Le fond du procès a duré pendant longues années, et enfin les biens ont été adjugés à mademoiselle d’Arpajon, en vertu du testament de son père.

Au mois d’avril, j’ai fait présent à M. Fouillac des Conciles du Louvre’, du père Labbe, en rcconnoissance des médailles et des voyages qu’il a faits pour voir les manuscrits de Moissac et autres ciuriosltés*.

Au mois d’avril, j’ai été commis par arrêt du conseil pour faire le procès au sieur Garrisson, ci-devant greffier du bureau des finances de Montauban, pour soustraction d’actes de nomination et de cautionnement de quelques commis aux recettes des tailles. C’étoit le plus riche religionnairc de la ville de Montauban.

' Le 24 nvril 1G59, Catherine-Henriette d'Harcourt, alors âgée de trentesept ans , était devenue la troisième femme de Loub , duc d'Arpajon , âgé de plus de soixante ans. L'année suivante, elle mit au monde un enfant qui mourut au berceau , et , le 17 mai 1G60, le fils du duc d’Arpajon et de sa première femme, Jean-Louis d'Arpajon, fut exhérédé par son père. Il mourut avant lui, laissant un fils. En 16G1, la duchesse d'Arpajon devint mère d'une fille , au profit de laquelle le duc d’Arpajon exhéréda encore son

petit-fils. C'est ce qui donna lieu au procè.s dont parle Foucault.

* François de Gelas de Voisins, marquis d’Ambres , lieutenant général de la Haute- Guyenne, avait épousé, en 1G60, Charlotte de Vemon de Bonneuil, veuve de Jean- Louis d'Arpajon, fils du duc d'Arpajon.

* Désignation ordinaire d'un ouvrage dont le titre exact est : ConciUoram omnium generalium et provincialium coUcclio regia. Parisiis, e typographia regia, i644- In-fol. 37 volumes,

* Voy. l’introduction.

Au mois de mai, la paix avec l’Empereur a été publiée.

Le a8 juin 1679, j’ai ïï'si'dé ii M. Colbert que le chevalier de Brouès, prévenu d’une infinité de crimes, pour lesquels il étoit intervenu plusieurs jugemcns de mort, et entre autres un de M. Pellot, contre lui, continuoit de commettre des vols et des violences dans l’Armagnac, d’avoir meme volé l’argent de la recette ; j’avois donné plusieurs ordres aux vice-sénéchaux de l’arrêter, mais qu’ils n’avoient osé le faire, ledit Brouès marchant toujours accompagné de plusieurs coupe-jarrets; et sachant qu’ils étoient enfermés dans le château du sieur de Saint-Léonnard , l’un de leurs complices, je m’y suis transporté moi-même, et après qu’ils ont eu fait mine de se vouloir défendre et soutenir un siège, ils se sont tous rendus, et je les ai fait conduire en prison. J’ai proposé d'établir un vice-sénéchal à Montauban. M. Colbert, sollicité par M. l’archevêque de Toulouse, parent de Saint-Léonnard, a assoupi cette affaire et a été le seul du conseil qui n’a pas approuvé que je me suis transporté moi-même devant le château.

Au mois de juin 1679, j’ai fait emprisonner le sieur de Saint- Léonnard, gentilhomme, accusé de plusieurs crimes, et entre autres d’avoir enlevé l’argent de la taille, sur les grands chemins, des mains des consuls qui le portoient à Montauban. 11 se tenoit dans son château et se mettoit en défense contre les prévôts. J’allai l’y assiéger moimème et le fis mettre en prison. J’envoyai les informations et le procèsverbal de capture à M. Colbert et à M. de Châteauneuf, secrétaire d’état de la province. M. Colbert prévint M. de Châteauneuf et rapporta l’affaire devant le roi, ayant été sollicité par M. de Carbon, archevêque de Sens et de Toulouse *, parent de Saint-Léonnard, avec lequel il traitoit une affaire importante et qui lui tenoit au cœur pour sa famille. Le procès fut renvoyé par arrêt du conseil devant les juges ordinaires.

Le 1 2 juillet 1 679, j’ai mandé à M. Colbert qu’il étoit convenable

' Jean de Montpezat de Carbon, archevêque de Toulouse, puis de Sens en 1674. mort en i685.

et meme nécessaire d’achever le bâtiment commencé parM. Bertier, évéque de Montauban, pour le logement de l’évêque, les religlonnaires ayant démoli l’ancienne maison épiscopale, qui môme avoit été enfermée dans les fortifications de la ville. J’ai évalué la dépense à faire à 20,000

Au mois de septembre 1 679, j’ai proposé à M. Colbert de planter des arbres le long de la rivière du Tarn, hors la ville, pour conserver le terrain que la rivière emportoit et pour faire un cours sur une esplanade.

J’ai fait arrêter, par ordre de la cour, le vicomte de Vaillac, accusé d’un assassinat qualifié dans la ville d’Agen, et d’avoir enlevé la femme d’un de ses parens, au mois de novembre 1 679.

Le 9 novembre, j’ai justifié le président Caulet, frère de M. de Pamiers, et son (ils, auprès de M. de Châteauneuf. On les accusoit de donner de mauvais conseils audit sieur évêque, ce qui ne s’est pas trouvé véritable.

J’ai fait chanter, le 20 décembre, le Te Deam pour la paix générale*.

En exécution d’un arrêt du conseil, j’ai jugé avec les commissaires du domaine de Montauban un insigne faussaire nommé Catalan, dit Fabre; il faisoit un commerce public de faux actes qu’il fabriquoit luiinème, qu’il a débité dans le comtat d’Avignon, dans le Lyonnois, le Dauphiné , Provence et Languedoc,. qui ont donné lieu à une infinité de procès. Il avoit fabriqué plusieurs dénombremens. Il a été condamné à être pendu ; préalablement appliqué à la question , il a tout avoué. Il avoit tiré de la seule ville de Montauban i,5oo*< de deux gentilshommes.

Le roi a fait imposer sur toutes les paroisses de la généralité de Montauban 66,000 pour le bâtiment de la maison épiscopale de Montauban.

,M. l’évêque de Vabres* ayant, de son autorité privée, fait sortir de

' Les derniers traités qui achevèrent la ’ Louis de Baradal. paix de Nimègue sont d'octobre 1679.

Saint-Aflrlque les Cordeliers, le roi m’a envoyé un ordre pour les y rétablir.

Le sieur Posterle, exempt de la prévôté de l’hotel *, ayant servi en cette qualité MM. Tallemant, Hotman , Le Jay , Pellot et de Sève, intendant de Guyenne, j’ai prié M. de Châteauneuf de m’envoyer un pareil ordre pour le faire servir auprès de moi dans les occasions où j’en aurai besoin. Il m’a envoyé cet ordre.

On a travaillé pendant le cours de cette année à rendre la rivière du Lot navigable; c’est le sieur de la Feuille qui a donné les dessins et fait les plans des ouvrages.

J’ai proposé de réparer les deux ponts de Cahors qui menaçoient ruine, et qui auroient coûté plus de 200,000^ s’ils étoient tombés; qu’on pourroitles réparer moyennant 4o,ooo •*.

Le i" septembre, mon père, ayant choisi sa sépulture à l’Assomption, a passé un contrat avec [les religieuses], par lequel elles lui ont accordé un caveau dans leur nouvelle église, moyennant i,3oo^* qui leur ont été payés.

Le 3 décembre, ma femme est accouchée à Paris d’une troisième fille, nommée Marianne, morte à Paris le 20 mai i685, et est inhumée à l’Assomption.

J’ai proposé le mariage de ma sœur Angélique avec M. de Montbrun®, lors conseiller au parlement de Toulouse et depuis président. Il a épousé depuis la sœur de M. d’Armenonville en troisièmes noces.

M. Desnos, qui avoit épousé la sœur de mon père et qui jouissoit

' On appelait exempU , dam l'ancienne organisation militaire , des cavaliers exemptes du service de simple soldat et chargés, comme nos sous-oDiciers , de commander en l’absence ou par délégation des capitaines et des lieutenants. La prévôté de riiôtel du roi était un tribunal ayant juridiction dans la maison du roi et soin de la police à la suite de la cour. Les gardes de la prévôté de l'Iiôtel fumiaient une

compagnie et procédaient, sous le commandement de leurs exempts, à des arrestations et autres actes à opérer en exécution des ordres du roi et des arrêts du conseil.

* Jean Louis de Laurency, marquis de Montbrun, président à mortier au parlement de Toulouse, épousa Marguerite- Thérèse Fleuriau d’Armcnonville.

(lu don mutuel (ju’ils s’étoient fait, étant décédé, j’ai eu pour ma part, dans la succession de ma tante, a,66o**.

Au mois de j’ai prêté cinq louis d’or à M. le duc d’Elbeuf

qu’il ne [ni’a] pas rendus.

M. le cardinal Portocarrero , ayant passé en Guyenne, fut visité par le sieur Caulet, neveu de l’évêque de Pamiers, et ce cardinal ayant appris que son revenu étoit saisi, il dit au neveu qu’il pourroit tirer sur lui telle lettre de change qu’il voudroit, et qu’il l’acquitteroit.

M. de Ghâteauneuf m’a envoyé l’arrêt du parlement de Paris qui reçoit le procureur général appelant comme d’abus des ordonnances rendues par M. l’évêque de Pamiers. Je le lui ai fait signifier.

Au mois de février [1680]^, M. l’évêque de Pamiers a donné une nouvelle ordonnance d’excommunication contre les pourvus en regale de bénéfices dans son diocèse ; elle a été suivie d’une autre par laquelle il ordonne des processions et des prières pour apaiser la colère de Dieu sur son diocèse. 11 a excommunié le sieur Patarin, pourvu en régale d’un canonicat de Pamiers, au mois de mars.

Au mois d’avril, il a monté en chaire, revêtu de ses habits pontificaux, pour renouveler et publier lui-même les excommunications qu’il avoit déjà fulminées contre les pourvus en régale, leurs fermiers, sous-fermiers, procureurs et autres, au nombre desquels il a ajouté les commissaires et exécuteurs des ordres de Sa Majesté. J’ai écrit à M. l’archevêque de Toulouse pour faire lever cette excommunication, mais j’ai mandé à M. de Ghâteauneuf qu’il étoit bien nécessaire que le roi prit d’autres voies pour prévenir les suites de l’opiniâtreté dudit sieur évêque.

' Charles de Lorraine, troisième du nom , duc d'Elbeuf, pair de France, gouverneur de Picardie, né en 1630, mort à Paris le 4 mai 1693.

’ Ce qui suit anticipe sur l'année 1680 des mémoires, et fait double emploi avec le morceau qui vient ci-dessous, intitulé

Affaires de la régale; mais nous n'avons pas craint de nous écarter de l'ordre chronologique adopté, et de labser quelques répétitions, alin de donner autant que possible, dans son ensemble et dans ses détails, cette importante affaire.

J’iii reçu ordre de faire arrêter le sieur de ia Borde , promoteur de Paniiers; mais il n'a pas paru dans la ville.

J'ai fait signifier à M. de Pamiers deux arrêts du parlement de Paris, qui reçoivent M. le procureur général appelant comme d’abus des ordonnances d'excommunication rendues par M. de Pamiers. Le premier arrêt ordonne la suppres.sion du libelle qu’il a fait publier contre le droit de régale; le second reçoit appelant comme d'abus le procureur général, des ordonnances qu’il a rendues contre les pourvus en régale dans son diocèse, après les avoir communiquées à M. l’archevêque de Toulouse. J’ai écrit à M. de Cbàteaiineuf que je croyois à propos que M. de Toulouse allât lui-même à Pamiers pour rassurer les peuples par sa présence, et qu’il y réitérât la levée de l’excommunication.

M. l’évèque de Pamiers est mort le lo août'. Incontinent après sa mort, le sieiu" d’Aubarède, archidiacre et nommé vicaire général, le siège vacant, quoique Sa Majesté eût nommé le sieur Paucet à l’arcbidiaconé, comme vacant en régale, est monté en chaire le i 8 août, et auroit renouvelé les excommunications prononcées par le défunt évêque contre les pourvus en régale, nonobstant la signification des an-êts du parlement de Paris, faite le i3. M. l’archevêque de Toulouse, qui pouvoit le faire mettre en prison, s'est contenté de faire dresser procès-verbal de cette entreprise par le sieur de Malenfant, mon subdélégué, sur lequel procès-verbal j’ai mandé à M. de Cbéteauneuf qu’il étoit bien nécessaire que le parlement décrétât, mais que le plus court remède étoit d’envoyer un évêque à Pamiers. Les anciens chanoines ont fait courir le bruit qu’il avoit été fait des miracles après la mort de M. de Pamiers, ayant prêché qu’il ne falloit pas prier Dieu pour son âme, mais l’invoquer comme un saint. En elTct, le peuple se jeta sur le corps et le dépouilla de ses vêtemens qui furent déchirés et emportés comme des reliques, ayant meme jeté des pierres aux régalistes. J’ai enjoint aux officiers des lieux de contenir le peuple. J’ai même mandé à M. l’archevêque d’envoyer un

' La Gnzetlc de France dit le 7.

ecclésiastique sur les lieux, qui eût caractère pour pouvoir réprimer l’insolence de ces chanoines révoltés.

Sur le fondement des ordonnances du père d’Aubarède , les curés ont chassé scandaleusement de leurs églises les fermiers de révèché et du chapitre, et les empêchent, par toutes sortes de voies, d’exploiter leurs fermes.

Le 29 août, j’ai reçu un ordre du roi qui relègue le P. d’Aubarède à Gergeau , et suis parti le lendemain matin pour me rendre à Pamiers, pour faire élire un vicaire général. J’y ai trouvé les esprits fort préoccupés que le roi alloit abandonner le droit de régale, depuis que les anciens chanoines ont fait courir des copies d’un bref du 1 7 juillet dernier, par lequel le pape mande à défunt M. de Pamiers que Sa Majesté envoie à Rome M. le cardinal d’Estrées pour lui faire connoitre ses sentimens sur la régale , et l’exhorte à persévérer dans la défense des droits de son église. L’éloignement du P. d’Aubarède, qui a obéi à l’ordre du roi, étolt nécessaire pour désabuser le peuple. J’ai dressé un procès-verbal , qu’il faut voir, de ce que j’ai fait à Pamiers, et al été d’avis de reléguer le P. Rech, nommé, conjointement avec d’Aubarède, vicaire général, le sieur Charlas, prêtre séculier, qui a tiavaillé à toutes les ordonnances, lettres et écrits qui ont paru sous le nom de M. de Pamiers, et qui étoit alors l’unique conseil des anciens chanoines, comme aussi le nommé Gaudé, vicaire perpétuel de Notre-Dame-du-Camp , qui s’est ouvertement déclaré le persécuteur des pourvus en régale, après quoi il fallolt ordonner à tous les régalistes de se rendre incessamment à Pamiers, pour y desservir leurs bénéfices, étant en plus grand nombre que les anciens chanoines.

J’ai trouvé, dans les papiers du P. d’Aubarède, un mémoire en fonne de journal de ce qui s’est passé au sujet de la régale depuis le I 2 janvier dernier jusqu’au dernier jour de juillet. 11 étoit fait meution, dans ce journal, de deux évêques que M. l’archevêque de Toulouse assure être MM. de Rieux et de Lectoure. J’ai marqué encore qu’il falloit éloigner un chanoine d’Alby, nommé Ferrier, chez qui se

sont assemblés et s’assembloient journellement les gens de la cabale pour prendre leur résolution sur les aflaires de la régale. C’étoit un homme savant, mais factieux, auquel M. l’archevêque d’Alby n’a jamais voulu donner d’emploi dans son diocèse.

J’ai découvert ^imprimeur qui a imprimé le traité de la régale de M. de Pamiers. J’ai été d’avis cpie le parlement fît informer contre lui, et ai prié M. de Cbâteauncuf d’écrire à M. l’archevêque de Toulouse d’agir avec un peu plus de fermeté qu’il ne faisoit. Il avoit rendu une ordonnance par laquelle il commettoit un ecclésiastique pour faire fonction de grand vicaire, comme il en avoit le pouvoir ]iar le concile de Trente, faute par le chapitre de s’être assemblé pour en nommer un; mais ledit sieur archevêque n’a pas voulu faire signifier cette ordonnance, sous prétexte qu’il avoit appris que l’affaire (le la régale s’accommodoit à Rome.

Vid. toute la suite de mes lettres de t G8o à M. de Chàtcauneur.

Le 4 septembre 1 680 , j’ai mandé à M. Colbert que je m’étois transporté à Pamiers pour faire exécuter l’ordre du roi qui enjoint au P. d’Aubarède, soi-disant vicaire général de Pamiers, le siège vacant, de se rendre à Gergeau. Ce religieux avoit renouvelé les excommunications prononcées par le défunt évêque contre les pourvus en régale. Tous les corps ecclésiastiques et séculiers adhéroient aux maximes du défunt évêque, à la réserve des jésuites et des cordeliers, les officiers séculiers et le peuple n’osant communiquer avec les pourvus par le roi, parce que les prédicateurs le défendoient dans leurs sermons et que les confesseurs leur refusoient l’absolution; à quoi j’ai ajouté que le moyen le plus efficace de rétablir la paix dans ce diocèse étoit d’y envoyer au plus tôt un évêque.

Au mois de septembre 1 680, j’ai fait un second voyage à Pamiers, pour y faire arrêter un ancien chanoine et en faire partir d’autres, relégués en plusieurs villes éloignées. J’ai mis en possession le vicaire général nommé par M. l’archevêque de Toulouse.

J’ai fait arrêter, à Pamiers, un imprimeur accusé d’avoir imprimé le traité de la régale qui a paru sous le nom de M. l’évêque de Pamiers.

Le pariemcnt de Paris a rendu un arrêt portant que le chapitre de Pamiers s’assemblera pour nommer un vicaire général à la place des PP. Aubarëde, Recb et Certes, non valablement nommés par le chapitre, sinon qu’il en sera nommé un par M. l'archevêque de Toulouse; ayant reçu ordre de faire en sorte que le chapitre ne s’assemblât point, afin que, ce droit de nommer étant dévolu à M. l’archevêque, il puisse nommer M. de Léon, nommé à l’évêché de Pamiers, pour vicaire général. Certes a été nommé vicaire général par les réformés.

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