MF': MOI R ES
contradictoirement, à la Réole; il a été condamné à mort et exécuté au mois de janvier 1680.
Au mois de janvier, M. Colbert m’a écrit pour me prier de faire une recrue de soldats pour le régiment de Champagne, dont M. de Blainville, son Gis, étoit colonel'.
Au mois de mars 1680, il a été créé, sur mon avis, un vice-sénéchaP à Montauban, dont six archers, qui seront créés, résideront à Cahors.
Au mois de mai , M. de Louvois est venu à Baréges pour y prendre les bains; je l’ai accompagné jusqu’à Saint-Gaudens.
Au mois de jiun 1 680, M. d’Aguesseau, intendant de Languedoc, et M. de Ris, intendant de Bordeaux, sont venus, par ordre du roi, à Montauban, pour conférer avec moi sur le règlement que M. Colbert a proposé au roi de faire pour les tailles réelles’, Montauban étant le centre des trois départemens; notre conférence n’a duré que quinze jours.
J’ai proposé à M. Colbert, dés l’année dernière, de faire l’arrondissement des élections, en leur donnant à chacune les paroisses les plus voisines du centre et les plus convenables par des échanges, ce qui faciliteroit extrêmement le recouvrement des tailles. Je lui ai envoyé les cartes de la position présente des élections. '
Le I 7 juillet 1 680 , j’ai envoyé à M. Colbert le travail que j’ai fait avec la carte de la généralité de Montauban pour l’arrondissement des élections.
Au mois de juillet 1680, j’ai envoyé plusieurs Bohêmc.s et faux monnoyeurs aux galères.
' Armand Colberl , marquis de Blainville cl d’Ormoy, quatrième lils de Colbcrl. Il Tut tué à la bataille d'HuchsIett, le i3 août i^oà.
' Les vice-sénécbaus présidaient le tribunal de la sénéchaussée et correspondaient ainsi, dans les pays de droit écrit, aux lieutenants généraux des bailliages.
Ils avaient en ootre des allributions de jiolice. (Sur la création du vice-scnéclial du Quercy, voyei, dans noUc Appendice, les dépêches de Colbert à Foucault, des 13 Juillet et 31 septembre 1679. là mars et 3 mai 1680.)
’ Sur les tailles réelles, vnyes notre introduction.
Tai beaucoup travaillé pendant les trois années précédentes et la courante à la vérification des dettes des communautés, qui a fini au mois d’août 1 680. Il a été rendu des arrêts qui règlent les ternies des payemens.
Au mois d’octobre, M. Colbert m’a envoyé un arrêt qui exclut les religionnaires de tous emplois de recettes des deniers du roi*.
Le i8 décembre 1680, j’ai mandé au P. de la Chaise que j’avois eu avis que ma sœur abbesse de Jarcy étoit dans le dessein de quitter son abbaye, et que je le suppliois de ne pas permettre que des personnes qui abusent de sa jeunesse pomr enlever ce bénéfice à ma famille en obtiennent le don sur sa démission.
Le chapitre général des religieux carmes, tenu à Montauban en 1680, a statué que je serois reconnu et mis au nombre des principaux bienfaiteurs de l’ordre , pour avoir rebâti la moitié de leur église de Montauban avec la sacristie , donné un tabernacle , une chaire trèshelle, un retable, et fait faire d’autres ouvrages, ce qui a été confirmé par une délibération prise dans le chapitre provincial tenu à Alby le 5 mai 1681, dont il m’a été envoyé im extrait en parchemin, signé du provincial et des définiteurs.
Le I "janvier 1681, je suis parti pour Montpellier avec M. de Ris. Nous y sommes arrivés le 8, et y avons trouvé M. d’Aguesseau, M. d’Hcrbigny, intendant de Dauphiné, et M. Morand, intendant de Provence. Nous y avons travaillé au règlement des tailles réelles; j’y ai mené M. de Redon, conseiller en la cour des aides de Montauban. Ce travail a duré deux mois et a été achevé. M. de Ris, qui alloit à Paris, a été chai'gé de le présenter à M. Colbert. Ce règlement n’a point eu d’exécution.
Au mois de février 1681, j’ai fait le voyage de Montpellier avec
' Voy. la dépêche de Culberl à Foucault, du 18 octobre 1680, dans notre Appendice.
M. de Ris, pour travailler aux tailles réelles. — Vid. la relation de ce voyage.
Le a 6 février, ma femme est accouchée à huit heures du soir d’une lille, à Montauhan. Elle a été nommée Marie-Angélique par deux pauvres, aux noms de M. Jassaud d'Arquiiivilliers et de mademoiselle Foucault, ma sœur.
Le a3 avril, j’ai envoyé à M. le chancelier un projet d'arrêt pour l'établissement de six docteurs agrégés et d’un professeur en droit françois dans la faculté de droit de l’université de Cahors. M. le chancelier avoit cru de pouvoir choisir un des quatre professeurs en droit pour remplir la chaire du droit françois; mais je lui ai représenté que ces professeurs sont tous renfermés dans l’étude du droit romain, et que j’avois jeté les yeux sur le sieur Dolive, conseiller de la cour des aides depuis vingt ans, qui entend parfaitement les ordonnances et tout ce qui a rapport au droit françois, homme riche et qui se passeroit d’appointemens et de rétribution s’il le falloit. 11 est fils d’un professeur en droit qui s’est acquis de la réputation. U a été nommé pour remplir cette chaire.
M. le chancelier m'a envoyé des rëglemens pour le rétablissement de l’étude du droit dans l’université de Cahors, et des arrêts du conseil pour l’établissement d’un professeur en droit françois et de six docteurs agrégés à la faculté de droit.
Le dernier avril, j’ai condamné au présidial de Montauhan un faux monnoyeur, nommé Gardebose, aux galères perpétuelles.
Le i8 juin, j’ai proposé à M. Colbert d’établir un écuyer à Montauban pour mettre à cheval les jeunes gentibhommes , et d’imposer sur toute la généralité 5oo** pour lui louer une maison à Montauhan.
Tai proposé, au mois de juin, à M. le chancelier de réformer les collèges fondés dans la ville de Cahors, qui sont dans une grande confusion.
Le 1 68 1 , j’ai mandé à M. de Châteauneuf que j’avois engagé
les professeurs de l’université de Cahors à consentir à l’agrégation du collège des jésuites à leur université, à l’exemple de ce qui a
été fait à Toulouse, et je lui ai envoyé un projet de lettres patentes pour confirmer ladite agrégation.
Au mois de juin 1 68 1 , j’ai fait travailler le sieur Piquié aux cartes géographiques des élections de la généralité deMontauban, pour en rendre le ressort régulier. Je les ai envoyées à M. Colbert avec celles des monts Pyrénées.
Au mois de juillet i68i‘, j’ai envoyé à M. Colbert deux cents manuscrits de l’abbaye de Moissac; il a donné aux chanoines 1,200**, applicables en des ornemens.
Le 2 3 juillet 1681, j’ai proposé à M. de Louvois de faire venir de Roussillon deux compagnies de cavalerie dans le haut Rouergue et dans le hautQuercy, pour seconder les missionnaires ecclésiastiques**.
Le 6 août 1681, j’ai écrit une lettre au P. de la Chaise, par -laquelle je lui ai mandé les bonnes dispositions où je trouvois être les ministres et principaux religionnaires de Montauban pour leur retour à l’Eglise romaine; que leur conversion atlireroit infailliblement celles de toutes les villes de Quercy, du Rouergue et du bas Languedoc, qui ne cherchoient qu’une porte honnête pour rentrer dans l’Eglise; qu’ils demandoient, pour cet effet et pour sauver leur honneur, qu’on fit une conférence où les points controversés seroient agités, et ceux qui sont les plus considérés et les plus accrédités dans le parti m’ont assuré que c’étoit la seule voie qui pût faire réussir le grand projet des conversions; que celles de rigueur, de privation des emplois, les pensions et les grâces seroient inutiles.
' Foucault commet ici une confusion.
Ce qui est de juillet 1681, c'est l’ordre donné par Colbert (dépêche à Foucault du 16 juillet 1681) d’olTrir des ornements à l'abbaye de Moissac. Mais l'envoi de.s manuscrits avait eu lieu trois ans plus tôt, en 1678. (Voy. notre introduction.) On en trouve la confirmation dans le passage suivant de l'Essai historique sur la bibliothèque du Roi ( par Leprince), 1 78a ,
in-ia, p. 3o4 = «L’année 1678 vit entrer « dans la bibliothèque du ministre les ma-
• nuscrits tirés des archives de l’abbaye de
• Moissac par M. Foucault, commissaire
• départi en la généralité de Montauban ,
• et envoyés à Paris par le même inten- « dant. •
’ Louvois n'y consentit pas. (Voy. dans notre Appendice, sa dépêche à Foucault du 7 août 1681.)
Ayant fait depuis la même proposition à M. le chancelier Le Tellier, dans un voyage que je fis à Paris, il la rejeta absolument, disant qu’une pareille assemblée auroit le même succès que le colloque de Poissy, que le pape trouveroit mauvais que l’on fît une pareille conférence sans sa participation, et me défendit d’en parler au roi. Sa timidité naturelle, dans une entreprise qu’il jugeolt périlleuse, est peut-être cause que l’ouvrage des conversions, qui auroit pu réussir par les conférences, soutenues d’autres moyens doux, a causé la ruine d’un si grand nombre de religionnaires et la perte du commerce et des arts.
Au commencement de septembre 1681, j’ai eu avis que la peste étolt à Barcelone.
Le 9 septembre 1681, M. Charpentier, fondé de ma procuration, a remboursé M. Le Fouin, conseiller au parlement de Paris, des 2i,ooo** que mon père et moi avions empruntés de M. Le Fouin, grelïier du conseil, son père, et 800 ” d’intérêts; ces 2 1,800 faisant partie des 5 1,729 ** cpie ledit sieur Charpentier avoit reçus, comme procureur fondé de moi et ma femme, de MM. les officiers de la grande chancellerie et secrétaires du roi, lesdits 61,729^ étant de la dot de ma femme et reçus, le 9 septembre i68i, desdits sieurs .secrétaires du roi.
Le 1 3 septembre, madame Foucault, tante de mon père, religieuse à Maubuisson, est décédée; c’étoit une sainte fille; mon père a fait l’histoire de sa vie. Elle étoit née le 3 avril 1607; elle a fait ses vœux le 2 5 février 1629.
J’ai fait mon voyage à Paris au commencement de novembre 1681, et ai été de retour à Montauban le 1 5 mars.
Le 22 décembre 1681, M. du Gué de Bagnols m’a payé 24,000 qu’il devolt à M. de Jassaud, mon beau-père, et que ledit sieur de Jassaud avoit donnés à ma femme par notre contrat de mariage, et de plus 2,320 ♦♦ d’arrérages que devoit ledit sieur de Bagnols.
M. Daussonne, premier président de la cour des aides de Monlauban, a prétendu que les consuls dévoient l’aller voir avant moi
dans les occasions où ils nous doivent rendre visite, ce qui ne s’est jamais pratiqué, mes prédécesseurs et mol ayant toujours été visités les premiers.
J’ai reçu, pendant cette année et les suivantes, des arrêts pour exclure les religionnaires des charges publiques et des emplois dans les villes.
Le . . février, j’ai été prendre place à la grand’chambre , et y ai opiné ^ ayant servi quatorze ans en compagnie souveraine.
Le 3 mars 1682, mon père a acquis une grande maison, sise sur le quai de l’École , appelée l’bôtel de la Grateuse , faisant face sur ledit quai et sur la rue Saint-Germain-l’Auxerrois, de Jean Huzé, trésorier des gardes-du-corps de M. le duc d'Orléans, moyennant la somme de quatre -vingt-troi s mille livres.
Au mois de mai 1 68a , M. Colbert, évêque de Montauban, et moi, avons proposé à M. de Cbâtcauneuf d’établir, dans Montauban, une maison où l’on pût retirer les filles nouvellement converties, et nous avons jeté les yeux sur celle de la Visitation, les religieuses de cet ordre de Toulouse offrant d’envoyer six de leurs religieuses auxquelles elles payeroient leurs pensions pour commencer cet établissement, même de donner 6,000** pour entreprendre un bâtiment pour les loger, n’y ayant que des Ursulines et des Urbanistes* à Montauban, qui ne sont point en état de recevoir des pensionnaires.
Le 2 4 juin 168a, j’ai mandé à M. le cbanceber que j'avois condamné en 1,000** d’amende un gentilhomme qui avoit réfugié des Bohèmes dans sa maison, et que j’estimois à propos de donner une
' Par suita de l'origine commune des compagnies souveraines , toutes issues de la cour du roi, les maîtres des requêtes étaient censés conseillers du parlement de Paris, et y étaient reçus comme tels au bout d'un certain temps de grade. Cependant, depuis 1600, il avait été décidé
qu'ils n’y pourraient siéger plus de quatre à la fois. ( Voy. la Roche-Flavin , Traité sur les treize parlemens de France, io-fol. Bordeaux, 1617, p. 3i.)
* Religieuses de Sainte-Claire, ainsi nommées du pape Urbain qui leur a donné la régie
déclaration qui renouvelât les dispositions des anciennes ordonnances, qui ordonnent la perte de la justice et la réunion au domaine des fiefs des gentilshommes qui donneront retraite aux Bohèmes dans leurs châteaux, et j’ai envoyé le projet de cette déclaration à M. le chancelier*.
Au mois de juillet i68a, j’ai été commis, par arrêt du conseil, pour juger, au présidial de la Rochelle, le procès cjue M. Le Bret, intendant de Limoges, a instruit au sieur I..amhert, president en l’élection d'Angoulèmc, pour fausse monnoie; mais cet accusé et ses
complices ont trouvé tant d’appu qu’il a été renvoyé absous.
J’ai fait une fête à Montauhan sance de monseigneur le duc de On en a fait une relation -.
' Déclaration du roy contre In vugabons et gens appelez Bohèmes et Bohémiennes et ceux qui leur donnent retraite. Registrée en parlement le ^saoust 1682. Paris, François Muguet, i68a , in-4*.
’ « Le 3o du mois dernier, le marquis
• d' Ambres , lieutenant du rui de la pro
• vince, accompagné des consuls, et le sieur s Foucault, intendant de la généralité de
• Montauban, à la tête du présidial , se ren- 1 dirent à la cathédrale, où se trouva la
• cour des aides en robes rouges, et ils y as- « sistèrent au Te Deum chanté en musique.
< Le soir il y eut un feu d'artifice, où le «roi étoit représenté sur un trône, mon- < seigneur le dauphin un peu plus bas sous «un pavillon, et monseigneur le duc de «Bourgogne au 'dessous. Il y avoit aux ■ quatre coins du théâtre quatre figures « qui , après l'ouverture du feu . se détache*
« renl pour mettre leurs aimas aux pieds « du jeune prince.
«Dans les espaces entre ces ligures, il
i auprès des officiers du présidial,
pour célébrer le jour de la nais- Bourgogne, au mois d’août i68a.
• y avoit des devi.ses, dont les corps ctoient «trois lys de différente grandeur. Un tor- « reiit descendant d'une montagne , dont « les eaux étoient reçues d.-ins un bassin . « duquel sortoit un jet qui les renvoyoit
< aussi haut que leur source ; un soleil
• avec deux parélies; trois aigles, dont l'une «fort grande étoit élevée dans les nues,
• l’autre moins grande voloit au-dessous , et «la troisième venoil d'éclore; les espaças
• qui étoient entre les figures et les devi.ses
• étoient remplis par des branches de laii- « rier et d'olivier entrelacées.
• Ce feu commença par quatre soleils ■ qui jetèrent quantité de feux, et il fut
• tiré au bruit du canon et suivi d'un grand
• repas que les consuls donnèrent dans
• l'hotel de ville.
• Tous les habitons firent aussi des
< feux devant leurs maisons, et les jésuites « firent un feu d'artifice qui fut tiré au « bruit de la mousquetcric.
« Le lendemain, les consuls firent jouer
Au mois de novembre, le clergé a fait un avertissement pastoral aux religionnaires du royaume; il a été envoyé à Montauban, où il leur a été signifié.
Au mois de novembre i68a, les officiers de la religion prétendue réformée du présidial de Montauban ont reçu ordre de se défaire de leurs charges. Je le leur ai fait signifier.
Le 9 décembre, j’ai envoyé à M. Colbert plusieurs actes curieux que j’ai tirés des archives de fabbaye de Moissac, dont le plus ancien est une bulle du pape Sei^ius, de 1009, laquelle il exhorte les chrétiens à venir rétablir avec lui le saint sépulcre que le roi de
• un autre feu d'artiüce sur l'eau , et, du-
• rant ce divertissement, il y eut un petit
• combnt entre deux espèces de galères
• sur lesquelles étoit toute la jeunesse de la
• ville, et qui brilloient par un très-grand
• nombre de lumières. Cette fête se ter- > mina par un souper que le sieur Foucault
• donnaavec toute la magnificence possible.
• Le i* du mois de septembre, cet in- « tendant voulut se distinguer et fermer les
< réjouissances par une fête entière. Il fit,
• le malin, armer quinte cents habitaiu «de la ville, commandés par des bnur-
• geois et divisés en quatre compagnies «d'infanterie cl une de cavalerie, qui, en « bel équipage et fort bon ordre, défilèrent «devant lui, la cavalerie le sabre à la «main, et les olTiciers d'infanterie , aussi ,
• la pique et les drapeaux déployés.
< Il fil dresser, pour cette milice et pour «tout le peuple, plusieurs tables devant « son hôtel , qui furent toujours couvertes «et bien remplies, et entre ces tables il y «avoit une fontaine de vin, qui ne cessa
< point de couler jusques au soir.
• Alors les troupes se rendirent à une « petite ile qui se forme , près du grand
• pont, par la jonction du Tarn et du Tes-
«cou, et ils Itordèrenl entièrement celte «île du côté de In rivière, l'infanterie sur
< les ailes et la cavalerie au milieu.
« 11 y avoit en celle Sic un feu d’arli- «ficc, il y en avoit un autre sur la ri- « vièrc:ellout y parut en feu à l'entrée de « la nuit, de même qu'au palais épisco|>nl , «qu'à riiôlel du sieur Foucault, qu'aux « terrasses et lc.« balcons, et jusqu'aux toits « des maisons de la ville et des faubourgs , « éclairés par une infinité de bougies , de « lanternes et d'autres lumières.
« On aperçut à ces clartés , en éloigne- « ment sur la rivière, quantité de barques i ajustées en petites machines toutes bril- «lantes et de différentes figures, dont les «unes étoient des cœurs enflammés, du
• milieu desquels il partoil souvent un
• grand nombre de fusées volantes. Il y « avoit un double rang de lampes de plu- « sieurs couleurs sur les bords, à la pointe «et à la poupe, et au liant du màt un « fanal avec quantité de lanternes aussi de
• différentes couleurs , mêlées parmi les « cordages ornés de banderoles do taffetas
< grisdelin blancs, avec quantité dedeviscs.
«A mesure que ces machines commen- « çoient, on entendoit des concerts de vio-
Babylone avoit détruit à la suscitation des juifs, qui souffroient impatiemment les fréquens pèlerinages que les chrétiens faisoicnt dans la Terre-Sainte. Cette bulle est le seul acte qui ait paru de ce pape’.
Le 19 décembre, ma femme est accouchée d’une quatrième fille à Montauban; elle a été nommée Marie-Thérèse par deux pauvres. Elle est décédée et enterrée à Pau dans l’église de Saint-Martin, le 19 septembre i684- Le parlement assista au convoi.
Au mois de décembre, mon père a congédié le sieur Brossart, précepteur de mon fils, qu’il accusoit de manque d’assiduité et de dissipation à des occupations frivoles.
Au mois de décembre 1682, j’ai proposé à M. le chancelier Le Tcllier et à M. de Châteauneuf la démolition du temple de Montauban, sur des contraventions aux édits qui défendent aux ministres de recevoir à leur cène des nouveaux convertis, les temples de Bergerac et de Montpellier ayant été démolis sur ce fondement.
J’ai rendu un jugement avec les officiers du présidial de Montauban
< Ions , de tambours cl d'autres instrumens
< qui étoieni dans chacune des mêmes bar* « ques, remplies de la jeunesse de la ville.
< Quand les unes et les autres se furent
• jointes, elles se rangèrent sur deux
• lignes , se saluèrent par quelques dè-
• charges, et on but ensuite la santé de
• monseigneur le duc de Bourgogne ,
• i>armi une infinité de cris de joie, et on « tira un grand nombre de fusées.
• La cavalerie et l'infanterie qui éloient
• dans nie y répondirent par leurs mous- «quels, et, en même temps, la petite « flotte se mil sur une ligne et s’avança en
• bon ordre vers file, témoignant y vouloir
• aborder. Gela donna lieu à un combat
• fort divertissant, qui finit au bruit des « bombes pour signal du feu d'artifice.
■ Il commença à jouer par tout ce qu’il
• y a de plus ingénieux cl de plus nouveau ■ dans l'nrtiGce.
• Les fusées volantes alteignoient , de la t rivière d’où elles étoieni lancées , celles ■ qui étoieni parties du clocher des carmes, «et les unes et les autres, en retombant,
• Iraçoienl une grande variété de chiffres « et d'étoiles mêlés d’une pluie de feu.
■ Cependant on entendoit le bruit du « canon et des bombes, et des concerts de «hautbois, de flûtes, de trompettes et de
• tambours.
• Le sieur Foucault, pour terminer la « fête avec toute la magnificence possible , «donna encore un grand régal à tout ce « qu’il y avoit de personnes de considéra- « tion de la ville. •
(CoMtlr lU 1682 , p. 65(> » 65â.)
• Cette bulle, qui est conservée aux manuscrits de la Biblioüièquc impériale.
Chartes de Baluze, bulles, n’ 2, a été publiée par M. Lair, dans la Bibliothèque de l'École des Chartes, 4* série, t. III, p.a46.
contre le sieur de Capdeville, gentilhomme d’Armagnac, convaincu d’avoir donné retraite dans ses châteaux à des Bohèmes. — Vid. le jugement.
J’ai reçu une ordonnance de 4iOOO** pour les deux voyages que j’ai faits à Montpellier pour le règlement des tailles réelles, et à la Rochelle pour le jugement du procès du sieur Lambert.
En 1 683 , le roi a établi des compagnies de jeunes gentilshommes; j’en ai envoyé de la haute Guyenne à Tournay cent soixante : cent d’ancienne noblesse, et les autres issus de parens vivant noblement. Il en est encore parti depuis pour Metz.
Les religionnaires de la haute Guyenne ont tenu , par permission du roi, im synode à Saint-Antonin en Rouergüe. J’en ai envoyé à M. de Châteauneuf les procès-verbaux, qui m’ont été remis par les commissaires devant lesquels ce synode a été tenu.
J’ai fait ôter la chaîne de châtelain ' de Caussade au nommé Calvct , descendant du fameux Calvet, ofiicial de Montauban, qui , ayant abjuré la religion catholique, établit la religion prétendue réformée dans la province.
Les 6 et 7 janvier i683, j’ai donné avis à M. le chancelier et à M. de Châteauneuf des violences commises par les gardes de M. le marquis d’Ambres dans les communautés et siu'tout à Moissac, où il les avoit envoyés pour obliger les habitans à nommer les consuls qu’il leur ordonnoit d’élire. J’ai aussi donné le même avis à M. Colbert, et peu de jours après ils m’ont envoyé, par un courrier exprès, des ordres pour anéantir tout ce que M. d’Ambres avoit fait, et rétabb'r les
‘ Mot très-mal écrit. Nous croyons lire ckastelain. M. Adlielm Dernier, qui donne cet alinéa dans les fragments de Foucault qu'il a publiés , a lu chancelier. S'agit-il d'un de CCS châtelains royaux ou prévôts qui étaient juges au premier degré de la jus-
tice royale, ou bien d'un de ces chanceliers qui avaient la garde du sceau dans les sénéchaussées, vigueries et autres sièges du Languedoc ? Il y avait à Caussade une justice royale d'où dépendaient trois autres sièges subalternes.
habitans des paroisses dans la liberté de se choisir des consuls, ce qui a été exécuté.
Au mois de janvier, on a proposé de marier mademoiselle Foucault, ma sœur, au fils de M. Petit, premier médecin de M. le Dauphin.
Au mois de janvier i683, M. de Grandmaison, intendant des eaux et fontaines de Paris, m’a accordé quatre lignes d’eau pour ma maison de la rue de Richelieu.
Le . . janvier 1 683, j’ai fait signifier l’avertissement pastoral du clergé au consistoire de Montauban; cette signification a été faite avec douceur et charité de notre part et reçue avec respect par le consistoire.
Au commencement de février i683, le parlement de Toulouse ayant décrété de prise de corps les ministres de Montauban pour contraventions aux édits, j'ai mandé à M. le chancelier, à MM. les ministres, à M. l’archevêque de Paris et au P. de la Chaise, que ce décret n’avoit causé aucune émotion parmi les religionnaires, et que l’on pouvoit sans aucun danger faire démolir leurs temples. Ils se sont contentés de ne point paroître dans les rues les dimanches, à l’heure du prêche.
Au mois de février i683, le roi a donné une déclaration qui unit aux hôpitaux les biens des consistoires.
M. de Seignelay m’a mandé que l’intention du roi étoit d’établir dans la marine des compagnies de jeunes gentilshommes, et m’a chargé d’en chercher, Agés au moins de seize ans.
J’ai condamné les nommés Le Mercier et Daniel à être pendus, pour avoir exigé de l’argent des marchands et notaires, sous prétexte de commissions qu’ils supposent avoir pour faire exécuter les règlemens pour les manufactures et le papier timbré; ils faisoient voir une commission de M. Colbert et un cachet qu’ils avoient fait graver aux armes du roi, avec lequel ils marquoient les étolfes, donniuaf même des lettres de maîtrise. Les principales concussions ont été commises à Alby et dans plusieurs villes du Languedoc, n’ayant demeuré que huit jours dans mon département.
Le 6 mai, Marie-Anne, ma sœur, est accouchée de Marianne, sa fiUe aînée, qui a été faite religieuse à Pincourt, le 5 mai 1 698.
Le [i 2] mai, M. de Jassaud du Gué‘, frère de ma femme, a épousé madame Foucher, âgée de plus de quarante ans et nièce de M. de Mâcon , dont il a eu de grands biens. Elle a fait un iidéi-coinmis de la plus grande partie de son bien à M. le président de Jassaud , qui l’a gardé pour lui.
M. Colbert m’a mandé de chercher quelque personne capable d’écrire l’histoire de la province, ce que je n’ai pu trouver®.
Le 2.3 juin 1 683, j’ai mandé à M. de Châteauneuf, à M. le chancelier et au P. de la Chaise, que le temple de Montauban a été démoli en exécution de l’arrêt du parlement de Toulouse; que cette démolition avoit été faite en présence du commissaire nommé par le parlement, on dix-neuf heures, après les trois jours donnés aux religionnaires pour le faire, expirés. Ils ont fait paroître en cette occasion une soumission entière. Cette démolition a été faite natu,rellement et sans préméditation dans l’octave du Saint- Sacrement. J’ai mandé qu’il étoit juste de leur donner un ministre pour baptiser leurs enfans, ainsi qu’il avoit été fait à Montpellier, non l’un de ceux de Montauban, afin d’effacer entièrement les vestiges de l’exercice de la religion prétendue réformée qui vient d’ètre aboli, mais tel autre qu’on voudra choisir dans la province, qui soit sans emploi.
J’ai fait publier l’arrêt du conseil qui défend aux ministres des
' Guillnume de Jassaud , seigneur de ia Borde, Vernon et du Gué, conseiller en la grand’chanibre du parlement de Paris, mort le 6 décembre > 7 1 8. Sa femme mourut sans enfants en 1 699 , et il se remaria ; l'évéque de Mâcon dont elle avait hérité était Michel Colbert de Saint-Pouange, mort en 1676.
’ La circulaire de Colbert aux intendants, pour les inviter à rechercher et à
lui signaler les savants qui pourraient écrire l'histoire des provinces, est du 1 6 juin 1 683. Elle a été publiée dans Depping , Corresp. cdmin. L IV, p. 606. Foucault ne sut trouver personne pour remplir le vœu du ministre. «Mais, ajoute
• M. Chéruel (J/ût. de Vadmin. monarch.
* en France, 1. 11, p. 348), la savante con- « grégation des bénédictins de Saint-Maur «devait bientôt répondre à cet appel. •
églises interdites d’établir leur domicile plus prés de six lieues desdites églises.
Le 7 juillet, j’ai mandé à M. de Châteauneuf que j’avois fait signifier l’avertissement pastoral du clergé au consistoire de l’Isle-Jourdain , et que, comme il n’y a que sept familles composées de vingt-cinq ou trente âmes, dans celte ville, religionnaires, et que l’on vient de six à sept lieues à la ronde les dimanches au prêche de ladite ville, le temple n’étant pas assez grand pour contenir tous ceux qui y viennent, j’étois d’avis de faire démolir ce temple , ceux du voisinage ayant été Interdits.
Pai été aussi d’avis d’admettre à Caussade les PP. récollets, n’y ayant que l’église paroissiale, et les religionnaires étant en plus grand nombre que les catholiques.
Au mois de juillet, le temple de Montauhan a été démoli par arrêt du parlement de Toulouse , suivi d’un ordre du roi; les religionnaires ayant refusé de l’exécuter, celte démolition a été faite par les catholiques eu sept heures de temps. Pendant cette démolition les boutiques ont été ouvertes, et les religionnaires n’ont marqué aucune inquiétude. Ce temple avoit été bâti en 1609; l’évêque envoyoit demander aux ministres par quelles rues il leur plaisoit que la procession passât le jour du Saint-Sacrement.
Les religionnaires de Montauhan, depuis la démolition de iem' temple, alloient à celui de Villemade, qui n’est qu’à un quart de lieue de Montauhan. Il y a eu partage, entre le commissaire catholique et le religlonnaire, sur la démolition de ce temple; j’ai mandé qu’il étoit à propos de le faire juger.
Le 9, j’ai fait signifier l’avertissement pastoral du clergé aux consistoires de Villemade et de Réalville , diocèse de Cahors.
Au mois de juillet i683, j’avols 48,ooo** à la caisse des emprunts.
Au mois d’août, mon père a pensé à traiter pour moi , avec M. Pellot, de la charge de premier président de Rouen.
J’ai envoyé à M. de Seignelay vingt-quatre jeunes gentilshommes, pour servir en qualité de gardes dans la marine, le 9 août.
Le 9 août, j’ai mandé à M. Colbert que, s’il avoit agréable de m’envoyer les mémoires des négociations faites à Rome par le ministère de M. le cardinal d’Estrées, et dont MM. de Crolssy et de Châteauneuf doivent avoir les mémoires, je lui ferois une relation exacte de ce qui s’est passé à Pamiers au sujet de l’aflaire de la régale, en ayant ramassé les mémoires. 11 ne me les a pas envoyés '.
Le 1 o août, je suis parti de Montauban avec le sieur de la Feuille, pour aller faire la visite de la rivière de Garonne, avec M. de Ris, intendant de Bordeaux, depuis Bordeaux jusqu’à Toulouse, pour voir les ouvrages qu’il faut faire pour rétrécir son lit dans les endroits où il est trop étendu, et la mettre en état de navigation pendant toute l’année.
Le 2 2 août, j’ai mandé à M. Colbert que je me suis rendu à Langon, près Bordeaux, où M. de Ris m’attendoit, et qu’avec le sieur de la Feuille nous sommes remontés par la rivière jusques à l’embouchure du canal de la communication des mers dans la Garonne, à une demi-lieue de Toulouse.
Le dernier jour d’août, nous avons fait célébrer dans l’église de Montauban un service solennel pour le repos de l’âme de la défunte reine
J’ai proposé à plusieurs ministres d’accepter l’emploi de venir à Montauban pour y baptiser les enfans , mais ils l’ont refusé par deux raisons : la première, parce que l’arrêt qui leur permet de faire ces baptêmes ne leiu* donne pas la liberté de consoler les malades, et la seconde , qu’il leur donne un magistrat poiu* assister à ces baptêmes. Tavois même proposé aux habilans de la religion prétendue réformée de nommer eux-mêmes un ministre, ce qu’ils ont refusé aux conditions de l’arrêt du conseil. J’ai mandé à M. de Cbâteauneuf que je croyois qu’il étoit à propos que le roi leur nommât un ministre pour faire ces baptêmes, et que, faute par les religionnaires de faire
' Voyei, dans notre Appendice, la dé- * La reine Marie-Thérèse d'.Autriclie pèche de Colbert à Foucault, du 19 août était morte le .3o juillet.
1 68.3; c'est la dernière qu'il lui ail écrite.
baptiser leurs enfans par ce ministre, ils seroient portés à l’église pour y être baptisés. Ils les portoient à Villemade, et souvent les enfans mouroient en chemin. J’ai proposé au roi le sieur Bories, ancien ministre de la ville deLayrac; le roi l’a agréé, et il a été deux mois à Montauban sans baptiser un enfant, les pères ayant envoyé leurs enfans baptiser à Villemade. J’ai proposé de rendre un arrêt portant défenses aux ministres des lieux voisins de Montauban d’administrer le baptême aux enfans des religionnaires de Montauban, à peine d’interdiction de leur exercice.
Le 6 septembre, M. Colbert est décédé. Mon père et moi lui avions l’obligation de nos établisseniens.- Il a donné du relief à notre famille par les chaînes et les emplois qu’il nous a procurés. C’est le plus grand ministre pour les finances et la police du royaume qui ait jamais été.
M. Colbert est mort le 7 septembre*, et M. Le Pelletier a été nommé contrôleur général le même jour.
J’ai fait mes complimens à MM. de Croissy, de Seignelay et Le Pelletier.
M. de Louvois a été nommé surintendant des bâtimens après la mort de M. Colbert, au mois de septembre. Je lui en ai fait mon compliment.
Le 8 septembre , j’ai reçu un arrêt du conseil pour faire remettre aux greffes des bailliages et sénéchaussées les registres des baptêmes, mariages et mortuaires des consistoires des lieux interdits.
Le 1 5 septembre, j’ai envoyé à M. de Seignelay cent quarante-trois jeunes gentilshommes pour gardes de la marine.
Le clergé a fait un avertissement pastoral aux religionnaires, qui a été signifié aux consistoires de mon département, dans le mois de septembre.
Au mois de septembre , j’ai établi un hôpital général à Cahors.
J’ai proposé au roi, de concert avec M. Le Jay, évêque de Cahors, de créer une chaire de mathématiques dans l’Université de Cahors, Foucault se trompe ici d’un jour; il vient de donner la date juste, qui est le 6.
DE NICOLAS-JOSEPH FOUCAULT, et pour cet effet de supprimer les deux chaires des arts *, ceux qui les professent n’entrant que trois ou quatre fois l’année, et n’ayant que peu d’écoliers, qui vont tous au collège des jésuites. J’ai même trouvé moyen d’engager ces deux professeurs des arts de se démettre volontairement de leurs chaires en faveur des PP. jésuites, en se réservant une partie de leurs gages et les honneurs attribués aux régences. Je leur en ai fait passer un acte.
Au mois de novembre, j’ai fait instituer une chaire de mathématiques dans le collège des jésuites de Cahors.
Le 1 1 novembre , j’ai proposé à M. Le Pelletier M. d’Hautesserrc , conseiller en la cour des aides de Montauban, pour remplir la charge de procureur général de la même compagnie, vacante par la mort du sieur du Roc. L’agrément lui en a été accordé.
Au mois de novembre, les religionnaires des Cévennes ont tenté d’eugager ceux de Montauban dans leur révolte, ce qu’ils ont refusé, nonobstant les sollicitations des nommés Caussade et Verdier, avocats séditieux. J’ai mandé à M. de Chêteauneuf qu’il faudroil les reléguer.
Au "mois de décembre , le roi a restreint le pouvoir accordé aux intendans de subdélégucr, tant en matière civile que criminelle. J’ai envoyé à M. de Châteauneuf un mémoire des inconvéniens de cette restriction. J’en ai envoyé autant à M. le chancelier.
Dans la fin de cette année, le roi a rendu des arrêts qui ont exclu du consulat les habitans de la religion prétendue réformée de plusieurs communautés où le consulat étoit mi-parti.
En 1 683, j’ai fait planter un cours à Montauban et bâtir ime porte de la ville.
Au commencement de janvier 1 684» le roi ayant retiré M. du Bols, intendant de Béarn, dont tous les ordres de la province lui avoient fait des plaintes. Sa Majesté, par la protection de M. le chancelier Le Tellier, l’a envoyé à Montauban, et moi à Pau. M. du Bois a été le ' On nommait ainsi les cours de philosophie.
premier intendant en Béarn et n’en faisoit les fonctions que sur une lettre de cachet. M. de Croissy m’en a envoyé une pareille, qui m’ordonne simplement de passer en Béarn à la place de M. du Bois que Sa Majesté envoie à Montauban, pour exécuter par moi les arrêts du conseil et autres ordres qui me seront envoyés. Cette lettre est du 4 janvier 1 684 et est accompagnée d’une lettre de M. de Croissy.
J’ai été proposé pour la charge de premier président de Bordeaux , vacante par la mort de M. d’Aulède; mais il falloit donner 200,000** de brevet de retenue, ce qui ne me convenoit pas.
Le 12 janvier i684, j’ai écrit au roi pour l’assurer que je continuerai d’apporter la même application au bien de son service et au soulagement des peuples en Béarn comme j’ai fait à Montauban.
J'ai aussi écrit à M. Lé Pelletier, à M. de Châteauneuf et à M. de Croissy', en réponse de l’avis qu’ils m’ont donné de ce changement d'emploi et des termes gracieux de leurs lettres.
J’ai encore écrit, le 1 9 janvier, à M. le duc de Grammont*, pour lui demander sa bienveillance.
Le 19 janvier 1 684 «j’ai assisté au Te Deam cbanté dans la cathédrale de Montauban pour la naissance de M. le duc d’Anjou’.
Au même mois, j’ai reçu ordre de défendre aux carmes déchaussés de Cahors de reconnoître le P. Charles de Saint-Bruno pour général de leur ordre , attendu qu’il a été élu au préjudice de l’exclusion que le roi lui avoit donnée; à quoi il a été obéi.
Le 2 6 janvier, j’ai prié M. Le Pelletier de m’envoyer une commission de procureur du roi du domaine en Béarn, en faveur de M. d’Héricourt, dont je lui ai marqué le niérite et les services depuis dix-huit ans dans les affaires du domaine et des eaux et forêts en Languedoc et en haute Guyenne.
' Claude Le Pelletier, coalrôleur général aprèa la mort de Colbert; Baltliaiar Phélypeaux , marquis de Châteauneuf, et Charles Colbert, marquis de Torcy et de Croissy, secrétaire d'état.
‘ .Antoine-Charles de Grammont avait
succédé , en 1 673 , à son frère ainé dans le gouveniement de Navarre, Déam etSaint- Jean-Pied-de-Port. Il devint duc de Grammont après la mort de son père en 1 678 . et mourut à Paris le octobre 1720.
’ Il était né le 19 décembre i683.
Le 26 janvier, j’ai écrit à M. de Croissy pour demander au roi en ma faveur la même grâce qu’il avoit accordée à M. du Bois, qui est de loger dans le château de Pau.
Au mois de janvier i684, M. le chancelier Le Tellier m’a envoyé un arrêt portant exemption en faveur des sujets du roi du pays de droit écrit de prendre des lettres de bénéfice d’âge et d’inventaire'.
J’ai condamné le nommé Roquaire aux galères, au présidial de Cahors. Le roi lui a accordé des lettres de commutation de peine, à laquelle il a préféré de servir aux galères.
M. l’évêque de Lescar* s’étant fait députer de la province pour un sujet assez léger, et le roi en ayant été informé, M. Le Pelletier m’a écrit par ordre de Sa Majesté, le . . février i684, de lui dire que le roi n’approuvoit pas cette députation; mais il étoit parti, lorsque j’ai reçu cet ordre, il y avoit quinze jours, et je l’ai mandé à M. Le Pelletier.
M. du Bois-Baillel étant arrivé le 9 février à Montauban , nous nous sommes instruits réciproquement de l’état des affaires des deux départemens. Pal demandé à M. le chancelier de faire agréer au roi que j’occupasse dans le château de Pau l’appartement où logeoit M. du Bois, ce qui m’a été accordé.
Je suis arrivé à Pau le 1* mars.
J’ai été logé dans le château de Pau, meublé des meubles de la couronne.
M. de la Vie, premier président de Pau, avoit été relégué à Fontenay en bas Poitou, l’année précédente, pour malversations commises dans la fonction de sa charge, et surtout pour avoir pris des présens qui étoient des contributions*. Il m’a écrit de Fontenay,
' On appelait ainsi des lettres royaux de petite chancellerie nécessaires dans les pays coutumiers pour l’émancipation des mineurs et pour l'acceptation des successions sous bénéfice d'inventaire. Les pays de droit écrit avaient toujours prétendu être eicmpts de l'obligation d’en prendre.
et l’arrêt dont il est question ici ne fit que leur reconnaître ce droit, que des édits bursaux avaient tenté de leur enlever.
’ Dominique Desclaux de Mesplées.
* C'est-à-dire des cotisations faites pour le gogner.
9h MÉMOIRES
à mon arrivée à Pau, une lettre d’honnétetés à laquelle j’ai ré-
J’avois mandé à M. Le Pelletier que j’aurois besoin d’un arrêt général qui me subrogeât à M. du Bois-Baillet pour juger toutes les affaires qu’il avoit instruites jusques à son départ. 11 m’a seulement envoyé, le 6 mars, deux arrêts, l’uu pour achever la réformalion du domaine et le papier terrier, et l’autre pour la vérification des dettes des communautés; et, à l’égard des autres affaires, il m’a mandé qu’il m’enverroit un arrêt particulier pour chaque affaire.
Le 9 mars i684, j’ai donné avis à M. de Croissy de mon arrivée à Pau, où je n’avois trouvé aucun arrêt du conseil ni ordre du roi pour travailler aux affaires de la province.
l.e J 5 mars, M. Le Pelletier m’a envoyé deux arrêts du conseil, l’un pour achever la réformation du domaine de Béarn et le papier terrier, et l’autre pour la vérification des dettes des comm?inaulés.
Je lui ai demandé un arrêt général qui me subrogeât à toutes les affaires particulières dont M. du Bois a connu.
Il m’a accordé M. d’Héricourt pour procureur du roi de ses commissions.
La connoissance des affaires de la religion en Béarn a été interdite au parlement de Pau par l’édit du mois d’avril i668, et a été renvoyée, par le règlement du conseil du i5 septembre 1670, à M. le comte de Guiche, lors gouverneur du Béarn, et à M. d’Aguesseau, intendant de Bordeaux; l’article 8 de ce règlement portant que, par provision, le sieur comte [de] Guiche connoîtra de toutes les contestations qui naîtront sur l’exécution dudit édit du mois d’avril 1670*, pour icelles juger par provision seulement, et pour le définitif conjointement avec ledit sieur d’Aguesseau; et comme je n’avois aucune commission pour connoitre de ces sortes d’affaires, et que M. le duc de Grammont avoit établi un subdélégué à Pau pour les juger, j’ai mandé à M. de Croissy que je ne croyois pas convenable que , Sa Majesté ayant un commissaire dans la province, les affaires fussent
' Erreur, pour 1 668.
traitées devant un commissaire de M. de Grammont; que j’attendois sur cela les ordres du roi.
Je me suis rendu assidu au parlement de Pau * pour examiner les abus qui s’y commettoient dans l’administration de la justice, dont j’ai donné avis dans la suite à M. le chancelier.
Le 1 5 mars, j’ai envoyé à M. le chancelier un règlement qui a été fait au parlement sur plusieurs chefs , dont le plus important va à décharger l’audience des défauts que l’on avoit accoutumé d’y prendre, ce qui consommoit la plus grande partie du temps destiné aux affaires contradictoires; il a été arrêté que ces défauts seront pris au greffe, suivant le titre V de l’ordonnance de 1667®.
Au mois de mars i684, M. le maréchal de Bellefonds me manda que le roi avoit résolu de faire faire une algarade’ aux Espagnols , et me pria de lui amener le plus grand nombre de gentilshommes du Béarn que je pourrois.
Le 22 mars i684, j’ai rendu compte à M. de Louvois de l’expédition que M. le maréchal de Bellefonds a faite à Roncevaux, où il a marché avec deux mille hommes par ordre du roi, qui lui avoit mandé d’aller faire une algarade aux Espagnols. M. le maréchal m’en donna avis et me pria de lui mener le plus de gentilshommes que je pourrois rassembler. Je lui en menai deux cents de Béarn et de Navarre. Nous allâmes la veille reconnoître les chemins. Nous côtoyâmes les montagnes pendant une heure de chemin et ne trouvâmes que très-peu de neige. Nous passâmes dans des villages où tout étoit fort tranquille. On nous fit boire du vin de Péraltc, qui est excellent et qui se conserve dans des vaisseaux de bois de cerisier.
M. le maréchal chargea un gentilhomme de pousser plus avant sur la route de Roncevaux, pour voir si les neiges trop hautes n’a-
' Le parlement do Pan fut constitué par la fu.sion des deux conseils souverains de Pau pour le Béarn , et de Saint-Palais pour la Navarre , lors de la réunion définitive du Béarn à la couronne, en octobre i6ao.
’ Article 3 du titre cité.
' De l’espagnol algara, algarada, venant de l'arabe al gdrah, qui signifie une course, une incursion sur le territoire ennemi. {Dict. ar. lal. de G.-G. Freylog, t. III, p. 3oi.)
voient point rendu le chemin impraticable; mais il se contenta de faire une demi-lieue et revint dire à M. le maréchal qu’il n’avoit point trouvé de neige, et que le chemin jusques à Roncevaux étoit trèspraticable , qu’il n’avoit trouvé ni troupes réglées ni milices sur la montagne. Cependant, étant partie le lendemain de Saint-Jean-Piedde-Port à quatre heures du matin, notre petite troupe n’arriva qu’à dix heures du soir, ayant trouvé trois pieds de neige à deux lieues de Roncevaux. J’y arrivai le premier par un accident : je montois un cheval d’Espagne fort vigoureux et qui souCfroit impatiemment la neige qu’il avoit jusques au ventre, et je craignois, par les efforts qu’il faisoit pour en sortir, qu’il ne se jetât dans le précipice qui étoit sur notre droite, car nous étions fort serrés par la montagne sur la gauche, le chemin n’ayant pas plus de quatre pieds de latge. Je jugeai donc à propos de descendre de cheval; et je n’eus pas plus tôt mis pied à terre que le cheval, sans hésiter, se jeta dans le penchant du précipice et descendit jusques au fond, en sorte que je fus obligé de faire à pied une lieue de chemin dans la neige. Il y avoit vingt soldats commandés pour ranger la neige et faciliter le chemin. J’avançai jusques à eux pour les faire diligenter, et il ne nous parut sur les hauteurs que quelques pelotons de paysans armés de fusils, qui auroient pu, s’ils a voient osé, nous disputer le passage; mais ib se contentèrent d’être spectateurs de notre marche. Vingt hommes auroient pu nous empêcher de passer. Le plus grand obstacle qui s’y trouva fut M. de la Valade, lieutenant du roi de Navarrenx, qui, étant d’une prodigieuse grosseur et hors d’état de se donner de lui-mème et sans aide aucun mouvement, avoit cru de son honneur d’être du voyage, quoi que M. le maréchal et tous ses amis eussent pu lui dire; il s’étoit fait porter par des Suisses de la garnison de Navarrenx qui se relayoient, et, comme ils alloieut très-doucement et faisoient de temps en temps des pauses, cela retarda notre marche, et on le fit partir au retour deux heures avant le jour pour éviter un pareil inconvénient.
Les états de Navarre, qu'ils appellent junte, étoient assemblés à Pampelune, à six petites lieues de Roncevaux, dont ils nous envoyèrent
DE NICOLAS-JOSEPH FOUCAULT, offrir les clefs. Mais M. le maréchal de Bellefonds n'avoit pas ordre de faire cette conquête, et nous n’avions d’ailleurs que deux mille hommes de troupes, et il y avoit plus de dix mille habitans dans Pampelune; ainsi on se contenta de les assurer de l’afl'ection que le roi avoit pour eux.
J’arrivai le premier à Roncevaux, où je trouvai les religieux de l'abbaye qui sortoient de l’église où ils avoient été remercier Dieu de ce que les François n’avoient pu passer à Roncevaux; ils furent donc dans une grande surprise de nous voir. Je leur fis entendre en latin que nous venions les visiter, par ordre du roi, comme ses sujets, et pour leur offrir toute protection; qu’ils avoient pour fondateur un roi de France et qu’ils n’avoient aucun sujet de rien appréhender de notre venue. Ils se rassurèrent donc et donnèrent ordre, autant que la précipitation de notre arrivée le put permettre, à la réception de M. le maréchal et à notre logement. M. de Bellefonds étant arrivé leur confirma ce que je leur avois dit. Il trouva un mauvais souper, préparé chei le prieur où il étoit logé, de volaille étique et qui venoit d’être tuée, avec un assaisonnement d’ail et de safran, dont personne ne mangea. Heureusement j’a vois fait charger sur des mulets des pâtés, langues et bonne provision de viandes froides, qui vinrent fort à propos et qui furent bientôt expédiées; mais ce qui parut le plus extraordinaire et, en même temps, le plus agréable, c’est que nous fûmes servis à table par une demi-douzaine de très-belles filles, qui s’acquittèrent de très-bonne grâce de leur emploi. Je logeai chez le sous-prieur, chez lequel je vis une très-jolie lllle qui disparut un moment après que je fus arrivé. Ce bon sous-prieur fît garde toute la nuit â la porte de la chambre où je couchois, qui étoit la sienne et où apparemment il avoit son trésor.
Le lendemain matin nous entendîmes la messe dans f église de l’abbaye, où l’on nous fît voir les armes de Roland et la chaîne qui a donné lieu aux armoiries de Navarre , et nous partîmes de Roncevaux à sept heures du matin. Une partie de nos régimens avoit couché i un bourg appelé Boiu-guet. Tout revint en bon ordre par un autre
i-lieniin, où nous ne trouvâmes pas de neige. Tous les soldats étoient chaînés de jambons et de barricots de vin que leurs hôtes leur avoient donnes, car c’est le pays des jambons, et je ne reçus aucune plainte d'exactions des soldats.
J’ai mandé à M. de Louvois cette expédition pour en rendre compte au roi et assurer Sa Majesté du zèle de ses sujets, et de la bonne volonté de ceux de la Navarre espagnole de rentrer sous son obéissance, comme à leur prince légitime, successeur de Charlemagne, leur fondateur. J’ai envoyé à M. de Louvois les noms des gentilshommes de Béarn et de Navarre qui ont suivi M. de Bellefonds.
Cette algarade n'a eu aucun retour de la part des Espagnols. J’ai cependant ordonné aux milices de notre frontière de se tenir sur leurs gardes, et ai recommandé au commandant de Saint-Jean-Pied-de- Port d’observer les démarches des Espagnols et de m'en donner avis.
Il est vrai qu’un mois après notre expédition , j'ai eu avis que trois cents hommes de troupes réglées gardoient les passages de la haute Navarre et qu’ils ont '
Au mois de mars i684, la chambre des comptes de Pau ayant fait saisir les revenus de M. l’évéque d'Oloron, faute d’avoir rendu sa foi et hommage des terres qu’il possède dans la mouvance du roi, elle s’est plainte à M. le chancelier des menaces faites à son huissier de le battre en faisant cette saisie. M. d’Oloron s’est plaint de sa part du mépris que la chambre des comptes marquoit en toute rencontre avoir pour lui et des injustices qu’elle lui faisoit. M. le chancelier m’a renvoyé leurs lettres pour les accommoder, ce qu'il ne m’a pas été difficile de faire è mon avènement dans la province , où cet évêque étoit peu considéré.
Le 2 3 avril 1 684, j’ai mandé â M. le chancelier qu’ayant été trèssouvent au parlement depuis mon arrivée dans la province, j’avois trouvé qu’il y avoit trois bureaux, é deux desquels on travailioit aux alîaires civiles, et au troisième aux affaires criminelles; qu’il n’y a qu’un seul président, qui est M. de Gassion, qui préside aux au- ' Le re«te de l'alinéa manque dans le manuscrit.
diences et au premier bureau , ce qui m’empêche d’aller au deuxième et à la Tournelle*; que de quatre présidons créés pour le parlement, M. de la Vie, premier président, est relégué; M. de Marca est hors d’état de présider et est retiré à la campagne ; M. Desquile , le dernier, n’a que trente ans et ne peut présider de dix ans; que ce défaut de présidens causoit un préjudice notable au bien de la justice; s’il arrivoit même que M. de Gassion tombât malade, le parlement se trouveroit sans président, et je me trouverois hors d’état d’aller au palais; que les deux bureaux où je ne puis aller ont autant de besoin d’être éclairés que le premier.
Je l’ai assuré que je donncrois tous mes soins pour établir la discipline dans l’intérieur de la compagnie ; que j’avois fait en sorte que les officiers du parlement obligent leurs enfans de fréquenter le barreau pour se rendre capables de succéder aux chaînes de leurs pères ;
Qu’à l’égard de la distribution de la justice, les usages de la procédure sont extraordinaires et abusifs; que les plus sensés des officiel conviennent qu’il est de l’avantage des peuples et de l’intérêt même du paiiement de recevoir l’ordonnance de 1667; que les états la demanderont;
Qu’il y a encore un grand bien à établir dans la province ; c’est d’établir une jurisprudence fixe sur les matières du fond, ayant trouvé dans plusieurs affaires, au jugement desquelles j’ai assisté, qu’il y a des arrêts de préjugé pour et contre , et que jusqu’à présent il n’y a eu aucune certitude ni maxime dans les arrêts de ce parlement; que
‘ On appelait bureaux dans les anciens parlements les séances secrètes dans lesquelles les conseillers réunis entendaient les rapports et délibéraient sur les afiaires. Pourquoi l'intendant, qui avait entrée au parlement comme maître des requêtes, ne pouvait-il pénétrer dans les bureaux qui n'avaient pas de président? On peut supposer qu’il en était empêché par une
question de préséance : étant, en vertu de son titre de maître des requêtes , membre du parlement de Paris, et par conséquent supérieur aux conseillers du parlement de Pau, l'intendant ne consentait pas à se trouver sous la présidence d'un simple doyen pris parmi les conseillers de ce dernier parlement.
l'on pourroit faire une assemblée de cinq ou six olBciers des plus éclairés et mieux intentionnés de la compagnie, et de quelques personnes intelligentes du corps des états, avec lesquels je pourrois travailler à dresser des mémoires pour faire un bon règlement, tous les ordres de la province le désirant.
Je lui ai aussi mandé qu’il u'y avoit point eu encore d’occasion d’exécuter le règlement pour les requêtes civiles , concernant le titre XXXV de l’ordonnance de 1 667, n’y en ayant encore eu aucune de présentée depuis qu’il a été envoyé; ce règlement étoit bien néces- •saire, et devoit diminuer le nombre des affaires qui étoient jugées deux fois au parlement.
M. le chancelier a répondu à cette lettre que ce que je lui mandois au sujet du manque de présidens et de la variété de la jurisprudence dans les jugemens étoit à considérer; qu'il faudrait que je prisse des mesures pour faire entrer les états dans cette affaire, et faire tenir des conférences avec moi et aucuns des anciens du parlement.
Tai reçu un ordre du roi, du a 1 avril i684, sur ce qu’au préjudice du passe-port que le comte de Melgar a donné au marquis de la Meilleraye, il l’avoit fait arrêter prisonnier dans le Milanez. Sa Majesté m’ordonne de faire arrêter tous les sujets du rai d’Espagne qui piasseront dans l’étendue de mon département, sans avoir aucun égard aux passe-ports qu’ils pourroient avoir de Sa Majesté , et que je lui en donne aussitôt avis; et depuis cette lettre j’en ai reçu une autre du 1 6 mai 1 684 , portant exception des courriers qui seront dépêchés par l’empereur au comte de Mansfeld, son ambassadeur é la cour d'Espagne, et qui seront munis de passe-ports ou de billets de M. le marquis de Louvois.
M. Le Pelletier m’a envoyé, au mois d’avril, un arrêt du conseil pour vérifier et mettre en ordre les titres qui sont dans les archives de la Chambre des comptes de Pau, et pour obliger les particuliers qui en ont en leur possession de les rapporter au garde desdites archives. Il m’avoit auparavant envoyé le projet de cet arrêt pour avoir mon avis sur ses dispositions; j’avois aussi estimé nécessaire de régler la
DE NICOLAS-JOSEPH FOUCAULT, forme de la présentation et apurement des comptes, comme aussi celle de la réception des foi et hommage, aveux et dénombremens.
J’avois proposé à M. Le Pelletier, par ma lettre du 6 avril 1 684 , de faire payer au sieur d’Héricourt , procurciu* du roi du domaine , une somme de i ,aoo** ou de i ,ooo**, pour rétribution de son travail, sur le fonds de lods et ventes ‘ de deux terres vendues depuis peu et qui sont dans la mouvance, pour soulager les finances du roi; mais il m’a répondu que le roi accordera volontiers une gratification au sieur d’Héricourt en considération de ses services, mais que son intention n’est pas d’assigner ces sortes de gratifications sur les droits de lods et ventes qui lui appartiennent , et dont elle peut gratifier ceux que bon lui semble, et il m’a envoyé, le 29 mai, une ordonnance de i,ooo** pour ledit sieur d’Héricourt, sur le domaine de Béarn.
Au mois d’avril i684, mon père m’a invité de venir à Paris, voulant faire le partage de ses biens entre ses enfans.
Le 17 mai i684, je suis venu à Pontacq avec M. l’évèque de Tarbes, pour travailler aux conversions; il y en avoit encore pour lors cinq cents; nous en avons, en deux jours, converti une centaine.
Au mois de mai, j’ai fait créer un vice-bailli pour servir dans le ressort du parlement de Navarre.
Au mois de mai, mon père a congédié le sieur Brossart, précepteur de mon fils^ et a mis mon fils chez du Catcl, qui tient des enfans en pension dans le faubourg Saint-Antoine.
Au mois de mai i684, M. de Croissy, secrétaire d'état des alfaires étrangères, m’a proposé au roi pour l’ambassade de Constantinople, mais le roi lui a dit que je serois plus utile à son service , dans la conjoncture des affaires de la religion, en France qu’à Constantinople.
' Jm ratm emfilionit. Les lodt [laiulet) étaient , en droit féodal, une redevance que le vassal payait au seigneur pour lui faire agréer l’aliénation d'nn fonds qui était dans sa mouvance. Les lods et ventes
.vont devenus aujourd'hui les droits de mutation.
* 11 y a ici un double emploi probable avec erreur de date. Foucault a déjà placé le même (ait en décembre i68a.