‹ Mémoires de Nicolas-Joseph FoucaultChapitre 64 sur 105 · DISCOURS FAIT AUX RELIGIONNAIRES DE CAEN · texte numérisé non relu

DISCOURS FAIT AUX RELIGIONNAIRES DE CAEN

PAR M. roUCACLT, INTENDANT. LE. . . DECEMBRE I7OÜ.

Je vous ai fait assembler ici pour vous dire que le roi a lieu d’être surpris d’apprendre que ses intentions soient si mal suivies de votre

’ Répétition : • Au moû de novembre « 1700, le roi a^ant envoyé à Caen le sieur • Grandcolas pour prêcher la controverse « aui religionnaires , il prêcha pendant «deui roots. J’aMistai k ces prédications

«et parlai aussi aux nouveaux convertis « Nos discours ürent assez de fruit et alii* ■ rèrent à la mease uu bon nombre de ceux «qui n*y venoient point •

part, et que vous preniez si peu de soin de vous faire instruire des v<^ritésde la religion romaine, dans le temps que, dans les autres provinces du royaume où il y a un nombre beaucoup plus grand que dans celle-ci de prétendus réformés, les ordres de Sa Majesté sont ponctuellement exécutés et avec un très-grand succès. J’ai meme un reproche à me faire d’avoir eu pour vous trop de condescendance . puisqu’elle n’a servi (|u’à vous rendre, je ne dirai pas plus rebelles et plus endurcis, mais au moins plus indolens sur la religion. Car enlin ne pourroit-on pas s’informer de vous si vous êtes chrétiens? Ne pourroit-on pas vous demander quelle religion vous professez, et s’il est enfin permis de vivre en athée et sans aucun culte ? Un coup de la Providence, un .souffle de l’Esprit de Dieu vous avoit jetés dans le port du salut. Vous avez tous abjuré solennellement vos erreurs entre les mains des pasteurs de la véritable Eglise; les registres publics où vous avez signé, votre signature , en font foi à la postérité; voulez-vous qu’elle connoisse que vous avez été des parjures ? Vous êtes revenus dans nos temples, que vos pères avoient abandonnés, vous y avez chanté les louanges du Très-Haut avec nous ; quelquesuns de vous se sont approchés des sacrcinens; quelle raison pouvez- [vous] alléguer d’un changement aussi hautement criminel? Croye/.moi , profitez de la clémence de votre souverain ; s’il vous traitoit comme des relaps, car enfin vous l’ètes, en quel état seriez-vous? Oui pourvoit vous exempter de la rigueur de ses ordonnances? Sontce les puissances prétendues protectrices de votre religion ? C’est une espérance dont vous vous êtes laissé séduire et qui doit être absolument [frustrée?]. Le bon sens et votre expérience devroient vous avoir désabusés depuis longtemps de celte vaine espérance. Le roi .saura rendre, malgré les puissances de ce monde et de l'autre, son royaume aussi catholique que ceux à qui il vient de donner un maître. Mais éloignons ces pensées de vos esprits , et regardez ce prince , grand par tant de vertus et surtout par son amour pour sa religion et pour ses peuples, comme un bon père qui vous rappelle à sa famille que vous avez quittée , comme un pasteur qui vous tend les bras et vous

ramène à son troupeau. Ceux qui étoicnt dans votre communion en I.anguedoc, en Guyenne et en Poitou, se rendent tous les jours en fouie aux vérités qui leur sont préchées par les ministres de l’Évangile; serez-vous plus opiniâtres qu’eux serez-vous les derniers à vous présenter à l’église.^ Car enfin il n'est question que du temps. En savez-vous plus tjue des milliers d’âmes qui se convertissent dans les (iévennes, dans le Vivarais et dans d’autres provinces.^ A Dieu ne plaise que je me rende complice de votre négligence; il est temps que je vous réveille de votre léthargie. Oui, Messieurs, vous vieudrez aux instructions qui vous seront faites par un ministre de l’Evangile que M. votre évêque, toujours attaché au bien de ses diocésains, toujours zélé pour le salut de vos âmes, a préposé pour vous annoncer les vérités de la vraie religion, pour entendre et résoudre vos doutes. Si vous l'écoulez avec soumission, docilité, sans prévention et avec le désir de découvrir la vérité, vous l’écouterez infailliblement avec succès. Je vous ordonne donc, de la part du roi, de vous trouver tous les jeudis et dimanches de chaque semaine dans la salle de l’oilicialité de l’évcché, où M. Grandcolas, homme consommé dans la connoissance de l’Ecriture et dont le zèle est accompagné de la science évangélique, en exposera le texte et expliquera les passages qui font vos doutes. Vous lui exposerez vos didictdtés, et ces conférences se feront de sa part dans l’esprit de charité. J’espère que vous y apporterez les mêmes dispositions, et qu’un retour prompt, sincère et persévérant à l’Eglise romaine sera le fruit de ces conférences.

DISCOÜItS PRONONCÉ LE 6 JANVIER 1701, AU.X RELIGIONNAIRES DE CAEN, DANS L'AguSZ de L'ÉvtCQÉ.

Je vous ai déclaré que l’intention du roi étoit que l’on vous fil dos instructions où la doctrine et la pratique de l’Eglise romaine vous fussent exposées. Si vous voidez rendre témoignage à la vérité, vous reconnoîtrez qu’elles l’ont été sans aucun déguisement et dans toute la sincérité que vous devez attendre du désir ardent que nous avons de vous voir tous réunis dans une même communion. Vous convien-

drez aussi que l’on a abusé de la permission qui vous a été donnée de proposer vos difficultés dans ces conférences : ceux d’entre vous qui ont porté la parole ne l’ayant point fait dans l’esprit de chercher la vérité , ils ont eu recours à des subtilités de l’école pour faire perdre de vue le véritable état de la question à ceux qui n'ont point de lettres; ils se sont appuyés sur des passages étrangers au sujet, équivoques et mal entendus; ils se sont enfin arrêtés à des minuties qui ne vont point à l’essence de la religion et qui ne peuvent frapper que des esprits foibles. Aussi devez-vous croire que les esprits solides qui ont écouté ces raisonnemens sans prévention ont aisément découvert la malignité de ces raisonnemens. Quoi! nous fai.sons notre profession de foi hautement devant vous; nous vous déclarons la créance uniforme de tous les catholiques romains sur certains articles qui nous séparent ; vous la voyez au fond et dans son essence semblable à la vôtre; vous ne pouvez pas douter que notre foi ne soit orthodoxe, et, par une aversion sans aucun fondement et à laquelle nous n’avons point donné lieu, vous vous aveuglez volontairement pour nous calomnier devant Dieu et devant les hommes ! Nous vous protestons à la face des autels que nous n’adorons qu’un seul Dieu, que nous rejetons toute autre adoration prise dans sa véritable signification comme idolâtre, que nous honorons les saints dans leurs images sans leur rendre de culte religieux : vous voulez, malgré cette confession de foi si nettement expliquée, si publiquement protestée, que nous ayons tronqué les commandemens do Dieu pour autoriser le partage de sa divinité ! Toutes les démarches que nous faisons vers vous ne peuvent fléchir vos cœurs, plus acharnés contre la religion romaine que véritablement attachés aux sentimens de Calvin , que vous avez tant de fois abandonnés dans les controverses. L’Eglise a fait la grâce aux hérétiques qui ont abjuré sincèrement leurs erreurs de les recevoir dans sa communion, et vous nous refusez la justice de nous écouter et de nous croire, quand nous vous déclarons, quand nous vous prouvons que notre doctrine n’est autre que celle qui a été transmise par les apôtres à leurs succes-scurs !

Vous vous êtes unis aux luthériens, quoique plus opposés à vous par leurs dogntes et par leurs pratiques que nous ne le sommes , et vous ne voulez pas meme recçnnoitre les points sur lesquels nous convenons avec vousl Quel jugement pourroit porter un juge désintéressé sur un pareil entêtement ?

Je sais bien, Messieurs, que les préjugés de la naissance, que la haine que l’on a pris soin de vous faire sucer avec le lait contre notre religion, sont des obstacles diHiciles à surmonter; mais ces mêmes préventions dévoient empêcher vos pères de quitter l'Église romaine dont ils conuoissoient parfaitement l'antiquité , et vous devez avoir d’autant moins de répugnance à y rentrer que vous ne pouvez pas douter qu’ils sont eux-mêmes les fondateurs de celle qu’ils vous ont laissée. Aussi vos ministres ont-ils pris à tache de défigurer la religion romaine au point qu'ils l'ont rendue méconnoissabic à ceux mêmes qui la professent. N’est-il donc pas juste que nous lui rendions sa véritable figure pour vous la faire voir telle qu’elle étoit Au reste, n’imputez point à notre zèle des motifs injurieux et indignes de la charité chrétienne dont nous faisons profession; c’est elle seule qui nous rend ardens et infatigables dans la poursuite de votre conversion. N’aurons-nous pas juste sujet de croire que des motifs suspects et étrangers à la religion vous tiennent éloignés de nous, et que vous suivez en cela l’exemple de vos prétendus réformateurs, que le désir et foccasion de secouer le joug de la discipline de l’Église romaine ont jetés dans l’apostasie

Quoi! Messieurs, est-il possible que vous viviez sans remords, sans scrupules et sans inquiétude dans une religion qui a de si mauvais fondemens I Ne devez-vous pas au moins douter qu’elle .soit bonne, lorsque des milliers d’âmes, qui ne sont pas moin.s chères à Dieu ni moins participantes des grâces et des lumières du Saint-Esprit que vous, quittent votre communion pour rentrer dans la nôtre?

C’est pour éclaircir un doute aussi raisonnable , ou pour le faire naître si vous ne l’avez pas, que le roi a voulu vous faire instruire. A

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la vérilô, l'esprit de discorde et de ténèbres a fait tourner ces instructions on disputes subtiles. On n’a cherché qu'à s'attirer des acclamations de la multitude, qui a souvent applaudi à ce qu'elle n'entcndoil |)as et ce qu'en elïet elle ne pouvoit pas entendre; car enfin, Messieurs, je n'ai rien ouï dans les controverses auxquelles J'ai assisté qui ne fût ou question frivole ou de nidle conséquence pour le fond de la religion; et, comme la dispute n'est pas l'objet de ces conférences, et qu'elles sont faites pour vous instniire et non pas pour exercer des esprits présomptueux, il a été jugé à propos de vous expliquer dorénavant l'É vangilc et la doctrine de l'bglise sans vous laisser la liberté de professer publiquement vos erreurs et d'en triompher à la face des autels, puisque c'est dans cette profession et dans ce triomphe que consiste le véritable scandale de la religion. AJnsi ce temple que vous aver. profané ne servira dans la suite que pour vous y annoncer la parole de Dieu; vous viendrez l'entendre avec respect et silence. Vous irez ensuite proposer vos doutes en particulier et en toute liberté à celui dont vous avez souvent abusé de la patience et dont vous n'épuiserez jamais la charité. Vous tirerez un double avantage de ces instructions publiques et particulières, si vous en savez profiter, puisque vous ne , sauriez rien faire de plus utile pour votre salut ni de plus agréable au • roi. Ce magnanime prince ne souhaite rien plus ardemment que de voir ses sujets également unis dans le culte qu'ils rendent à Dieu, comme ils le sont dans l'obéissance qu'ils doivent à leur souverain.

L'affaire de Barrault, caissier de Thévenin, dans laquelle mon bis a été impliqué, a été accommodée moyennant au mois de dé-

cembre. Cette affaire m'a causé beaucoup de chagrin. 11 faut savoir de M. (iorrand la somme qui a été payée.

En 1698, .M. de Villacerf, surintendant des bâtimens du roi, et, depuis sa mort, M. Mansart , qui lui a succédé en 1699, m'ayant demandé de la part du roi des rocailles des falaises de .Manvieiix , je leur en ai envoyé à dilférentes reprises, et, en dernier lieu, en l'aii-

née 1 700, soixante barriques de cette rocaille et cent quatre-vingtquatre livres de graine d’if‘.

M. de Ponlchartrain a nommé à ma recommandation M. de la Brosse, mon cousin, commissaire de la marine au département de Cherl)Ourg, à la place de M. de Méneville, contre lequel il y avoit beaucoup de plaintes.

Le roi a donné une déclaration pour puiser le royaume de mendians; mais elle n’a pas eu d’exécution, les hôpitaux n’ayant pas été en état de les loger et de les faire subsister.

Le roi a envoyé M. l’abbé d’Entragues à Caen, étant mai .satisfait de la conduite qu’il tenoit à Paris.

Le I 7 janvier 1701, M. le chancelier de Pontchartraiii m’a envoyé un arrêt du conseil du 6 décembre 1700, pour obliger les imprimeurs et libraires de fournir aux juges de police un mémoire certifié d’eux, contenant leurs noms, le temps et les formalités de leurs réceptions et établissemens, les lieux de leurs étabiis.semens précédens, les personnes chez qui ils ont fait leur apprentissage, les noms et qualités de leurs apprentis et compagnons, le nombre de leurs presses, la quantité de leurs fontes et caractères, à peine de 5oo^ d’amende et autres peines. J’ai envoyé à M. le chancelier les mémoires de l’exécution de cet arrêt.

Le 2 I janvier 1701, M. Chamillart m’a mandé que le roi me permettoit de faire un voyage à Paris.

Tai été de retour à Caen le i3 février 1701.

Il a fait, le a février, un ouragan presque universel dans le royaume, qui a fait des désordres très-grands dans toutes les provinces^.

' Le aa août 1G70, Colbert avait déjà écrit à Cliamillarl , intendant à Caen , père du ministre, d’envoyer, pour les jardin.s royaux, toutes le.s jonquilles doubles qu'il pourrait trouver dans sa généralité.

(Voy Dopping, Correspondance administrative sous le règne de Lotus XIV, t. lil, p. 844.)

* Voy. Journal d'un bourgeois de Caen, à la date.

Au mois de février 1701, M. Chamillart m’a écrit de tâcher de faire arrêter les nommés Picard, célèbres voleurs et meurtriers. 11 y en a eu deux roués à Paris, un troisième s’est jeté par une fenêtre et s’est tué. Leurs complices sont sortis du royaume.

Le 6 mars 1701, j’ai écrit à M. Chamillart pour le prier de vouloir bien parler à M. de Verneuil, son commis, et â M. Capy, commissaire des guerres, pour les engager de faciliter la recherche que mon fils faisoit de mademoiselle Drouilly, fille d'un auditeur des comptes, et petite-fille du lieutenant général de Châlons, leur parent.

M. Chamillart m'a répondu que mon fils avoit un rival en la personne de son frère; qu’il avoit pris des engagemens avec la famille de M. Drouilly pour ce mariage, et que falTairc étoit fort avancée; qu’il souhaitoit â mon fils une plus belle femme, mais qu’il auroit peine à trouver rien de meilleur poiu* le bien. Cependant le mariage a été rompu, le Irère de M. Chamillart ayant trouvé la demoiselle trop laide. Elle a épousé M. Molé de Cbamplâtreux, président à mortier, et est morte.

M. le chancelier m’a écrit, le 10 mars 1701, qu’il est revenu au roi qu’il y a dans le royaume un très-grand nombre de collèges établis sans lettres patentes, et me mande de lui envoyer un état exact du nombre de collèges qu’il y a dans la généralité de Caen, de quelle manière et sur quel titre ils ont été établis. C’est à quoi j’ai satisfait par ma lettre du . . .

Le 16 juillet, j’ai reçu une lettre de M. de Pontchartrain , secrétaire d’état, par laquelle il m’a mandé que le roi m’avoit choisi pour remplir une place d'honoraire dans l’Académie des inscriptions.

Le ao août 1701, j’ai écrit à M. Chamillart pour le prier de proposer au roi mon fils pour l'intendance de Lyon.

Au mois d’octobre 1701, j’ai eu une fièvre double tierce dont le quinquina m’a guéri.

J’ai eu permission dans le même mois d’aller â Paris. J’ai été de retour â Caen au commencement de janvier 170a.

Au mois de novembre, M. Chamillart m’a envoyé une lettre anonyme par laquelle on lui mande que M. d’Ableiges, intendant de Poitou, rend de fréquentes visites à madame l’abbesse de Thouars; qu’il fait le département des tailles à son parloir; qu’il lui renvoie les rôles des tailles pour y changer ce qu’elle juge à propos, et que son secrétaire prenoit à toutes mains. Pour être informé de la vérité de ces faits, j’ai écrit à M. Orry , mon subdéiégué à Thouars, pendant que j’étois intendant en Poitou, qui est un homme sûr; et sur ce qu’il m’a mandé, j’ai écrit à M. Chamillart que M. d’Ableiges alloit souvent à Saint-Jean, où sa hile restoit pendant tout le temps des départemens et les voyages qu’il faisoit, lorsqu’ils étoient de durée, madame d’Ableiges, dont il est séparé, étant à Paris; qu’il fait le département des tailles de l’élection de Thouars dans l’abbaye de Saint-Jean; qu’il est vrai que son secrétaire, nommé Le Coq, étoit fort intéressé et exigeoit des parties; qu’il gouvemoit absolument l’intendant; que je croyois qu’on pouvoit l’obliger à se défaire de son secrétaire, et lui marquer qu’il étoit à propos qu’il fît le département des tailles de l’élection dans la ville de Thouars.

Le 3 février, j’ai remercié M. Chamillart de ce qu’il avoit procuré à M. d’Avaray le grade de maréchal de camp et le commandement des troupes du roi à Naples. Il m’a répondu que, s’il avoit autant de crédit pour les places du conseil, j’y serois bientôt en honneur.

Le 1 0 février « 702, j’ai proposé à M. de la Vrillière * de renvoyer madame de Mondonville à Paris (elle avoit été envoyée à Coutances et mise dans un couvent par ordre du roi), ce que j’ai fondé sur ses continuelles indispositions.

Le 18 février 1 702, j’ai fait part à M. Chamillart de l'avis que j’ai eu que les Anglois et les Hollandois armoient et scroient en état dans

‘ Louis Phélipeaux , marquis de la Ballbazar Pliélipeaux, marquis de Ciiâ- Vrillière, ^lail devenu secrétaire d'état le teauneuf.

I O mai 1 700, après la mort de son père

MËMOliŒS

peu de temps de mettre soixante vaisseaux en mer; qu’ils pourroient aisément faire une descente sur nos côtes et se saisir de Carentan , par le moyen de quoi ils seroient maîtres de la presqu’île du Cotentin; ([ue la noblesse et les milices du pays n’étoient pas en état de s’opposer à une descente, mais «pi’un régiment de cavalerie, un de dragons et un d’infanterie pourroient les ameuter et faire croire aux ennemis qu’il y auroit sur nos côtes un plus grand nombre de troupes réglées'.

I.,e \li mars, j’ai envoyé un esturgeon à M. Cbamillart pour le présenter au roi

Le dernier mars i 70a, j’ai jugé avec le présidial de Caen le procès instruit contre le sieur de la Mazure, receveur des tailles de l’élection de Vire, prévenu de plusieurs concussions et malversations dans les fonctions de sa charge. Il a été condamné par contumace à être pendu, deux de ses huissiers aux galères et trois recors au bannissement.

Au mois de juin, j’ai été attaqué d’une violente maladie qui m’a laissé une espèce de rétention d’urine.

Le . . . juillet, M. Dron , chanoine de Saint-Tliomas-du-Louvrc, est

* • ^0 jaillet 1702. Sont arrivés à Caen

• (leux cents mousquetaires gris et noirs,

• pour aller à la Houguc ou aux environs, i pour empêcher la descente que |>our-

• roient faire 1rs Anglois et les Hollan- -dois.

- 2^ jtuUet 1702. Un détachement de « trois cents bourgeois de Caen est parti «pour aller à la Hougue, pour le même « sujet (|tio les mousquetaires et les autres

• troupes. Depuis trois mois, i! part tous « les quinze jours, des campagnes . des dé>

• tacbemens des paroisses delà campagne, 4 commandés par des gentilshommes, les-

• quels vont se relever les uns et les autres , «et ce pour le même sujet ci-dessus.

« 22 septembre 1702- Tous les mniisque-

■ taires gris et noirs sont passés par Caen,

• revenant de la Hougue et Valognes, pour

■ s’en retourner k Paris ou ailleurs. Tous «les bourgeois, paysans et détachemens,

• ainsi que la noblesse de Caen et d*Alen> «çon, sont de retour aussi de la Hougue « et remerciés ■ (/o«rrui/ ti’nn boar^eois de Caen,)

* Ce magnifique poisson, qu'on pèche assez fréquemment sur le.s côtes du Calvados et de la Manche, était réservé au roi comme épave maritime et en portait le litre de poisson royal. Nous avons encore entendu raconter à de vieux pécheurs de Grandcamp, près Isigny, qu'avant la révolution, dès qu'on péchait un esturgeon, on le portait à l'intendant.

décédé. Je lui faisois une pension de 4oo'* pour partie du prix des médailles qu’il m’avoit vendues.

Au mois de septembre, notre seconde fille ' est entrée au noviciat dans l’abbaye de Jarcy. — {Vid. les lettres’.)

Au mois d’octobre 1702, M. le duc d'Harcourt m’a donné avis de

* Foucault se trompe pour la seconde fois (voj. p. 1^3, note) sur l'ordre de ses üDcJ. Amie, dont il s'agit ici, était non pas la seconde, mais la troisième vivante, venant après Marie-Aniio, religieuse à Jarcy, MaricsAogélique, morte à Poitiers, Marie*Thérèse, morte à Pau. et Henriette, religieuse à Saint-Jean de Bonneval. Aucune d'elles, au reste, ne parait l'avoir beaucoup inquiété. Un peu plus bas (nov. 1703), il va nommer celle-ci, non plus sa seconde, mais sa troisième idle.

* Les pièces suivantes sont contenues aux mémoires relativement à l'ontrée en religion d'Anne Foucault:

< tETTIlE D-AîtNE rOÜCAOLT.

• C« 19 HpUoibrt 1901.

• Monsieur mon très-cher père,

* C'est pour me tirer de l'inquiétude ou «je suis que je prends la liberté de vous «écrire et vous supplier de m'en donner

• des nouvelles, et vous dire que je suis eu- « Irée au noviciat le jour de saint Mathieu.

■ Je crois, mon très-cher père, que vous

■ oc trouverez pas mauvais que je l'aie fait « sans vous le mander. Ma smur a été bien

■ malade, mais je n'ai pas voulu vous le «mander plus tôt, de peur de vous in- « quicter, n'étant pas encore, je crois, fort

• bien rétabli. Pour ma s<pur, elle est «mieux. Dieu merci. Je vous prie de me

■ mander si je peux me flatter d’avoir

• l'bonneur de vous voir celle année; cela

• me feroit bien plaisir, car je vous assure-

• rois que je suis et serai toute ma vie.

« Monsieur mon très-cher père,

« Votre très-humble et très-obéissante ■ lilic et servante,

• Sœur A. FoOCaci.t. •

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