‹ Mémoires de Nicolas-Joseph FoucaultChapitre 88 sur 105 · DÉPÊCHES DE LOUVOIS A FOUCAULT · texte numérisé non relu

DÉPÊCHES DE LOUVOIS A FOUCAULT

A Versailles, le i4juillct 1674.

J’ai reçu , avec la lettre que vous avez pris la peine de m’écrire le )"■ de ce mois, celle que vous m’avez adressée pour le roi; sur quoi je vous puis dire que Sa Majesté, après en avoir entendu la lecture, m’a paru être dans la disposition de vous donner des marques sensibles de la satisfaction qu’elle a de vos services. Je vous assure que j’aurai toujours bien de Ja joie de pouvoir contribuer à vos avantages et vous témoigner que je suis, etc.

A Saint-Germuin, le 16 décembre 1674.

La lettre que vous avez pris la peine de m’écrire le 6 de ce mois m’a été rendue. L’intention du roi n’est pas qu’aucun village, à qui que ce soit qu’il appartienne, soit exempt du logement des cavaliers, qui doivent être répandus dans toutes les paroisses; et Sa Majesté désirant que vous y fassiez le régalement sur le pied porté par l’ordonnance quelle a fait expédier pour le quartier d’hiver, il eût été bien à propos que vous ne vous fussiez' pas dispensé de vous y conformer pour des considérations pareilles à celle dont vous me parlez

‘ Tirées des Minutes de Louvois , conservées aux Archives du dépôt de la guerre. — L’ordre de ces regi.Hres est purement chronologique.

' Il s’agissait d’exempter du quartier d'hiver un village appartenant au maréchal de Turenne. (Voy. les Mémoires, p. 3o.)

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A Versailles, le 17 avril 1675.

J'ai reçu les inrormations que vous avez pris la peine de m'adresser sur la conduite de M. le marquis de Poix, et j’en ai rendu compte au roi. Sa Majesté avant jugé qu'elle étoit très-mauvaise et tout autre qu'elle désire que tiennent les gens qui ont l'honneur de commander dans les provinces, elle m'a chargé de vous faire savoir quelle ne permettra point à M. le marquis de Poix de retourner dans le pays, qu'après s'étre défait de son gouvernement.

A Stinl^ermain , le 17 décembre 1676.

J'ai reçu, avec la lettre que vous avez pris la peine de m'écrire le 3 de ce mois , l'état de l'imposition que le roi vous a ordonné de faire sur les communautés de votre département pour les cinq mois d'ustensile que Sa Majesté a accordés aux troupes qui y doivent loger. Vous avez dû remarquer qu'en même temps que je vous ai mandé, par ma lettre du 18 du mois passé, que l'intention de Sa Majesté n'étoit plus que vous traitassiez d'avance de ladite ustensile pour les mois de janvier, février et mars , avec les receveurs généraux et particuliers, le trésorier de l'extraordinaire qui sera en exercice l'année prochaine s'en étant chargé , il m'a assuré que le fonds en étoit sur les lieux; ainsi vous n'aurez qu'é le faire distribuer aux troupes par les commis qu'il a près de vous, suivant les ordres que vous avez de Sa Majesté.

■A Saint-Gemuin , leîi décembre 1C76.

Je suis extrêmement surpris d'apprendre, par les plaintes des troupes qui sont dans votre département, quelles n'ont pas encore reçu un sol, tant de leur solde que de leur ustensile, ce qui est si préjudiciable à leur rétablissement, que je ne puis m'empêcher de vous dire que, si cela dure, je serai obligé de faire eonnoître au roi l'inexécution de ses ordres dans une chose

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si capitale pour son service, et vous Jugez bien que cela ne vous sera pas avantageux.

K VcrMÎIlcâ, le 7 juin 1677.

L'on a donné avis au roi que M. l'évcquc de Pamiei's a défendu aux prêtres et religieux de son diocèse de confesser et de donner l’absolution à aucun oificier, cavalier ni soldat, même dans le temps de Pâques, et qu’il exhorte ceux qui lui en portent des plaintes de quitter le service de la guerre comme étant contraire h leur salut. Sa Majesté m’a recommandé de vous faire savoir quelle désire que vou.s vous informiez secrètement de la vérité, sans vous expliquer à qui que ce soit que Sa Majesté vous en ait donné l’ordre, et qu’après avoir vérifié ce qui en est vous me le fassiez savoir pour lui en rendre compte.

A Versailles, le 1 4 juillet 1677.

J’ai rendu compte au roi de ce que vous avez pris la peine de m’écrire, le i" de ce mois, sur la conduite de M. l’évêque de Pamiers, laquelle Sa Majesté a jugé à propos de dissimuler à cause de son grand âge.

A Fontainebleau, le 31 septembre 1677.

Sur le compte que j’ai rendu au roi du contenu aux procédures que vous m’avez envoyées contre le sieur de Laflitau [procureur du roi au présidial de Montaubanj , Sa Majesté a résolu de faire conduire â la Bastille le sieur de Glattens, son correspondant, pour découvrir par son interrogatoire quelles diligences il avoit faites pour tenir parole à la ville de Moissac qu’il prétendoit faire exempter de logement de gens de guerre moyennant iiboo**; et cependant, pour apprendre audit sieur de LaiBtau à ne se plus mêler d’un pareil commerce â l’avenir, Sa Majesté m’a commandé d’expédier l’oixlre ei-joint pour l’interdire des fonctions de sa charge pendant six mois.

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A Versailles, le 3 octobre 1677.

Le roi ay.int été informé que, pendant le quartier d'hiver dernier, les troupes qui ont logé dans la généralité de Montauban ont vécu avec beaucoup de licence, l'intention de Sa Majesté n'étant pas de soulfrirde pareils désordres, elle désire que, lorsque les troupes destinées pour loger dans votre département y seront arrivées, vous alliez visiter vous-même tous les quartiers, pour voir ce qui s'y passe et les obliger à vivre dans l'ordre que Sa Majesté désire.

A Versailles, le sS octobre 1677.

J'ai rendu compte au roi de la Iclti'c que vous avez pris la peine de m’écrire le i a de ce mois. Sa .Majesté a trouvé bon d’ordonner que M. l'évèquc de Pamiers ne se mêlera point de la subsistance des troupes qui sont dans le pays de Foix

A Saint-Germain, le avril 1679.

Je suis surpris d'apprendre que les villes et communautés de votre département entretiennent des gens pour porter les lettres d’un lieu à un autre '. Comme il ne leur appartient pas de faire de pareils établissemens, et que le sieur Brunet, qui a les droits du fermier général des postes, doit seul SC mêler du commerce des lettres, je vous prie de me mander quelle difficulté vous trouvez à l'y maintenir et i exécuter dans la généralité de Montauban ce qui se pratique dans toutes les autres provinces du royaume.

A Saml-Ocrmain. le 3 avril 1680.

J’ai reçu la lettre que vous avez pris la peine de m’écrire le a 7 du mois

' LouvoU avait la direction générale dea postes dans son ministère.

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passé , en réponse des plaintes qui ont été faites au roi du peu de soin que Ton a de rembourser les communautés de voire département des étapes qu’elles ont fournies. Ce n’esl pas seulement de l’officier dont vous m’avez renvoyé la lettre que Sa Majesté a eu avis de l’abus qu’il y avoit dans ce remboursement. Ainsi, si voulez prendre la peine de vous promener dans votre département pour en découvrir la vérité, vous verrez que Sa Majesté est bien informée des désordres qui s’y commettent, et je ne vous cèle point qu’il seroit difficile quelle fût satisfaite de vous s’ils continuoient et si ceux du passé n’étoient promptement réparés.

\ Fontainebleau, le 7 aoiit 1681.

J’ai lu au roi la lettre que vous avez pris la peine de m’écrire pour demander des troupes pour essayer d’obliger les religionnaircs de votre département à se eonvertir; Sa Majesté m’a commandé de vous faire savoir qu’elle ne juge pas présentement de son service de vous en envoyer *.

A Sainl-Gemiain, le 5 avril i68a.

Vous verrez par la lettre ci-jointe ce que l’on me mande des désordres que eommettent les troupes de cavalerie qui sont logées dans votre département. L’intention du roi est que vous alliez si souvent dans leurs quartiers vous informer de ce qui s’y passe, que vos fréquentes visites contiennent

' I.OÜVOIS À U'nEBBIÜXY, INTENDANT.

A FooUinfbloao , !• 7 «oût

Le roi ayant été informé du bruit qui court, que les troupes que le roi a envoyées en quartier en Dauphiné n'y sont marchées que pour contribuer à la conversion des huguenots de la même manière que l’on fait en Poitou , cl Sa Majesté ne jugeant pas présentement de son service de faire aucunes nouveautés à l'égard des religionnaires du Dauphiné, m'a

commandé de vous en donner avis, afin que, sans témoigner a personne qu'elle vous ail rien fait mander sur ce sujet, vous teniez la main h ce que les logemens des troupes soient également répandus sur les catholiques et sur les rcligionnaires', en sorte que la conduite que vous tiendrez sur cela ne puisse manquer de dissiper les alarmes que les religionnaires auront pris sur ce qui leur aura été mandé de Paris.

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les troupes, de manière que Sa Majesté n’entende plus parler quelles fassent aucuns traités avec les habitans, et qpi’elles vivent dans la bonne discipline ({u’elle désire; que, si les ofHciers ne défèrent point aux avis que vous leur donnerez sur cela, vous en fassiez arrêter quelqu’un et en donniez en même temps avis à Sa Majesté, qui ordonnera qu’il en soit fait un exemple si sévère que les autres apprendront à se confonner à ses ordonnances.

A Versailles, le 8 avril i68&.

J'ai reçu, avec la lettre que vous avez pris la peine de m’écrire le 2 a du mois passé, l’état de la dépense qui a été faite pour l’entrée des troupes dans le pays d’Espagne, qui se monte à 769". Le roi trouve bon que vous l’employiez dans le compte que vous arrêtez au trésorier pour la subsistance des troupes qui sont dans votre département.

A Versailles, le sa avril i685.

Ce mot n’est que pour accompagner l’ordonnance ci-jointe que le roi m’a commandé d’expédier, pour défendre aux propriétaires des prairies qui sont dans votre département de labourer plus aucune desdites prairies, sous peine de cent écus d’amende. Sa Majesté vous recommande de tenir sévèrement la main à son exécution , et d’empêcber que les gens que vous y employez ne fassent, sous ce prétexte, de vexations auxdits propriétaires pour leur utilité particulière.

A Versailles, le a mai i685.

J’ai reçu la lettre que vous avez pris la peine de m’écrire le 1 8 du mois passé, laquelle ayant lue au roi. Sa Majesté n’a pas jugé à propos de vous envoyer quant à présent les ordres que vous demandez pour loger une ou plusieurs compagnies dans les villes de votre département qui sont remplies de religionnaires.

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A Vcnailles, le 3 m«i i68â.

Le roi jugeant de son service d'augmenter autant qu'il se pourra les prairies de votre département, Sa Majesté désire que vous obligiez 1rs liabitans qui en ont ci-devant labouré à les remettre incessamment en nature de prairies , et que vous teniez la main à ce que la volonté de Sa Majesté soit exécutée.

i\ Versailles, le a i joUlet a 685.

J'ai reçu la lettre que vous avez pris la peine de m'écrire le a 8 du mois passé, par laquelle le roi a appris avec plaisir les progrès des conversions dans votre département. Sa Majesté espère que, par le moyen des soins que vous continuez è y donner, elles augmenteront considérablement.

A Vcmitlcs. le |6 juiltel i68j.

La lettre que vous avez pris la peine de m'écrire le 5 de ce mois et les mémoires qui l'accompagnoient m'ont donné lieu de rendre compte au roi du progrès des conversions qui se font en Béarn , lesquelles Sa Majesté a apprises avec beaucoup de joie. Elle vous recommande de continuer vos soins pour achever ce que vous avez si bien commencé. Et afin que le peu de noblesse qui paroit la plus opiniâtre puisse être portée â se faire instruire. Sa Majesté a trouvé bon d'ordonner à M. de Croissy de vous adresser un arrêt du conseil, par lequel Sa Majesté vous ordonne d'obliger les gentilshommes de la province du Béarn de vous rapporter leurs titres pour être par vous vérifiés, afin qu'il n'y ait plus que ceux qui sont véritablement gentilshommes qui puissent jouir des privilèges attribués à ladite noblesse. Et comme, dans l'expédition de l'arrêt. Sa Maje.sté n'a autre vue que de porter ces gentilshommes à se convertir, elle trouvera bon que vous ne fassiez cette recherche que contre ceux qui s'opiniâtrent à ne se point faire instruire. Vous apprendrez encore par mondit sieur de Croissy la résolution

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que le roi a prise contre le sieur de Casaux, procureur général au parlement de Pau.

K VerMÎIIcs, le 3i juillet i685.

Le roi a vu avec beaucoup de plaisir, par vos lettres des i 4 et 1 8 de ce mois, quel a été le succès de vos soins pour la conversion de la plus grande partie des rcligionnaires des villes de Pau et d’Orlhcs. Sa Majesté a chaîné M. de Croissy de l'aire arrêter le nommé Bois et de vous adresser les ordres nécessaires pour faire exiler ceux des gentilshommes qui vous paroîtront les plus appli([ués à empêcher les rcligionnaires de se convertir.

Je prends part à la joie que vous devez avoir de la satisfaction que Sa Majesté témoigne de vos services, et suis, etc.

A Versailles, le 1 5 août i685.

J’adresse présentement à M. de Bâville la commission qui vous est nécessaire pour faire la fonction d’intendant en Poitou. Je lui marque que l’intention du roi est qu’il vous remette copie de tous les ordres de Sa Majesté, arrêts du conseil qui lui ont été adressés, et des lettres que je lui ai écrites, qui devront vous servir à connoître de quelle manière vous devez vous conduire en Poitou , particulièrement à l’égard des régimens de dragons que Sa Majesté y fait marcher, qui doivent être employés à porter les religionnaires à se faire instruire , à l’égard desquels il sera bien à propos que vous vous teniez au pied de la lettre à l’exécution des ordres de Sa Majesté, que mondil sieur de Bàville vous communiquera, et que vous me mettiez en état de rendre conïpte au roi de tout ce qui s’y passera.

A Chambord, le i a septembre >685.

Quoique je n’aic point encore eu de nouvelles de votre arrivée en Poitou, où je ne puis point douter que vous ne soyez présentement, je

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réponds par cette lettre à celle que j’ai reçue de M. de Bàville par le dernier ordinaire.

Le roi a vu avec beaucoup de satisfaction la continuation des conversions. Sa Majesté a lieu de croire que, dans la fin de ce mois, il en restera très-peu à faire en Poitou, à la réserve des gentilshommes dont Sa Majesté croit qu’il y a encore deux cent soixante et dix familles. Son intention est que l’on mette à la taille, è l’assiette prochaine, celles dont la noblesse n’a été acquise que par des mairies, et ce en exécution d’un arrêt qui a été cidevant adressé à M. de Bàville, que je ne doute point qu’il ne vous ait laissé. Ceux dont la noblesse vient par lettres de réhabilitation ou par des arrêts , Sa Majesté désire que vous les obligiez à vous représenter le titre, en exécution d'un arrêt qui a été adressé à M. de Bàville, et que, par la prompte condamnation de quelques-uns de ceux dont la noblesse est le moins bien établie, vous donniez assez d'inquiétude aux autres pour les porter à faire ce qu’il faut pour éviter un pareil malheur.

Vous observerez que les gentilshommes dont la noblesse vient de lettres accordées par Sa Majesté à des gens de la R. P. R. dans lesquelles lettres il n’y a point de clauses qui marquent que le roi, en les accordant, connoissoit qu’ils étoient de ladite religion, doivent être déclarées tiulles (sic) sans dilBculté.

Sa Majesté trouve bon aussi que vous envoyiez des troupes chez ceux qui ne feroient point actuellement profession des armes , c'est-à-dire qui ne seroient point dans les troupes, ou qui n’y ont point d’enfans, ou qui, n’y ayant pas servi vingt ans, sont retirés chez eux.

Sa Majesté est persuadée que vous devez ménager cet ordre, de manière qu'en en envoyant chez un petit nombre de la qualité que je vous viens de marquer, et taisant les re.strictions que Sa Majesté met à l’ordre qu’elle vous donne à cet égard, vous fassiez appréhender à tous les gentilshommes de la R. P. R. du Poitou de recevoir cette injure, et par là en obligiez à changer le plus que faire se pourra.

A CLâiubord t le la ^rplcrntyre

Il paroit que les religionnaires qui se sont absentés de leurs maisons

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pour éviter le logement des troupes se convertissent en y rentrant, pour être déchargés de l’amende de i ,000 •* à laquelle M. de Bâville a condamné tous ceux qui abandonneroient leurs maisons. Sa Majesté juge à propos que vous teniez la main exactement à l’exécution de cette ordonnance, afin qu'aucuns de ceux qui sont sortis de leurs maisons n’y puissent rentrer qu’après avoir fait leur abjuration.

fi (^liatnt>ord , le li septembre i685.

Il est sans doute que le roi apprendroit avec plaisir que les reli-

gionnaires se fussent tous convertis par une délibération; mais comme, en l'état où sont les gens de cette créance dans le reste de la province, ce que feroient Châtellerault et Poitiers à cet égard seroit de petite conséquence, pour peu qu’il soit difficile de les porter à prendre une délibération générale, vous devez vous contenter d’en diminuer le nombre et observer surtout de ménager les gros marchands, de manière qu’ils ne soient point portés à cesser leur commerce ni à quitter leur demeure

A Oianibord, le 16 septembre i685.

La lettre que vous avez pris la peine de m’écrire le 1 o de ce mois m’a été rendue avec les papiers qui l’accompagnoient. Le roi a désapprouvé que le premier président du parlement de Pau ait reçu les requêtes qu'on lui a présentées sur la manière dont les troupes ont vécu en Béarn pendant qu’elles étoient employées à la conversion des religionnaires, et lui défend d’en plus recevoir aucune sur pareille chose.

A Chambord, le 16 septembre i685.

M. de Bàvillc m’ayant mandé plusieurs fois que l’on ne |)ourroit rien faire de plus utile pour l’instruction des nouveaux convertis de Poitou que d’envoyer des livres qui contiennent des prières en françois, j’ai chargé le

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sieur de la Chapelle d’en amasser le plus qu’il pourroil et de vous les adresser, afin que vous puissiez les faire distribuer gratuitement aux plus pauvres des nouveaux convertis.

A Chambord, le as septembre i68S.

J'ai reçu la lettre que vous avez pris la peine de m’écrire le 1 6 de ce mois, par laquelle le roi a vu avec plaisir l’assurance que vous lui donnez qu'il ne reste pas cent familles de la religion dans le haut Poitou, et (|ue vos soins réussissent à en faire convertir beaucoup dans le bas Poitou. Sa Majesté a vu aussi avec plaisir les soins que M. le marquis de Toucheprés a apportés pour la conversion de Pouzauges et des villages qui dépendent de sa terre. Elle trouve bon que vous lui témoigniez le gré qu’elle lui en sait.

[.'intention du roi est que, dès que vous aurez été prévenu qu’un gentilhomme de la religion aura retiré des meubles des religionnaires qui se sont absentés, vous envoyiez des gens de guerre chez lui, tout comme vous feriez chez un roturier, n’étant pas juste d’avoir égard aux privilèges de ceux qui s'en sont rendus indignes en fomentant la désertion des sujets du roi.

Sa Majesté a approuvé que vous ayez déclaré l’amende de 1,000", portée par l’ordonnance de M. de Riiville, encourue contre la dame de Montmartin ; mais elle n'a pas jugé à propos de vous envoyer les lettres de cachet que vous demandez, se remettant è résoudre de les faire expédier contre ceux de la mauvaise conduite desquels vous lui rendrez compte.

Sa Majesté vous recommande, au surplus, de suivre fort ponctuellement les instructions que M. de Bâville doit vous avoir données pendant le temps qu'il a passé avec vous à Poitiers, et de suivre toujours ce qu’il a si bien commencé en Poitou pour la conversion des religionnaires.

S Fontainebleau, te 3 octobre

Le roi a vu à Cléry des gens de Niort qui se sont venus plaindre des

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logemens excessifs que l’on leur a donnés , et ont présenté pour cela à Sa Majesté le billet ci-joint. Elle leur a fait donner ordre de s’en retourner, et m'a commandé de vous dire que , quand il ne reste qu'un très-petit nombre de religionnaires dans une ville, elle ne juge pas à propos que l’on s’opiniâtre à les faire changer par des logemens excessifs, et qu'il vaut mieux faire semblant de n’y avoir pas d'attention, n’étant pas possible que, dans la suite , ils ne soient réduits par toutes les occasions qui se présenteront de les mortifier, soit dans l'imposition des tailles, soit dans les logemens des troupes qui passeront par étape. Sa Majesté vous recommande aussi d’user avec beaucoup de modération de la permission quelle vous a donnée de loger chez des gentil.shommes*, et elle ne veut point absolument (pie l’on loge chez ceux qui sont d’une qualité distinguée, non plus que ceux qui sont dans le service ou qui y ont des enfans, â moins qu’ils ne fussent convaincus d'avoir retiré des meubles des religionnaires, auquel cas ils doivent être regardés comme déchus de leurs privilèges. Sa Majesté ne s’est expliquée à personne de ce (pi’elle m’a commandé de vous écrire à cet égard, afin que l’appréhension que les gentilshommes de la religion pourront avoir des logemens quelle vous défend de leur donner ne laisse pas de porter à changer de religion ceux qui pourront être ébranlés par là.

Comme une grande partie de la noblesse de votre département vient des magistratures des villes, vous ne sauriez employer de moyen plus efficace pour les porter à se convertir que de leur laisser entendre du risque que courent les nobles s’ils s’opiniâtrent à ne pas quitter leur erreur. Sa Majesté cstiineroit que vous pourriez encore essayer, par des conférences avec les gentilshommes de la province, d’en porter quelques-uns à se faire instruire. En un mot. Sa Majesté, qui souhaite encore plus la conversion de la noblesse que celle du peuple, ne juge pas à propos que l’on se serve des mêmes moyens pour y parvenir, et vous recommande d’y employer beaucoup plus d’industrie et de persuasion que toute autre chose.

A Font.'iinebleau, le lo octobre i685.

J’ai reçu la lettre que vous avez pris la peine de m’étîrire le à de ce mois, [lar laquelle le roi a été bien aise d’apprendre qu’il ne restoit pas, le

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jour que vous écriviez, quinze familles de la religion dans Poitiers. Sa Majesté a approuvé la manière dont vous avez usé à l'égard de relies qui, s'étant retirées à la campagne, avoient démeublé leurs maisons; elle s'attend d'être informée par vos premières lettres de ce qui se sera passé à Châtellerault.

Sa Majesté n'a pas vu avec moins de plaisir que les gentilshommes du bas Poitou continuent à se convertir.

Elle a eu bien agréable d'accorder au sieur La Voûte Bessay les 3,ooo" de gratification que vous lui avez proposées; vous en trouverez l'ordonnance ci-jointe; et de me commander d'expédier une commission à M. de Vérac pour commander en Poitou en l'absence du gouverneur et du lieutenant général , et je la lui adresserai incessamment.

Le roi a trouvé bon ce que vous avez fait à l'égard des religionnaires de votre département», qui sortent de la province pour venir du côté de Paris; mais Sa Majesté n'a pas jugé à propos d'ordonner, quant i présent, l'expédition de l'arrêt que vous avez proposé sur ce sujet.

\ Foouinebifsii, ie )6 octobre i6S5.

Le roi a appris avec plaisir, par la lettre que vous avez pris la peine de m'écrire le 8 de ce mois, la conversion de la ville de Châtellerault. Je ne doute point que vous n'ayez présentement réparti le régiment d'AsfcId dans ' les élections du Poitou qui sont de votre département, l'intention de Sa Majesté n'étant pas d'en mettre dans le pays d'Aunis.

Sa Majesté a appris avec chagrin que l'on a logé à Poitiers chez une femme une compagnie et demie de dragons pour l'obliger à se convertir. Je vous ai mandé tant de fois que ces violences n'étoient point du goût de Sa Majesté, que je ne puis que m'étonner beaucoup que vous ne vous conformiez pas à ses ordres, qui vous ont été si souvent réitérés; vous avez grand intérêt de n'y pas manquer à l'avenir.

M. le contrôleur général a assuré le roi qu'il vous avoit adressé l'arrêt nécessaire pour vous mettre en état d'employer jusqu'à 5o,0oo* à la diminution des cotes auxquelles les nouveaux convertis ont été taxés.

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A Paris, le 28 octobre i685.

J'ai reçu la lettre que vous avez pris la peine de m’écrire le a i de ce mois. Ce qu’il a plu au roi de régler par l’édit pour les ministres doit être exécuté à l’égard de tous ceux qui étoicnt dans le Poitou lorsque la publication en a été faite.

8ur le compte que j’ai rendu à Sa Majesté de ce que vous me mandez de la conduite qu’ont tenue les sieurs Destouches et de Biarges dans l’as- ■semblée de la noblesse du bas Poitou, elle a bien voulu, à votre considération, accorder au premier une gratification de a,ooo** et à l’autre une de 1,000**, et je vous en adresserai incessamment les ordonnances.

Puisque ladite assemblée n’a pas réussi, il faut s'appliquer à prendre la noblesse en detail , et en attaquant celle qui n’est pas extrêmement bien établie, vous en pouvez diminuer considérablement le nombre. L’intention de Sa Majesté est de suivre cette voie là pendant un mois auparavant que d’en prendre de plus dures; cependant je vous supplie de me mettre en état de rendre compte à Sa Majesté de ce que vous faites en exécution de ce que je vous marque des intentions de Sa Majesté, et comment cela réussira.

Si quelque gentilhomme sc distinguoit en propos peu respectueux, ou à solliciter les autres de ne se pas convertir, le roi trouvera bon que M. le marquis de Vérac l’envoie prisonnier au château d’Angoulême, où il sera reçu en exécution des ordres de Sa Majesté que je vous adresse.

Vous pouvez faire imprimer le Nouveau Testament et les Psaumes de la traduction de M. Godeau en françois, pour les donner aux nouveaux convertis, à condition d’en prendre tous les exemplaires pour le roi et de faire rompre ensuite les planches; et en me mandant ce que cela aura coûté, je pourvoirai â votre remboursement suivant l’ordre qu’il a plu à Sa Majesté de m’en donner.

A Foniniiiebleau, le 7 novembre iC85.

Le roi a été informé par M. d'Asfcld qu’à l’assemblée que les gentils-

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hommes de Poitou ont tenue à Luçon , ceux qui ont persisté à demeurer dans la R. P. R. ont résolu de sc rendre deux è deux à la cour, pour demander au roi la permission de sortir du royaume. Comme ledit sieur d’Asfeld n’est plus dans ladite province, j’ai cru vous devoir donner part de l’ordre que j'ai reçu de Sa Majesté de faire arrêter lesdits gentilshommes dès qu’ils paroltront à la suite.

A F'ontaincbleau, le 8 novembre i685.

J’ai reçu la lettre que vous avez pris la peine de m’écrire le 3 de ce mois. Lorsque vous me dites qu’il ne faut pas lever les garnisons de dnigons qui sont chez les gentilshommes, il seroit à désirer que vous m’envoyassiez un état des noms de ceux que vous avez logés, et du nombre desdits dragons qu’il y a dans chaque maison; c’est à quoi vous ne manquerez pas, s’il vous plaît, à l’avenir. Au surplus, il est inutile de rendre l’arrêt dont vous m’avez adressé le projet, puisqu’il n’y a qu'à donner des logemens à ceux qui ne se voudront pas convertir, pour les détromper en peu de temps.

Je n’ai point pu proposer au roi d’accorder une pension à M. de Saint- Georges, frère de .M. de Vérac, parce que vous ne m’avez point mandé de quelle nature elle pouvoit être ; c’est ce que je vous supplie de me faire savoir.

A Fontainebleau , le 8 novembre 1 685.

Le roi reçoit tous les jours de nouveaux placets de gentilshommes de votre département qui se plaignent que , sans avoir examiné leurs titres ni même les avoir fait assigner pour les représenter, vous les compreniez dans les impositions des tailles. Comme Sa Majesté n’a pu croire que vous vous soyez porté à une pareille résolution sans en avoir reçu quelque ordre, elle a demandé, ce matin , à M. le contrôleur général et à moi, ce que nous vous avions écrit sur ce sujet. Nous lui avons répondu que, comme nous n’avions jamais eu un pareil ordre, nous ne vous avions jamais rien mandé qui pût vous faire croire que ce fût son intention; ce qui a donné lieu au

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commanclemcnl que j'ai reçu de Sa Majesté de vous demander raison de ce que vous avez fait sur ce sujet, et de vous renouveler l’ordre, qu’elle m’a commandé plusieurs fois de vous donner de sa part, de ne rien faire sans sa permission et d'attendre ses ordres devant que de rien entreprendre d’extraordinaire.

Si ceci ne vous porte pas à vous y conformer, je serai obligé de supplier Sa Majesté de commander à quelqu’un de vous écrire ses intentions, en qui vous ayez plus de créance, et que vous vouliez bien prendre la peine d’informer en détail de ce que vous faites.

Je me souviens bien de vous avoir mandé que l’intention du roi étoit que vous fissiez assigner ceux des gentilshommes dont vous croiriez la noblesse mal établie, pour vous rapporter leurs titres, après l’examen desquels Sa Majesté trouvoit bon que vous imposassiez à la taille ceux dont la noblesse vous paroitroit vicieuse; c’est à quoi vous devez, s’il vous plait, vous conformer; et pour peu que vous vouliez entrer dans le détail de la conduite de chaque gentilhomme, il ne vous sera pas difficile, en vous en faisant informer et entendant ceux du voisinage qui croiront avoir sujet de se plaindre, de lui faire assez appréhender une recherche de sa vie pour le porter à prendre le parti de se convertir pour l’éviter.

Sa Majesté estime que ce n’est pas une bonne voie que d’assembler les gentilshommes de la religion pour les porter h se convertir, et elle croit qu’il vaut beaucoup mieux s’appliquer à les prendre en détail par les voies ci-dessus.

Sa Majesté a fort approuvé le parti que M. de Vérac a pris à l’égard du gentilhomme qui s’étoit chaîné de venir représenter ici les raisons de lu noblesse du haut Poitou, et Sa Majesté approuvera toujours qu’il en use de même en pareille occasion.

A Fontainebleau , te 9 novembre i685.

Je vous fais ce mot pour vous donner avis que MM. de Cbatigny , Brandasnière, Destoire, gentilshommes qui étoient venus ici en députation de la part de la noblesse de la R. P. R. de Poitou, ont été arrêtés par ordre du roi et conduits prisonniers è la Bastille.

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A FonlaincbU'auH« (ÿ novembre i685.

Le roi a été informé qu’il y a encore , dans quatre paroisses du diocèse de [a Rochelle, six cents personnes de la religion qui ne se sont point converties, parce qu'elles avoient toutes déserté et s'étoient mises dans les bois. Comme ils ne pourront pas y tenir dans la rigueur de la saison qui va commencer, Sa Majesté aura bien agréable que vous .sollicitiez M. de Vérac d'y faire loger des troupes dans la Gn de ce mois.

A Versailles, te 17 novembre (685.

J'ai reçu la lettre que vous avez pris la peine de m'écrire le i a de ce mois, de laquelle j'ai rendu compte au roi, qui m'a commandé de vous faire savoir que son intention est que les dragons du régiment d'Asfeld qui sont chez les gentilshommes de la R. P. R. du bas Poitou y demeurent jusqu'à ce qu’ils se soient convertis, et qu’au lieu d'y vivre avec le bon ordre qu’ils ont fait jusqu'à présent, l'on leur laisse faire le plus de désordre qu'il SC pourra, pour punir cette noblesse de sa désobéissance.

Pour éviter les contraventions qui pourroient être faites à l’édit de Sa Majesté par ceux de ces gentilshommes qui quittent leur pays en disposant de leurs biens, il faut, à mesure que vous apprenez qu’un gentilhomme de la R. P. R. sera absent, que vous fassiez saisir scs biens, moyennant quoi l'on n’en pourra tirer d'argent à son profit, ni lui en faire tenir.

A Versailles, le so novembre i685.

Il est bien à propos que vous fassiez punir avec beaucoup de sévérité les religionnaires de votre département qui, sous prétexte du dernier article de l'édit qui révoque celui de Nantes, ont l’insolence de vous apporter des requêtes. Au surplus, la copie que je vous ai adressée de la lettre que j'ai écrite par ordre de Sa Majesté à M. le duc de Noailles doit vous informer de la conduite que vous aurez à tenir à cet égard.

APPENDICE

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