‹ Mémoires de Nicolas-Joseph FoucaultChapitre 90 sur 105 · LOUVOIS A FOUCAULT · texte numérisé non relu

LOUVOIS A FOUCAULT

A Versailles, le 73 novembre iG85.

J'ai reçu les deux lettres que vous avez pris la peine de m'écrire le 1 y de ce mois, et le mémoire qui les accompagnoit pour servir de réponse aux piacets qui ont été présentés au roi. Sa Majesté trouve bon que pour les raisons que vous dites vous fassiez mettre en prison les nommés Dupont et Hoissard , que vous dites qui sont les plus séditieux d’entre ceux qui les ont présentés, et que vous leur déclariez que c’est pour les punir de la supposition qu’ils ont faite par leurs piacets.

L’intention de Sa Majesté est que vous fassiez aussi mettre en prison les gentilshommes religionnaires qui, ayant vendu ou séquestré leurs grains et fourrages, ne pourvoieront pas à la subsistance des dragons qui seront logés chez eux.

A l’égard du sieur de la Massaye, qui s’ est distingué par son opiniâtreté et ses discours â empêcher les autres gentilshommes de se convertir, je vous adresse les ordres du roi nécessaires pour le faire arrêter et recevoir prisonnier dans le château d'Angers.

A Veruilles,lc i3 décembre iCS5.

Par le mémoire ci-joint que m'a envoyé monseigneur l’évêque de la Rochelle, il me paroit qu’il y a encore huit cent trois religionnaires dans vingt-huit paroisses de son diocèse; sur quoi je dois vous dire qu’il est bien à propos que vous preniez des mesures pour les obliger à se convertir.

Je vous prie de me mander si les habitans de la paroisse de Moncoutant sont entièrement convertis, et, en cas qu’ils ne le soient pas, de faire en sorte qu’ils se réduisent au plus tôt.

APPKNDICE.

A Versailles, le sa décembre i685.

J'ai reçu, avec la lettre que vous avez pris la peine de m’écrire le 1 5 de ce moLs, la copie du libelle (effacé ; de la satire contre le pape) qu'avoit le nommé Gallier. L’on ne peut qu’approuver que vous en ayez gardé l’original pour servir à la punition de celui qui l’a fait, ou du moins l'obliger é se convertir, si l’on peut le découvrir.

Le roi approuve que vous attendiez que les quatre mois accordés pour le retour des religionnaires fugitifs soient expirés, pour faire raser quelquesunes des maisons de ceux qui se sont absentés. Cependant il ne peut être qu’utile que vous répandiez dans votre département que vous en avez reçu l’ordre de Sa Majesté.

A Versailles, le a6 décembre t685.

Lorsque les dragons que vous aurez fait loger chez les gentilshommes religionnaires n’y trouveront plus de quoi subsister et que lesdits gentilshommes persisteront dans leur erreur, l’intention de Sa .Majesté est que vous les fassiez mettre en prison jusqu’à ce qu’ils se convertissent, auquel cas il faudra déloger lesdits dragons. Et à l’égard de ceux qui se sont absentés , Sa Majesté désire que vous fassiez raser leurs maisons.

A Versailles, le aC décembre i685.

Il ne faut pas souffrir que les babitans de Moncoutant qui sont de la K. P. R. continuent à abandonner leurs maisons lorsqu’ils voient les troupes approcher de ladite ville ; et pour les en empêcher, il n’y a qu’à faire arriver trois ou quatre compagnies ensemble, et à faire tous les jours raser une maison do ceux qui se seront échappés.

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A VrrMÎllts» io 1 4 janvier i6d6-

L’oa a donne un placet au roi, qui n'étoit pas signé, par lequel on lui expose que vous avez fait acheter des meubles pour votre usage, qui ont été vendus à vil prix de chez les religionnaires. Quoique Sa Majesté ne puisse croire que cela soit véritable , elle n'a pas laissé de me commander de vous avertir du contenu de ce placet, afin que, si une pareille chose s'étoit faite, vous empêchiez qu'elle n'arrivât à l'avenir.

A Veraailles, le igTéTrier 1686.

11 ne peut être que fort â propos de prendre des mesures vers le printemps pour empêcher la désertion des nouveaux convertis. Mais Sa Majesté croit qu'il vaudroit mieux en laisser passer quelques-uns que d'établir une contrainte qui ruineroit entièrement le commerce.

A VerMillo, le 6 mm 1686.

Le l'oi approuve le soin que vous vous proposez de prendre pour rendre les nouveaux convertis bons catholiques ; mais Sa Majesté ne désire pas que l'on se serve de la voie des amendes contre ceux qui ne vont pas â la messe ; et son intention est que vous vous contentiez de vous faire informer de ceux qui feront plus mal leur devoir dans chaque lieu, et que vous leur fassiez donner des logemens.

A Versailles, le 37 mars 168G.

Le roi a bien voulu permettre au sieur des Méliers, gentilhomme de Poitou, en considération de sa conversion et de celle do toute sa famille, de retourner chez lui; mais, comme il avoit été mis en prison à Nantes pour quelques discouis emportés qu'il avoit tenus avant son abjuration contre la

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religion et même la personne de Sa Majesté, elle m’a ordonné de vous faire savoir qu’il ne peut être que fort à propos que vous fassiez observer la conduite de ce gentilhomme et que vous me mettiez en état de lui en rendre compte.

A VcrMilles, le 17 avril 1686.

J’ai rendu compte au roi de la lettre que vous avez pris la peine de m’écrire le 1 5 de ce mois. Sa Majesté ne croit point qu’il soit praticable de se servir de l’expédient que vous proposez pour empêcher les nouveaux convertis de recevoir des lettres des ministres qui sont dans les pays étrangers, parce que cela jmrteroit un préjudice infini au commerce, et que le roi ne vent pas que, sous quelque prétexte que ce soit, le dépôt sacré de la poste soit violé.

Sa Majesté a été infomiée que le sieur des Coutraux, qui demeure au Bessay, dans le diocèse de Luçon , n’csl pas encore converti , non plus que la dame dcQuervenot, qui demeure en un lieu nommé Peyroux. De quoi Sa Majesté est extrêmement surprise, et elle vous recommande de tenir la main k ce que cela finisse au plus tût.

A Versailles, lo 32 mai 1686.

Je vous adresse l’état des journées que le roi fera dans votre département dans le voyage que Sa Majesté a résolu de faire à Baréges, afin que vous donniez les ordres nécessaires pour que les moins bons passages soient accommodés, de sorte que la cour puisse passer commodément. Elllc ne désire point que l'on accommode les chemins à grands frais, comme il a été fait dans d’autres voyages que Sa Majesté a faits, mais seulement que l’on les élargisse de manière qu’il y ait au moins douze ou quinze pieds de passage, et que s’il y a des bourbiers qui ne puissent pas être raccommodés solidement, l’on ouvre les haies pour pouvoir les éviter.

Sa Majesté vous recommande aussi, s’il y a quelque mauvais pont, de le faire réparer.

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A VerMilles, le 17 mai 1686.

Le roi ayant changé la résolution que 8a Majesté avoit prise d'aller à Baréges, je vous en donne avis afin que vous ne fassiez point de dépense pour faire accommoder les chemins de votre département par lesquels Sa Majesté auroit eu à passer.

A Versailles, le 7 jutUel i686.

L'on a donné avis au roi que les deux fdics aînées du sieur de Touchimbert- Loudigny sont si obstinées dans leur religion, qu'aucune instruction ne les peut réduire à se convertir. C'est ce qui a donné lieu au commandement que j'ai reçu de Sa Majesté de vous faire savoir que son intention est que vous les fassiez mettre séparément dans des couvens de Poitiers jusqu'é ce quelles aient fait abjuration.

A Meudon,ie as juillcl 1686.

L'on a donné avis au roi que M. de la Chauvinière convertit scs cITels en argent et abandonne pour cela une partie de ce qui lui est dû , que même il a des terres en Bretagne, de la succession de la présidente de Brie, qu'il a dessein de vendre é M. de Quemadeu , afin d'essayer de sortir du royaume dans le mois de septembre prochain avec Irois ou quatre cent mille livres; que M. de la Millière, du bas Poitou, et madame de Montmarlin, proche Pouzols', veulent aussi prendre ce parti. L'intention de Sa Majesté est que vous veilliez à leur conduite, et, au cas que vous vous aperceviez qu'ils se mettent on devoir de faire quelque chose de semblable à ce que je vous mande, que vous requériez M. de Vérac de les faire arrêter.

' Sic; comme il n'y a pas de Pouiols dans l'inlrndance de Poitiers, il foui sans doute lire Poucaiijes ou Poiizcoiix.

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A Versailles, le 4 août 1686.

Je VOUS envoie une lettre que j'ai reçue d'un gentilhomme nouveau catholique de Poitou, qui se plaint que l’on loge des dragons chez lui sous prétexte que sa femme n’est pas convertie , à quoi il ne peut l’obliger, parce quelle est en fuite. Je vous supplie de me mander les raisons que vous avez pour le traiter de cette manière.

K Versailles, le 5 août 1686.

J’ai reçu , par le courrier exprès que vous m’avez envoyé fort inutilement, votre lettre du dernier du mois passé. Je ne doute point que vous n’ayez été fâché de tout ce que vous avez écrit contre M. de Vérac, quand vous aurez appris que l’homme qu’il a fait mettre en liberté n’y a été mis qu’après que sa mère et sa fille se sont converties , et que lui a été à la messe et a promis de faire son devoir à l’avenir. Vous ne sauriez rien faire de plus contraire aux intentions du roi que de vivre mal avec M. de Vérac , et de ne pas concerter avec lui toutes les choses qu’il y aura à faire dans la province pour le service de Sa Majesté, hors celles qui regarderont les finances, desquelles il ne doit prendre aucune connoissance. Que si vous remarquiez quelque chose dans sa conduite qui pût vous donner lieu de croire qu’il n’allât pas aussi droit qu’il a paru qu’il faisoit jusques à présent dans les affaires de la religion, vous devez me mettre en état d’en rendre compte au roi et attendre les ordres qu’il lui plaira de vous envoyer, et cependant ne jamais rien faire, sans un besoin très-pressant, qui puisse faire soupçonner ' à la noblesse ni au peuple de votre département qu’il y ait entre vous et lui aucune mésintelligence.

A Versailles, le 6 août 1686.

Le roi a appris avec surprise que vous ayez fait informer de l’enlèvement du nommé Tesnon des prisons de Poitiers par les gardes de M. de Vérac,

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et que vous le fassiez poursuivre pour l'amende à laquelle vous l'avez condamné. Ce procédé a fort déplu à Sa Majesté, qui veut, ainsi que je voua ai mandé par ma précédente, que vous viviez en bonne intelligence avec ledit sieur de Vérac, contre lequel et contre ceux qui agissent par ses ordres vous |)Ouvez bien croire qu'il ne vous appartient pas de faire informer sans un ordre de Sa Majesté, et encore moins après avoir envoyé un courrier exprès pour demander les ordres du roi sur cette affaire. Sa Majesté vous ordonne de décharger de l'amende le sieur Tesnon, et de vous conduire A l'avenir de la manière que je vous ai marquée par ma précédente.

A Fontainebicaa, le 1 8 octobre i68G.

J'ai lu au roi un projet d'ordonnance que M. le comte de Tessé a envoyé Â Sa Majesté sur des ins|>ecteur$ qu'il proposoit de mettre aux églises pour voir si les nouveaux convertis vont à la messe et aux catéchismes, si, lorsqu'ils sont à l'église, ils y tiennent une contenance modeste et font au surplus le devoir de bons catholiques. Sa Majesté a fort loué son zèle et son application; mais, comme elle ne désire pas que l'on fasse rien qui sente l'inquisition ni qui puisse augmenter l'aversion que les nouveaux convertis ont déjè pour l'exercice de notre religion. Sa Majesté n'a pas jugé à propos que ce qui est contenu dans cette ordonnance fût exécuté, et elle m'a commandé de vous faire savoir quelle désire seulement que l'on fasse loger et punir même plus sévèrement ceux qui feront une profession publique de ne point faire leurs devoirs de notre religion, ou qui tiendront sur cela des discours séditieux, en sorte que les exemples de sévérité que l'on fera sur ceux qui se distingueront en mauvaise conduite contiennent dans la crainte ceux qui ne sont pas convertis sincèrement et les obligent i vivre modestement. Elle veut donc que l'on s’applique à les g.igner par douceur le plus que faire se pourra, que l’on oblige avec la dernière sévérité les pères et mères ou tuteurs des enfans à les envoyer aux catéchismes, et que, sans s’expliquer (pi’ elle ordonne que l'on ne mette pas des inspecteurs à l’entrée des églises pour ceux qui y manquent, l’on ne loge et punisse de prison que ceux qui feront une profession publique de n'aller jamais à la

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messe, ou qui, y étant, y tiendront une posture indécente, et de ne point envoyer {sic) leurs enfans aux catéchismes.

A Fontainebleau, le ti octobre 1686.

Sa Majesté veut bien faire la dépense d’entretenir jusqu’à la Pentecôte douze ou quinze prédicateurs extraordinaires dans les lieux de votre département où il y avoit des temples plus fréquentés et où vous le jugerez plus à pro|>os, de concert avec MM. les évêques. Je vous supplie donc de savoir d’eux où ils désirent qu’ils prêchent, et, au cas qu’ils n’aient pas dans leurs diocèses des ecclésiastiques propres pour cela, de me mander les noms de ceux qu’ils voudroient avoir, et Sa Majesté donnera ordre qu’ils leur soient envoyés.

A Fontainebleau, le ai octobre 1G86.

Le roi a bien voulu accorder aux enfans catholiques du nommé Hoissard la confiscation des biens de leur père, et j’en adresse l’expédition au premier jour au sieur Chevallier. Mais, comme celui-ci pourroit ne pas leur donner de bonnes instructions, parce qu'il ne seroit pas bien converti, l’intention de Sa Majesté est que vous fassiez mettre ces enfans-là dans des collèges où ils seront élevés dans notre religion et subsisteront aux dépens desdits biens.

A Versailles, le 8 décembre 1686.

Le roi a été informé que le sieur Échallard, curé de Mouchamp, du diocèse de Luçon, tient une conduite dont les nouveaux convertis, qui sont au nombre de douze cents dans sa paroisse, sont mal édifiés-, qu'il les traite avec tant de rigueur et de sévérité, qu’après les avoir menacés en chaire de faire revenir les dragons chez eux, vous y en avez envoyé à sa sollicitation, qu’il a répandus dans les maisons de ceux qui refusoient de signer une nouvelle profession de foi, où il avoit inséré plusieurs articles qui ne sont point dans la profession de foi dont toute l’Église se sert, ce qui, au lieu de pro-

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(luire le bon cÛet que l'on pouvoit désirer, les a éloignés d’aller à ses instructions et catéchismes. De quoi j’ai cru vous devoir donner avis, afin de vous faire voir les inconvéniens qui arrivent quand vous faites marcher des troupes dans une paroisse à la réquisition d’un cuné.

Toutes ces raisons ont porté Sa Majesté à me commander d’expédier l’ordre ci-joint pour l’envoyer dans l’abbaye de l’ordre de Saint-Benoît, à Quimpcrlé, au prieur de lacpiclle je mande que l'intention du roi est qu’il veille à sa conduite et me mette en état d’en rendre compte à Sa Majesté.

Elle a aussi été informée que le sieur Serpain, curé de la Chaume, petit port de mer proche les Sables-d’Olonne , ne se conduit pas mieux avec ses paroissiens, où il y a près de cinq cents nouveaux convertis, et ne donne pas un meilleur exemple que celui de Mouchamp. Aussi Sa Majesté a-t-elle résolu de l’envoyer dans le séminaire de Richelieu , pour y vivre plus régulièrement et apprendre à être moins processif et plus désintéressé.

- A Versailles, le s3 décembre 1 686.

Le roi ayant été informé que la plupart de ceux qui ont prêché dans des assemblées sont des cardeurs ou autres ouvriers qui n’ont point de caractère de ministres, et que, par conséquent, ceux lesquels donneroient moyen de les faire arrêter ne pourvoient pas recevoir aucune réc^ompense. Sa Majesté trouve bon que vous fassiez publier dans votre département que vous avez ordre du roi de faire payer 5oo" à ceux qui vous mettront en état de faire arrêter quelqu’un des gens qui auront prêché dans les assemblées qui SC seront faites dans le royaume; et, en effet, l'intention de Sa Majesté est que vous les leur fassiez délivrer de la même manière qu’il vous est prescrit par la déclaralion du i" juillet dernier, qui ordonne 5,5oo •• è ceux qui feront arrêter des ministres.

A VerMÎllet, le lo janvier 1687.

J’ai reçu , avec la lettre que vous avez pris la peine de m’écrire , le mémoire (jui l’accompagnoit des hommes et des femmes de la R. qui sont prison-

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niers en Poitou et dans des couvens, lesquels ne sont pas encore convertis. Comme les lieux où vous proposez de les mettre, pour les obliger à faire abjuration , ne les éloigneraient pas encore assez du Poitou et les rapprocheroient de lieux où il y a beaucoup de nouveaux convertis, le roi a résolu d’envoyer les hommes, savoir, six à Picrre-Encise et cinq dans la citadelle de Besançon, et les femmes, moitié dans des couvens du diocèse de Beauvais et le reste dans ceux du diocèse d'Amiens.

A Vcruilles, le j4 jaïuier 16S7.

J'ai rendu compte au roi de ce que vous avez pris la peine de m'écrire le 3 0 de ce mois sur l'assemblée de nouveaux convertis qui s'est faite du côté du bourg de Pouzauges. Sa Majesté attendra de vos nouvelles pour savoir s’il se sera trouvé véritable; et cependant elle me recommande de vous dire que, s'il y a eu effectivement une assemblée de nouveaux convertis dans votre département, il est très-important d’en faire promptement un châtiment si sévère, que l'exemple retienne ceux qui oseraient penser à en faire de semblables.

A VersailJcâ, !e s5 janvier 1687.

Je vous adresse un interrogatoire par lequel vous verrez qu'il a été fait des assemblées en Poitou. Il est d'une grande importance que vous vous rendiez incessamment sur les lieux pour faire diligemment le procès à ceux qui se trouveront y avoir assisté , et que vous fassiez raser sur-le-champ les maisons dans lesquelles lesdites assemblées se trouveront être faites, étant de la dernière importance que les grands exemples que vous ferez faire de ces premières assemblées empêchent la continuation d’un désordre qui obligeroit Sa Majesté d’envoyer tant de troupes dans le pays , que les peuples en seroient entièrement ruinés et ne seroient plus en état de les continuer.

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A VcnaUlej, te 37 janvier 1687.

Le roi est informé que plusieurs ministres de la R. P. R. qui sont sortis de votre département sur la permission que Sa Majesté leur en donna en 1 685 , ont laissé des biens en fonds dans le royaume, du revenu desquels ils ont joui, et dont même plusieurs jouissent encore au moyen de correspondances qu'ils ont avec ceux à qui ils en ont confié l’administration; ce que Sa Majesté voulant empêcher, elle m'ordonne de vous faire savoir qu’elle désire que vous fassiez saisir ces biens et recevoir les revenus de la même manière que vous avez ordre de faire tous les autres biens des gens de la R. P. R. qui sont sortis du royaume, n'étant pas juste que ces ministres, dont la plupart ont tenu une si mauvaise conduite depuis leur sortie, soient plus favorablement traités que les autres particuliers de la même religion.

A Veruilles. le 9 février 1687.

Depuis (pie je vous ai écrit sur les gens de Pouzauge» qui ont fait des assemblées, le roi a jugé à propos de faire expédier un arrêt général qui vous mette en état de leur faire leur procès , ainsi qu'è tous ceux qui ont contrevenu à l'édit du mois d'octobre i685 et aux autres édits qui ont été expédiés depuis sur pareille matière, et vous le trouverez ci-joint.

Par des lettres que je reçois de Poitou , j’apprends qu’il s’est encore fait une assemblée à Moncoutant. Non-seulement Sa Majesté désire que , conformément audit arrêt, vous fassiez le procès aux coupables, mais son intention est que l'on accable de troupes les lieux dont les habilans y ont assisté.

A Vmailies, le 1 1 février 1687.

... Sa Majesté désire qu’outre la punition que vous ferez faire de ceux qui sont arrêtés, que les communautés ou villes tout entières soient extraordinairement chargées, afin que chacun connobse combien il est de con-

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séquence de ne point assister à de pareilles assemblées et de ne pas soulTrir qu'il s’en fasse dans sa communauté.

, A VersaiHc», le i4 février 1687.

J'ai rendu compte au roi de la lettre que vous avez pris la peine de m’écrire le 5 de ce mois. Sa Majesté ne veut point que l'on ait égard aux témoignages de repentir que donnent les quatre nouveaux convertis qui sont arrêtés pour s’ètrc trouvés aux assemblées d'auprès de Pouzauges, et clic désire que, sans les écouter, vous leur fassiez leur procès.

A Veri»iU(‘it le A inîirv 1687.

J’ai reçu le jugement que vous avez rendu contre les nouveaux convertis qui se sont assemblés dans le bas Poitou. Le roi a été surpris de voir que tous les complices de ce crime n'aient pas été condamnés è mort suivant l’article 5 de la déclaration , et particulièrement que l'on en ait condamné un à un bannissement perpétuel bore du royaume, puisque c'est donner aux mauvais convertis ce qu’ils désirent que de leur permettre de sôrtir.

A Marty, le 6 msn 1687.

Le roi me commande de vous faire savoir que son intention est que vous fassiez saisir et réglé les biens des religionnaires qui sont en prison. Sa Majesté ne voulant pas les traiter plus favorablement que ceux qui se sont absentés.

Elle désire aussi que vous renouveliez les défenses aux maîtres d'école nouveaux catholiques d'exercer cette profession jusques en l’année 1688, parce qu’elle a été informée qu'au préjudice de scs premières défenses, il y en a plusieurs qui continuent h enseigner, et que vous teniez sévèrement la main à ce que la volonté du roi soit exécutée.

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A Versailles, le 39 aYril 1687.

J’ai rendu compte au roi de Tétât que vous m’avez adressé des femmes de la R. P. R. de votre département qui u’ont point été conduites hors de la province à cause de leur grand âge. Comme Sa Majesté ne veut quelles demeurent libres dans leur religion, elle m’a commandé de vous faire savoir que son intention est qu’à mesure qu’elles se porteront bien vous les fassiez mettre dans des couvens , dont elles ne sortiront qu’après avoir fait abjuration.

A Versaillea, le iSjuio 1687.

J’ai rendu compte au roi de la lettre que vous avez pris la peine de m’écrire le g de ce mois, au sujet de la statue de Sa Majesté que le corps des marchands de la ville de Poitiers a fait faire. Sa Majesté , qui leur sait gré de leur zèle, a approuvé que vous leur ayez conseillé de la mettre dans une des places de la ville, et veut bien accorder l’exemption de logement de gens de guerre que demande le sculpteur qui a fait ladite statue, dont je vous rénvoie le dessin.

A Versailles , le 37 août 1 687.

Le roi ayant été informé que vous avez fait enlever les enfans de la dame des Minières de chez M. de la Massaye, gentilhomme* de Poitou nouveau converti, de la conduite duquel Sa Majesté est fort satisfaite, elle m’a commandé de vous faire savoir qu’elle désire que vous les lui fassiez remettre incessamment, et quelle n’auroit pas agréable que l’on donnât aucun sujet de chagrin à ce gentilhomme.

(Foucault n’ayant pas obtempéré à cet ordre, il est réitéré dans deux lettres des a novembre et a décembre 1 687.)

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A Fontainebleau, le 31 octobre 1687.

Pour que le roi puisse prendre sa résolution sur la proposition que vous faites d’établir des maîtresses d’école dans les principaux bourgs et villages de Poitou pour instruire les jeunes filles , il est nécessaire que vous m’envoyiez un mémoire des lieux dans lesquels vous jugeriez à propos de faire ledit établissement , de combien de maîtresses il faudroit, et de ce qu'il scroit à propos de leur donner pour leur subsistance.

A Versailles, le i4 novembre 1687.

Comme il est néeessaire, pour maintenir et augmenter le travail des salpêtriers de votre département, qu’ils soient appuyés de votre autorité, et qu’il est utile au royaume qu’il s’y fasse beaucoup de salpêtre , afin qu’il ne faille point envoyer d’argent dans les pays étrangers pour en faire venir, j’ai cru vous devoir recommander lesdits salpêtriers, et vous supplier de les assister pour le maintien de leurs privilèges, dans les ehoses justes où ils pourront avoir besoin de votre protection.

A Versailles, le 9 décembre 1687.

Je VOUS ai écrit quatre ou "cinq fois depuis trois mois que le roi vouloit que vous fissiez reconduire chez le sieur de la Massaye les enfans du sieur des Minières, ce que vous avez évité d’exécuter sous plusieurs mauvais prétextes. En dernier lieu, un des archers qui sont près'de vous a été chez le sieur des Minières le prier de renvoyer ses enfans chez ledit sieur de la Massaye, et, parce que ledit sieur de la Massaye n’a pas voulu les recevoir, vous avez fait mettre garnison chez ledit sieur des Minières; de quoi j'ai rendu compte au roi. Sa Majesté m’a commandé de vous faire savoir quelle désire que, sans plus de réplique, vous fassiez conduire par un homme à vous les enfans du sieur des Minières chez le sieur de la Massaye, et que dans huit jours, à compter du jour que vous recevrez cette lettre, ce que je vous

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marque de sa volonté soit exécuté. Sa Majesté veut aussi que vous reliriez le major de dragons que vous avez mis. dans la paroisse qui appartient audit sieur de la Massaye, laquelle paroisse elle vous ordonne de laisser sans logement pendant le reste de cette année et la prochaine. Et afin que vous ne puissiez pas dire que n’avez pas reçu cette lettre, je mande au commis de la poste de vous la porter et de vous en demander un reçu.

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