CIRCULAIRE
A Vcmillcs, le id janvier 1688.
Quelque temps après la révocation de l’édit de Nantes, le roi ordonna que les maîtres et maîtresses d’école qui auroient abjuré ou abjurcroient l’hérésie n’en pourroient faire les fonctions jusques en l’année 1688, pour leur donner le temps de s’instruire parfaitement de tout ce qui leur est nécessaire pour bien enseigner la jeunesse; présentement. Sa Majesté considérant qu'il y a encore* beaucoup de ces nouveaux convertis auxquels il seroit dangereux d’en confier l’instruction, et qu’il ne convient pas néanmoins de leur en donner une exclusion générale, clic m’a commandé de vous faire savoir qu’elle désire que vous fassiez connoître à MM. les archevêques et évêques de votre département quelle les exhorte à ne donner leur approbation ou permission à aucunes personnes converties à la religion catholique depuis la susdite révocation, pour être maîtres et maîtresses d’école, qu’ils ne soient très-assurés quelles en peuvent remplir dignement les devoirs par leur capacité et bonne conduite , et qu’il sera bon qu’ils préfèrent toujours les anciens catholiques aux nouveaux pour ces sortes d’emplois; que, quand ils donneront leur approbation è des nouveaux convertis, ils doivent les obliger è leur apporter des attestations authentiques de leur suffisance, et faire observer leur conduite, en sorte qu’ils ne puissent manquer d’être avertis s’il y en avoit qui ne se comportassent pas comme ils le doivent, pour êti*c en état de les révoquer s’ils y contreviennent en quoi que ce soit.
APPENDICE
LOUVOIS A FOLCAULT.
A Venaiilej. le i" mars 1688
J'ai reçu la Ictlrc que vous avci pris la peine de m’écrire le 1 g du mois passé sur les assemblées qui se sont faites en Poitou. Le roi a approuvé la diligence avec laquelle vous vous êtes porté sur les lieux, et que, s'il arrive encore que l’on puisse tomber surdc pareilles assemblées, l’on ordonne aux dragons de tuer la plus grande partie des religionnaires qu'ils pourront joindre, sans épargner les femmes, afin que cela les puisse intimider, et empêcher d'autres de retomber en semblable faute.
A l’égard du Jeune homme âgé de quinze ans qui a lu un sermon dans l'assemblée de Grandry, il faut le mettre dans quelque collège ou séminaire où il puisse être châtié et instruit dans la religion catholique. Quant aux femmes qui ont été arretées. Sa Majesté trouvera bon que l'on en con damne quelques-unes au fouet, et pour ce qui est des hommes,' son intention est qu’ils soient tous condamnés aux galères.
Sa Majesté désire de plus que, dans les paroisses où il s’est tenu des assemblées et dont les habitans y ont assisté, vous y répandiez une ou doux compagnies de dragons suivant leurs forces, où ils subsisteront en pure perte pour ces communautés, qui leur fourniront la solde et le fourrage sans aucun remboursement de la part du trésorier de l’extraordinaire. Et après qu’ils y auront été un mois. Sa Majesté aura bien agréable que l'on les en tire pour les loger dans les lieux où vous et M. de Vérac jugerez être nécessaire pour que les compagnies puissent être à portée de tomber sur les assemblées cpii se pourroient faire.
L’intention de Sa Majesté , en faisant loger des dragons en pure perte dans ces communautés ainsi que je vous le viens d'expliquer, est de faire connoitre aux peuples l'intérêt qu'ils ont non-seulement de ne se pas trouver à de pareilles assemblées , mais encore d'empêcher qu'aucun d'eux n’y assiste , ou , s'ils ne le peuvent pas faire , d'en déclarer les coupables et de les arrêter.
' £* marge : • Ajuster les répétitions et le reste. >
APPENDICE
LOUVOIS
\ MM. FOLCAl'LT, DE SAINT-CONTEST ET DE DEZO.NS.
A Versaille», ie 36 mars 1G8S.
Le roi a été informé qu’il sc faisoit des assemblées sur les confins de goumois, de la Saintongc et du Poitou, les religion naires espérant que l’on auroit moins d’attention à ce qui se passeroit sur les frontières de trois intendances différentes; et Sa Majesté ne voulant pas souffrir qu’ils en fassent nulle part impunément, elle a ordonné au sieur de Saint-Frémont, lieutenant-colonel du régiment de dragons de la Reine , dont les compagnies sont réparties dans lesdits pays, de s’y transporter sous prétexte de visiter les compagnies dudit régiment , pour, sous les ordres de son colonel pendant qu’il demeurera au régiment, avoir une attention particulière à ce qui s’y passera, et essayer de tomber sur les assemblées qui s’y pourront faire, me mettant en état de rendre compte au roi de ce qu’il fera, et en même temps d’en informer celui des commandans de la province dans l’étendue du commandement duquel se sera passé ce qu’il aura fait. Sa Majesté a voulu que vous fussiez averti , afin que vous puissiez lui donner les avis et instructions que vous croirez qui le poun'ont aider à se bien acquitter de l’ordre de Sa Majesté.