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INTRODUCTION, canal du Languedoc, le lit de la rivière se trouvant plat, large et changeant dans cet intervalle, « ce qui étoit difficile à guérir. » Le changement d'intendance l’empêcha de s’en occuper davantage.
11 est question de nouveau des rivières dans l’intendance de Caen. Foucault visita la rivière de Dives, et, sur son avis, Pontchartrain lui envoya 1 un arrêt du conseil pour obliger les riverains d’en élargir le canal dans les endroits où il s’élait formé des atterrissements. Plus tard, en juillet 1698, Foucault visita le Couesnon, petite rivière limitrophe de la basse Normandie et de la Bretagne, pour remédier aux désordres causés sur ses bords par les inondations; c’était le flux de la mer qui en était cause, et l’on projeta de faire des digues et des épis le long de la côte, « comme on fait en Hollande. » A la même époque, on proposa à Pontchartrain de construire au petit Vey, «passage de la partie du Cotentin la plus fertile en che- «vaux et en bestiaux,» un pont qui serait «très-utile, mais «d’une grande dépense.» En mai 1706, on revint sur ce projet. Un nommé Pinson proposa au- roi de « rendre les pas- « sages des grand et petit Veys sans péril, » et en même temps de construire un port à la Hougue et de dessécher les marais de la basse Normandie. La concession de ces dessèchements avait été déjà demandée plusieurs années auparavant par le maréchal de Bellefonds; les riverains s’y étaient opposés. Les propositions de Pinson tombèrent également dans le néant; mais, en 17 îo2, le dessèchement d’une certaine quantité de marais fut effectué par quelques gentilshommes qui en étaient propriétaires, « et l’on a trouvé que c’étoit l’avantage du public » et des possesseurs desdits marais. »
1 Mémoires , septembre 1691, p. 277. — * Ibid p. 3G9.
INTRODUCTION. cix
Chemins. Nous ne trouvons, à cet égard, dans les dépêches de Colbert, que cette recommandation générale : » Appliquez- « vous à bien examiner tout ce qui concerne les grauds che- « mins et les réparations qui pourront être faites l’année prochaine1.» Les Mémoires eux-mêmes ne contiennent aucune trace d’un entretien des routes suivi d’une manière continue par l'intendant. Dans la généralité de Montauban, ou le voit seulement faire exécuter, en janvier 1675, sur un ordre du roi et moyennant une dépense de 1 ,200 tt, des réparations aux bains et aux chemins de Baréges, « à l’occasion du voyage que
■ M. le duc du Maine, conduit par madame de Maintenon, y « a fait pour l’allongement des nerfs d’une jambe dont il est «boiteux.» En 1G86, une occasion analogue fut sur le point de se produire. On avait conseillé au roi les bains de Baréges pour la guérison de sa. fistule. Le a 2 mai, Louvois écrit à Foucault de faire réparer les chemins de la généralité de Foitiers par où le roi et la cour doivent passer, de donner les ordres nécessaires pour que les moins bons passages soient accommodés sans grands frais, seulement en élargissant les routes, « de manière qu’il y ait au moins douze ou quinze pieds
■ de passage, et que, s’il y a des bourbiers qui ne puissent pas « être raccommodés solidement, l’on ouvre les haies pour pou- «voir les éviter;» et que l’on fasse aussi réparer les mauvais ponts, s’il y en a. Mais, quelques jours plus tard, le roi changea de résolution, et, le 27 mai, Louvois manda à Foucault de ne faire aucune dépense pour accommoder les chemins. On venait, à la même époque3, d’appliquer les ateliers de charité du Poitou à la réparation des routes.
Dans la généralité de Caen, Foucault mena à bonne fin,
1 Dépêche » Foucault, du il décembre 1680, p. 459- — ’ Mémoires , février 1686. P- t54-
ex INTRODUCTION,
de 1 694 à 1696, une entreprise de voirie fort intéressante pour le pays. 11 s’agissait d’achever le chemin de Caen à Lisieux, par où débouchaient toutes les denrées, bœufs, chevaux, volailles, beurre, toile, etc. dirigées de la basse Normandie sur Paris. Une partie de celte route passait par les généralités de Piouen et d’Alençon; mais, comme celle de Caen y était seule intéressée, c’était à elle d’en subir tous les frais, et les deux autres refusaient d’y contribuer. Foucault obtint de Pontchartrain l'autorisation d’imposer à cet elTet 60,000 tt sur la généralité de Caen, moyennant quoi le chemin fut achevé et fait ode cailloutage et de moellons, meilleurs, plus 0 durables et de plus petit entretieu que le pavé. » Cette réparation lui attira o bien des bénédictions des voituriers. » Pour maintenir la route en bon état, il interdit d’y faire passer des charrettes à plus de trois chevaux, à peine de 5ott d’amende et de la confiscation de l’attelage.
Bâtiments. Proposition à Colbert, le 12 juillet 1679, d’achever, moyennant 20,000 H, le nouveau palais épiscopal de Montauban, en remplacement de l’ancien, qui avait été détruit par les religionnaires; le roi ordonna d’imposer 66,000 sur toutes les paroisses de la généralité pour l’achever. — En juin 1686, réparation du Palais de Justice de Poitiers. — En mars 1688, construction d’une église à Châtellerault pour recevoir les nouveaux convertis, et réparation de l’église de Niort. — En 1698, Foucault proposa à Le Pelletier de faire réparer les murailles et les fortifications du Mont-Saint-Michel, qui menaçaient ruine depuis longtemps1. La dilliculté était de savoir
1 Dès 1 665, le commandant de celle le danger que le Mon l- Saint -Micliei et forteresse avait écrit à Colbert pour lui en Tombelainc ne fussent enlevés par quelque
signaler l’état déplorable, et lui montrer coup de main des réfugiés aux îles an-
INTRODUCTION. cxi
qui supporterait les frais. Les religieux rlu couvent prétendaient établir, par les précédents, qu’ils étaient à la charge du roi. Foucault proposa de les faire supporter par tiers entre le couvent, les habitants du lieu qui s’en couvriraient par un octroi, et la province, «à qui profite ce rempart, » et qui subirait pour cet objet une imposition spéciale. La dépense était estimée à 60,000 tt. Les Mémoires ne nous apprennent pas quelle suite fut donnée à cette affaire. — En juin 1700, réédification des écoles de l’Université de Caen, pour lesquelles le roi avait donné l’emplacement des Halles; Foucault et l’évêque de Bayeux en posèrent la première pierre.
Promenades et plantations. Une des préoccupations de Foucault était de planter des lieux de promenade dans toutes les villes où s'étendait son autorité. En Béarn seulement, il ne fait pas mention de travaux de ce genre, à cause du peu de temps qu’il y resta. À Montauban il fit planter des arbres le long du Tarn, hors la ville, « pour conserver le terrain que la « rivière emportoit, et pour faire un cours sur une esplanade. » Une promenade fut plantée par ses soins à Mont-de-Marsan2. En i683, il fit planter encore un cours à Montauban et bâtir une porte de la ville. En 1 686 et 1 687, il fit garnir d’une plantation les bords du Clain, dans une étendue de. 600 toises, « pour servir de promenade aux habitants de Poitiers. • Dès son arrivée à Caen 3, il fit planter sur le bord de l’Orne « quatre « rangées d’ormes qui y font un très-beau cours. » C’est l’ori-
glaises. (Dcpping, Correspondance adnunit' trativc, I. IV, p. 68a.)
‘ Mémoires, septembre 1679, p. 5i.
* C'est du moins ce qu’on peut inférer d'une dépêche de Colbert à Foucault, du
a3 novembre 1679 (p. 439). refusant aux habitants de Mont-de-Marsan de prendre à cet effet de jeunes ormes dans les foréls du roi.
* Mémoires , juin 1689, p. a5a.
exil INTRODUCTION,
gine de la promenade dont la ville de Caen jouit encore aujourd’hui.
S 7. — Fêles publiques.
Les Mémoires de Foucault contiennent la mention d’un certain nombre de fêtes publiques auxquelles il présida, et qu’il ordonna avec un grand soin, dans le sens de ses goûts d'antiquaire et d'érudit.
La première eut lieu à Montauban, au mois d’août 1683, pour célébrer le jour de la naissance du duc de Bourgogne. Les Mémoires nous avertissent qu’on en fit une relation. Ce compte rendu, émané de Foucault lui-même ou de son entourage, fut inséré dans la Gazelle du temps. Nous le reproduisons dans une note du texte *.
La seconde fête1 2 ordonnée par Foucault eut lieu à Poitiers, le jour de saint Louis 1G87, pour célébrer l'érection d’une statue de Louis XIV sur la grande place de la ville. Cette pièce, œuvre d’un sculpteur du pays, avait été commandée par le corps des marchands de Poitiers pour être mise sur la porte de la juridiction consulaire; mais elle fut jugée trop grande pour cet emplacement et digne d’être installée sur une place publique. Foucault y fit consentir le corps des marchands, et l’inaugura par trois jours de réjouissances, dont la relation, composée par lui-même ou sous son inspiration, fut imprimée à Poitiers en 3 a pages in-4“. Cette brochure est annexée aux Mémoires, et nous l’avons reproduite3 comme en faisant partie, car, s’il n’est pas démontré qu elle soit l’œuvre de Foucault, au
1 P. 3a. des conversions opérées par son xèle. Nous
* A Pau, Foucault n’ordonna pas de en parlerons plus loin,
fêtes, mais on lui en offrit une à l'occasion * P. 181 et suiv.