‹ Mémoires de Nicolas-Joseph FoucaultChapitre 17 sur 115 · C1LVII · texte numérisé non relu

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au consistoire de Montauban; cette signification, «faite avec « douceur et charité, » fut * reçue avec respect. » Les biens des consistoires furent réunis aux hôpitaux. Les contraventions qui avaient fait démolir le temple servirent aussi au parlement de Toulouse à décréter de prise de corps les ministres de Montauban; leur arrestation ne causa aucune sédition, et les religionnaires se contentèrent de ne pas paraître dans les rues le dimanche à l’heure du prêche. Foucault écrivit à la cour qu’on pouvait sans danger démolir tous leurs temples1; ils tombèrent en effet, et l'intendant demanda seulement qu’on lui envoyât un ministre pour baptiser les enfants, «non l'un • de ceux de Montauban, afin d’effacer entièrement les vestiges «de l’exercice de la religion prétendue réformée, qui vient « d’être aboli2. » Les religionnaires de la province n’accueillirent pas les ministres ainsi imposés; mais ils restèrent calmes et refusèrent de prendre part aux troubles du Vivarais3.

Dès son arrivée dans le Béarn4, qui avait été un siècle auparavant le centre du protestantisme français, Foucault y continua sur une grande échelle l'œuvre des conversions. Les liourgeois religionnaires, exclus des fonctions publiques, s’y faisaient avocats; le barreau de Pau en comptait plus de cent

1 Mémoires, février if>83, p. 88.

* Ibid. a3 juin i683, p. 87.

1 Ibid, tin août et novembre i683, P. 89, 91.

* L’auteur de l'éloge de Foucault, prononcé à l’Académie des inscriptions et belles-lettres , fait entendre que son déplacement de Montauban à Pau n’avait été qu’une disgrâce apparente, cl qu’on l’avait envoyé dans cette nouvelle généralité pour y accomplir l'œuvre des conversions. • M. Foucault, dit-il , qui avoil le secret de «son maître, y fut fidèle et parut surpris

■ comme les autres ■ de son changement.

[Ilist. de fAcad. des inteript . [par Boie et l’abbé Goujel], t. II, p. 227, Paris , 17A0, in- 1 a. } Mais cette version ne saurait être admise , et les Mémoires disent tout le con traire. Nous avons indiqué, d’après eux, dans la biographie de Foucault , comment , la mort de Colbert le laissant sans protecteur, le chancelier le fil permuter de place avec un de ses protégés. On peut attribuer au besoin de regagner la faveur perdue les graves initiatives dont nous allons le voir prendre la responsabilité en Béarn.

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