‹ Mémoires de Nicolas-Joseph FoucaultChapitre 6 sur 115 · AVI · texte numérisé non relu

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INTRODUCTION

«des secours par leur moyen dans toutes leurs nécessités1 *.» Colbert, au contraire, voulait arriver à ce que les forts et les faibles portassent chacun leur part, à proportion de leurs biens4. Le moyen d’atteindre ce résultat était dans le droit qu’avaient les intendants de taxer d'office ceux que la faveur avait laissés en dehors du rôle ou au-dessous de la part qu’ils devaient équitablement supporter. Mais les intendants euxmêmes étaient accessibles à la faveur : au lieu de se borner à prononcer les taxes en augmentation, «afin d'empêcher que « les principaux des lieux ne se fissent décharger par les collec- • leurs, > ils en faisaient aussi en diminution, sans doute à leurs amis. Une circulaire de Colbert3 leur interdit formellement toute taxation d’office en diminution. Ce qui n’empêcha pas Foucault, quatre .ans plus tard4, en Poitou, de diminuer la paroisse de Pussort, oncle de Colbert. « Celte paroisse se trou- « voit ainsi la plus soulagée de toutes. Les métayers de M. Pus- «sort ne payoient presque point de taille.» Le père de Foucault, que son fils avait informé de cet acte d’amabilité à l’adresse du tout-puissant conseiller d’état, lui répondait en l’approuvant : « 11 est bon que M. Pussort soit informé de ce « bon office. » *

Les taxes une fois augmentées, il fallait encore les faire lever. Une circulaire de Colbert, du 10 février i683, avertit les intendants que les élus et les collecteurs modifiaient ou plutôt falsifiaient quelquefois les rôles de manière à annuler les taxes d’office, et les invite à surveiller cette fraude.

Le recouvrement de la taille offrait d autres difficultés. 11

1 Circulaire de Colbert . du a8 mai

1 Circulaire de Colbert, du ao août

1 Circulaire de Gilbert , du g octobre 1681, p. 474.

* Mémoires, 3 noreuibre i685,p. l44-

INTRODUCTION. i.xvu

était exercé en première ligne par les collecteurs ou par ceux qui en tenaient lieu. Dans un certain nombre de paroisses, et notamment dans celles de la Guyenne et tlu Languedoc, où les consuls dressaient le rôle des tailles et auraient dû les percevoir eux-mêmes, on avait établi des « collecteurs convention- « nels # qui se chargeaient de la perception et du payement aux receveurs, moyennant 2, 3 et 4 sous par livre «de remise» (ainsi s’exprime Colbert), ou plutôt d’addition au principal de la taille, addition que supportaient les taillables, qui se trouvaient ainsi frappés d’un supplément d’impôt illégitime et non autorisé par le roi1. Colbert consentit seulement à leur accorder 1 sou, ce qui ne faisait que 6 deniers de plus que ce qu’on accordait aux collecteurs ordinaires2 *.

L’impôt ainsi recouvré était centralisé entre les mains des receveurs généraux, qui le touchaient dans les élections, soit par des traitants qui s’en chargeaient à forfait, soit par des commis qui recevaient pour eux \

Les voies de rigueur commençaient quand les taillables ne s’étaient pas acquittés aux mains des collecteurs. Elles variaient suivant les lieux. Dans la généralité de Montauban, on employait depuis la guerre les porteurs de contraintes4, suivis de brigades d’archers qu’on logeait en garnisaires chez les contribuables récalcitrants5. Colbert blâmait ce modederecouvrement comme étant extrêmement à charge aux peuples; il eût voulu y substituer l’ancienne méthode des huissiers et des sergents0.

1 Circulaire du il septembre 1681, P 4 71.

1 Dépêche à Foucault, du a 5 septembre

s Circulaire de Colbert, du a5 juillet 1680, p. 454-

* Dépêches de Colbert à Foucault, des

19 juillet et 17 août 1679, et du aa mai 1681. p. 43o, 434, 466.

‘ Dépêche de Colbert à Foucault, du 18 janvier 1680, p. 44 1.

' Dépêche à Foucault, du a8aoûl 1680.

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