LETTRE D'ANNE FOUCAULT
« Monsieur mon très-cher père,
• C'est pour savoir l'état de votre santé «que je me donne l’honneur de vous
■ écrire, quoique j'en aie appris depuis « peu de mes tantes , lesquelles m’ont dit
• être bonne , ce qui m’a fait un plaisir que
• ma plume ne peut pas expliquer. Je vous
• supplie , mon très-cher père , de ménager
• votre santé et ne vous point tant fatiguer. «Je me suis déjà donné l'honneur de vous
• mander que j’étols entrée au noviciat. Je
• m’appuie sur la bonté que vous m'avex
« toujours témoignée , ce qui me fait croire
■ que vous ne trouverez pas mauvais que «je m'adresse à vous-même, mon très- «cher et très-honoré père, plutôt qu'à
■ aucun autre, pour obtenir la grâce d’avoir « pour ma pension particulière aoo* et « pour 1a maison ôoo11. J’espère tout de la «bonté que vous avez pour moi. Je vous
• supplie, mon très-cher père, de consi-
• dércr que la maison n’est pas en état de
• me donner toutes les choses qui me sont
• nécessaires, cl que j’use beaucoup plus
• qu'une antre. Je sais que j'ai assez de
• santé, mais je peux devenir infirme , et je «suis bien aise de ne manquer de rien.
■ De plus, mon très-cher père, c’est que ■je n'aurai que le bien que vous me ferez « présentement , et que , si vous n’avez pas la « bonté de me faire un bon parti à présent . « c’est pour ma vie, et il ne sera plus temps
• de m’en repentir. J'espère que vous ne
• me refuserez pas ce que je vous demande.
« Je suis avec un très-profond respect.
« Monsieur mon très-cher père,
■ Votre très-humble et très-obéissante
« bile et servante,
«Sortir A. Foucault. »
« Ma cousine de la Brosse vous assure « de ses respects. »
■ LETTRE D'ANNE FOUCAOLT.
■ Monsieur mon très-cher père,
■ J’ai reçu les lettres dont il vous a plu « de m’honorer; elles m'ont causé un véri-
• table plaisir, m'y apprenant les nouvelles « d'un père pour qui j’ai tout le respect et
• rattachement , si j’ose me servir de ce
■ terme, que l'on puisse jamais avoir. J'ai
Le 26 décembre, j’ai écrit au roi pour lui demander la place du conseil vacante par la mort de M. Courtin, et ai adressé ma lettre à M. Cliamillart.
Au commencement de 1 703, le roi a donné un édit pour l’aliénation des liantes justices1. J’en ai adjugé un grand nombre, et surtout à M. de Matignon, pour joindre à la justice de Condé.
Le 18 janvier 1703, j’ai écrit au P. de la Chaise que j’avois un ûls âgé de dix-huit ans, en vocation et en état de remplir un bénéfice, s’il avoit la bonté de lui en procurer un. — ( Vid . la lettre.)
Madame de Mondonville est morte au mois de janvier 1703, au couvent des Hospitalières de Coulances. Elle a désiré que son corps
fut envoyé à Toulouse, mais le roi
« un sensible regret , mon très-cher père ,
■ d’étre privée de l'honneur de votre pré*
« sence à ma véture; mais ayant peur que,
• si je venois à attendre , vous ne fussiez
• encore empêché par quelque affaire, cela
• me fera prendre le parti de supplier ma
■ tante l'abbesse de vouloir bieu ne me pas ■'retarder, puisque vous m'a ver donné,
• mon très-cher père, votre consentement.
■ Ma tante in'a dit que vous donnez pour U
• maison comme ma cousine Saint-Louis,
« c’est à elle à voir si elle est contente, et
• que pour moi vous régleriez tout lors-
• que vous seriez à Paris. J'espère que vous
• ne me refuserez pas ce que je vous ai
• demandé. Je suis avec un très-profond
• respect, Monsieur mon très-cher père,
• Votre très-humble et très-obéissante « Elle et servante,
'Sœur À. Foccaclt. •
- Ma cousine la sous-prieure vous assure
• de ses respects. *
ne 1 a pas agréé.