‹ Memoires de NicolasJoseph FoucaultChapitre 20 sur 133 · CX XVI · texte numérisé non relu

CX XVI

INTRODUCTION, dos intendants. Foucault s’occupa, des le mois de juin 1674, de tirer des approvisionnements militaires de la généralité de Montauban, pour venir en aide à celle de Bordeaux. Les étapes, comme on l’a vu, étaient de son ressort; c’était lui qui distribuait les logements des gens de guerre et qui les mettait en quartier d’hiver '. Une fois, «à cette occasion, il se trouva engagé, malgré lui , dans les mauvais vouloirs de Louvois pour Turenne et Colbert; mais il sut s’en tirer avec adresse. C’était à la fin de 1674 : Foucault, ayant des logements à distribuer, proposait à Louvois d’en exempter Négrepelisse, unique terre du maréchal de Turenne, «qui avoit bien mérité cette distinc- « tion. « Louvois lui répondit2 avec sa hauteur habituelle » que « l’intention du roi n’est pas qu’aucun village, à qui que ce soit «qu’il appartienne, soit exempt du logement des cavaliers, et « qu’il eût été bien à propos que Foucault ne se fût pas dis- * pensé de s’y conformer pour des considérations pareilles à « celle qu’il lui a communiquée. » En même temps, une lettre de Colbert instruisait Foucault que le roi trouverait bon qu’on exemptât Négrepelisse. Il parvint à contenter tout le monde en y assignant seulement quelques places de l’état major qui étaient « des places mortes, » c’est-à-dire qui 11’étaient pas occupées et ne figuraient que sur le papier sans rien coûter à la paroisse.

Chargé aussi de distribuer la solde et l’ustensile \ l’intendant poussait ses attributions jusqu’à se mêler de réduire et d’augmenter, suivant les occasions, l’effectif des régiments. En décembre 1678, après la paix de Nimègue, il fut chargé de réduire à 4o maîtres les compagnies de cavalerie et de dragons, et de réformer les cornettes; eu décembre 1688, quand la

' Mémoires, fin 1G89. p. 267. ’ Dépichôî d&s 1 7 cl 3 1 décembre 1676,

1 Dépêche du 16 décembre 1674. p. 5o5. p. 5o6.

guerre recommença, il rétablit ces mêmes compagnies à leur effectif premier, qui avait encore été diminué dans l’intervalle.

A l’intendant appartenait aussi la police militaire. Les Minutes de Louvois sont pleines de dépêches chargeant Foucault de poursuivre les délits commis par les militaires contre les habitants '. Il lui enjoint* de surveiller les quartiers d'hiver et de les visiter souvent, d’empêcher que les militaires n'y exercent d’exactions, et de faire arrêter les officiers qui ne se prêteraient pas au maintien exact de la discipline, afin que le roi en puisse faire des exemples. Foucault fut en effet obligé, en 167b, de sévir contre les désordres commis par les troupes en quartier d’hiver : il fit punir plusieurs officiers et pendre des soldats. Plus tard, Louvois lui expédia l'ordre1 * 3 de ne plus faire couper aux déserteurs que l’extrémité du bout du nez en les envoyant aux galères, «pour les marquer seulement,» parce qu’une plaie trop intense les rendait incapables de supporter les fatigues de la mer. Barbezieux, fils du ministre, lui lit tenir à son tour, le 2 a avril 168b, une ordonnance du roi4 décidant que les cavaliers, dragons, sergents et soldats qui se marieraient à l'avenir, seraient déchus de leur ancienneté et ne pourraient plus la prendre que du jour de leur mariage. La police de Foucault s’étendait aussi sur les gentilshommes de l’arrièreban. En 1689, il informa 5 contre les violences qu’ils avaient commises à Alençon. Le 2 2 mai 1 6q4, il fit parvenir des plaintes à la cour contre les abus commis par un colonel de milices qui relusait arbitrairement les hommes que lui présentaient les

1 Nous n'avons pas reproduit ces dépê-

ches, qui sont en très-grand nombre et se

rapportent toutes à des cas particuliers.

1 Dépêches du 3 octobre 1677 et du

5 avril 168a, p. 5 08, 509.

1 Mémoires , 3i janvier 168G, p. 1 5 1 .

* Du 6 avril précédent; Isnrabert, Anciennes lois françaises, t. XIX, p. 545.

1 Mémoires. 18 juillet 1689, p. aâa.

Page 1