RÉPONSE DE FOUCAULT PÈRE’. LETTRE DE FOUCAULT A SON PÈRE
A V«rri«r# , <• 9 nov«mbre (i4J85.
Le dernier édit qui révoque celui de Nantes me paroît un contretemps aux affaires de la religion p. r. Il produira bien
A Poilifrs, ce 3* novembre i685.
Les gentilshommes de la R. P. R. du haut Poitou s’assemblèrent hier ici au palais. Je leur lis entendre les intentions
1 Angélique n'était que In seconde fille de Foucault; Initiée était Marie, née le
a3 avril 1678. (Voy. plus haut, p. 4a.) 1 Écrite en marge et difficile k lire.
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des relaps qui se cantonneront dans leurs maisons et serviront de ministres à leurs familles, et l'on ne saurait parer à cet inconvénient que par une déclaration interprétative.
Il est hou que M. Pussorl soit informé de ce bon office; mais il faut que ce soit par tout autre que par vous, et que son fermier lui en donne avis. Il a son secrétaire, M. Hersan, qui est trésorier de France au bureau de Poitiers; il faudrait voir si vous ne pourriez rien pour lui, cela plairait fort à son maître. Il faut tâcher de conserver son amitié par toutes voies. Si M. Boucherai ne l'avoil exclu par son antiquité , on lui aurait dû donner sa place, et. s'il venoit à manquer, l'on peut enfreindre de suivre l’ordre du tableau; mais, en tout cas, ce chancelier-ci ne le poussera pas comme faisoit le défunt1, qyi doit mordant et à qui un bon mot n'échappoit jamais. 11 le respectera , au contraire , car tout le monde demeure d’accord que
du roi et leur représentai le mieux qu’il me fut possible combien ils avoient intérêt de s’y conformer. 11 y eut peu de conversions; mais il y en a beaucoup d’ébranlés et qui se font une fausse honte de rcnoucer publiquement à une religion où ils sont exhortés par les chefs de parti à persévérer. J’en ai taxé d’office aux tailles une trentaine. Il ne me reste plus que deux élections où les déparlemens ne sont pas encore faits. J’ai diminué la paroisse de M. Pussort, qui est la plus soulagée de toutes. Ses métayers ne payent presque point de taille. J’ai cru qu'il étoit plus à propos de lui laisser donner avis de cette diminution par son homme d’affaires que de le lui donner moi-même.
L'aînée des filles que j’ai ici mourut hier; il y avoit trois semaines quelle étoit malade. Son mal a commencé par la petite vérole et a fini par un flux hépathique. Ce sont des pertes qui deviennent fréquentes dans ma [famille]. Dieu conserve ce qui reste!
Ce sera un grand repos pour vous et un grand avantage pour votre famille, si vous pouvez être une fois défait des papiers de la chambre de justice.
Nous attendons tous les jours des nouvelles de l’événement de la maladie de
Le chancelier Le Tellter.
M. Pussort primera au conseil , M. le chancelier. Il sera difficile , s’il vient
à manquer, de bien remplir cette place.
M. Pussort l’occuperoit dignement et relèvcroit fort le cœur à la famille de M. Colbert. Je n’oserois en mon particulier espérer que ce bien nous arrive.
La dernière clause de l’édit de révocation de celui de Nantes nous fait un grand désordre ici et arrête les conversions.
Je vous assurerai, s’il vous plaît, de mes respects.
n’y ayant personne qui en approche. Au surplus, M 1
avoit donné d’étranges impressions de vous au défunt, dont il lui échappoit toujours quelque petit mot, car il se laissoit étrangement prévenir. Dieu lui fasse paix !
J'nvois prévu que cette clause, qui m’a paru d’abord mal entendue, pourroit faire des embarras. Je crois vous en avoir écrit quelque chose. Je ne doute pas que l’on n’envoie une déclaration interprétative. Il n’eût pas été mai à propos que vous eussiez fait vos observations sur
les inconvéniens dont l’exécution peut être suivie, car le sens littéral du dernier article paroît directement opposé à la continuation des conversions, tout cela faute d'explication ou par trop de précipitation , car absolument tant plus l’on examinera cette dernière clause, plus elle se trouvera contraire aux intentions du roi qui sont d’achever (?)’ et d’empêcher qu’il n’y ait des relaps. La suite le va faire voir si l’on n’y remédie’.
J'oubliois de vous marquer qu’il est assez à propos de faire mettre deux petites épitaphes à vos deux enfans, l’une à Pau, l’autre à Poitiers; elles ne contiendroient que deux lignes : une telle, fille d'un tel et de scs père et mère.
Ces monumens, qui subsistent longtemps, peuvent être, dans la suite, de quelque usage pour les familles, pour des cas que l’on ne sauroit pas prévoir.
F[OUCAt)LT].
Le 8 novembre, M. de Louvois m'a mandé que, le roi ayant été informé que, depuis la révocation de l’édit de Nantes, les religionnaires qui ne se sont pas convertis croient qu’en vertu de la dernière
1 Nom illisible , peut-être du Trône.
1 Mol illisible, lu par conjecture.
* Suit un alinéa où nous n’avons pu
lire que ces mots : • le retardement de In • quittance de l'affaire du Montargi* aura « donné lieu à divertir ce fonds. »