‹ Memoires de NicolasJoseph FoucaultChapitre 40 sur 133 · IM MÉMOIRES · texte numérisé non relu

IM MÉMOIRES

- vertis d’un district, et les autres parce qu’ils supposeront avoir reçu

- quelques plaintes de la conduite de ceux qu’ils avoient charges de « ces emplois-là. Ils pourront, en même temps qu’ils en retireront « quelques-uns, ordonner à ceux des anciens catholiques qu’ils csli- " nieront les plus zélés de leur proposer d'autres gens pour remplir « ces emplois, afin que le bruit ne se répande point qu’ils doivent » les supprimer tout à fait.

■■ En même temps que lesdits gouverneurs, commandans et commissaires départis exécuteront ce que dessus, ils doivent observer n de prendre des mesures pour être parfaitement informés du nom » de ceux desdits nouveaux convertis qui seroient assez indiscrets » pour se vanter qu’ils ne vont jamais à la messe, qui mangeroient « de la viande avec ostentation les jours défendus, et qui prendroient

• soin de répandre qu’ils sont comme ils étoient auparavant leur abju-

• ration, et se feroient en un mot une gloire de donner un mauvais » exemple, l’intention de Sa Majesté étant que ces sortes de gens soient

► punis avec la dernière sévérité, aGn que l’exemple qui sera fait en » leurs personnes contienne les autres et les empêche de tenir une « pareille conduite, en sorte que des punitions éclatantes, faites de « temps en temps à très-peu de gens, portent les nouveaux convertis

• qui ne le sont pas de bonne foi à se conduire de manière qu’ils ne

• causent aucun scandale.

* Le Roi , ayant reconnu le préjudice considérable qu’a causé au ■> commerce le soin que l’on a pris de garder les côtes et les frontières « pour empêcher les nouveaux convertis de sortir du royaume, a ré-

• solu d’en faire retirer les gardes petit à petit, en sorte que, sous pré-

► texte de la diiliculté que les bâtimens de mer auroient à tenir la mer « dans la saison de l’hiver, et de la trop grande fatigue que la garde » exacte qui a été faite par le passé dans les passages par terre cause

• aux troupes et au peuple, il ne se fasse plus aucune garde pour

• empêcher la désertion desdits nouveaux convertis dans la fin du

• mois de janvier prochain.

• L’intention de Sa Majesté est que ceux des commandans de ses

• provinces auxquels la présente instruction sera envoyée, qui auront

* des ports de mer dans l’étendue de leur commandement, retirent » peu à peu entre ci et ce temps-là les troupes qu’ils ont logées sur « lesdites côtes, en sorte qu'il n’y en ait plus aucunes dans la lin « dudit mois de janvier prochain.

« Ils se serviront des prétextes qu’ils jugeront à propos pour retirer « lesdites troupes, soit parce qu’il y aura trop longtemps que les « lieux où elles sont en seront chargés, soit parce qu'il y manquera « du fourrage, et ils observeront de tenir sur cela une telle conduite « que le bruit ne puisse pas se répandre dans les pays où ils conwnan- « dent que les gardes ont été levées en exécution des ordres de Sa

• Majesté.

» Ils ne se mettront point en peine de rien faire dire à ceux qui « commanderont lesdits bétimens de mer que Sa Majesté a entretenus - jusques à présent sur lesdites côtes, parce quelle aura soin de leur

* faire donner les ordres qui seront nécessaires pour l’exécution de « ce qui est en cela de sa volonté.

• En même temps que la discontinuation des gardes qui se sont « faites sur les côtes donnera plus de facilité de sortir du royaume à •> ceux qui en ont bien envie, les commissaires départis dans les pro- « vinces doivent renouveler leurs soins pour faire saisir les biens de « ceux qui s’en absenteront, empêcher qu'ils n’en puissent disposer, » et mettre Sa Majesté en état de connoitre, dans la fin du mois de «mars prochain, en quoi consisteront dans leurs départemens les » biens de ceux qui se sont absentes depuis le mois d'octobre de « l'année dernière, et qui sortiront entre ci et ledit mois de mars «prochain des terres de son obéissance, afin que Sa Majesté le « puisse appliquer aux usages que sa piété et sa prudence lui inspi- « reront.

« L'intention du Roi est que toujours les peines ordonnées par sa » déclaration du 29 avril 1686 ', contre les cadavres et les héritiers

' En voici le texte : » avons pris pour la conversion de no*

« Louis, etc. quoique les soins que nous • sujets de la H. P. H. nient heureusement

«de ceux qui, à l’article de la mort, refuseront avec scandale les ■ sacremens et déclareront qu’ils veulent mourir dans la religion protestante, soient exécutées avec la dernière ponctualité, et que les « commissaires départis prennent le même soin de l’administration

• réussi, par la bénédiction que Dieu y a «donnée, la plu» grande partie de ceux «qui ont abjure leur erreur ayant profilé « des bonnes instructions qui leur ont été « données , et rempli les devoirs de bons

• catholiques, nous apprenons néanmoins

• avec regret qu'aucuns de ceux qui ont

• lait abjuration ont refusé dans l’cxtré- «milé de leurs maladies, par des sng- « gestions secrètes , de recevoir les sacrc- «mens de l’Église, et, après avoir dé- «rlaré qu'ils persistoient dans la B. P. R. i qu'ils avoienl abjurée , étoient morts «dans leur erreur; et d'autant qu’il est

• nécessaire d’agir contre la mémoire de « ceux qui ont abusé de la profession pu-

• blique qu’ils avoienl faite de se réunir à «l’Église catholique, et qui ont été assez «malheureux de mourir dans cet état, « nous avons estimé devoflr prescrire à nos

• juges la manière dont ils doivent pour- « suivre et punir un tel crime, et les peines « qui seront ordonnées contre ceux qui « reviendront en santé après avoir fait pa- «reil refus cl déclaration. A ces causes, etc. «voulons et nous plaît que, ai aucuns de « nos sujets de l’un et de l’autre sexe qui «auront fait abjuration de la H. P. R. ve- « liant à tomber malades, refusent aux cu- « rés . vicaires et autres prêtres de recevoir «les sacremens de l'Église, et déclarent « qu'ils veulent persister et mourir dans « la R. P. K., au cas que lesdits malades

• viennent à recouvrer la santé, le procès «leur soit fait et parfait par nos juges, et « qu'ils les condamnent . a l'égard des

hommes, à faire amende honorable, et aux galères perpétuelles, avec confiscation de bien»; et a l'égard des femmes et filles, à faire amende honorable et être enfermées, avec confiscation de leurs biens; et quant aux malades qui auront fait abjuration et qui auront refusé les sacremens de l’Église, et déclaré auxdits curés, vicaires ou prêtres, qu’ils veulent persister et mourir dans la R. P. R. et seront morts dans cette malheureuse disposition . nous ordonnons que le procès sera fait aux cadavres nu à leur mémoire , en la manière et ainsi qu'il est porté par le» articles du titre XXII de notre ordonnance du mois d’août 1670 sur les matières criminelles, et qu’ils soient traînés sur la claie, jetés A la voirie et leur» biens confisqués. Voulons quo sur les avis donnés A nos juges par le» curés, vicaires ou prêtre», auxquels les refus auront été faits, et sur la déclaration des malades de vouloir mourir dans la R. P. R. nonobstant leur abjuration, et qu’ils seront morts en cet état, nosdits juges informent desdits refus et déclarations, et, en cas qu'il n’y ait point déjugé royal dans le lieu où iis seront décédés , que les juges de» seigneurs ayant liante justice en informent , pour les informations être envoyées aux greffes de nos bailliages et sénéchaussées d’où ressortissent les juges desdits seigneurs, pour y être procédé A l'entière instruction ctaujugement desdils procès, cl . en cas d’appel, en nos cours de parlement. »

« des biens de ces sortes de gens-là que Sa Majesté leur a prescrit ci-

■ dessus à l’égard de ceux qui sont déjà sortis du royaume ou qui en « sortiront ci-aprcs. Mais l’intention de Sa Majesté n’est point que l'on « prononce cette peine contre ceux qui par une mort subite auront

> été privés des sacrcmens, ou parce que, les accidcns de la maladie » ne les ayant pas laissés dans leur bon sens, ils n’auront pas été en « état de satisfaire à leur devoir sur cela.

«En un mot, cette punition ne doit être mise à exécution que «contre ceux qui, par le scandale avec lequel ils auront refusé les « sacremens, l’auront rendue absolument nécessaire à leur égard, et « lesdits commissaires départis doivent exciter de bouche les évêques « de leur département, ou, en leur absence, leurs grands vicaires, à « donner de telles instructions aux curés de leurs diocèses, qu’ils ne « mènent de juges ni de notaires chez les nouveaux convertis qui « seront en danger de mort qu’à la dernière extrémité et en cas « seulement que les malades et leurs parens voulussent se faire un « honneur dans le public de refuser les sacremens; et lesdits curés « doivent être avertis que, tant qu’ils pourront cacher l’aversion que « lesdits uouveaux convertis mourans témoigneront de s’approcher «des sacremens, il vaut beaucoup mieux qu’ils le fassent que de le

> publier par des procédures.

• Il sera de l’industrie desdits commissaires départis d’avertir de

• bouche de ce qui est en cela de l’intention du Roi les premiers pré-

■ sidens et procureurs généraux des parlemens de leur département, « aussi bien que les principaux juges en première instance, afin que

• le désir d’exécuter les ordres qu’ils croyent avoir ci-devant reçus cl « les avantages qu’ils pourroient en tirer en multipliant ces sortes de «procédures ne les portent point à agir avec trop de chaleur; et « lesdits commandans et commissaires départis s’expliqueront néan- « moins de sorte qu’ils ne voient point que l’intention du Roi ne soit « pas que l'on n’exécute plus la déclaration du 29 avril dernier, mais « bien qu’elle ne le doit être que contre ceux lesquels , par le scandale « de leurs déclarations et par les discours de leurs familles, auroient

•> pris un trop grand soin de faire éclater les mauvais scnlimens dans « lesquels ils sont morts.

« Sa Majesté s'attend que l’exécution de ce qui est expliqué ci-

- dessus de scs intentions mettra en état la plupart des nouveaux » convertis, qui sont assez malheureux pour ne l’étre encore que de « nom, de vaquer à leur commerce et à leurs affaires avec plus de

• tranquillité qu’ils n’ont fait jusques à présent; que la douceur qu’ils

- y trouveront , et l'impossibilité de jouir de leurs biens quand ils « seront passés en pays étrangers, ôtera à beaucoup le désir qu'ils < avoient de sortir du royaume, et que, s’il y en a quelques-uns qui » ne laissent pas de prendre ce parti, ce sera des gens tellement en- » tétés sur le fait de la religion dans laquelle ils ont été élevés, qu’ils » ne pourroient manquer d’exciter des séditions dans le royaume et o nuire beaucoup à la parfaite conversion de ceux qui y resteront.

» Sa Majesté recommande surtout auxdits commandons et com-

• missaires départis de donner tout leur soin pour faire que les

• enfans desdits nouveaux convertis ne manquent point d’assister aux

• catéchismes et instructions qui se feront dans leurs paroisses, les «jours que le travail nécessaire à l’entretien de ceux qui en auront « besoin ne les en détournera point.

« Sa Majesté estime que rien ne sera plus propre, pour l’exécution

• de ce que la présente instruction contient de ses volontés, que les « continuels voyages que lesdits commandans et commissaires départis » feront dans les communautés où il y a le plus de nouveaux catho- « tiques, lesquels même ils se pourront partager entre eux, s’ils le

• jugent ainsi à propos, afin de les pouvoir visiter plus souvent.

» Ils doivent, dans ces voyages, affecter dans les discours qu’ils « auront avec les principaux nouveaux convertis de leur insinuer qu’il

• n’y a de parti pour eux que de s’instruire de bonne foi ; que , s’ils

• savoient qu’il y eût quelqu’un dans la communauté qui ne fit pas « bien son devoir, et qui, par exemple ou par discours, détournât les

• autres de le faire, ils en feroient un tel exemple que personne ne

• seroit assez hardi pour tenir dans la suite une pareille conduite.

« Ils doivent affecter de caresser ceux qui paraîtront être bien « intentionnés et convertis de bonne foi, et leur faire tous les plai- « sirs qui pourront dépendre d’eux, en sorte que les discours qu'ils « tiendront aux uns et les bons traitemens qu’ils feront aux autres « puissent egalement contribuer à contenir chacun dans son devoir.

« Ils doivent s’abstenir, dans ces visites, d’ajouter une entière créance » à ce que les curés ou les missionnaires pourront leur dire , l’cxpé- » rience ayant fait connoitre que la plupart desdits curés agissent par

* passion, et que le trop grand zèle des missionnaires que l’on envoyé <1 dans lesdits pays leur fait souvent se tromper dans leur jugement; « et, comme ils n’ignorent pas les aversions que les provinciaux ont « les uns pour les autres, ils ne doivent rien oublier pour essayer de « ne point devenir les ministres de la passion de ceux qui , sous pré- » texte de leur donner des avis, se voudraient mettre en état de

• venger leurs querelles particulières.

« Sa Majesté a fait avertir dès l’année passée les archevêques et évè- ■> ques de son royaume que Sa Majesté les appuyeroit de son autorité « pour ôter les curés de leurs diocèses, qui seraient de mauvaises » mœurs ou que leur ignorance rendroit incapables d’instruire les nou- « veaux convertis. Sa Majesté apprend avec déplaisir qu’il en reste

• encore plusieurs de mauvaise qualité dans des paroisses où il y a » beaucoup de nouveaux convertis. Elle aura bien agréable que lesdits ■> commandans et commissaires départis ayent une attention parlicu- « Hère, dans les visites qu’ils feront dans lesdites communautés, à s’in- '■ former secrètement des mœurs desdits curés et de la satisfaction que

* les nouveaux convertis les mieux intentionnés témoigneront avoir d’eux, afin qu’ils puissent, lorsqu’ils verront les archevêques ou évé-

■< ques des diocèses desquels lesdits curés seront, leur en faire rapport « et les exciter, le plus honnêtement qu’il leur sera possible, à changer ■ ceux desdits curés qu’ils auront reconnus n’ètre pas propres à ins-

* truire lesdits nouveaux catholiques.

« Comme rien n’est plus important que le sens de ce qui est con-

• tenu en la présente instruction, afin que les mal intentionnés non-

* veaux convertis ne soyent point en état d’en abuser pour inspirer de

* mauvais sentimens à ceux desdits nouveaux convertis qui le sont de « bonne foi, Sa Majesté recommande bien particulièrement A ceux aux-

* quels ladite instruction sera envoyée, de ne la communiquer à per-

* sonne et de la tenir enfermée en lieu où ils puissent répondre à Sa « Majesté quelle ne sera point vue.

« Sa Majesté recommande aux commandans desdites provinces de

* concerter avec les commissaires départis en icelles la manière dont « tous les points contenus en ladite instruction seront exécutés, en » sorte que chacun agissant de concert puisse mieux réussir à la par- « faite exécution des saintes intentions de Sa Majesté, qui n’ont pour « but que l’entière réunion de ses sujets à la religion catholique et Je «maintien de la tranquillité , si nécessaire au bonheur des peuples « soumis à son obéissance.

* Fait à Versailles, le vin0 décembre 1686.

. LOIUS.

« LE TELLIEh'. *

Le . . décembre 1686, M. de Bas, doyen du parlement de Pau, m’a mandé que sa femme s’étoit convertie, et qu’il eût souhaité que ce grand œuvre eût été mon ouvrage.

En 1 686 , le père Dupin , jésuite, a commencé l’histoire de la religion dans le Béarn, mais la mort ne lui a pas permis de l’achever.

Il y a eu, en 1686, une grande mortalité dans les paroisses du bas Poitou; il y avoit la moitié des habitaus de morts dans quelquesunes où j'ai passé. On prétend que ce sont les excessives et longues chaleurs qui l’ont causée; elles sont bien mauvaises dans les pays de marais.

Y ayant eu disette de grains en Poitou, en 1686, j’ai proposé à M. le Pelletier, contrôleur général, d’en faire venir d’Orléans. II a écrit à M. de Bezons de m’envoyer pour 3,000 écus, ce qui a été

1 Contre-seing de Louvois.

exécuté. Je l’ai fait débiter dans les endroits qui en avoient le plus de besoin.

En 1686, j’ai reçu ordre d’imposer les gentilshommes religionnaires à la taille, ce qui a produit beaucoup de conversions.

Il y a eu des ordres précis, dans tout le cours de l’année 1 686, de veiller sur les côtes du Poitou à ce que les religionnaires ne sortent point du royaume.

On a fait démolir trente-huit temples en Poitou.

Le roi a accordé 45,ooott pour l’augmentation des églises du diocèse de Poitiers, dans les paroisses où il y a des nouveaux convertis, et, au mois d’août 1687, elle a encore accordé 6,oooH pour ce qui reste à faire. Le diocèse de Luçon a eu en son particulier 30,000 H pendant 1 685 et 1686.

Le sieur de la Chauvinière, gentilhomme du bas Poitou, est celui (pii a paru le plus opiniâtre et qui s’est remis volontairement en prison à Niort. Son fils s’est converti; le père a été envoyé à Pierre- Encise.

Les femmes et filles de la R. P. R. craignoienl plus les couvons que les dragons, et il s’en est beaucoup converti de celles que les dragons n’avoient pu convertir, (pii n’ont pu résister â l’aversion qu’elle avoient pour les couvens.

La moitié des habitans de Niort étoit de la R. P. R. M. de Villette, parent de madame de Maintenon, et M. de Fonlmort, président du bailliage, s’étant convertis, ont beaucoup contribué à la réunion des deux parties des habitans sous une même communion.

Le sieur de la Primaudaye , qui paroissoit à la tête du parti , s’est converti. Je m’étois attaché à chercher les moyens de l’attirer à l’Eglise, et, par les ménagemens que j’ai gardés avec lui, il s’est converti et [a] attiré beaucoup de gentilshommes et d’autres personnes, par son exemple, à l’Eglise. Madame de la Forest, sœur de M. Dangeau, est du nombre, et son exemple a détermine la conversion de beaucoup de femmes.

Au commencement de janvier 1687, le roi a envoyé des ordres pour faire retirer les frégates qui croisoient sur les côtes du Poitou, de Bretagne et d’Aunis, aussi bien que les gardes qui étoient sur les côtes pour empêcher les religionnaires de sortir du royaume, ce qui a causé du refroidissement parmi les religionnaires aux exercices de la religion, ayant cru que le roi se relâchoit et toléroit leur sortie. Pour empêcher le mauvais effet de ces ordres exécutés avec trop de précipitation, j’ai continué de faire faire la garde, mais avec moins d’exactitude, et elle n’a cessé de se faire qu’à la lin du mois de janvier.

Le î 1 janvier 1687, M. de Louvois m’a envoyé des ordres pour envoyer six religionnaires, prisonniers à Poitiers, à Pierre-Encise, et cinq dans la citadelle de Besançon; et les femmes, moitié dans des couvens du diocèse de Beauvais, et moitié dans des couvens de celui d’Amiens.

Ayant mandé à M. de Louvois qu’il s’étoit fait une assemblée de nouveaux convertis du côté de Pouzauges, il m’a écrit, le a/j janvier «687, que, si le fait se trouve véritable, je fasse promptement un châtiment si sévère de ceux qui se seront assemblés, que l’exemple qui en sera fait retienne les autres.

Le 2 5 janvier, il m’a écrit une autre lettre pour faire le procès à ceux qui se seront assemblés , et pour faire raser les châteaux et maisons où ces assemblées auront été faites.

Le 27 janvier, autre lettre pour faire saisir les biens des ministres sortis du royaume par permission du roi en 1680.

Le u5 janvier 1 G87, j’ai proposé de donner des vicaires aux curés qui ont un trop grand nombre de paroissiens, et surtout de nouveaux convertis, pour suffire à leur instruction, comme aussi des maîtres d’école dans les paroisses où il est nécessaire d’en avoir d’habiles à instruire les enfans des mystères et des obligations de la religion.

J’ai fait chanter, au mois de janvier 1687, des Te Deum en ac-

lions de grâces pour la santé du roi, et des prières pour sa conservation.

Au mois de janvier 1 687, j’ai fait partir, suivant les ordres du roi, dix-huit femmes religionnaircs pour le diocèse de Beauvais, où elles doivent être mises dans des couvens. J’ai mandé à M. de Louvois qu'il en partiroit encore dix-huit incessamment pour le diocèse d’Amiens, et qu’il y en avoit encore douze à éloigner du Poitou, pour lesquelles j’attendrois les ordres du roi. J’ai reçu ces ordres, qui envoyent ces douze femmes â Besançon et à Lyon. Il y en a une, nommée la dame de Passau, qui s’est convertie à la veille de son départ.

Au mois de janvier 1687, j’ai fait unir le collège de Pigareau1 à celui des jésuites de Poitiers. Les seigneurs de Pigareau ont fondé ce collège. M. le marquis de Clérembault, dont le nom est de Gillier, est à leurs droits comme seigneur de Pigareau. Ce collège est. très-ancien. On a donné aoott de pension au principal, et 5ott à chacun des deux boursiers, leur vie durant. Le roi a donné 3, 000 H pour mettre les bàtimens en état de loger les écoliers nouveaux convertis.

M. l'évéquc de Poitiers auroit souhaité que ce collège, sous le nom de séminaire, eut demeuré sous son inspection; mais le père de la Chaise n’a point voulu passer cet article, disant que les évêques n’ont aucun droit d’inspection sur les collèges des jésuites, et que celui de Pigareau ne porteroit point le nom de séminaire. M. de Clérembault demandoit aussi que la cession du collège fût faite à condition d’une fondation de quelques prières; à quoi le père de la Chaise s’est encore opposé, les fondations de prières étant absolument défendues par leurs constitutions, ce qui a été inviolablcmcnt exécuté.

J’ai engagé l’Université à consentir à l’union du college de Pigareau à celui des jésuites. Il y avoit des oppositions, les jésuites ayant

1 Le P. Anselme écrit Puyganxau. Le marquis de Clérembault se nommait Mené Gillicr de Puygarreau.

des ennemis à Poitiers comme dans les autres villes du royaume , y ayant partout des jansénistes.

Il y a eu information de commodité et incommodité faite par le lieutenant général de Poitiers.

Le iCT février, M. de Louvois m’a envoyé une ordonnance de 2,4ooh, pour l’entretien des vicaires dans huit paroisses du diocèse de Poitiers, et des maîtres d’école dans les petites villes et bourgs qui ne sont pas en état de les gager.

Le 4 février 1687, j'ai mandé à M. de Louvois qu’il avoil été arrêté trente à quarante personnes qui s’éloieut embarquées avec le sieur de la Chauvinière , gentilhomme du Poitou. On a prétendu que c’est le sieur de la hoclic-Gilfart, gentilhomme qualifié, qui a des terres sur les confins de lîrctagne et de Poitou, qui a sollicité le sieur de la Chauvinière et beaucoup d’autres rcligionnaircs de passer en Angleterre, où il a passé par permission du roi, et qui jouit d’une pension considérable sur le bien qu’il a donné à sa fille en la mariant à M. de Thianges.

Les rcligionnaircs qui se sont assemblés près Pouzauges et qui sont prisonniers demandent grâce, et promettent de vivre en bons catholiques, mais c’est pour avoir la vie. Ce sont presque tous cardeurs de laine. C’est par les gens de ce métier que le calvinisme a commencé en France.

Les anciens catholiques des bourgs de Pouzauges et de Moncoutant n’ayant fait aucun mouvement pour empêcher les assemblées des nouveaux convertis, n’en ayant donné aucun avis, et n’ayant voulu administrer aucun témoin de ces assemblées, j’ai proposé au roi d’y envoyer une compagnie de cavalerie.

M. de Louvois m’a écrit, le 9 février, que l’intention du roi est que l'on accable de troupes les lieux dont les babitans ont assisté aux assemblées, et m’envoie un arrêt pour leur faire le procès.

Autre lettre, du i4 février, qui ne veut pas que l’on ait égard aux témoignages de repentir qu’ont donnés quatre nouveaux convertis, arrêtés pour s’être trouvés aux assemblées d’auprès Pouzauges, et que le roi désire qu’on leur fasse le procès.

\L de Louvois m’avoit mandé qu’il falloit faire démolir les maisons des rcligionnaires qui s'étoient assemblés prés Pouzauges; mais je lui ai marqué que la déclaration du mois de juillet 1 G8G porloit bien peine de mort, mais non pas la démolition des maisons, et qu’il n’étoit pas permis aux juges d’ajouter des peines à celles portées par les lois, au-dessus desquelles M. de Louvois ue faisoit pas scrupule de se mettre.

J’ai enfin reçu, après avoir longtemps attendu, l’arrêt du conseil qui me commet pour juger, avec les officiers du siège de Fontenay, les nouveaux convertis qui se sont assemblés du côté de Pouzauges. De quatre accusés qui étoient prisonniers, le nommé Bigot, qui faisoit fonction de ministre dans ces assemblées , a été condamné à être pendu , deux envoyés aux galères, et le quatrième banni à perpétuité, le tout suivant qu’ils ont été trouvés plus ou moins coupables1. Bigot, pendant l'instruction du procès, même sur la sellette, avoit paru repentant; cependant il a repris ses erreurs lorsqu’il a entendu la lecture de son jugement. Il n’a point fait de profession publique de la religion dans laquelle il mouroit, il a seulement chanté un psaume; mais, comme il avoit la voix foiblc, le chant du Salve par le peuple l’a étouffée et on ne l'a point entendue. Il n’a accusé aucun gentilhomme, ministre, ni autre personne de marque; et quoique j’aie mandé à M. de Louvois, par ma lettre du 22 février, jour de ce jugement, quej’avois cru qu'il sufHsoit, pour l’exemple, de condamner le prédicant à la mort, les autres pouvant s’être laissé entraîner dans ces assemblées, cependant il a trouvé que j’avois été trop indulgent, et que je devois condamner les quatre que j’ai jugés à la mort. Je n’ai pas cru que ce fût par ordre du roi qu’il m’ait taxé de trop de dou-

1 Répétition .«Au mois de février, j’ai « fait le procès à des rcligionnaires du l>as « Poitou qui «voient fait des assemblées où « il y avoit eu des prêches faits par un ■ maitre d’école qui a été pendu , deux

* condamnés aux galères, et un quatrième

• banni. >

Le Journal de Dangcau , des 3 1 mai et 3t juin 1713 . nous apprend qu'à la paix d’t'trerbl Louis XIV accorda à la reine Anne la liberté des galériens français protestants, même de ceux qui étaient condamnés pour d'autres causes que la désobéissance.

ceur, et suis persuadé que c’est de son propre fond qu’il a tiré ce reproche. Je lui ai encore marqué qu’il ne falloit pas chercher ailleurs la cause de cette licence que dans les lettres pastorales que les ministres sortis du royaume écrivoient aux nouveaux convertis; mais il étoit beaucoup moins touché de l'intérêt de la religion que du prolit immense que lui apportait le port des lettres étrangères, et le prétexte dont il se servoit étoit de dire qu’il falloit bien se garder de violer le dépôt des lettres, beaucoup plus sacré pour lui que celui de la religion.

J’ai envoyé à M. le chancelier, le même jour, une copie de ce jugement.

Le. . février 1687, j’ai jugé, avec les olliciers du siège de Fontenay, contre des nouveaux convertis qui s’étoient assemblés plusieurs fois en bas Poitou, au nombre de cent personnes, et [avoient] fait pendant la nuit l’exercice de la R. P. R. Le nommé Bigot, promoteur et le prédicanl de cette assemblée, a été condamné à être pendu; deux de ceux qui s’étoient le plus signalés dans cette assemblée, aux galères perpétuelles, et le quatrième, moins chargé que les trois autres, au bannissement à perpétuité. Cet exemple étoit nécessaire pour arrêter une licence qui commençoit à gagner les paroisses du bas Poitou où il y a des nouveaux convertis.

Le 12 février 1687, j’ai demandé à M. Le Pelletier un fonds de 4 à 5,ooo H au delà de celui qui a été donné par le roi, pour le distribuer aux pauvres.

Au mois de février, j’ai reçu ordre de faire transporter à Versailles les orangers de la Meilleraye et de Vcrteuil, que M. le duc Mazarin a donnés au roi. M. de Louvois a voulu, nonobstant les représentations que je lui ai faites, les faire voiturcr par les neiges et les glaces. Ils sont arrivés sans feuilles à Versailles et plusieurs morts. Je lui avois mandé que le roi pouvoit prendre des villes en hiver, mais non pas faire sortir des orangers de leurs serres.

La dépense de la conduite des orangers de Verleuil et de la Mcillcraye, à Versailles et à Fontainebleau, a coûté 9,000".

J’ai pensé, au mois de février, à l'acquisition de la terre de Mareuil, en bas Poitou. Elle vient de la maison de la Marck, et a été adjugée à madame la duchesse de Duras.

Le 3 mars 1687, j’ai mandé à M. de Louvois que le chevalier de Curzay mène une vie scandaleuse, ayant une femme dans sa maison, dont il a eu plusieurs enfans dont un a été baptisé sous son nom ; qu’il commet beaucoup de violences dans son canton, dont il est difficile d’avoir la preuve, parce qu’il est fort redouté. On l’accuse d’avoir mis la nuit le feu dans une maison vendue sur lui par décret. M. l’ évêque et son curé lui ayant fait plusieurs sommations de chasser cette femme , ses parens n’ont pu l’obliger d’aller servir à Malte , et j’ai été d’avis de le reléguer dans quelque province éloignée du Poitou, et de faire mettre la femme qu’il a chez lui dans un couvent de repenties, les juges ordinaires n’osant pas entreprendre de lui faire le procès.

Le 8 mars 1687, j’ai proposé à madame de Maintcnon de faire entrer à Saint-Cyr la demoiselle de la Haye, noble, sans bien, et qui n’avoit que quinze ans.

J’ai reçu une lettre [de M. de Louvois], du 1 1 mars 1687, pour envoyer à Pierre-Encise plusieurs religionnaires qui s’éloicnl cachés et qui ont été arrêtés, et les femmes dans des couvons des diocèses de Meaux et de Noyon.

M. de Chèteauncuf m’a demandé, par sa lettre du . . mars 1687, l’arrêt du conseil du i*r septembre 1687', rendu sur l’avis de M. de Bàvillc, qui donne la préséance aux gentilshommes des baronnies et châtellenies du bas Poitou sur les sénéchaux et juges des seigneurs hauts justiciers, dans les assemblées et cérémonies publiques. Je lui ai répondu que je ne l’avois point trouvé parmi les papiers de l’intendance, et qu’il devoit s’adresser à M. de Bâvillc qui, apparemment, l’avoit emporté.

Au mois de mars 1 687, j’ai obtenu du roi le don d’une charge de conseiller au présidial de Poitiers, vacante aux parties casuelles, en

1 Erreur de dale; d'ailleurs, Foucault avait remplacé Bàvillc en Poitou depuis le mois de septembre iG85.

laveur du sieur de Chascaux, élu à Poitiers, en considération des services qu’il a rendus dans l’ouvrage des conversions. J’ai demandé à M. le chancelier la grâce de le dispenser de venir so faire recevoir à Paris, attendu le besoin que j’en avois pour l’intérêt de la religion. C’est celui de tous les officiers du présidial de Poitiers qui a le plus do probité et d’intelligence, et dont je me suis servi le plus utilement dans toutes sortes d’affaires, étant très-zélé pour le bien public.

Au mois de mars, j’ai affermé la terre de Dissais, appartenant à l’évêché de Poitiers, de M. de Saillant, évêque de Poitiers.

Le. . mars, il m’a été donné une ordonnance sur le trésor royal, de 4,590 H, pour remboursement des frais faits à l'occasion des religionnaires arrêtés et auxquels le procès a été fait.

Le 10 avril 1G87, j’ai envoyé quinze femmes huguenotes à Paris, pour les faire mettre dans des couvons.

Le 1.4 avril 1687, j’ai reçu un ordre du roi pour faire mettre aux filles repenties de Poitiers la femme que le chevalier de Curzay entretient chez lui, et pour le reléguer à Montbrison. J’ai mandé à M. de Louvois qu’il supplioit le roi de lui accorder la grâce d'aller â Malte , où il pourroit subsister, n’en ayant pas le moyen à Montbrison.

Le 16 avril 1687, j’ai fait partir pour Noyon seize femmes et filles religionnaircs.

Le roi a accordé, sur ma représentation, aux filles de la congrégation de Notre-Dame de Chàtellerault, 6,oooH à prendre sur les biens saisis des religionnaircs, et 6ooH de pension sur le trésor royal; c’est ce que m’a mandé M. de Louvois par sa lettre du 26 avril 1 (187.

Parmi les femmes de la R. P. R. qui dévoient être conduites dans des couvens éloignés du Poitou, il s’en est trouvé trop âgées et infirmes pour souffrir la fatigue de ces voyages. Le roi a trouvé bon qu’à mesure quelles recouvreront leurs forces on les mette dans des couvens du Poitou, par la lettre de M. de Louvois du 39 avril 1 687.

Le 3 mai 1687, j’ai proposé â M. le chancelier d’établir un professeur de droit François dans la faculté de droit de l’Université de

Poitiers, comme il y en a dans les autres universités du royaume, et d’en faire pourvoir le sieur Jardel, ancien avocat, consommé dans les affaires du palais.

Par une lettre de M. de Saint-Pouanges, du i3 mai 1687, en l’absence de M. de Louvois, il me maude que le roi désire que je fasse arrêter le sieur des Minières, gentilhomme de la R. P. R. qui tient une mauvaise conduite , et que je l’envoie dans le château de Saumur.

L’office de sénéchal de robe longue à Foutenay-le-Comte , en bas Poitou, a été créé en faveur de Michel Tiraqueau, frère d’André qui a écrit', à condition qu’il demeureroit supprimé par sa mort, ce qui est arrivé. Cet office est demeuré supprimé pendant dix-sept années, après lequel temps le roi l’a fait revivre en faveur de Pierre Brisson, lieutenant particulier de Fontenay, frère de M. Brisson, président au parlement de Paris2, originaire de Fontenay. Il a passe, par sa mort, à ses enfans, jusques à Barnabé Brisson, dernier titulaire, par le décès duquel il a vaqué aux revenus casuels. M. Le Pelletier m’a demandé à quelle somme on pourroit taxer cet office, et je lui ai mandé qu’il pouvoit l’être à 12 à t3,ooon, attendu qu’il a peu de gages, d’émolumens et de fonctions, les partageant avec les autres officiers du siège.

Au mois de mai 1687, j’ai fait arrêter, par ordre du roi,. le marquis de Faur, accusé d’avoir maltraité les habitans de scs terres et de plusieurs violences, et entre autres d’avoir été lui-même enlever un paysan dans sa maison et de l’avoir fait attacher à un poteau, où il lui a fait donner les étrivières, pour n’avoir pas voulu lui déclarer le lieu où s’étoit retiré le fermier judiciaire3 duVigean pour éviter ses violences.

1 Érudit et jurisconsulte, né à Fontenay-le-(!omle, en i é8o , mort en i558.

* Né à Fontcnay-lc-Comtc, mort président du parlement de Pari», le i5 novembre i5qi. Son frère. Pierre Brisson.

sénéchal à Fontenay-le-Comle, mourut en

1590. Il a laissé, comme le président , de» ouvrages d'histoire et d’éruditiou.

s On appelait fermier judiciaire celui auquel le bail d'un héritage saisi réellement avait été adjugé par autorité de justice

Les gentilshommes de la R. P. R. qui m'ont paru les plus opiniâtres sont les sieurs de Gagemont, de Choisy, capitaine du château dé Chefhrelonne appartenant à M. le comte de Roye, des Minières, de la Chauvinière. Le sieur des Minières a été conduit à Saumur, et le sieur de Gagemont à Pierrc-Encise.

M. de Louvois m’ayant envoyé un fragment de lettre qui lui donnoit avis qu’un curé de Poitiers, nommé Gautier, étoit le correspondant des religieuses de la Fougereusc et de toutes les personnes suspectes de jansénisme dans la province, c’est ce que j’ai vériGé, et [j’ai] appris que le jansénisme a été introduit dans le monastère de la Fougcrcuse par des directeurs, et qu’il s’y est entretenu par le commerce que les religieuses ont eu avec la cabale de Paris. J’ai mandé à M. de Louvois que ce Gautier étoit un homme dangereux; qu’il avoit souvent des conférences avec les jansénistes de Poitiers; que M. de la Iloguelte, pendant qu’il étoit évêque de Poitiers, lui avoit défendu de confesser d’autres personnes que ses paroissiens, mais qu’il n'avoit laissé d’en confesser d’autres paroisses. Il entretenoit aussi commerce avec dom Bataille, sous-prieur de l’abhaye de Saint-Cyran, qui a été envoyé par ordre du roi dans le couvent des Bénédictins de Poitiers. J’ai mandé qu’il falloit éloigner ledit Gautier de la province.

Le roi a, sur ma représentation, accordé 3,oooH aux filles de l’Uniou.chrétienne de Poitiers, pour acheter une maison au mois de mai 1687.

Les missionnaires ont travaillé fort utilement pour les conversions.

Au mois de juin 1687, la veuve d’un ministre de Chàtellcrault s’étant cachée dans la maison d’un de ses proches pour éviter d’être recherchée pour la religion, les officiers de Châlellerault, en ayant eu avis, sc sont transportés dans celte maison, et, sur le bruit qu’elle entendit, elle s’alla jeter dans un puits, d’où elle fut retirée et conduite aux filles repenties de Poitiers.

Les biens des rcligionnaires fugitifs ou emprisonnés s’affermant à vil prix par la difficulté qu’il y a de trouver des fermiers, qui appréhendent le retour desdits rcligionnaires, j’ai proposé de les réunir

DE NICOLAS-JOSEPIl FOUCAULT, au domaine du roi pour y demeurer incomnuitablcment acquis après le temps réglé par les ordonnances, pendant lequel les religionnaires pourront se convertir et le roi pourra leur rendre leurs biens. Les créanciers pourroient aussi, pendant ce temps, faire leurs diligences pour être payes.

Le a4 juillet 1687, j’ai proposé à M. Le Pelletier de faire venir à Poitiers M. d’Héricourt, pour travailler avec moi au papier terrier du Poitou. Il y a travaillé à Montauban et en Béarn.

Le i4 août 1687, j’ai mandé à M. de I.ouvois que j’exécutois, avec le plus d’exactitude qu’il étoit convenable, le contenu dans l’instruction qu’il m’avoit donnée, mais que j’appréhendois qu’elle ne donnât lieu à un grand relâchement [chez] les nouveaux convertis dans l’exercice de la religion, et que j’en voyois déjà les connnencemcns.

Le corps des marchands de Poitiers ayant fait faire une statue du roi pour mettre sur la porte de la juridiction consulaire, elle a été trouvée trop grande pour cet emplacement et digne d’être mise dans une place publique, ce qu’ayant proposé au corps des marchands, ils y ont consenti, et je l'ai fait élever sur un piédestal dans la plus grande place de la ville, le jour de saint Louis 1687. (l'ïd. la relation.)

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