U MÉMOIRES
Au mois de novembre 1 699, j’ai sollicité M. l’archevêque de Rouen et MM. les évêques de Normandie, pour faire tomber à M. l’abbé Petit, mon neveu, la députation à l’assemblée prochaine du clergé, ce qu’ils ont fait.
Il y a eu disette de grains en 1699.
M. le duc de Beauvilliers, gouverneur des enfans de France, ayant écrit à tous MM. les intendans, de la part de M. le duc de Bourgogne, de travailler à un mémoire contenant l’état de leurs généralités, ample et exact, j’ai fait et lui ai envoyé celui de la généralité de Caen1, dont il a paru content. M. le duc de Beauvilliers me l’a marqué par sa lettre de remerciement qu’il m’a fait par ordre de M. le duc de Bourgogne, le 22 avril.
Par la déclaration du 16 décembre 1698, il est porté que les publications qui seront faites, même pour les propres affaires du roi, ne pourront être faites qu’à l’issue de la messe, pour empêcher que le service ne soit interrompu. M. le chancelier de Pontchartrain m’a mandé, par sa lettre du i3 juin 17002, que, sous prétexte que les habitans sortent de l’église aussitôt que la grande messe est finie, les publications ne se font point ou se fout devant peu de personnes; que, pour faire cesser ce prétexte, Sa Majesté a cru qu’il lalloit dire aux curés que, lorsqu’ils auront des publications à faire, ils en avertissent les habitans à la fin du prône, et que j’aie à le leur faire savoir.
Au mois de juin 1700, j'ai fait réédifier les écoles de l’Université de Caen; le roi leur a donné les balles. M. de Nesmond, évêque de Bayeux, et moi, avons mis la première pierre de ces bâtimens.
Je suis parti pourThouars, le 22 juillet, suivant la permission que M. Chamillart m’en a donnée.
1 Sur rc travail de Foucault, voy. noire charlrain, dans Depping , Corrtspondana introduction. administrante sous le rétine de Louis XIV ,
* Voy. la circulaire du chancelier Pont- t. H, p. 3a 1.
Au mois d’août 1700, M. le chancelier de Pontchartrain m’a accordé le privilège de l’impression du procès-verbal de la conférence de MM. les commissaires du conseil avec ceux du parlement, pour la rédaction de l’ordonnance de 1667. J’ai fait mettre le privilège sous le nom du sieur de Seneuse, libraire. C’est mon père qui a rédigé ce procès-verbal.
Le 1 5 août, j’ai fait un écrit avec le sieur de Seneuse, libraire, par lequel il s’est engagé de faire imprimer le procès-verbal de, l’ordonnance civile de 1667, rédigé par mon père, et de me donner la valeur de i,oooH en livres à mon choix. Ce traité a été exécuté, et j’ai fait présent à tous MM. les conseillers d’état d’un exemplaire dudit proces-verbal, dont ledit sieur de Seneuse m’a délivré trente exemplaires, outre les livres portés par ledit marché. J’en ai aussi présenté à M. le chancelier Pontchartrain et à M. Desmaretz, contrôleur général ; ledit Seneuse a dédié le livre à M. l’abbé Bignon1.
M. de Bezons, conseiller d’état, étant mort au mois de septembre2, j'ai écrit, le ao septembre, à M. Chamillart, pour demander pour moi cette place au roi. — ( Vid . la lettre.)
Au mois de septembre, j’ai reçu ordre de faire saisir les biens de M. le cardinal de Bouillon* dépendans de ses bénéfices.
I Répétition : • Le i5 août, j'ai fait un
• traité avec le sieur Seneuse, libraire à
• Paris , par lequel je lui ai cédé le privi-
• lége d'imprimer le procès-verbal de l’or-
• donnancc de 1667 et 1670, moyennant
• 1,000* qu’il doit me donner en livres et
• une douzaine d’exemplaires dudit procès-
• verbal. Ce traité a été exécuté en •
II n’est pas probable que le traité avec Seneuse ait été exécuté directement. En tout cas, il 11c reste pas de trace du livre publié par lui. Le procès-verbal de l’ordonnance de 1667 ûit publié d'abord à Lyon sous la rubrique de Lille en 1 697, et sous celle de Louvain en 1 700. La première édition revue et corrigée sur l’ori-
ginal communiqué par Foucault est celle de Paris, 1709, in-4*, chez les libraires associés. Du moins est -elle la première connue qui contienne le privilège du roi accordé à Foucault et cédé pnr lui à P. Emcry et à scs associés, peut-être cessionnaires de Seneuse , ainsi que la dédicace à l’abbé Bignon (voy. Barbier, Dicl. des ouvr. anonymes, n" 14,891}.
* Louis Bazin, seigneur de Bezons, conseiller au parlement de Paris en 1 668. conseiller d’état en 1686, et ordinaire en 1698, était intendant de Bordeaux, où il mourut le 9 août 1700.
’ Le cardinal de Bouillon avait refusé d’obéir à l'ordre que Louis XIV lui avait
J’ai reçu une lettre de M. Chamillart, du 8 octobre 1700, avec deux mémoires contenant le projet d’une nouvelle capitation, l’un de lui et l’autre de M. Le Pelletier. Il me charge d’en faire l’opération dans des paroisses de quelques expiions; mais les difficultés ont fait échouer ce projet. iîgF’ , -
J’ai proposé, en 1701, MM. le marquis de Saint-Pierre, de la
Roque et gentilshommes, pour travailler avec .moi à cet
ouvrage, M. le marquis de Canisy s’étant excusé sur ses incommodités.
Le 18 octobre 1700, M. Chamillart m’a écrit une lettre à laquelle étoit joint un mémoire pour l’établissement d’une nouvelle capitation qui étoit proprement une taille réelle , puisque les terres étoient taxées à proportion de leur valeur. Ce projet n’a pas été suivi et a été repris en 1718 par M. le régent, mais on doute qu’il réussisse. •
M. Chamillart m’a écrit, le . . . octobre, qu’il auroit bien souhaité tirer M. son frère de Dol, dont l’air lui est très-contraire; qu’il avoit pensé que , M. l’évèque de Bayeux ayant marqué vouloir demander au roi un coadjuteur, je pourrois lui proposer de lui faire donner une abbaye, moyennant quoi il donneroit sa démission pure et simple de révêché de Bayeux. Cette proposition n’a pas eu d’elfet. M. de Ncsmond est demeuré et mort évêque de Bayeux. On croit que sa famille, c’cst-é-dire M. de Lamoignon et madame la présidente de Nesmond, l’cn ont détourné, et peut-être M. de la Chétardie, curé de Saint-Sulpice.
Le roi ne vouloit point admettre de coadjuteurs aux évêchés.
J’ai fait mon compliment à M. Chamillart, le 26 novembre, sur ce que le roi l’a fait ministre d’état.
envoyé à Rome de rentrer en France le 12 septembre. «On sut, dit Dangeau à «celte date, que l'arrêt contre M. le car- « dinal de Bouillon étoit expédié. Les in- • tendons des provinces où sont situés ■ scs bénéfices ont ordre d'en saisir tous
« les revenus, tant ceux qui échoiront que « ceux qui sont échus. Le tiers de ces re- « venus sera employé aux réparations , * un tiers sera distribué aux pauvres des «lieux, cl l'autre tiers sera mis en sé- « qncslre. »
v(. DE NICOLAS-JOSEPH FOUCAULT. 337
Au mois de novembre, j’ai travaillé avec madame la duchesse • douairière de Vcntadour et M. l’évêque de Coutances, à Sainte-Mariedu-Mont, à chercher les moyens de faire subsister les pauvres de cette paroisse, dont le nombre ‘oftt de deux cents, tant hommes que femmes, madame de Ventadour en occupant une partie par le travail quelle leur donnoit. Il y a un hôpital fondé dans cette paroisse par madame la maréchale de Saint-Géran, et augmenté par madame de Ventadour. 11 jouit de a,ooott de revenu. Je l’ai mandé à M. Chamillart, et que nous allions travailler à ôter la mendicité dans les paroisses voisines. Je lui ai proposé de faire convertir les aumônes qui se font abusivement aux portes des abbayes, au profit des hôpitaux.
Le... décembre 1700, j’ai fait assembler les principaux religionnaircs de Caen dans l’église de Saint-Jean, pour y faire des conférences. Le sieur Grandcolas a été choisi par M. l’évêque de Bayeux pour les faire. Je leur ai fait le discours ci-joint à l’ouverture des conférences; mais, voyant qu’elles dégénéroient en disputes d’école, j’ai fait entendre aux religionnaires que dorénavant on ne feroit plus de conférences , mais qu’on leur exposera l’Evangile , la doctrine de l’Église et la tradition, sans admettre ni dispute ni controverse; qu’ils pourront ensuite proposer leurs doutes en particulier et en toute liberté à celui qui leur aura exposé le sens de l’Écriture. Le discours que je leur ai fait le 6 janvier 1 701 est ci-joint1.