LE TORSE DU BELVÉDÈRE
préc idées de considérations scr l'utilité de l'étude des médailles,
POUR LA CONNAISSANCE DE l'HTSTOIRE DE LA STATOAIRE ANTIQUE.
C’est un regret qu’on a trop souvent l'occasion d’éprouver, en parcourant les rares et insuffisants éléments qui nous restent de l’histoire de l’art antique , que le grand nombre de chefs-d’œuvre de la statuaire grecque dont les originaux ont disparu, et dont il s'est conservé si peu même de copies, où l’on puisse se flatter de retrouver le caractère et la composition du modèle. La plupart de ces répétitions, déjà plus ou moins altérées dans leur exécution par la main du copiste, ne nous sont parvenues que mutilées ou dégradées par le temps; à quoi il faut ajouter encore les atteintes qui leur ont été portées par l’ignorance ou la maladresse des restaurateurs
modernes. Comme il est infiniment peu de statues antiques, dans le nombre si considérable qu’on en a recueilli , qui ne fussent privées de quelqu’une de leurs parties, c’est à l’aide de conjectures plus ou moins arbitraires qu’on a essayé de suppléer ces parties détruites; et il est trop vrai que ces restaurations, dirigées par un faux savoir, ont presque toujours gâté le monument antique, et vicié l’interprétation qui s’en pouvait faire. Les grands et beaux travaux de la statuaire des Grecs, dont nous ne possédons que des copies ainsi défigurées, ou dont il n'existe même de copies d’aucune sorte, seraient donc perdus pour nous de toute manière et sans retour, s’il ne nous restait à leur égard que de courtes et vagues indications, telles que celles qui se lisent dans Pline et daus Pausanias; mais ces données, si faibles, si insuffisantes quelles soient eu elles-mêmes, nous deviennent pourtant très-précieuses, en ce qu elles nous servent à reconnaître, sur les médailles et les pierres gravées, un assez grand nombre de statues et de groupes , cbefs-d’œuvre de la statuaire grecque, dont nous ne pouvons plus espérer de recouvrer jamais les originaux. A la vérité, ce ne sont encore que de bien imparfaites images de ces originaux que uous retrouvons sur les médailles. Réduites à des dimensions qui ont dû faire disparaître entièrement les qualités propres du style et de l’exécution , des copies de ce genre ne peuvent avoir pour nous d’autre mérite que de nous retracer, fomme elles retraçaient aux yeux des anciens eux-mêmes, la composition, le motif principal, l’état primitif, l’altitude, et, jusqu'à un certain point, le caractère général des originaux que le graveur s’était proposé de reproduire. Mais enfin ce n’est pas un si médiocre avantage que do posséder, dans ces images mêmes si réduites d’originaux si excellents, un moyen sûr pour les recomposer en idée
ou pour les restaurer en réalité; et ce n’est pas non plus une chose si indifférente que de recouvrer une image quelconque d’une statue grecque, telle que l’avait conçue son auteur, et avant qu’elle fût devenue, par des transformations successives, un ouvrage souvent bien différent du monument primitif.
Considérée sous ce point de vue, l’étude des médailles, des pierres gravées et des pâtes antiques, devait être sans contredit un des principaux éléments de l’histoire de l'art; et l’on a droit de s’étonner quelle ait été si peu mise à profit jusqu’ici par les hommes mêmes qui se sont occupés avec le plus de succès de cette histoire. Winckelmann , par exemple, n’a fait presque aucun usage des médailles, non-seulement en ce qui concerne le style et le travail des plus anciens comme des plus beaux monuments numismatiques, mais encore en ce qui regarde les ouvrages de l’art, aujourd’hui perdus, dont les monnaies impériales, des époques même les plus basses, nous offrent tant d'imitations; et parmi les antiquaires les plus estimés de notre âge, très-peu ont eu le mérite de reconnaître le parti qu’on pouvait tirer des médailles, pour l’interprétation des statues antiques. L’illustre Visconti lui-même s'est peu servi de ce moyen de critique dans son grand ouvrage du musée Pie-Clémentin ; et c’est ce qui motive l’honorable exception à laquelle a droit un savant antiquaire de Berlin , feu M. Lewezow, qui , dans sa Dis&rtation sur la Venu de Cnide \ a principalement appuyé son opinion sur le témoignage des médailles, en alléguant à cette occasion quelques-uns des exemples les plus frappants que lui offrait la connaissance des médaillés grecques, et dont la doctrine, déjà recommandée
1 Lcwciow, ûber die F rage ob die Medi- Praxitèle* sey , S. 47 el 64. BeHin, 1 8 o 8 , ceische Venus ein Dild der KnidUcken nom in-4 # .
par l'illustre Heyne 1 et approuvée par M. Fr. Jacobs*, a fourni au savant philologue et antiquaire que je viens de citer en dernier lieu, une nouvelle et heureuse application*.
Mais, pour ne pas nous écarter de notre sujet, c'est une chose effectivement bien remarquable, quoiqu’elle n’ait peutêtre pas été assez remarquée, que ces monnaies impériales, frappées pour la plupart dans les temps du déclin de l'art , nous représentent un si grand nombre de monuments antiques, temples, théâtres, autels, portâmes, hippodromes, ports de mer, arcs de triomphe, portes de villes, et surtout groupes et statues, tous ouvrages de l'art, irréparablement perdus pour nous. Il semble même qu’à proportion que l’art s’affaiblit, ces sortes d’images se multiplient sur les médailles? comme s’il eût voulu opposer aux progrès malheureusement trop rapides et trop sensibles de sa décadence , les preuves et les monuments encore subsistants de son ancienne splendeur. Mais il y a, de cette abondance de monuments de l'art si remarquable sur les monnaies grecques impériales, une raison qui ne me semble pas avoir encore été donnée. Tant que lés Grecs furent une nation libre et indépendante, ils se contentèrent d’empreindre leurs monnaies des symboles de leur culte et des images de leurs dieux. Aussi les monnaies autonomes présentent-elles, à très-peu d’exceptions près, une tête idéale de divinité avec ses attributs au revers. Mais, lorsque la Grèce, asseivie par les Romains, eût perdu le droit de rappeler sur sa monnaie les symboles de son autonomie, dans le métal qui en avait été le signe le plus précieux comme la plus haute expression , l’or ou l’argent; lorsque la tête des empereurs fut devenue le type
* Gôlting. gel. Anzeig. 1807, St. ao 3 , ' Dans une Dissertation qui serti citée S. aoao. plus bas.
' Fr. Jacobs, vertu. Schrift. t. V, S> 4 i 5 .
( la * )
universel et obligé de la monnaie de bronze, il fallut bien recourir, pour distinguer la monnaie de chaque ville, à des signes particuliers, que l'on dut chercher et que l’on trouva naturellement dans des circonstances locales, et le plus souvent dans des monuments publics. Ainsi la Grèce, au défaut des titres de son ancienne liberté, se para des souvenirs de son ancienne gloire ; faute de pouvoir reproduire l'image de ses dieux , dont les empereurs avaient usurpé la place , elle évoqua l’image de scs grands citoyens; et, comme les statues de ses divinités locales et de ses héros domestiques étaient alors presque le seul débris quelle eût conservé de son antique illustration, comme elle ne possédait plus, dans son abaissement actuel, d’autre gloire que celle des arts, ni d’autre moyen d'influence auprès de scs maîtres , que par les arts, elle eut recours, pour déguiser ou pour orner son esclavage, aux hommes et aux monuments qui avaient jadis fondé et embelli sa liberté. On vit donc apparaître, sur la monnaie des villes grecques, une foule de héros mythologiques, qui n’avaient saus doute jamais existé que dans la croyance des peuples, et dont les têtes idéales constituaient, par une sorte de convention publique, toute une classe de monuments de l’art. Je veux parler de ces Iléms Eponymes, que l’on révérait presque dans chaque ville grecque, à titre de Fondateurs, OIKI2TAJ, KTIETAI , dont nous savons que les statues , dédiées à Delphes ou à Olympic, formaient l’ornement de la cité qui leur rapportait sa naissance et son nom, et dont la tête servit de type principal sur les monnaies de tant de villes grecques, frappées vers la fin de la république ou le commencement de l’empire 1 : tels que les héros Byzas à Byzance, Tomosk Tomes, Perga-
1 Je renvoie mes lecteurs aux observa- ftgurft héroïques, employées comme types de lions que j'ai présentées sur cette classe de monnaies grecques , dans mes Monuments
( ia5 )
mos à Pergamc, Cyzicos à Cyzique, Éphésos à Éphèse; sans parler d’autres héros nationaux, tels que Lencippos à Mclapontc, Cargos à Ambracie, Phémmon à Messine, Leucaspis à Sy racines , Agatkymas à Tyndaris 1 , Akestès à Scgeste , Cydon à Cydonie , Taras à Tarenle, Phémios chez les Ænianes 1 , Ajax chez les Oponticns, Maron à Maronée 3 , Ulysse à Ithaque, Achille en Épire et en Thessalie, Hector h Ophrynium, Eurypylos à Pergamc, Kcphalos à Céphallénic, Mènestheus à Elce d’Eolidc, Tins à Tium de Bithynic, Arkomclios à Myrine, dont la figure en pied , ou la tête seule , s’étaient déjà montrées sur la monnaie autonome. Un peu plui tard on sentit le besoin d’ajouter à ces images idéales de héros ou de personnages mythologiques des portraits plus réels . d’hommes, dont l’existence plus certaine et la renommée plu* récente intéressaient davantage la Grèce, et pouvaient lui servir d’appui auprès de ses maîtres. C’était alors, en effet, le
inédits, AchiUèide , p. 87, 5) , et Odysséide , p. a 4a -a 40 ; voy. aussi au x Additions, p. 4 1 3- 4»4.
1 Voy. celle médaille dans M. Millinge» , arment Coins of Cit. Gr. pl. 11, n. g , et dans le il. Mas. Dorbon . t IX, tav. xlv, n. 1 a , où l'éditeur, M. Avcllino, suit avec raison l'opinion de M. le duc de Luynes, Annal.
dolT Jnstit. archcol. i. U , p. 3o8-3 1 1 , contre celle de M. Milliogen.
* Je cite ce personnage pour avoir occasion de donner publiquement mon assentiment à une ingénieuse kléode M. de Brundsted , qui , dans son explication d'une de ces belles médailles des Ænianes, a rapporté à la figure du héros qui en forme le type, le trait mythologique raconté par Plutarque, Qasrst. gr. S XIH, t. II, p. ao4*ao6, ed.
Wyllenbach. voy. ses Voyages et Recherches dans la Grèce , t. 11, vignette, n. xlviii.
p. ao6 ; cf. ibid. p. 3o4 ; et je profite de cette occasion pour faire observer que M. Borell , qui a publié récemment la même explication, sans avoir eu connaissance du travail de M. de Brôndsted , s’est trompé en nommant P hé ru ko s au lieu de Phémios. le héros national des Ænianes; voy. la Numismalik Chronicleeditedby ALcrman, Januarv, x84o, n. vu, $ xxn, p. 1/19*1 5a.
* La figure que je regarde comme celle de Maron, héros éponyme de Maronée , est celle du Personnage, repré sente nu, debout, avec la chlamyde, et portant deux lances à la main, que l'on a prise h tort pour la figure de Dacchus; et je me réserve de donner les preuves de celte assertion dans un mémoire particulier, qui a pour objet l'examen des Figures héroïques, qui servent de type principal ou accessoire sur les monnaies des villes grecques.
temps où les arts de la Grèce cherchaient à s’emparer du génie encore inculte de l’orgueilleuse Rome, pour l'adoucir en l’éclairant; c’était le temps où la Grèce essayait de reprendre, par ses philosophes et ses rhéteurs, l’ascendant qu’elle avait jadis exercé par ses héros citoyens et hommes d’État. On vit donc les portraits d’ Homère, d'Alcée, de Stésickore , de Pittacus, de Lycuryue, de Pythayore, d’ Empédocle , de Chiysippc, de Théo plume, de Sappho, et même de Lais, figurer sur les monnaies de la Grèce, à l’cpoquc où la Grèce ne voyait plus, au lieu d'imitateurs ou de disciples de ces beaux génies, que des préteurs ou des proconsuls romains. Alors aussi, les ouvrages .des grands artistes, ceux djgcladas , de Micon, de Polyclète, dfc Phidias , de Praxitèle, de Scopas, d'Euphranor, de Lysippe ; ceux mêmes des plus anciens maîtres, tels que Dédale et Smilis, Tcctœus et Jngélion, Canachus et Calamis, qui étaient restés le patrimoine des villes grecques, devinrent le type de leurs médailles. Souvent même, ces villes, qui avaient perdu, par la rapacité des Romains, jusqu’aux simulacres de leurs dieux domestiques, ne purent se consoler de cette perte, qu’en retrouvant, sur leurs monnaies, au moins une laiblè réminiscence de ces images si chères. De cette manière, les Grecs pouvaient encore se flatter que la statue, arrachée de son temple, n’était pas tout à fait absente, ou que l’œuvre du génie et l’objet du culte de leurs pères n’avait pas péri tout entier dans ce grand naufrage de la liberté grecque.
On ferait un catalogue bien intéressant et bien instructif de la seule énumération des ouvrages de l’art, presque tous du premier ordre par le sujet ou par le talent de leurs auteurs, qui se retrouvent ainsi sur les médailles ou sur les pierres gravées et les pâtes antiques. Mais ce catalogue, qui peut former un des chapitres les plus considérables de l’his-
toire de l’art , est un sujet de travail trop important pour être traité ici d'une manière incidente; et c’est seulement pour préparer et justifier d’avance l’explication nouvelle que j’ai à proposer du Torse du Belvédère , d'après des médailles antiques et des pierres gravées, que je vais citer quelques exemples des services de ce genre que nous a déjà rendus et que peut nous rendre encore la numismatique grecque impériale.
11 est bien peu d’antiquaires qui ne sachent que la Junon de Samos, ouvrage de Smilis, de face ou de profil, isolée ou dans son temple, forme le type habituel des monnaies de bronze de cette ville, de presque toute la suite impériale. C’est ce qui n’est guère moins connu, au sujet de quelques autres statues de divinités, appartenant de même à la plus haute époque de l’art, et conçues suivant un système originairement asiatique , telles que la V énus de Paplios , la déesse Enyo de Comana 1 , la triple Hécate de Mastanra *, la Latone de Tripohs de Carie, la Diane à’Ephèse, celles de Pvrga et de Magnésie, la Némésis de Smyme, l’ancien Hercule d 'Erythres et celui de Cos, le Bacchus Phalès de Mitylènc 5 , le Jupiter Labrandcus de Mylasa , la Vénus d’ Aphrodisias* ; pour ne parler ici que des plus célèbres de ces vieux simulacres, que nous voyons apparaître, comme par l’effet d'une sorte de conjuration du polythéisme
1 Miiiingen, anc. Coins of Greek Cities,
pl. v, ». 4 . p. 67-#.
* Mas. Hedervar. t. I, tab. XXIV, n. 5a6.
* J’aurai occasion de parier de cette statue de Bacchus et de la médaille qui la représente, dans la Deuxième Partie de mes Lettres archéologique sur la Peinture des Grecs ; j’y renvoie donc mes lecteurs.
% Une de ces médailles A'Apkrodisias , publiée par M. Miiiingen , Sylloge , etc. pl. 11, n. 45 , p. 7 1-73 , offre la figure de la Déesse
vêtue, d’ancien style, avec un miroir quelle lient d’une main, et avec deux objets qui ont paru incertains à M. Miiiingen, et qui doivent être deux petits Amours. Une autre de ces médailles , du cabinet VViczaï , rêcem* ment entrée dans notre coliectiou , montre le même type de Vénus, revêtue de ses habits sacrés, avec une rare perfection de détails ; je compte publier cette curieuse médaille dans un travail particulier-
expirant , sur les médailles des villes grecques, alors que le culte, dont ils avaient été l’expression symbolique la plus haute, s’affaiblissait dans la croyance des peuples, et que la forme surannée sous laquelle ils se produisaient ne trouvait plus d’analogie dans les travaux de l’art , ni de sympathie dans les habitudes de la société. Mais, à ne considérer que les statues de divinités, conçues d’après les principes de l'imitation, et devenues, à ce titre, des œuvres de 1 art plus ou moins recommandables sous le rapport de l’exécution , et plus ou moins importantes dans l’histoire de 1 art par leur antiquité ou par leur mérite, je puis en indiquer un assez grand nombre, dont la représentation se trouve sur les médailles, et de la plupart desquelles il ne nous reste que cette seule image.
L'Apollon Sminlhcns, simultfcrc d’ancien style, sert de type sur plusieurs monnaies de villes de la fronde , telles qu lJumaxitc ', AlcxanJria Troas et llinm recens J , où il est représente debout, quelquefois de face, avec l’arc d’une main, et la patère de l’autre, concurremment avec la statue du même dieu, qui existait de la main de Scopas, et qui était exécutée dans un autre système, bien que dans un style d'imitation archaïque, qu’on y reconnaît encore sur les médailles 3 . L 'Apollon Clarias se voit également sur des médailles de Colophon ' et d autres villes d’Ionie, comme l 'Apollon Philcsius, sur celles de Mdet\ Ici,
7W.lc.*]uelj offrent la même fabrique que ni , n. 5, ceux A'Itinm recens avec te type <lc la M>-
1 âlrcber, Xumiunala, etc. tab. HI, n<
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nous possédons la copie réduite d’une statue célèbre de Canachus l’ancien , chef de l’école de Sicyone; le dieu est représenté nu, debout, tourné à gauche, les pieds à peine séparés l’un de l’autre, tenant de la main gauche l’arc, qui est son attribut distinctif, et sur la main droite un faon de biche, qui est son animal symbolique; et, du reste, on reconnaît dans cette image, tout imparfaite quelle est, tous les caractères du haut style grec, tels que nous les offre une statue du même dieu, qui est une répétition en marbre de la figure de Canachus, et qui existe au Musée Chiaramonti *, sans compter une autre copie en bronze qui, du Musée Gaddi , de Florence, a passé dans le Musée Britannique 1 . Efttrc autres statues d 'Apollon qui nous sont connues par des témoignages historiques, et que nous ne possédons plus que sur des médailles, je citerai encore celle qu’Hérodote décrit pour l’avoir vue sur la place publique de Métapontc 5 . Le dieu était représenté nu, s’appuyant d’une main sur une tige de laurier, et tenant de l’autre main un arc et des flèches ; or, c’est précisément là le type d'une des plus belles médailles de Métapontc 4 , dont le travail peut bien être contemporain d’Hérodote, et dont le style,. en tout
brotuo autonome, frappé vers la fm de la république romaine, et il se continue sur les pièce» du même métal frappées à l’effigie des empereurs, h partir de Claude et de Néron. On retrouve la même ligure de r Apollon Mule mus, placée entre les deux Némésis de Smyrne, sur le bronze impérial d' Alexandrie à'Egyp te , au revers d'Anlonin Pieux, Zoêga, lYum. Ægypt. tab. xi, p. » 85 , 187; , et n. x 3 o a, a 3 o b, p. 189i 91 ; cf ibidem , 181 , p. 19D et 4 o 3 .
‘ Éd. Gerhard. antike Bildwerke ,ceï\L I , Uf. xv.
1 Spécimens of ancien I Sculpture , vol. I,
pL 11. Ce bronze vient du Musée Gaddi de Florence, et il avait été publié déjà par Gori , Mus. Intruse. 1. 1 , tab. 1.1. Yoy. K. Ou. Mülicr, 1 lie Etnuker, iv, 3 , 7. p- i 63 , 71 J.
1 Ilerodot. îv, i 5 .
* Miu. Hunier, tab. 37, n* xxi ; duc de Luynes, Mctaponte, p. 36, S vit. Voy. mon Mémoire suri » type des monnaies de Caulonia. p. 43 - 48 . ou j’ai exposé toutes les notions qui se rapportent à cetlu statue â' Apollon , érigée sur U place publique de Mètaponte, et aux médailles tic cette dernière ville qui nous en offrent la reproduction . pi. UI , n*' 2i*ai.
cas, est digne du siècle de cet écrivain. Mais, en fait de statues d 'Apollon qui se recommandaient par le double intérêt du culte et de l’antiquité, -je mettrais en première ligne Y Apollon de Di‘los , ouvrage de deux statuaires, Tectæus et Angélion, élèves de Dipcene et Scvllis. C’était une ligure colossale, où Apollon apparaissait nu et debout, dans cette attitude droite et roide.qui caractérisait toute une classe de simulacres d’ancien style, nommés £o'<tnt épôi;il avait la tète couverte de cette espèce de meuble symbolique appelé modius, et dérivé, suivant toute apparence, de la tiare asiatique; ses jambes étaient à peine détachées l’une de l’autre; d’une main, il tenait un arc et des flèches; sur l’autrdî il portait trois petites Figures symboliques, qui représentaient les Trois Grâces, chacune avec un instrument de musique *. Telle est la figure que nous trouvons dans le champ de plusieurs tétradrachmes atliques *, où elle avait été méconnue , à raison de la petitesse de cette figure môme, qui ne permettait pas d’en bien distinguer les détails, mais qui se reproduit aussi sur le bronze 3 , d’une proportion un peu plus forte, et d’une manière à ne pouvoir plus donner lieu à aucune méprise *.
■Apollon, dieu de l’inspiration et de la poésie, offrait aux talents des artistes un type si favorable par les nombreuses applications dont il était susceptible et par les formes intéressantes sous lesquelles il se produisait, qu’il dut exister,
1 Pnuun. IX, 35, I i cf. Ptularch. de
Mtui c. t. 111, p. ao8i.
* Sestini, Ma», del. Pr. di Damm. p. xvi, tav. h, n* 6 ; Mionnet, Description, t II, p. 1*7, n** 167, 168, 169.
1 Mas. Hanter. Ub. u, n* xiv ; Mat. Dri tann. tab, vil, n # 9 .
* J'ai déjà eu occasion de traiter rt* point de l'bistoirc de l'art dans ma Lettre à
M. Schorn, p. 56-6o . cl, comme il a été proposé rc comment une explication diflérentc de ce» méduilles d'Athènes (vojr. le»
Noue. Annal, de llnstiL Archeoloÿ. t 1.
p. 8 a) . j'y reviendrai avec de nouvelles preuves dans la seconde édition de cette Lettre . qui sera publiée prochainement avec de» additions considérable»,
dans l'antiquité grecque, une prodigieuse quantité de scs statues. C’est aussi ce que nous pouvons inférer du nombre presque infini des réminiscences qui nous en restent sur les médailles grecques, tant autonomes qu’impériales. A coup sûr, la plupart de ces médailles nous oilrent, dans la figure qui en forme le type principal, l’image d’une statue t|ui jouissait dans la ville d’un culte particulier; et presque toujours, cette statue étant l’ouvrage de quelque artiste célèbre, comme nous en avons eu la preuve par les simulacres d 'Apollon Smin theus, d! Apollon Pkilésitu et d 'Apollon Délien, chefs-d’œuvre de Scopas, de Canaclius, et de Tectæus et Angélion, l’image que nous en possédons sur ces médailles acquiert à ce titre un plus haut degré d’intérêt. J'en vais citer quelques exemples qui justifieront cette observation, en même temps qu’ils montreront de plus en plus quelle utilité peut se tirer de l’étude des médailles pour la connaissance de l’histoire de l’art.
L 'Apollon en repos ou Lycien, caractérisé par le bras droit posé sur la tète, est un type qui fut fréquemment traité par l’art grec, (^p’nvait exécuté de deux manières différentes, suivant que le dieu, à la fois terrible et salutaire, destructeur et sccourablc, tenait de la main gauche l’arc ou la lyre, symboles de ces deux idées C'était selon le premier motif qu’avait été conçue la statue d 'Apollon Lycien, érigée à l’entrée du Lycée d’Athènes, avec l’arc à la main , au témoignage de Lucien 1 ; et c’est de cette statue qu’il nous est resté, d’après quelques-unes des nombreuses répétitions qui durent en exister dans la Grèce, une imitation curieuse sur une rare médaille de Marcianopolis de Mœsic 5 , et, ce qui est plus intéressant
* Serv. ad Æneid. ni, i 38 : Contra, si Creuier, zar Gcmmcnkunde , p. 198. 387). citharam louai , mitis est. Voy. à ce sujet * Lucien, de Gymnas. $ 7.
Feuerbach, de r A polio Vatican, p. 374.01 ' Publiée par Mil lin , Monum ined. LU,
encore, sur un bronsc d'Athènes même, que je crois inédit, et qui faisait partie du cabinet de feu M. Fauvel. L’autre motif, d'Apollon en repos, le bras droit ployé au-dessus de la tête, tenant la lyre de l’autre main, parait avoir exercé encore davantage les talents des artistes; c’est en effet l'altitude ('ans laquelle nous le présentent plusieurs pierres gravées 1 ; et c’est aussi le type dont il nous est parvenu plusieurs belles statues antiques 5 , qui sont autant de variantes d’un original célèbre. Une idée, liée à celle-là, sinon pour l'intention symbolique, du moins quant à l'attitude imitative, est celle qui avait produit X Apollon Sanroctonc, dont l’antiquité possédait un chefd'œuvre de la main de Praxitèle 3 , dont il est venu jusqu'à nous plusieurs répétitions antiques, d’un travail estimable 11 , et dont il existe aussi plusieurs réminiscences sur les pierres gravées 5 .
Apollon , mis au contraire en action et représenté en mouve-
pl. XI, p. 90-1OI. La face principale* offre les tôles affrontées de Caracalla et de Julia Üoinnn. La môme médaille ne trouve dons le Mas. U ’edervar. tab. vu , n* 1 57.
1 Zannoni , Gallet di Firenz. ser. V, t. II, tav. 1., n** 3, 4*
* Sans complet le célèbre Apolline de la tribune de Florence, qui sc rapporte au même motif, je puis citer deux autres statues de la môme galerie, Gallet di Firenz.
1. 1, tav. xxxu et xlii , et une troisième de la Villa Borgbèsc, sL ix , n* 6, sans compter celle de notre Musée, n* 188 , qui vient des jardins de Versailles , et dont Visconti n donné une description dons lo Musée Français ( Oper . var. t. TV, $. ix, p. 33-35).
1 Plin. xxxiv, 8 , 19. Il est superflu de remarquer que la notion d'un Apollon Sauroctonc, ouvrage de Praxitèle, a été contestée parZoèga, dans scs Demerkungcn ûber\ is-
conti's Mas. P. Clem. 1 , 1 3 ; celte opinion de l'illustre antiquauxyianoi* n'ayant obtenu ni l'adbésiun flHkit savant éditeur, M. YVelckcr, Zeiforfln^etc. p. 3ix-3i3, ni, A ce qu'il me semble, l'assentiment d’aucun des modernes historiens de l’art.
1 Entre autres, celle de la Villa Albani, publiée par Winckclmann . Monam. ined.
n“ 4o ; une autre du Musée du Vatican .
Mus. P. Clem. 1 , xiii; cl uno troisième du Musée du Capitole, 1, xvi, restaurée avec la lyre ; sans compter deux uutres répétitions A la Villa Borglicso , Monunu se. Borghes. t. I, tav xl , et au Musée de Dresde, Augusteum, t 11, tav. u.
4 Winckclmann, Pierr. grav. de Stosch.
cl. II, n* 11x0, p. 190; Toelken, Verzeichmn der antik. Denkmâler, etc. n. 744.
p. 166; ajout. Millin, Pierr. grttv. i, 5, p. 1 5-i 7, où sont citées d'autres répétitions.
ment, à raison de motifs puisés dans diverses circonstances de son mythe, était devenu le sujet de groupes ou de statues que nous trouvons cités dans l’histoire de l’art, et qui sont aujourd’hui perdus, sauf l'image qui s’en est conservée sur les médailles. Ainsi, l'Apollon expiaient, tel qu’il nous est représenté sur toute la suite des médailles de Caulonia \ en marche, et tenant, du bras droit ployé au-^Msus de l’épaule, un rameau de laurier, symbole de la lustration, est certainement une figure imitée de la statue de ce dieu , qui dut exister dans le célèbre temple d’Apollon Alæus. Apollon décochant une Jlcche contre le serpent Python avait fourni le motif d’un groupe célèbre de Pythagorasde Rhégium, cité par Pline 3 ; et c’est, à n’en pas douter, une réminiscence de ce groupe que nous trouvons sur une des plus belles médailles de Crolone 5 , qui peut passer pour un des chefs-d’œuvre de la numismatique grecque. L'Apollon dansant, t>^£*i<r1»K , comme nous le voyons représenté sur les médailles incuses de Tarcnte, en rapport avec la célébration des llyacinihies 1 ', est aussi , suivant toute apparence, un type emprunté d’unestatuc de ce dieu, représenté dans la mémeatti-
* Voy. mon Mémoire sur le type des médailles de Caulonia , où je rnc suis proposé d’expliquer dans tous ses détails le type en question, en citant À l'appui tous les témoignages et tous les monuments qui s’y rapportent.
' Plin. xxxiv, 8,19: Item, Apollinem , Serpentcm que (ïeg. 9 ni) ejus (tyo* del.) sa- 1 finis con/icit. Personne encore, à ma connaissance, n'avait rapproché ce témoignage de Pline du type en question de la médaille de Crotone; d’où il parait résulter que ce groupe dePythngoras était placé à Crotone.
* Mus. Pemlrock. P. II , tab. 1 6 ; Eckhcl , Num. vet. tab. iti , n* x 5 , et D. N. t. I, p. 171-178. Voy. à la suite de mon Mémoire
sur le type des monnaies de Caulonia, pl. III, n* 19, la gravure d’une de ces monnaies de Crotone, d’un coin excellent. Une autre de ccs médailles, du cabinet de M. le duc de Luynes, vient d’être publiée par ce célèbre antiquaire, dans son Choix de médailles grecques, pl. iv, n* 1.
* Voy. sur cette médaille une Disserta f ion de M. le duc de Luynes dans les Ann.
delf Inst. Archeol. t. II, p. 3 ùo , pl. M, n* 3 . J'ai fait aussi, dans mon Mémoire sur la Numismatique Tarent ine , resté jnsqu'ici inédit et destiné au recueil de notre Académie, des observations sur ce type, auxquelles je suis obligé de renvoyer mes lecteurs.
tude. On voit, sardes médailles de Nicopolts de Mcesi q\ A pollon nu, en course, tenant , de la main droite étendue en avant, une branche de laurier, et comme poursuivant une Firjure, qui devait fuir devant lui, mais qui manque sur la médaille à rause de l’exiguïté du champ; on doit présumer qu’il s'agit ici d’un groupe d’ Apollon et Daphné, conçu à pou près comme nous l'offre une des métopes d’un temple de .Sj^inonte 3 , sans compter une peinture de vase 5 ; et, en tout cas, c’est aussi une imitation d’un groupe antique du sujet en question que nous devons voir sur ces médailles. I ne autre imitation d’un groupe bien plus important encore par le sujet, est celle que nous offrent des médailles de Samos, frappées avec la tête de Commodeet de Macrin *, mais que personne encore n’y avait reconnue; on y voit Apollon poursuivant Hercule, ravisseur de son trépied; motif qui se retrouve aussi sur un beau médaillon autonome de Thcbes 5 , mais réduit à la figure A'Hcrcule, et dont il nous est parvenu, comme l’on sait, sur des’ vases peints® et sur des bas-reliefs antiques 7 , une foule de
' Mionnct, Supplément, t II, p. i 5 i.
n* 5 G 5 ; Scstini , Lcttere Numism. t. IX , p. 6.
' Serrai lifalco, Antichità diSclin. tav. xxx.
* Ce vase , qui faisait partie du cabinet de leu M. Durand, où il est décrit, sous le n* 8, p. 3 , est maintenant eu ma possession , et sera publié dans mes Lettres archéologiques sur la peinture des Grecs, II* partie.
* Mionnct, Description, t. III, p. 286, n* i 83 , et p. 388. n* aoi.
1 Au Cabinet du I\oi.
* Un de ces vases, du Musée de Naples, avait été publié par M. Millingen, Peint, de Vas. pl. xix ; voy. Panoda , N estpels ant. Bildto. I, 2 59-60. U s'en trouve un autre daus le recueil des Vases de Goghilt , pi. xi; et il en est sorti un grand
nombre des fouilles de Fa/ci, deux desquels sont décrits dans le Cabinet Durand, n" 3 12. 3 iù, avec un troisième, que je crois d'une fabrique tarenline, ibid. n* 3 i 3 . Je possède moi -même un de ces vases, trouvé à Voici, mais fabriqué dans la Grande-Grèce.
T Pacciaudi , Monum. Pcbponn. L I , p. 116; Zoêga, Bassin! . t. II, tav. Lxvi;ce bas-relief, passé depuis dans notre Musée du Louvre, n été public par M. de Clarac, Mus. de Sculpt. pl. 119, n* 168. Le plus beau de ce» monuments est celui de Dresde.
Aagusteum, t. I, taf. V-Vlt; & quoi il faut ajouter le candélabre Zélada. cité dans le Mus. Chiarum. t. I, pl. xvm, p. 171, 1), cd. Milan, et le bas-relief encastré dans une maison de Velletri, et vanté par Zocga. I. I p. 99.
DigffizedTbÿf
répétitions. On trouve, sur d’assez nombreuses médailles en bronze c TAmbracic 1 , une figure d'Apollon en marche, tenant l'arc de la main gauche étendu en avant, et, de la main droite ployée an-dessus de [cpaule, tirant une Jlèche de son carquois. Ce type n’a pas encore été expliqué, et le dir.u même a été méconnu; mais le motif de la figure est mis hors de doute sur plusieurs exemplaires de notre Cabinet, où l’arc se voit à la main dé Apollon; et ce dieu n’est pas moins bien caractérisé, au témoignage d’un habile et savant antiquaire, M. Cavedoni, sur trois exemplaires parfaitement conservéJfcu cabinet de Modène s . Le même motif se retrouve , avec quelques variantes dans l'attitude d' Apollon, sur une rare médaille de Synaos de Phrygie 5 , qui offre, comme les bronzes d 'Ambracie, tous les caractères du style archaïque, dans la manière dont est conçue la figure du dieu. Or, c’est indubitablement la copie de quelque statue célèbre d 'Apollon, qui le représentait au moment où il va décocher une Uèchc, soit sur un Niohide, soit sur le géant Tityus; et, à quelque hypothèse que l’on s’arrête, c’est certainement au même motif que se rapporte la figure d’Apollon tenant f arc de la main gauche et tirant une Jlèche de son carquois , type curieux d’une médaille d ' Hadrianopolis de Thrace 11 , emprunté du même original.
L'Apollon, assis sur [Omphalus, tel que nous l’offrent de nombreux tétradrachmes des rois de Syrie et un beau médaillon
‘ Mu. t. Hanter, t&b. b, % Tl. Kckhd avait cru voir sur ce» médailles d' Ambracie un Jupiter fulminant, D. N. t II, p. 16a.
* Cavedoni, Swjtjio di Ouervaztoni , etc.
* Streber. iïamumata, etc. lab. rv , n* il, p. a5o-i. Sur cette médaille de Synaot, la figure du dieu se dresse sur la
pointe de ses pieds , ce qui est une particularité connue de l'ancien style. Do même, sur la plupart des médailles d’/4mbracte , que j’ai sous les yeux, les formes du corps et l’attitude du dieu indiquent un onvrago de l'ancien style grec.
* Mionnet. Désert piton , t I, p. 386, n* i43.
de Nicoclès, tyran de Chypre, nous représente bien certainement quelque statue célèbre, érigée à Antioche C'est ce qu'on peut présumer aussi, au sujet de Y Apollon Rhahdomantc, qui forme le 1 type de belles médailles de Chalcédoine 11 ; et c'est ce qui est démontré pour Y Apollon de Daphné, ouvrage célèbre de Bryaxis, que nous voyons représenté sur un beau médaillon d’Antiochus Epipliane et sur des monnaies impériales <Y Antioche* , d'une manière conforme à la description qu'en fait Libanitis 1 . L 'Apollon Actiaqne de Scopas, transporté à Rome et placé si# le Palatin , d'où lui vint le surnom de
Palatin, nous est pareillement dailles grecques et romaines 5 ,
' Ce» létradrachmes sont si nombreux et si connus, que je me bornerai à citer ceux qui sont gravés dan b le VIII* Supplément de M. Mionnet, pl. xî. n°* a et 3, et pl. xii , n” i et 7 . Le médaillon de Nicoclès , déjà publié par Eckhel, Hum. vet. tab xiv, n* 3, a été reproduit, dans mie gravure excellente, par M. Mionnet, Vil* Supplément, p. 3io. Voy. K. Oit. Muller, Antiq.
Antioch. S l . p. 5b. i3).
1 Milliugen, ajtcieitt Coins , etc. pl. ni, n* 16 , p. 6 t.
* Ce médaillon est gravé dans le VI II* Supplément do\l. Mionnet, pl. xti< n* 3; les médailles romains sont citées par M. K. OtL Muller, Antiq. Antioch. 5 i, p. 4g, n).
* Liban. Monod, de Daphn . Templ. oral.
i.xi ,t. 111 , p. 334 . sqq. ed. fteisk.
s Cet Apollon Actiaqne ou Palatin , de Scopas, était proprement celui qu'on appelait M usagé le ou Cithamde , et qui se représentait r élu d une longue s/ole, avec la lyre attachée sur le flanc gauche, tel que le type en avait été conçu d’après un modèle hiératique. Ce type s'était conservé
connu par de nombreuses méainsi que Y Apollon Nomios, ou
sur Joule une classe de bas-reliefs, dits choragiqucs, et sur quelques vases peints, un , entre autres , publié par M. Ed. Gerhard, ant. Dildwerke, cent. I, tuf. ivni; voy. sur ces bas-reliefs le travail critique de M. Welcker, dans les Annal. delT lnstit.
Archeol. t. V, p. i 47, sgg. «n y joignant les observations do M. K. Otl. Muller, dans YAllgem. Zcitung de Halle, i835, u* 102 , p. 190 , cl celles que j’ai eu occasion de faire moi-mème à ce sujet, dans mes lettres archéologiques sur la peinture des Grecs, S SU. p. 159 , 5). Quant à Y Apollon Palatin de Scopas, imité sur tant de médailles romaines, trop connues pour avoir besoin d'être citées , il nous en est parvenu plus d’une répétition en marbre, telle que la belle statue du Musée Pie-Clémentin , t. I, tav. xvi , telle encore que la prétendue Erato, du même Musée, t I, tav. xxii .
sans compter Y Apollon, restaura en llysse, dans la prétendue famille de Lycomede, Visconti , Musée Royal, t. II ( Oper var.
t.IV, p. 5a-53). Cf. Ou. Muller. Handbach, $ ia5. 4, p- n5.
Pasteur, assis, comme nous le montre une rare statue tic la Villa Ludovisi pour ne pas parler de quelques vases peints. Mais, afin de ne pas trop étendre cette énumération, qui comprendrait tant de monuments, si elle étÿt complète, je me contenterai de citer en dernier lieu une de ces statues d 'Apollon, consacrée à Delphes par les Macédoniens de Diam, et décrite par Pausanias*, de manière à ce qu’il nous soit facile de nous faire une idée de sa composition; le dieu était représenté na, debout, avec l’arc et les Jlèches dans une main , tenant de l’autre, par les pattes de devant, une biche qui se dressait sur ses pattes de derrière. Or, c'est précisément là le type que nous offrent plusieurs pierres gravées’, dont il n’est pas possible de douter que le motif n’ait été emprunté de cette statue, due à la main de quelque artiste célèbre.
En fait de statues ou de groupes de dieux divers appartenant de môme à des artistes du premier ordre et cités dans l'histoire de l'art, je me bornerai encore à quelques exemples dans le nombre assez considérable de ceux que je crois avoir reconnus avec plus ou moins de certitude sur les médailles. Le Jupiter lthomate d'Agéladas 1 * * * est une de ces statues de l’ancien style grec, dont nous avons recouvré une réminiscence précieuse sur un beau médaillon des Messénicns 5 et sur un moyen bronze de Tharia de Messénie®; et le Jupiter imberbe, autre ouvrage du même maître, qui se trouvait encore à Ægium, du temp%
1 Cette statue esteitée par VVinckelmnnn, Stor. dtlVArt. 1. 1 , p. , et par Zannoni ,
Galler. di Firenz. wr. V, t. II, p. 109.
1 Pausun. X, i3, 3 : Tdv ÀiréXX&vs, ô* €i\ijfX(Uvot itrli ri)t éXipov; cf. Sicbelia.
ad h. /. ajoul. Wdcker, Zeitschrift, ©le. I ; i 06 *
* Schlichtegrflll , Choix de merr. grav. pi. xlv. A ce monument, cité par M. Sie-
bel»», je puis ajouter deux autres pierres du cabinet du comte de Horn , publiée»
par Miliin, Pierr. grav. tnt- d. vi , 18. et vu, 19.
‘ Pausan, iv, 33 , 3 .
1 MiUingeo, anaent Coins, etc. pi. iv, u* ao.
* Publié dans le Cabinet de M. Aliter, pl. vi, n* 18.
de Pausanias 1 * , est bien certainement l'original d'après lequel lut exécuté le type de nombreuses médailles qui nous restent A'Æçjinm, où Jnpitcr imberbe est représenté nn, debout, avec Yâiglc sur le bras gauche étendu, et le foudre qu’il tient de la main droite 3 . Mais il y a, sur ce médaillon des Messéniens, ayant pour type le Jupiter Ithomate d’Agéladas, une observation à faire, qui a échappé jusqu'ici à tous les antiquaires. On connaissait, par le recueil de Goltzius, un médaillon d’argent, qui offrait absolument le même type, mais avec la légende KAPKINIflN, qui l’avait fait attribuer à une ville des Bruttiens, Carcinum. Cette légende, justement suspecte, comme la plupart de celles de Goltzius, avait fait rejeter, non-seulement l’attribution, mais encore la médaille elle-même; ainsi, Eckhel n’avait mentionné que pour mémoire, et sur la foi du seul Goltzius, les médailles de Carcinum et, depuis Eckhel , aucun numismate, à ma connaissance, ne s’était occupé de ces médailles.
Cependant il n’était pas exact de dire que les monuments numismatiques dont il s’agit n’avaient apparu qu’à Goltzius. Deux de ces médailles sont gravées dans le recueil du P. Magnan 4 , qui paraît bien les avoir eues sous les yeux, et qui s’est seulement trompé, comme l’avait fait Goltzius, en ^ lisant KAPKINM 1 N. Le fait est que le type est tellement identique avec celui du médaillon des Messéniens ayant la
1 Pausan. vn,a4. 3.
1 J'ai principalement en vue U médaille
de grand brome, du Cabinet de M. Allier, p. 4 g. qui oflrc, au rever» de la tète de Marc-Aurèle, la figure de Jupiter, érigée mr une base : d’où il résulte que c’est bien
une statue qui forme le type en question ; ce beau bronze est entré dans notre collec-
tion. Du reste, sur toutes ces médaillée, de grand et de moyen bronze , autonomes et impériales , le dieu est imberbe.
• Eckhel, D. N. tl. p. 167.
4 Miscell. mtmism. I. U. tab. 1/1 et 1 b.
Il s’est seulement glissé une faute d'impression dans le mot aune, au lieu de tere , dans l’indication des médailles de la pl. 1 h
môme tôle au revers 1 , qu’il n’y a pas de doute que ce ne soit la même médaille, probablement mal conservée, et certainement mal lue. Or, je présume que la véritable légende était KAPNAXIQN, leçon qui s'éloigne très-peu de KAPKl- N1£1N. On connaît, par Pausanias 1 , la ville de Camasium, qui appartenait aux Messéniens, et qui se trouvait précisément sur la route du mont Ilhome à Mégalopolis, à peu de distance de Messine. Au voisinage de cette ville messénienue, était un bois sacré, Kctpnio-io» ctAtros , où se célébraient des mystèrçs en l'honneur des Grandes Déesses, qui tenaient le premier rang après ceux d'Eleusis; et Pausanias fait mention de plusieurs statues de dieux qui s’y trouvaient érigées. C’était donc un lieu important par sa situation au centre delà Nlessénie, autant que par le culte qui s'y célébrait; et il n’y aurait rien que de parfaitement d’accord avec toutes ces notions, que de trouver des médailles de Carnasium, ayant pour types, d'un côté, la tête de Cérès Eleusinicnne , de l’autre, la figure de Jupiter Itliomate. Dans ce cas, les médailles vues par Gollzius et le P. Magnan, et rejetées à tort comme apocryphes, devraient être reconnues pour authentiques, ce quelles sont pour moi en toute hypothèse ; seulement il faudrait les rendre à Carnasium, dont le nom viendrait enrichir notre géographie numismatique, au lieu de celui de Caninum, qui ne doit y figurer à aucun titre; et, de cette manière, nous posséderions l’image du Jupiter Ithomate, à la fois sur les médailles de Carnasium de Mcssénie et sur celles des Messéniens. Que si l'on se refusait à admettre la leçon que je propose, KAPNAXIÜN, pour KAPKINLQN, faute de voir les médailles mêmes qui la portent (et j’avoue qu’il y a toujours quelque difficulté à
1 Cédé de Crrrj, mal à propos transformé» * PtUMtn. iv, 33, 5. etvm.35, î; cf.
en Apollon dan» la gravure du P. Magnan. Siebeli». tul hh. II.
recevoir une légende d'après une gravure seulement, et à défaut du monument même), ce serait bien certainement le nom des Messénicns, MEXXHNU 1 N , qu'il faudrait voir sur ces ces prétendues médailles de Caninnm, qui reprendraient ainsi, avec leur authenticité, leur véritable place dans la science. Je laisse au jugement de mes lecteurs le choix entre ces deux hypothèses, qui nous procurent l’une et l’autre une seconde réminiscence du Jupiter Ithomale d’Agéladas; ce qui est le principal objet que je m’étais proposé en faisant cette observation.
Je viens de citer deux des chefs-d’œuvre du maître de Phidias, dont nous possédons une réminiscence sur les médailles. Quant à Phidias lui -même, je présume qu’il n’est ignoré de personne, que trois de ses principaux ouvrages, son Jupiter d'Otympic , sa Minerve du Parthènon et son autre Minerve de r Acropole 1 , ont fourni le type de plusieus médailles grecques , où nous ne devons voir, il est vrai, qu’une image bien imparfaite de ces chefs-d’œuvre, et encore sous le seul rapport de la composition , en même temps que nous pouvons nous flatter de retrouver, sur quelques tétradrachmes d’Athènes, une faible idée de la tête de sa Minerve, et sur un superbe médaillon des Arcadiens ®, la meilleure réminiscence qui se soit
Oit. Millier, Antiif. Anlioch , $ i, p. 63 , 7). C’est pareillement sur des tétradrachmes d’Antiochus Philopator que nous trouvons représentée la Minerve du Parthènon , Mionnet, ibid. pl. xiv, n* m cf. Ou. Muller.
/. /. p. 63 , 7); et, quant à la Minerve de l'Acropole, nous en possédons une réminiscence sur des monnaies d 'Athènes même.
Mas. Hanter, lab. 10, 11* xxxix.
* C’est le médaillon si connu qui offre ou revers la figure de Pan atsis sur l Olympe. La tête de Jupiter est peut-être la plus belle de ce dieu que nous offre toute la
‘ Tout le monde connaît les tétradrachmes d'Alexandre , avec la bgure du Japiter Olympien au revers. Il n’est , non pins, à ce que je crois, personne qui ne sache que le Jupiter Olympien , type si fréquent de la monnnaie des Séleucides , h partir d’Antiochus Epiphanc , était imité du chef-d'œuvre de Phidias -, Arnmien Marcellin le dit en termes exprès , xxn , 1 3 , 1 ; et les monuments viennent à l’appui de son assertion.
Voyer, sur ces médailles d’Épiphane, gravées dans le VIII* Supplément de M. Mioonet , pl. xii , u* A , les observations de M. K.
conservée, bien que dans un si petit module, de la tête de son Jupiter.
Nous connaissons de Myron, émule de Phidias , son Discobole, dont il nous est parvenu plusieurs répétitions en marbre ', à défaut desquelles il nous eût suffi de certaines pierres gravées , qui nous offrent ce type 2 , pour y reconnaître l’original de Myron. Un autre ouvrage du même maître, un groupe de Minerve et d’un Satyre, qui est cité par Pline 5 , s’est conservé de même sur des médailles, des bas-reliefs et d’autres monuments, où le sujet a été reconnu, mais sans avoir encore été rapporté à son véritable auteur; ce qui m’oblige à entrer ici dans quelques explications. Voici, d’abord, le texte de Pline, qui est, comme à l’ordinaire, d’une concision à embarrasser souvent et à égarer quelquefois la critique, si elle n’avait pas, comme dans ce cas-ci, le secours des monuments : Fecit et (Myron) Satyrum admirantem tibias, et Mtnervam. D'après cette simple indication, on a cru jusqu’ici qu’il s’agissait de deux statues, citées l’une après l’autre par Pline, sans aucun rapport l’une avec l’autre; la première, d’un Satyre, tenant en main des Jlûtes qu'il admire, la seconde, d’une Minerve, conçue d’une manière quelconque; et c’est en s’expliquant de cette façon le texte de Pline , que
numismatique grecque ; voy. ce qu'en dit M. K. Oit Muller, Handbuch der Archâol.
derKunst, S i 32 , 2 ,p. 129, et à quoi je souscris pleinement
' Sur celte statue du Discobole, et sur les répétitions qui uous en restent, consult le recueil de Dissertations , publiées à Home , en 1806 , À l’occasion de la découverte de la statue de U Villa Palombara (maintenait tau palais Massiroi } , par M. Cancellieri , Disttr tas. Epis toi sopr. la statua di Discobole , etc. Roma , 1806 , in-8 0 . M. K. Ott Muller a compté jusqu'à huit de ces répétitions plus
ou moins entières, avec deux fragments, qui en portent le nombre total à dix, Amal thea. t III , p. j 43 ; mais, à la vérité, sans tenir compte de la différence des deux Discoboles , attribués , l’un à Nauddés , l'autre k Myron , par Visconti.
* Une, entre autres, possédée par un célèbre amateur anglais , M. Dyres, et citée par G. Fea, dans une note sur la Storia deli Arte, 1. 1 , p. 189, ed. Rom. voy- aussi Visconti, Mus. P. Ctcm . 1. I , p. 23 , a).
* Plin. xxxiv, 8, 19-
le dernier éditeur du Musée Capitolin , feu M. Nibby , avait cru reconnaître le Sutyrnm admirantem tibias dans la statue du jeune Satyre en repos, tenant une Jlute des deux mains ', statue dont nous possédons un grand nombre de répétitions, provenant toutes d'un original célèbre, lequel était certainement tout autre chose que la statue en question de Myron. Sans m'arrêter à combattre cette interprétation , où la pensée de Pline n’est pas mieux comprise que le monument antique n’y est bien appliqué , il me suffira de dire que le texte de Pline concerne un groupe composé de deux ligures, savoir : un Satyre, admirant des fiâtes, et Minerve; et, cela posé, je n’ai plus à ajouter qu’une chose, c'est que le motif de ce groupe se rapporte à une circonstance du mythe de Minerve, très-connue et très-populaire, particulièrement à Athènes: c’est le trait de l’invention de la double fiùte, dont Minerve avait essayé de jouer, mais quelle rejeta avec horreur, quand elle s'aperçut que l’usage de cet instrument la défigurait, et que Marsyas, un des Satyres, contemplait avec admiration sur le sol où elle gissait abandonnée, jusqu’au moment où l’idée lui vint de s’en servir à son tour 1 . Ce trait mythologique, qui mettait en présence, d’une manière aussi heureuse qu’expressive. Minerve et le Satyre, avait dû être représenté sur beaucoup de monuments antiques; nous le trouvons, en effet, sur des pierres gravées 5 , et sur une peinture des Thermes de Titus k , avec des détails qui
* Scalture del Mns. Capitolin. L II , tav. xx, xxi, p. ig4. 7).
* Apollndor. 1, i 4 ,a; cf. Heyn. ad h. L Meianippid. cl Telest. apud Athcn. xi?,
616, E. Aristot. Poli tic. Vîlt, 6; Plutarch. m Alcibiad. 5 a ; My pin. Fab. ci.xv; Qem.
Alex. Pœdug. 1 . 11, p. i 85 , ed. Potier.
1 Une do ces pierres gravées, oti Minerve assise tient deux fiâtes, est décrite par
VVincielmann , Pierres gravées de Slosck, p. 65, n. an. Sur une autre pierre du Recueil de Tassie, n. 1717. p. u 3 , ci Satyre joue de la double flûte qu'il a relevée, tandis que la Déesse s'éloigne; voy.
dans la mémo collection, n. 1774. p* >37, une troisième pierre relative au même sujet.
* Publiée par Winckdmann , Monam.
se rapportent aux diverses circonstances de ce mythe. Mais, où ia fable proprement attique nous apparaît sous sa forme originale, c’est sur un de ces bas-reliefs, de style attique, publié par Stuart 1 ; or, c’est, précisément le même groupe qui se retrouve sur une médaille à' Athènes , dont il existe plusieurs exemplaires 1 , l'un desquels, celui de la collection d’I Icdervar \ est resté jusqu’ici ignoré de tous les antiquaires, à cause des fausses attributions dont il avait été l’objet. Nous apprenons , en outre, de Pausanias 4 , qu'il existait sur l’Acropole un groupe dont le motif était pareillement fondé sur ce trait mythologique, mais en rapport avec une circonstance différente, celle
tned. n. 18, p. 19-20, qui décrit , a celle occasion, un bas -relief du palais Capranica , où la Dème était représentée jouant de la double Jlâte , et, près d’elle , le Satyre qui se dispose à relever l'instrument qu’elle va rejeter. On trouvera beaucoup de détails sur ce trait mythologique, et sur les représentation» qui noua en restent, dan» 1a savante dissertation de Boeltiger , P a lias Àfruica und A polio der Marsyastôdter ( Klein.
rift 1 , 22-24 , et S xiii , 49*5 i ) , où il n’est pourtant fait aucune mention , ni de notre bas-relief attique , ni de nos médailles d'Athéna.
1 Antiq. of Athens, t II, p. 27 (h II, pl. xvii , fig. i4, de l’éd. de Paris, et de celle de Londres de 1825). Ce bas- relief a été reproduit par M. K. O U. Millier, dans ses Monument* de l’Art , pt xxil , n. 23q, p. a5.
* Une de ces médailles , la première qui ait été connue , a été publiée par M- de Brôndsted, Voyagea et Recherches (Paris.
i83o), U II, p. 188, vignette, n. xuv, avec l’explication qui s’en trouve , ibiti p. 3oo- 1 . Je ne sais si cet exemplaire est
le* même que celui que possédait feu M. de Stackelbcrg, et qui avait été publié dès 1826 , dans la Venere Proserpina de M. Éd.
Gerhard , p. 10 ; cf. p. 78 ; en tout cas, c’est au savant nommé en dernier lieu qu’appartiendrait le mérite de celte première publication, restée inconnue à M. de Brôndsted.
1 Mas. Hedervar. 1. 1, tab. IV, n. 87. Ce serait là le premier exemplaire mis au jour de la médaille en question ; mais le sujet n’ayant pas été reconnu par l'éditeur de ce Musée (Caronni) , et la médaille elle-même étant restée rangée parmi les Incertaines d’Italie, avec cette description, p. 46, n. 1280: Mulier stolata stans, brachus rennais , cui dextra in altum sablata iraxci etdetar vir na dus , ai ejus sinistrwn consistent , il n’est pas étonnant quelle ait échappé jusqu'ici à l'attention de tous les antiquaires. Feu Sestini en a donné une description nouvelle . mais sans en reconnaître davantage la provenance et le sujet, Descrizion. de II. Medagl. del Mas. Uedtrvar.
* Pausan. t, a 4 , i.
où Minerve frappait T imprudent Satyre qui avait relevé l’instrument maudit par la déesse. Le groupe de Myron , à raison du mérite et de la célébrité de son auteur, avait dû jouir encore d'une plus haute réputation ; aussi est-ce celui dont il nous est parvenu, sur le bas-relief que j’ai cité et sur les médailles mêmes d’Athènes , l imitation qui nous donne la sûre et pleine intelligence du texte de Pline, en même temps quelle nous a conservé une réminiscence authentique de cet ouvrage capital de Myron , un des chefs de l’école attique.
Entre autres travaux célèbres sortis de cette école, et dont nous ne pouvons plus espérer de retrouver jamais que sur des médailles une image quelconque, je citerai encore le groupe d’Ilarmodius et d’Aristogiton , exécuté d’abord par Anténor 1 , puis reproduit par Critios 3 , pour remplacer le monument original enlevé par Xerxès. Critios était un des maîtres de l’ancienne école attique; et son ouvrage devait tenir encore de la rigidité de style propre à cette école. Nous en avons une imitation, bien faible sans doute, mais bien précieuse, sur un tétradraclime d'Athènes 5 ; et c’est le même groupe qui s’est rencontré, sculpté de bas-relief, en guise d'ornement, sur un beau siège de marbre pentélique 4 . C’est aussi sur des tétradrachmcs d’Athènes que nous trouvons une copie, réduite il est vrai à la dimension la plus exiguë, du
1 Pausan. i, 8 , 5; cf. Aman, m , 16 , * Mat. Hanter, tob, 9 , n. XIV.
»3. Vid. Sillig. Catalog. tel. ArtiJ. v. Au- * Gravé en vignette dans les Grûberder
ténor, p. 48. Griechen, p. 33, de M. de Stackelberg.
* C’est le véritable nom de cet artiste. L’inscription du groupe d’Harmodiu» et appelé jusqu’ici Critias dans l'histoire de d’Ariatogiton est une de celles qui ont été l’art; voy. Sillig, Calai, tel. Ariif. v. Cri* récemment retrouvées, à défaut du monutias, p. i6a~3, ainsi que cela résulte d‘un ment même; elle est publiée dans le Corp. marbre attique récemment découvert, et Inter, gr. 1 11, p. 34o, de M. Boeckh; voy. publié par M. Ross, Lettre à M. Tkiench , aussi Welcker, Iihein. Mat. IV, 473 . p. !>- 6 , Athènes, 1839 , in- 8 \
groupe des Trois Grâces, vêtues, d'ancieu style érigé à l’entrée de l’Acropole, ouvrage de Socrate le philosophe 1 2 * * ; et je rappelle à cette occasion un autre monument de l’ancienne école grecque, qui avait pareillement les Trois Grâces pourobjet, et où elles étaient aussi vêtues, le groupe de Pytbagoras de Paros, dont il nous est resté, sur des médailles de Germé deGalatie et d 'Aphrodisias de Carie, une imitation d’assez grande proportion et d’une exécution assez soignée, pour que nous puissions nous faire une idée suffisamment exacte de la composition de ce groupe , de l’arrangement des figures, et du mode d'ajustetement qui leur était propre 5 * . 11 est difficile de décider si le \
Héros qui s’essuie avec un strigile, tel que nous le connaissons par un beau scarabée antique , sous le nom de Tydèe 11 , nous représente le Distringens se, l”A7ro$ooVevo« , de Polyclète 5 , ou celui de Lysippe*; car les deux statues, indiquées sous ce nom par Pline, et attribuées à ces deux chefs d’école, étaient bien certainement conçues d'après le motif que nous offre ce scarabée, mais sans que nous puissions y reconnaître le style du maître original ; tout ce qu’on peut dire à cet égard , c’est que toutes les probabilités sont en faveur de Polyclètc 7 .
En fait de travaux de Praxitèle, qui fournirent le type de médailles grecques , ou de pierres gravées , j’ai déjà cité YApol-
1 Pausan. u, 35, l.el 3 ; cf. 1 , 33,8;
Plin. xxxvi, 5, 4.
1 Mus. Hunier, tab. g, n. v.
1 Ce groupe de Pythagoras de Paros ou de Samos, Pausan. ix, 35, 3; cf. Plin.
xxxiv, 8,19, était peint, et se trouvait A
Perg&roe. La médaille de Germe deGalatie,
avec les Trois Grâces vêtues, d'ancien style, a été publiée par Millin , Caler. 3 fvthol.
pl. XXltit, n. 303 ; celle d'Aphrodisias de Carie offre , sur la face principale . la tête de
Crispine ; c est un grand bronze qui existe dans tous les cabinets.
4 Winckelraann . Piêrr. gr. de St ose h.
cl. m\ n. 174; Toelkcn, VerzcickaUs , etc.
4 Plin. xxxiv, 8,19.
4 Idem, ibid.
' 11 est juste de reporter le mérite de cette conjecture à Visconti , n qui elle ap* parti eut; Mut. P. Clan. t. I, p. a3,a).
Ion SaartKto ne. Tout le monde connaît la Vénus de Cnide, qui se voit sur des monnaies impériales de cette ville, au revers des têtes de Caracalla et de Plautillc *. Le fameux groupe de la Catagusa, mentionné par Pline dans le nombre des principaux ouvrages de Praxitèle*, se trouve sur une rare médaille d’Antonin Pieux 5 . Un autre groupe du même maître, celui de Latonc et Chloris , s’est offert sur une rare médaille à'Argos u ; et le Bonus Eventas, qui forme le type de quelques médailles grecques et d’un grand nombre de pierres gravées 5 , est trèsprobablement imité de la statue célèbre de Praxitèle, qui était placée à Rome dans les jardins de Servilius 6 , à moins qu’on n'aime mieux y voir une réminiscence du même sujet, traité par Euphranor 1 . Enfin, la Diane d’Anùtjre, autre ouvrage de
1 Ces médailles ont fourni le sujet de la Disserta lion Lewetow, citéc.p. lia, i).
1 Win. xxxi v , 8, 19. M. Millingen paraissait croire que la composition d’un vase peint qu’il a publié, anc. uned. Monam. 1 , xvi, pouvait être empruntée de ce groupe de Praxitèle, ou de la peinture do Nicomaque, Win. xxxv, »0, 36 ; et M. Sillig ne semblait pas éloigné de partager cette idée , qui n’a pourtant , en ce qui concerne Praxitèle , aucune espèce de fondement.
* C’est du moins une conjecture de Viaconti , qui me parait bien près de la vérité, et , en tout cas, très-ingénieuse. La médaille en question est un aurons d’Antonin , qui porte la date du m* consulat, avec l'inscription : L/LTITIA, elle est publiée, Miu.
P. Clem. 1. 1 , tav. Agg. A. n. 1, et expliquée, ibidem , p. 95 , 1.
* MilJingen , SyUoye, etc. pl. m, n. 3 a, H- 5 9 -
* Les médailles impériales, tant grecques que romaines , qui offrent le Bonus Even-
tas, depuis les temps de Galba jusqu'à ceux deGallien. sont si nombreuses et si connues des antiquaires, qu’il serait superflu d’en citer des exemples. Le même type est presque aussi commun sur les pierres gravées, particulièrement sur celles de cette espèce d'onyx, nommé vulgairement nieolo; et, àl’égard de ces monuments, je me bornerai à renvoyer mes lecteurs au savant travail de M. Creuser, zur Gtmmenkustde , taf. 1, n. 10, S. 49-621, ci 1 63 - 63 , ainsi qu’à mes propres observations, dans le Journal des Savants, Février, i 838 , p. 98-
* Sur la manière dont était conçu le Bonus Eventus de Praxitèle, Plin. xxxvi, 5 , 4 ; cf. Fest p. 465 . ed. Dac. voy. une excellente observation de M. Creuser, sur GenunenÂ. S. 1 64 , 90) ,91).
7 Nous connaissons très-bien par Pline, xxxnr, 8, 19, la manière dont était représenté le Bonus Eventas d’Euphranor, tenant d'une main une patère, de l’autre , un épi et une tête de pavot. C’est la statue
Praxitèle , cité par Pausanias 1 , n’est pas absolument perdue pour nous; et cela, grâce aux médaillesqui nous en ont transmis une faible image.
De Lysippe, nous ne pouvons dire avec toute la certitude désirable si son Hercule colossal, érigé sur la place publique de Tarentc , est bien la statue qui a fourni le type d’une belle médailles d'ilèraclée *, ville voisine et colonie de Tarente; quoique cela soit extrêmement probable , d’après le rapport qu’offre ce^pc avec la description que nous passée Ions de la figure eu question. On ne peut en dire davantage, au sujet de V Hercule à table, t'rrrrpu.iril^ti, chef-d’œuvre du même artiste,
qui se trouvait à Crolone s , et que l’on pourrait difficilement concevoir autrement que ne nous apparaît Y Hercule assis, avec le scyphus dans la main droite , qui forme le type du revers de
qui a été le plus souvent employée pour type des monnaie» impériales, avec quelques variantes de détail , telles que ta corne ri' Abondance substituée » la patère , comme on le voit sur des médailles de Nieopohs de Tlirate. Mut. VViczai, l. 1, tab. vu, n* 159; cf. Mionnet. Il* Supplcm. p. ni, n* 38a ; de Patres d'Achaie , Mus. Wict.
t. I, tab, xvi, n* 353, et de bien d'autres villes qne je m'abstiens de citer.
’ Pausan. X, 37, i.
* J’ai principalement en vue la belle médaille d HèracUe, dont les exemplaires sont encore si rares, et que j’ai publiée , Odyssüde , p. 337, vignette n* 10 ; voy. aussi p. 3o8, a ). En rapprochant le type de cette médaillé de la statue de Lysippe, telle qu'elle est décrite par Nicétos , de Stai.
Constantinap. c. 5, p. ia, ed. Wilkeu. on reconnaît sans peine que l’un a dû être emprunté de l'autre. Le même type »e retrouve, avec quelques variantes, sur des
pierres gravées , Lippert , Daciyhotk. I , a85*7» II, a3i, et Supplénu 346-46. Quant à l'autre type d' Hercule assis , qui se voit, au revers d'une tête casquée de Minerve.
sur une drachme de Tarente, médaille rare publiée par M. Millingen, anc. Coins oj Grcek Ciliés, pi. 1 , n. 1 4 . et où ce savant a cru trouver une réminiscence du colosse de Y Hercule assis de Lysippe, tlid. p. ta, a), c'est faute d’avoir rapproché ce type du passage cité plus haut de Nicétos , que ce savant a pu former cette conjecture qui n'a véritablement pas de fondement. J’en dirai autant de l'assertion deBoettiger, qui cite le Neptune assis, sacri autos Tarenh, Horat. CW. 1, a8, ag, d’après des médailles de Hunter, où ce type ne figure pas; voy. ses Ideen tut Kunstmythologie ,
* Stat. Sylv. iv, 6 . 3a, »qq. cf- Martial.
Epujr. ix, 44, 45.
plusieurs des plus belles médailles de Crolone 1 , d’une fabrique à peu près contemporaine de Lysippe. Mais un autre Hercule de ce maître, celui qui est si connu sous le nom à' Hercule Famèse, et dont nous possédons une si belle copie antique, de la main de l’ Athénien Glycon 2 , est un des types les plus fréquemment reproduits sur la monnaie des peuples grecs, à presque tou tes les époques de l'empire 3 , et même dès une assez haute époque grecque*. Et quant à d’autres maîtres des premières écoles de la Grèce, auteurs de groupes ou de sttWtaes dont l'histoire a gardé le souvenir, et dont une réminiscence, à défaut de l’original ou d’une copie, est venue jusqu’à nous de la même manière , je citerai particulièrement le groupe de Ganymvde ravi par l’Aigle, ouvrage de Léocharès 5 , qui se voit
nient celles de Cias, Mi is. Chaud. |av. v, fig. 3 , et de Nicée, de Bitkynie, Cabin. de M. Allier , pi. xi, n* 4 ; de Patres d’Achaie, Mionuct, IV Supplément, p. i 45 , n* 966; de Corinthe, Mas . Arigon. tab. v, n. y 3 ; à' Ha dri a no polis de Trace, de Paatalia et de Philippopolis , de la même contrée , où ce type est commun , au revers de beaucoup d'empereurs. Mais je citerai surtout le médaillon de Germé de Mysie, où le groupe de Tèléphe allaité par la biche se voit aux pieds d’un Hercule dans l'attitude de la statue Farnèse, Slreber, Namismata, tab. ni, n. a , p. 191*4.
4 J’ai ici en vue certaine» médailles de la Grande-Grèce , telles que celles de Crotone , du plus petit module d'argent et d'ancienne fabrique , et d’autres en brome ; ces dernières, publiées par M. Millingen. SyL loge, etc. pl. 111 , n. 6, avec l'attribution de Natiolum , au sujet desquelles on peut consulter mon Mémoire sur le type des Monn.
de Caulonia, p. 36 , 1), pl. H, n** 17, 18.
* Plin. xxxiv, 8, 19. On s'accorde à re*
1 Sur cette médaille, où Eckbel avait reconnu le premier une imitation de cet Hercule de Lysippe, D. AT. I, 171, voy.
mon Mémoire sur le type des Monn. de Caabniu, p. 33 et suiv. pl. III, n* 19.
* Il est constaté par le nom de Lysippe, qui se lit sur la plinthe d’une statue en marbre trouvée dans les ruines du Palatin , Biancbini, Palazzo de‘ Cesari, tav. XVtlI, et maintenant placée dans la cour du palais Pitti, à Florence, que l'original de celte statue et de celle de Glycon était de la main de Lysippe; et ce devait être un de ses chefs-d'œuvre ; car il n'est pas de statue grecque qui ait été aussi souvent reproduite sur le» médailles que celle-là ; voy. sur cet Hercule de Lysippe le Programme de M. Petersen, Commentât, de Liban, partie. Il 4 , (Ilauu. i8x7,in-4*),oùsontcttées,p.a6, 1), plusieurs des médailles grecques qui offrent ce type, au revers de tètes impériales.
1 Dans le grand nombre des médailles grecque» impériales qui ont pour type X Hercule Famèse , je citerai particulière-
sur des médailles d Ilium, recens 1 et de Dardanus 3 ; celui de la Fortune d'Antioche avec le fleuve Oronte à ses pieds, exécuté par Eutychidès 8 , et imité sur de nombreuses médailles d’Antioche \ d'où ce type a passé, pour exprimer le même motif, sur la monnaie de beaucoup d’autres villes grecques ; le groupe de la Paix portant P lu tus enfant*, par Céphisodotc , imité de même sur des médailles de Cyzique 0 -, un groupe d ’Ortygie portant sur ses bras Apollon et Diane enfants, groupe dû sans doute au ciseau de Scopas, et cité par Strabon 1 au nombre des chefs-d’œuvre de la sculpture que renfermait de son temps la ville d'Fphèse, que nous retrouvons sur des médailles de cette ville , frappées avec la tête de Gallien 8 et de Tranquilline 9 ; le même qui avait été imité aussi sur des médailles de Tripolis de Carie 10 et de Mastaura de Lydie 11 ; et cet autre groupe d’dmour et Psyché, qu’on peut croire sorti pareillement de la main de Scopas, tant il offre d’analogie, dans la plus belle copie antique que nous en
garder la statue du Vatican , publiée par Yisconli, Mut. P. Ckm. lil, xlix, comme une copie de l'ouvrage de Léocharès. U en existe une autre répétition parmi les marbre» de Venise, Zanetti, Stai. t. 11 , tav. vu, actuellement placée au Palais* Ducal.
* Cabin. de M. Allier, pl. xui, n* 6.
1 line de ces médailles de Dardanus est gravée dans le Voyage pittoresque de M. de Cboixeul, t. II. pl. 67, n* a8. Lo même sujet se voit aussi sur des pierres gravées , une desquelles est publiée dan» le» Sutjyi di Cvrtona ,t V,p. 36 .
* Pausan. vi, a, 4 .
* Voy. sur ce monument et sur le» médaille» A’ Antioche qui nous en offrent une réminiscence authentique , les observations de M. K. Ou. Muller, Antiq. Antioch. S 1 , 36 , 6), 7), 7'), et 7*’), eu y joignant ma Lettre « M. ikhom, p. 73-74. Yisconli
avait remarqué le môme type sur des pierres gravées, Oper. var. t. Il» p. a 38 , n* a 66.
* Ce groupe est cité par Pausanias, ix, 16, 1 ; cf. 1, 8; et il nous en est parvenu une copie antique en marbre, décrite par Visconti, Oper. var. 1. 11 , p. i 3 <j-/io.
* Au revers de Maximio *, la médaille est dans notre Cabinet, ou elle est décrite par M. Mionnel , 1. 11 , p. 549 , n" a 3 1 .
7 Strabon , iiv, p. 6A0.
' Slreber, Numismate, etc. pag. a 18, tab. 111, fig. if.
9 Mus. Hedenar. 1 . 1 , tab. xxi , n 4 470.
M F ’rappées au revers d’Utacille , d Élrus* cille) d llerewiiu», de Gallien et de SaJonine.
" Frappées avec l'effigie de Marimin et de Philippe.
possédons, cclLe de la Galerie de Florence ', avec la Famille de Niobé, pour le caractère et pou rie style’, reproduit avec une fidélité qui prouve, autant que les nombreuses répétitions en marbre qui en sont venues jusqu’à nous 5 , la haute célébrité du modèle, sur une rare cl curieuse médaille de Serdica de Thrace 4 , restée sans doute inconnue à Boettiger, puisque ce savant, si familier avec les monuments, assurait que le groupe <ï Amour el Psyché nes’étail encore montré sur aucune médaille 5 .
il existe, enfin, sur des médailles grecques frappées jusque dans le dernier âge de l’empire, des réminiscences plus ou moins fidèles de quelques-uns des plus beaux ouvrages de la statuaire des Grecs, qui nous sont parvenus, soit en original , soit en copie. Eckhel avait été frappé de retrouver, sur un bronze impérial de Thyatire ®, une imitation, bien réduite sans doute, du faineau Taureau Famèse 1 . Ce qui ne doit pas moins nous intéresser, c'est de voir à quel point notre belle Diane de Versailles est reproduite sur des médailles grecques de tout âge et de tout pays ®, tandis que son sublime
. 1 Co Iwau groupe * été publié plusieurs lui», uoluuinent par tVicar. dam sa Galant de Florence. ni . 3.
1 Colle analogie a été remorquoo par plusieurs antiquaires . entre autres , par M Hirt. qui y ont vu un argument sans réplique à l'appui de l'antiquité de la table mémo, dont cc groupe était l'expression figurée.
1 Une de ces répétitions se trouve au Musée de Dresde. A urjuitcum , 11, lxiv; je me «-serve de parler des autres en détail dans mes Lettres archéologiques sur la peinture des Gréa. Il* partie. Lettre IV \ où je traiterai à fond ce qui concerne le mythe de Psyché et les monument» de l’art qui y om rapport.
* Celle médaille , encore inédite , à uaa connaissance, sera publiée à la suite du travail cité dans la note précédente; elle est décrite par M. Mioimet, t. 1 , p. âi 1 .
' Dan» sa Dissertation sur lu fable de Psyché. qui vicul d'élre réimprimée au nombre de ses écrits sur Kuia (mythologie , L U.
* Eckhel, Catalog. Mus. Cœsar. L 1 , p. 194 . n. 4 ; Aiun. te ter. tab. xv, n. 1 ; et D. N. t. lli.p. lia.
’ Le même sujet s’eat rencontré sur une des dernières peintures découvertes à Pompe! , dont je me suis procuré une copie, avec l’intention de la publier.
* Dans le grand nombre des médailles
frère du Vatican ne s’y est pas encore rencontré. Le Méléagre a été souvent copié sur des médailles de Patres d’Acbaïe 1 , et sur celles des Arcadiens *. La Vénus de Médicis forme le type de nombreuses médailles de villes de Tbrace, telles que Serdica 1 , Anckialus, Denltum, et d’autres encore de la même contrée. Notre Venus de Milo est sans doute l’original d’après lequel a été produit le type d’une figure semblable, sur de nombreuses médailles de Corinthe 11 , en supposant quelle était isolée et portant un bouclier, comme on s’accorde assez généralement à la restaurer Éi idée®, et non pas groupée avec Mars, comme l’avait imaginé M. Quatremèrc de Quincy 6 , d’après un groupe antique qui se rencontre, d’ailleurs, sur des pierres gravées, et aussi sur des médailles’. Je citerai en dernier lieu.
qui oJTrent ce type, je me contenterai de citer celles de Philadelphie de Lydie, Mas.
Brit. pi. xi, fig. 6; de Mamanopolit de Messie , Scstini, Mas. Chaad. tav. 3 , n. 1; de hfitylène, ihid. tav. vi , n. i ; de Cyziq ne, au revers de Commode ; de MilétopoKs de Myiie, au revers de Gordien; de Corinthe, au revers d'Hadrien; et de plusieurs villes de Thrace, telles que Nicopolis , Mus. Wics.
t. I, tav. vu, n. 160, et Deultum, ihid.
tab. ix, n. 19a.
1 Mas. Angon. tab. vu , n. 1 1 1.
* Mus. Hedervar. 1. 1 , tav. xvni.n.
* Mionnct, H* Suppléât, p. 491, n. 1699; Cab. de M. Allier, p). 111 , n. 19.
* La Vénus armée, telle qu'on la voit sur des médailles de la colonie de Corinthe, au revers d’IIadrien, d'Antonin Pieux, de L. Vcrus, de Marc-Aur&e, de Commode, de Septimc Sévère , tantôt isolée , tnntAt dans son temple, ressemble absolument, pour la pose et pour rajustement, à notre Vénus de Milo. On la trouve aussi , opposée à Diane , sur des monnaies de Patres, au revers de
Commode, Mus. S. Clement. Num. sel. t. U , p. 378, tab. xxiv, fig. ao 5 . J’ai composé sur ces médailles, rapprochées de notre statue, un travail particulier, dont le résultat se trouve d’accord avec l’idée proposée par M. Millingen. anc. uned. Mon. part. Il, pl. iv- vi , p. 6-8 . et où je discute l’opinion , assez généralement admise chez les artistes, que celle statue, dont la tète n offre pas le caractère propre aux autres figures de Vénus, pourrait être une Victoire sans ailes. Je profite de cette occasion pour citer la médaille de Corinthe . avec la même figure de Vénus armée pour type du revers , récemment publiée par M. Millingen , Sytloge,e te. pl. 11, n. 3 o.
1 K. ott. Muller, Handhuch, etc. S 376, 5 ), 6), p. 55 a.
• Dissertation sur la statue antique de Vénut découverte à Milo, Paris , 1 8a 1 , in- 4 # -
T Une, entre autres, de Faustine la mère , gravée dans le recueil de Patin , et reproduite par M. Quatremère de Quincy, à l'appui de son opinion.
la fameuse Cléopâtre du Vatican , reconnue avec raison pour Ariane surprise pendant son sommeil par Bacchus et son cortège , d’après un médaillon de Périnthe où cette scène est représentée, à peu près comme sur les bas-reliefs antiques, dans son groupe principal , et où la figure d 'Ariane endormie offre absolument la même attitude et le même ajustement que la statue du Vatican.
Voilà , sans contredit , un ■ nombre assez considérable d’exemples fournis par la numismatique, de ces emprunts faits à la statuaire, pour orner le champ des monnaies grecques; exemples que nous voyons se multiplier à proportion que l’art décline, et avec lui la fortune de l'empire. 11 me reste maintenant à exposer celui que je me suis réservé de produire en dernier lieu, pour en faire l'application à un morceau «le sculpture réputé excellent entre tous ceux du premier ordre , et le seul peut-être, de tous les chcfs-<l’œuvrc de l’art antique arrivés jusqu’à nous, qui n’ait rien perdu dans l’opinion, par le fait de l’apparition des sculptures de Phidias, qui a fait descendre au second rang tout ce «pion avait admiré jusqu’alors; je veux parler du Torse du Belvédère.
Cette figure est trop connue pour avoir besoin d'être décrite après tant d’anti«piaires qui ont pris ce soin. Ce qui n’est pas moins connu de toutes les personnes versées dans la science de l’antiquité, c’est la contrariété des opinions qui ont été émises sur le sujet de la ligure à laquelle appartenait cet admirable fragment. Jusqu’ici, en effet, on n’a pu se mettre
' Ce médaillon , frappé avec la tête d’Alexandre Sévère, a été publié, d’oprè» un exemplaire du cabinet de Gotha , par M. Fr.
Jacobs, duos une Dissertation sur l’Ariane endormie du Vatican. qu‘il a reproduite, avec quelques additions, dans ses verm.
Schrift . t V, $ il, p. 4o5.fr. Il s'en trouve aussi dans notre Cabinet un exemplaire décrit par Bt Mionnet. 1 1, p. 4ia, n. 3a4# qui sera publié, parmi les monuments A l'appui, dans mes Lettres archéologiques sur la Pemture des Gréa , IV partie.
d'accord que sur un point, qui ne pouvait être un seul instant douteux, d’après le bout de la peau de lion qui subsiste sur la cuisse gauche : c’est que cette figure représentait Hercule; et encore, sur ce point, l’idée de Winckclmann , qui voyait, dans ce torse, plutôt avec les yeux de l'imagination qu’avec ceux de la critique. Hercule déifè, purgé dans sa personne de toutes les imperfections de l’humanité, et admis au séjour des immortels, avec le bras droit (c'est le bras gauche qu’il devait et sans doute qu’il voulait dire) posé sur sa tête, pour indiquer le suprême repos de l’Olympe 1 * * ; sur ce point, dis-je, l'idée du graud antiquaire résultait-elle d’un sentiment poétique, bien plus que d’une appréciation juste et exacte du monument. L’erreur de \\ inckelmann, qui se représentait en outre la tête de cet Hercule déifie dirigée vers le ciel, ce qui n’était pas et ne pouvait être, est donc sensible pour tout le monde. Une supposition toute contraire à celle-là , celle du célèbre peintre Mcngs, qui , sans entrer d’ailleurs dans aucune discussion à cet égard, et parlant, suivant toute apparence, d’une restauration attribuée à Michel Ange 5 , inclinait à croire que l’Hercule du torse était appuyé sur sa massue, conséquemment avec la tête abaissée 3 ; cette supposition n’a pas semblé à Visconti mériter une réfutation 4 , non plus que l’idée bizarre du Bernin, qui restaurait notre torse en une figure d "Hercule fiant pour Omphale s . Je n’accorde pas, pour ce qui me regarde, plus de confiance à l’opinion du savant Heyne, qui, sans tenir compte du tra-
1 Stor . dell Art. 1. X , c. m , S 1 4 , t. III . j>. 585, 65), ed. Prat
* Voy. la noteiLvu , ajoutée par Mariette
à la Fit de Michel Ange, écrite par Condivi , note citée par Visconti, Mas. P. Clem. t. Il, p. 18, b).
* Mengs, Opéré, t. II, p. ao4.
* Muj. P. Clem. I. Il , p. 1 8.
* Voy. une Lettre de Winckelmann dans les Mémoires sur su Vie , t. I, p. XLVI , de la trad. franç. de son Histoire de T Art. Mengs fait allusion k cette restauration du Berniu , qu'il désapprouve, Opert, il, p. aao.
C'est à tort que cette idée d'un Hercule filant avait été prêtée à Raphaël.
vail critique de Visconti, reconnaissait, dans le torse, X Hercule assis à table, de Lysippc *, bien que cette opinion soit plus facile b concilier avec le mouvement général de la ligure, telle que nous la connaissons par les belles médailles de Crotone, et qu’à ce titre sans doute elle ait obtenu en dernier lieu l'assentiment de M. K. Ott. Muller*. Mais, il y a, dans cette supposition qui rentre dans celle de Winckelmaun, et qui s'appuie, comme celle-ci, sur des monuments, tels que la grande coupe de la Villa Albani , et le bas-relief du Repos d’Hercule, de la même Villa; il y a, dis-je, dans cette supposition , une difficulté grave, qui eût dû frapper Winckelmaun, persuadé comme il l'était que son Hercule déifié était ici représenté dans toute la perfection de la condition divine ; c'est que les monuments en question, principalement celui du Repos d' Hercule, nous montrent ce héros dans une orgie de Ménades et de Satyres, qui n’a rien de commun avec la tranquille et pure jouissance de l 'apothéose.
On se serait épargné toutes ces suppositions plus ou moins hasardées , plus ou moins contraires au caractère propre du monument et au mouvement véritable de la figure, si l’on eût observé que cette figure d 'Hercule était groupée avec une autre, qui était debout près d’elle. C’est ce qui résulte en effet de quelques restes de tenons ou d’attachements encore sensibles, qui subsistent du côté gauche de la figure, près du flanc et du genou, aussi bien que de la circonstance que le travail de la sculpture est moins achevé dans cette partie que dans tout le reste. Cette double observation, due à Visconti 3 , ne permet plus de discuter les hypothèses qui ont pour but
' Prise. Art. oper. in Epigr. illustrai, d. Kunst , $ 139, 3, « 1 , p. ia 4 ; cf. 5 4 »», p. 87. 3 f p. 6S9.
' K. Oit. Muller, Ilandbuch d. Archûol * Visconti, Af«. P. Clem. t. Il, o. 19
d'expliquer le torse par une figure isolée d’ Hercule en repos, ainsi que semblent encore disposés à le faire les derniers auteurs de \a Description de Rome , MM. Ed. Gerhard et Platner 1 , en se représentant, d’après une célèbre pierre gravée* , cet Hercule comme seul et assis , la tête appuyée snr sa main que soutient sa massue posée en terre. Ce type se trouve réellement cp dehors des conditions du torse, telles qu’elles résultent de l’observation de faits matériels; et je ne crois pas devoir m’y arrêter davantage.
Du moment qu’il est constaté par des circonstances de ce genre, que Y Hercule du torse était groupé avec une autre figure, il semble que l’hypothèse la plus plausible à tous égards soit celle de Visconti , qui conjecturait, d’après la célèbre intaille dcTeuccr, de la Galerie de Florence i , laquelle représente Hercule assis, et appuyé d'une main sur un rocher, attirant à lui de l’autre main une Femme presque entièrement nue, qui conjecturait, dis-je, que le torse du Belvédère pouvait avoir fait partie d’un groupe semblable, dont il connaissait une copie sur un médaillon de bronze, frappé à Sardes, avec la tête d’Antonin Pieux*. A l’appui de son idée, dans laquelle il ne
Voy. la fioms Beschrribung , L U , S il, S. i > 9- 1 ao. Les idée» des auteurs ue sein* blent pas avoir été bien fixées sur ce point , ni bien d’accord avec elles- mêmes; car, après avoir exprimé l'opinion que YHtrculc du to rse était groupe avec une autre figure , probablement Iltbé , qui lut présentait le nectar, opinion qui est celle de Visconti et deC. Fea, fondée sur les pierres gravées, publiées, Afas. P. Clem. L II, tav. agg. A, a et 3 , et citées, ibidem, p. tao, i), on incline vers une explication qui s'appuie sur une pierre d’un motif tout différent.
* C’est la pierre décrite sous le n* 6 t 5 de Lippert.p. 037, et qui est accompagnée
de l'inscription : DONOS TOT ÜAÂdî H2TXAZKIN AJTI02; voy. aussi les deux pierres du même sujet de notre Cabinet (l'une desquelles est de travail moderne), publiées par Mariette, t. II. pl. lxxxiv et lxxxv. L'idée que le torse appartenait à une figure semblable avait été déjà exprimée par les éditeurs du recueil des Pierre/ gravées d'Orléans , L I , n. 86 , p. 73 .
* Zannoni, Galler. di Firenz : Ser. V, 1 1, tav.aC, n. 1, p. 301 -a ; voy. la planche ci-jointe, n. s.
* St les et. iVnmijw, è Mas . de Camps, n. vil ,
ao .
semble pas avoir eu assez de confiance , Visconti aurait pu citer une autre pierre de la collection de Florence 1 , d’un beau travail aussi, quoique inférieur à celle de Teucer, laquelle offre le même groupe, dabs une attitude qui se rapproçhe encore plus peut-être des parties subsistantes du torse. 11 aurait pu également citer un beau médaillon de L. Vérus, frappé à Pergamc s , où le même groupe est conçu un peu " différemment, et où se voit la figure de 1’Amoar ailé, poussant la Femme demi-nue, qui résiste mollement , dans les bras d'IJercule, assis su r un rocher où il s’appuie de la main gauche . A ces monuments, connus dès le temps de Visconti, et dont il eût pu se servir pour justifier son opinion, il s’en est joint quelques autres, découverts depuis, qui prouvent de plus en plus la haute célébrité du modèle d'après lequel avaient été exécutées ces réminiscences sur médailles et sur pierres gravées, qui sont autant de variantes d’un même type. Ainsi, une rare médaille de Topirus de Thrace 5 , contrée où les types relatifs à Hercule sont extrêmement fréquents sur les médailles, a offert, au revers de la tête de Sept. Géta, Hercule nu, assis sur un rocher, où il s’appuie de la main gauche, attirant à lui de la main droite une Femme demi-nue, qui semble ne lui opposer qu’une faible résistance : c’est encore ici le même groupe, mais où les deux figures sont un peu plus écartées l’une de l’autre que sur les monuments précédemment cités. Le contraire a lieu sur une pierre gravée, que je crois inédite, et dont l’empreinte me fut communiquée, il y a déjà plusieurs années, par notre célèbre sculpteur, feu M. Lcmot. Cette pierre, dont
1 Galler. di Firvnz. Ser. V, 1 . 1 , tav. 26, cabinet de M. Allier d’Hautcroche , ou elle n. 2 , p. 202-3. est gravée , pl. in * n. 2 1 , est entrée depuis
* Numism. maxim. modal, c Mus. Pisan. dans notre collection. On trouvera le dessin
t&b. xxiv, n. 3 . du revers sur la planche ci -jointe, n. 4 -
* Cette médaille, qui faisait partie du
on trouvera le dessin joint à ce mémoire *, offre, dans la figure d’ Hercule, la répétition de celle de Teuçer, sauf la position du genou gauche, qui est un peu plus élevé, et, dans la figure de la Femme, nue aussi et résistant aux caresses d‘ Hercule, un motif tout à fait différent, qui prouve avec quelle liberté les graveurs s’exerçaient sur les monuments de l’art qu’ils s’attachaient à reproduire, mais qui, du reste, ne change rien à l’idée principale ni au mouvement général du groupe entier. - C’est ce qui résulte encore plus positivement d’une autre pierre, qui ne nous est plus connue que par une pâte antique, d’excellent travail, que je possède, et que je public à Ja suite de cette dissertation 3 . Le groupe, représenté dans ce rare monument de la glyptique, est certainement, de toutes les imitations qui nous sont restées du monument original, celle qui dut s’en rapprocher le plus dans l’attitude et dans le mouvement des deux figures; et c’est aussi celle qui sc rapporte le plus exactement à ce qui subsiste du torse du Belvédère. On y voit Hercule assis sur un rocher, avec sa peau de lion passée sur la cuisse droite, précisément de la même manière et à la même place que sur le torse. Du bras gauche, dont l’extrémité est enlevée par une fracture de la pâte, il s’appuyait sans doute sur le rocher, et de la droite, qui est penchée en avant, ainsi que toute cette partie du corps, il attire à lui une Femme presque nue, qui défend encore contre lui la partie inférieure de son vêtement. Le mouvement d' Hercule dans cette pâte ressemble si fort à celui du torse , l’attitude offre tant d'analogie dans les deux figures, qu’il semble que l’une n’ait pu être inspirée que par la vue ou par le souvenir de l’autre. J’ajoute que le travail de notre pâte indique un original du plus grand mérite, un ouvrage digne des temps les plus florissants de 1 Voy. la planche ci -jointe, n. 3. ’ Même planche, n. 5.
l'art; et si, comme il est presque impossible de se refuser à l'admettre, l'auteur de la pierre s’était proposé pour modèle quelque beau monument de la statuaire antique, il devient à peu près certain que ce modèle dut être le groupe, dont nous possédons, sinon l’original même, du moins une excellente copie , dans l’ouvrage d’Apollonius d’Athènes. Il existait encore une autre variante du même motif, un peu moins rapprochée il est vrai de la composition du groupe auquel appartenait le torse du Belvédère. Cette variante nous est connue par une des pierres gravées du recueil de Uaponi 1 , où Y Hercule assis tient entre ses deux genoux une Femme demi-nue, vers laquelle il se penche pour l'embrasser. Mais, quel que soit l’avis qu’on adopte au sujet de ce dernier rapprochement , je ne m’en crois pas moins fondé à regarder comme le type le plus accrédité celui dont j'ai fait connaître plusieurs variantes, tant en pierres gravées qu’en médailles, c’est-à-dire celui où Y Hercule assis attire à lui , avec une inclination du corps plus ou moins prononcée, une Femme qui lui résiste à une certaine distance; et ce qui contribue à m'affermir dans cette opinion, c’est que le même type servit aussi dans l'antiquité pour exprimer un motif semblable, mais où figuraient deux personnages différents, par exemple Neptune et Amymone, tels qu’on les voit sur une curieuse peinture récemment trouvée à Pompeï a . Cette peinture reproduit, en effet, sous la figure du dieu de la mer et de la nymphe d'Argos, absolument le même type que nous ont offert nos médailles et nos pierres gravées. Or, il n’est pas possible que cette application d'un même type à des personnages différents, mais placés dans une position semblable, ainsi qu’on en a , du reste , d’autres exemples dans les travaux de 1 art
* Tav. XXXI, n. 11. * B Mai. Bortmn. I. VI. la». XVIII.
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antique 1 * * , ne tienne ici au mérite accompli et à la haute réputation du monument, où ce type avait été fixé par la main de quelque grand maître; et, quant à ce qu’il pourrait y avoir d’étranger à nos habitudes , dans cette application même d’un type créé et reproduit par la statuaire à un sujet de peinture , je me contenterai d’observer que nous possédons déjà plus d’un exemple semblable, notamment la belle peinture d'Herculanum , représentant Y Education d'Achille a , imitée, comme cela parait bien démontré 5 , d’un groupe célèbre rie statues qui était placé à Rome dans les Septa Julia 4 ; sans compter qu’il exista toujours, entre la statuaire et la peinture des Grecs, des rapports de goût, de style et de composition, qui rendaient ces sortes d’emprunts d’un art à l’autre plus naturels et plus conséquents à leur principe, que cela ne pourrait avoir lieu chez nous, où les deux arts procèdent d’après des principes et marchent dans des voies toutes différentes.
Ce point ainsi établi par l’examen des circonstances matérielles qui tiennent à la sculpture même du torse, et par l’observation de monuments où apparaît utfc figure (Y Hercule à peu près semblable, que cet Hercule était groupé avec une Jigure de Femme debout, il ne s’agit plus que de rechercher à quelle action se rapportait ce groupe, et quelle pouvait être la Femme mise ainsi en rapport avec Hercule. Sur la première question , il semble qu'il ne puisse y avoir lieu à aucune difficulté. C’est un de ces motifs voluptueux , que l’art des Grecs traitait d’une manière plus ou moins libre , et qui abondaient dans l’histoire
1 Voy. plusieurs exemples de ce genre * Voy. les observations des Académi-
qui sont cités dans mes Monuments inédits, ciens d'Herculanum, t. I, p. Al, i4).
AchiUiide, p. 3a. 4 Plin. xxxvi. 5.
* Pitlnr. d'Ercolan. 1 . 1, tav. Vin.
d’Hercule; le même motif, sans doute, que nous trouvons représenté, dans toute la licence propre au sujet, sur une belle pierre gravée, où se voit Hercule faisant violence à une femme nue, renversée sur les genoux 1 . Quant à la seconde questiou, celle qui concerne la Femme, objet des caresses d'Hcrcule, il n’est pas aussi facile d’y répondre. Stoscli \ Gori 5 et VV inckelniann 1 voyaient, sur la pierre de Teucer, Hercule triomphant de la pudeur d’Jole; ilracci ’’ préférait Omphale; Visconti restait indécis entre lole, Omphale ci Hèbé, en penchant toutefois pour Ilébc et c'est cette dernière opinion qui semble avoir prévalu, d’après la supposition toute gratuite que X Hercule représenté sur cette pierre et sur les autres qu’on connaît du même sujet, doit être X Hercule déifié, embrassant sa céleste épouse Hébé; c’est du moins l’idée qu'avait adoptée aussi le dernier antiquaire de la Galerie de Florence, feu M. Zaunoni c’était aussi , à ce qu’il paraît, celle du savant commentateur de Xlhstoire de l’Art, C. Fea 8 ; et c’est d’après le même motif que le célèbre F laxinann, restaurant à sa manière le torse du Belvédère, avait groupé son Hercule avec Ilébé 0 .
‘ Celle pierre a été publiée par Guattoni , qui s'est trompé en y voyant Hercule et Mèlanippj i/*; voy. scs Notizie, etc. per l’ann. 178.1, p. i.iAxvii* Lxxxvui. Je reviendrai sur ce sujet dans la Deuxième Partie de mes Lettres archéologiques sur la peinture fies Grecs.
1 G 9 mm. antiq. tab. LXYtil.
* Mus. Florent. U II , tab. v.
* Picrr. grav. JeStosrh. p. aqî, n* i8o3.
* Mentor, degl. Jncisori, L 11, p. 337.
4 Mus. P. Clan. L II , tav. x , p. au! Sur les monuments relatifs à Hercule et llibè, lois que ic putéal de Corinthe, Antud. delt Instit. Arthcol. t. Il, p. lAS-t), et 33a-35,
ou tels, que Yanochoc, publiée par M. Êd.
Gerhard, «nf. Bilthcerkc, taf. XLVII, voy.
Panofka , Mus. Plaças, pl. XXVI , p* 78-81.
7 Illustras. di dut Urne, etc. p. 101, et Galler. di Firtnz. Ser. V, t. 1, p. aoiaoa.
* Bien que , dans une note sur la Stor.
deli Art. 1. X. c. ut, S i4. U 111. p. 586, 66 ) . il cite les deux pierres du Recueil de Manette , t. II, pl. lxxxiv et lxxxv, comme offrant quelque ressemblance avec l'attitude du torse.
* Voy. les Monum. du Mus. Napol. t. Il, pl. xxxvii, p. 81, où cette restauration c»t
rappelée.
Mais il y a certainement une difficulté grave à concilier ce motif présumé d’un Hercule, jouissant, dans un repos divin, des premiers honneurs de son apothéose, et recevant de la main d’Hébé la coupe de nectar, avec l’action réellement exprimée sur nos pierres antiques et dans le torse. Dans la seconde des pierres du Musée de Florence, aussi bien que sur notre pâte, lp bras droit d’Hercule tendu avec force, et le mouvement du corps qui le suit, n’indiquent certainement pas -une action tranquille. De même, dans le torse antique, on a remarqué l’extension des muscles et le mouvement prononcé de toute cette partie du corps 1 * , qui ne saurait convenir à un Hercule en repos, vis-à-vis d'Hébé dans une attitude tranquille. D’ailleurs, sur toutes nos pierres, de même que sur les médailles, la Femme demi-nue qu’ Hercule attire à lui, lui résiste bien évidemment; et, sur l’une de ces médailles, la présence de Y Amour qui pousse cette femme dans les bras d llcrrnlc, caractérise le sujet de la manière la moins équivoque. Ce ne peut donc être qu'une Femme à qui Hercule fasse violence; et la seule difficulté maintenant est de déterminer lequel des nombreux objets des amours de ce demi-dieu est représenté dans ce groupe, qui dut être si important, par son sujet autant que par son mérite, pour avoir inspiré tant de répétitions. L’observation faite en dernier lieu, qu’il s’agitd'une scène de violence exercée sur une femme qui résiste plus on moins faiblement, tend déjà à exclure Ilébé, et même Iole et Omphale; car bien qu Hercule caressant Iole ou Omphale, dans la licence des Bacchanales, fût un sujet familier à l’art antique 3 , que J. B. Visconti avait cru reconnaître dans les deux
1 C’est Visconti qui a fait cette remarque, point (T antiquité tous les éclaircissements
endr. cité, p. ao. qui sont en mon pouvoir, en traitant de»
* J'aurai occasion de donner sur ce sujets licencieux ou figure Hercule, dans
célèbres statues de la villa Pamfili en quoi il s’était certainement trompé 5 , il n’est pas probable, à voir la manière dont Hercule et Ompltalc sont le plus généralement représentés dans les monuments de l’art qui nous restent 5 , que ce soient ces deux personnages qui aient fourni le motif de notre groupe. Cette licence des Bacchanales que je rappelais tout à l’heure ne me semble pas davantage propre à rendre compte du sujet de ce groupe. On voit bien, sur quelques bas-reliefs, notamment sur celui de la Villa Albani\ qui représente 1 e Re/ns t (Hercule , le Héros, entouré de groupes voluptueux, et, sur un autre bas-relief de la même Villa \ Hercule ivre et soutenu sous les "bras, attirant à lui par son vêtement une Ménacle qui ne songe pas à se défendre ; mais il me répugne de trouver dans des motifs aussi vulgaires le sujet d’un groupe qui produisit un des chefs-d’œuvre de l’art, et qui fut imité jusque sur des médailles. 11 n’y a qu’une aventure d’Hercule, héroïque par le rang des personnages, intéressante par ses circonstances et par ses suites, qui puisse nous fournir, à mon avis, l’explication la plus satisfaisante; et je trouve toutes ces conditions dans le trait si célèbre des amours d'Hercule et d'Augé 0 , lille d'Aléus.
Rien n’est plus counu que l’acte de violence commis par Hercule sur la personne de cette femme, tel qu’il est rapporté par Pausanias 7 , Ovide 8 et les my Biographes” ; je n’ai
In Deuxième Partie de mes Lettres archéologiques sur la peinture des Grecs 1 Mus. P. Clem. t. I, p. 62 1 L'opinion à peu près unanime de» antiquaires est que ces deux statue» représentent Achille déguisé en femme , auprès do Dèidamie ; voy. mon Achilliide, p. 70, 1).
1 Je traiterai ce sujet en détail dan»
l’ouvrage annoncé en dernier lieu dans une de* notes qui précédent).
' Zoéga .. Bassirilien , t. II, tav. lu; cf. ihid. laf. Ûrat.
' Ibidem, t. II, tav. nvil.
* Cette idée était venue à un antiquaire florentin , Puccini , cité par Zannoni , Galler di Firenz. Scr. V. t. I , p. ao3.
’ Pnusan. vm ,4.6. 47. 3, et 46. 5; cl. ibid . ix. 3i. a.
' Ovid. Ileroid. ix, 4q
* Hygin. Fab. xcu et ci; cf Muncker.
diqi ti.itÿ'bÿ t jjqogle
doue pas besoin de Je raconter en détail. On sait aussi combien les sujets relatifs à Têlèphe, fruit de cette violence, furent souvent traités par l'art antique. La célébrité que le fils et la mère avaient acquise au théâtre 1 avait dû, en effet, les recommander de bonne heure à l’intérêt des artistes. Aussi voyonsnous que l’aventure d'Augé avait fourni le sujet d'une des compositions de Polygnote, au Lescké de Delphes’; et la tradition suivant laquelle Télèphe passait pour être, de tous les enfants d’Hercule, celui qui ressemblait le plus à son père 3 , nous explique pourquoi les anciens artistes setaient plu à représenter de tant de manières Hercule et Télèphe, comme nous en avons la preuve partant de monuments de la statuaire, de la peinture et de la glyptique, qui nous sont parvenus*. Il n’y a donc rien de plus probable que de supposer que le trait des amours d'Hercule et Augé avait été représenté aussi dans un groupe tel que celui que nous offrent nos pierres gravées et nos médailles, et auquel appartenait le torse du Belvédère; et cette conjecture, si plausible en soi, reçoit, d’un monument de l’art antique qui n’a pas encore été bien expliqué, une confirmation positive.
Le monument dont il s’agit est un fragment de bas-relief grec, trouvé à Mégares, et publié dans le Muséum Wonleyconam 5 . Il représente un Héros barbu, assis sur un cube de pierre, attirant à lui, de la main droite, une Femme, debout devant
ad h. I. Add. Apollodor. il, 7, 4 , et m, 9, 1; Strabon. xiii, gi 5 , B; Schol. Aristophan. ad Han. 1119 ; Diodor. Sic. iv, 33 .
Celle fable est exposée en détail par les Académiciens d Hérculanum , t.I , p. 37-28,5).
1 Euripide avait composé une tragédie d 'A âgé, dont il nous reste des fragments, Euripid. Frugm. t. II, p, 43 o, ed. Beck.
(t. IX. p. 94*99. ed. Matthiæ ). La célé-
brité du sujet de Téltphe est. du reste, attestée par Horace . de Art. poét. 96.
* Pausan. x, 38, 4 -
1 Pausan. I. I
* La plupart de ces monuments seront cité» plus bas.
1 Citas. I, n. 8; voy. aussi l'édit milan, de çe Musée, publiée par les soins de M.
Labui, tav. 111, n* 3 . p. 17*18.
lui et vêtue, dont il ne subsiste qu’une moitié du corps, qui , de la main gauche, soulève au-dessus de son épaule un pan de sa draperie, sans qu’on puisse malheureusement déterminer le geste quelle faisait de l'autre main. Mais, quoi qu’il en soit à cet égard, ce qui subsiste du groupe ne permet pas de douter, d’après son rapport avec celui de nos pierres gravées, qu’il’ ne s’agisse encore ici du même sujet, traité seulement d'une manière plus grave ou moins voluptueuse. Une circonstance nouvelle, qui ajoute beaucoup de prix à ce fragment, et qui sert en même temps à en caractériser le sujet, c’est la biche qui se voit aux pieds d'Hercule, en avant du rocher où le Héros est assis. On sait, en effet, que la biche est l’animal qui allaita Télèphe, fruit des amours d’Hercule et d’Augé; et c’est à ce signe que Visconti crut reconnaître, dans le personnage assis de notre bas-relief, Téléphe lui-même , et dans in Femme debout devant lui, Augé, mère de Télèphe. Mais j’ose dire qu’en ce qui concerne la première de ces figures, la conjecture de l’illustre antiquaire manquait tout à fait de vraisemblance. On ne retrouve pas la reconnaissance d'un fils et d’une mère dans l’action représentée sur notre bas-relief. On ne reconnaît pas davantage Télèphe, dont il est vrai qu’il ne nous reste pas d’images, si ce n’est de Télèphe enfant 1 * , dans un Personnage dan âge mûr et barbu, avec une physionomie qui convient parfaitement à Hercule 3 . C’est donc l’aventure
1 Sardes peinture», telles que celle dller-
CoUntun , Pi Mur d'Ercolan. L I , tav. VI , et
R. Mus. Borbon. t. IX , tav. v, et sur une autre, récemment découverte à Pompe!, R. Mus. Borbon. t. VIII, tav. L; sur des pierres gravées, telles que celles du cabinet de Vienne, Eckbcl, pl. uvi , xxvii , p. 57- 58 ; cl sur los médailles qui seront citées
plus bas; à quoi l’on peut ajouter le bas relief Ruspoli, publié par Winekelmann .
Monuin. uied. n' 73*. sans parler à» Y Hercule Commode et de ses répétitions.
* La tête d’Hercule, sur ce bas relief mégarien , offre beaucoup d’analogie avec celle du meme dieu , sur le bas-relief Albani, Zoéga, L II, tav. lxviil
< V Hercule et d'Augé qu’il faut voir dans ce bas-relief, plutôt que la reconnaissance de Télèphe et d'Augé. La biche, qui sert ici à designer le sujet, se voit placée de la même manière aux pieds d'Augé, sur un bas-relief de la Villa Borghèse, publié par Y\ inckelmann >, et à ceux dï Hercule lui-même, sur un médaillon des Midmens de Phrygie 5 , dans une statuette de travail grec publiée par le P. Pacciaudi 5 , et dans une statue de la Villa d’Este, à Tivoli, qui est une copie antique de \' Hercule Commode *. Enfin, et c’est là un argument qui me paraît décisif en faveur de notre explication, on trouve sur des médailles de Serdica, ville de Tbrace, voisine de Topirus, un type qui constate le haut intérêt que la naissance de Télèphe, et les circonstances qui s’y rattachaient, inspiraient à la population grecque, de cette contrée , si dévouée au culte d’Hercule; cVst la représentation d 'Hercule, nu, assis à terre, tenant entre ses bras son fils Télèphe i . J’ajoute que le groupe de Télèphe allaité par la biche se voit aux pieds de la figure d 'Hercule, sur un l>eau médaillon de Germé de Mysie 11 , d’après ce même intérêt national qui considérait dans Télèphe le premier souverain grec de la Mysie et le fondateur de Pergame; d’où il suit que le groupe d’ Hercule et d’une Femme que nous voyons sur des médailles de Thrace et de Mysie, où se rencontre aussi ce type d 'Hercule et Télèphe, ne peut avoir rapport qu'à l’aventure
' Monam. med. tav. 71.
’ Numism. è Mus. de Camp», p. 63 .
1 Monum. Peloponu I. I, p. 335. Le *»vanl auteur reproduit, pour l'explication dp celle statue , la médaille connue de Tarse, qui offre le mérne sujet, el une pierre gravée , de sa propre collection , qui est une réminiscence deY Hercule Commode ; il cite aussi, d'après Caryophilus, de Therm. Ilnvalan. in Daaa detect. p. 4i , une statue
trouvée en cet endroit , qui parait être une répétition de la sienne. •
* Visconli, Mus. P. Clem. t. 11 . tav. A .
n* 1, et 4 . p. to 4 .
1 Mionnel , Suppléa t. Il . p. 493 . n* 1 700
* C’est celui dont il a déjà été fait mention plus haut, p. 1 48 , 3 ), et où ce sujet, méconnu par les antiquaires, a été très-bien expliqué par M. St reber, N ami smala, etc
tab. m, n* 3. p 191-194-
qui produisit la naissance de Télèphe. Tout se réunit donc pour nous faire reconnaître sur le bas-relief de Mégares, conséquemmeut sur les autres monuments de l’art antique qui sont autant de variantes du même motif, le groupe d ' Hercule et Auqé : d'où il suit que c’est à un groupe semblable qu’appartenait le torse da Belvédère, dont la détermination acquiert ainsi toute la certitude possible.
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