SECONDE FAMILLE
Taras sur le dauphin , avec la tête de Femme au revers.
Cette classe de médailles , où la forme globuleuse se montre encore, mais d'une manière moins prononcée , en même temps qu’on y remarque une amélioration dans la fabrique et un progrès dans le travail, dut suivre à bien peu de distance les monnaies précédemment décrites; le type de Taras n’y offre presque aucun changement pour la composition et pour le style,*! ce n'est que la figure esftournée en sens contraire, c'est-a-diro à gauche, les deux bras étendus en avant, avec la même coquille, sous le dauphin. Les plus anciennes de ces monnaies, une desquelles, encore inédite, fait partie du Cabinet du roi\ sont sans légende; et sur les autres, qui offrent la même fabrique, le nom TAPAS est toujours exprimé en caractères de la forme la plus archaïque *. Mais c'est surtout la tête de Femme, gravée sur l’autre face de la médaille, qui mérite une attention particulière.
Cette tète est renfermée dans un cercle très-saillant, dont l’intention dut être, à mon avis, de figurer cette espèce de disque ou de nimbe, appelé dont on sait que les Grecs avaient
généralement coutume de munir la tête des statues exposées en
1 Annent Coins of Gretk Cities and Kingt, Zoom, des Sav 1 83 1 . septembre, p. 565-6. pl. ▼, n* i , p. 66. Voy. les observations * Voy. pi i, n* a. que j'ai failes au sujet de celte médaille, * Même planche, n*' 3 et 4.
plein air, pour les mettre à l’abri de certains accidents 1 . Cette particularité, cuùeuse sous quelque rapport qu'on l’envisage, ne saurait en tout cas être indifférente pour l'explication du type, lequel consiste en une tête de Femme, tournée à gauche, d’un style et d’une physionomie qui dénotent une haute époque de l’art, avec les cheveux nus, serrés par longues tresses ou retroussés par derrière; sorte de coiffure qui se remarque aux têtes de Femmes, du plus ancien style, sur un grand nombre de médailles grecques, du même âge et ^u même pays. A tous ces traits, on ne risque rien de reconnaître ici une tête du même ordre, c’est-à-dire celle de quelque Nymphe locale qui aurait rempli , sur les monnaies de Tarentc, le même objet que celles des Nymphes TEAH, TEPINA, ME EMA , APE0OEA, EETEETA, sur les monnaies primitives de Vélie, de Ténna 5 , de Mesma, de Syracuses et de Ségeste. Une notion historique, dont on n’a pas encore faittisage, vient changer cettejspnjecture en certitude. Suivant une tradition rapportée jBr Pausanias 5 , Taras était fils de Neptune et d'une Nymphe locale , ETIIxnPIAE NTM<t>HX; et, d’après une autre tradition, le nom
' Voy. à ce sujet Je témoignage du Scholiaste d' Aristophane, ad Aees, v. i » i 4 , et celui d’Hésychins , v. M rjvttrxos. Les antiquaires ont eu souvent l'occasion de se servir de cette notion pour expliquer des particularités du genre de celle-là ; je me contente de citer Visconti , Mus. P. Clcm. I , xxxi, 65 , et les Académiciens d'Herculanum, Pittar. I, 270,35), il. 61-62, 3 ) ; voy. auffsi Buonarotti. Vctr. antich. p. Go.
1 Je fais connaître à celte occasion une rare monnaie de Térina. du cabinet de M, le duc de Luynes, laquelle offre, d'un côté , la tête de la Nymphe locale , les cheveux nus et rassembles en nœud par derrière, avec son nom en lettres de la forme
grecque la plus archaïque , TOlNÀ , et au revers , la Victoire vêtue et ailée, debout , tenant d'une main une bronche de laurier, et do l’autre une couronne; voy. pi. A, n* a.
U est intéressant, sous plus d'un rapport, de comparer cette médaille , qui était encore inédite , avec une autre monnaie de Térina , à peu prés semblable et du même âge, récemment publiée par M. Miiltogen , «wieat Coins , etc. pl. u , n* 2 , laquelle offre pourtant de notables différences dans le caractère de la tête et dans la figure de la Victoire non ailée, dhr 7 tpos , et désignée indubitablement par l'inscription, NlkA, qui l'accompagne.
1 Pausan. x, 10, U
de la Nymphe locale, rendue mère par Neptune, était Satura nom qui paraît avoir été donné à une localité) voisine de Tarante, et appelée Xeuvpi oy' 1 . C’est donc, à n’en pas douter, l’image de cette Nymphe mythologique, jointe à celle de Taras lui-même, qui forme le type de cette classe de monnaies de Tarante; type continué, comme j'aurai occasion de le montrer, à travers tous les âges de la numismatique tarentine; et c’est, d’ailleurs, un fait attesté aujourd’hui par de nombreux exemples 5 , que beaucoup de villes gretques adoptèrent pour
1 Cil-lins , U ut. Lv. in Schol. Bibl. Lcid.
ad Virgil. Georrj. il, 197 , ed. Purniann.
1 Stephnn. Byc. v. Sert, ad
Virgil. Georg, 11 , 197; Schol. ad lierai.
Satyr. I , G, 59 ; cf. Mazzucch. ad Tah. llcrucl.
‘ J ai déjà eu occasion de citer ailleurs plusieurs îles exemple» le» plus remarquable» qu'olTre la numismatique grecque, eu fait de têtes de Héros nationaux qui servirent de types sur les monnaie» de» peuple» grec»; voy. mon OdyuritU , p. a45*6.
Je me bornerai maintenant n ceux de ce»
exemple» . qui concernent de» têtes (Y Héroïne* mythokyiqnes ou de Nymphes locales .
employées au roéuie usage et déjà reconnues eu cette qualité par les antiquaires ; pour ne pa» parler ici de» têtes de ce genre , dont la désignation n'est pas encore admise dan»
la science; telle» sont le» têtes de la Nymphe Olympia, accompagnée de son noiuÜATMni A. sur le» médailles des Elèens , Stantiope, Olympia, pl. wn , n* t3 , p. $7 ; de la .Yympfcr B la l ma de Platées, Pausan. tx, 1, a; cf a, 5, sur les médaille» de celte ville, Millingen, ancien t Coins , etc. pl. iv, n* 10, p. 58: de» Amazones Aymé, Myrinè, Temnos. Ægè. Clazomêne, Erythra, Phocèa, désignées toutes par leur nom, nir les
monnaies des ville», qui rapportaieul leur fondation à ces Héroïnes mythologiques , voy. Eckhel, Doct. Num. II. 4cp». 496, 497, 4gi . 5io. 5a3. Quelquefois, c'est la figure entière de la Nymphe ou divinité locale , représentée , soit avec quelque symbole ou attribut fourni par les croyance»
du pays ou les productions du sol , soit dans une attitude particulière, en rapport avec quelque circonstance du mythe indigène, qui forme le type de la monnaie; et l'on en a des exemple» remarquables sur les médailles de Aie num de Thessidie avec la figure de la Nymphe Ar né , qui se baisse pour ramasser un jlambean , Cab. de AI. Allier t pl. v, n* 1 a; Millingen, ancien / Coins, etc. pl. m, n 9 ta, p. 4q; sur toute une classe de monnaie» à'Histisea d'Eubée, où P /Jérome de ce nom, hrfiaia tlpvl* . est repré sentée assise sur une prouede navire, avant en main la voile, t&hop , par allusion à son nom, Eckhel D. N. II , 3a5 ; sur une médaille autonome de Dartlanus, dont le type représente une Nymphe ou Héroïne inconnue, assise à cheval , Pellerin. Additions, etc p. 1 ; Eckhel . I). N. Il , 4Ha ; sur des médaillés de Smyme, où Y Amazone Smyme apparaît , tantôt debout , en costume amazonien , et avec son nom , ÏMTPNU , Eckhel,
types de leurs monnaies, les létes idéales des personnages mythologiques auxquels elles attribuaient leur fondation, ou dont elles avaient reçu leur nom. On ne m’opposera pas que ce mode de personnification ne fût introduit sur les monuments de l’art grec , à en juger d’après ceux qui nous en restent, qu’à une époque plus récente que celle à laquelle se rapportent nos monnaies de Tarente. Nous possédons en effet des exemples de personnifications de Filles et de Localités dues à l’art grec, pour des époques plus anciennes que ces monnaies , et appartenant précisément à la Grande-Grèce. De ce nombre est le célèbre Pèplos consacré par le Sybarite Alcisthénès dans le'tcmple de Junon Lacinia, à Crotone, où se voyait représentée en broderie la ville de Sybaris personnifiée *. De ce nombre est encore l’anciennepeinturedu Héros de Témésa vue et décrite par Pausanias *, où étaient représentés 1 c fleuve Sybaris, sous les traits d’un Adolescent, ainsi que 1 e fleuve Calabros, la fontaine Calykê (ou Lyhê), et la ville même de Témésa; et de pareils exemples, fournis par les antiquités mêmes de la Grande-Grèce, dispensent sans doute de toute autre preuve ’.
D. N. II, 453, tantôt ont», avec U patère et la hache amazonienne , Millingen . ancient Cwju.dc. pl. v,d. 1 3, p. 73 ; et sur beaucoup d’autres monnaies de divers peuples grecs , qu’il serait trop long d’énumérer. Plus tard, on appela ces Nymphes on Divinité* locales du nom de TTXH THÏ nOAEÛS, Eckhei, Nam.
net. tab. xv. n* a , p. 37 a ; et on les représenta sur les monnaies des villes grecque»
de l’Asie , où cotte sorte de personnification fut la plus généralement admise, par une tête de Femme toanelée, ainsi qu’on le voit , entre autres exemples qui seraient trop nombreux pour être cités tous, et qui sont d’ailleurs trop connus pour avoir be-
soin de l’être, sur les médailles de Germé de Mysie, où la tète de Femme tourrelée est désignée par la légende TTXH llOAEÜS , Eckhei, D. AT. II, 455.
1 Pseud. Aristote!- de mirab. Auscn.lt.
c. xeix , p. aoo-aoa . ed, Beckmann. Cf.
Polemon. Fragment, i.xxxv, p. i3a, ed.
Preller.
* Pausan. vi , 6 , 4 ; voy. me* Monuments inédits , Orestèide, p. aat-aaa.
1 Un autre exemple de personnification de ville bien célèbre et remontant à une haute époque de Part . est celui de la ville de Sparte personnifiée et placée sous un trépied d’Amycles , Pausan. lit . 18 , 5.
Ge point établi, il ne reste plus qu'à considérer les médailles mêmes qui offrent la tête de la Nymphe de Tarente ; voici toutes celles qui sont venues jusqu’ici à ma connaissance, rangées dans l’ordre chronologique où je présume qu elles ont dû être frappées.
N" i. Tète de Femme, les cheveux nus, retroussés par derrière 5 cette tête, tournée à gauche , est renfermée dansun cercle très-saillant; au revers. Tara) nu, à cheval sur un dauphin allant à gauche, les deux bras étendus en avant, dans une attitude suppliante; sous le dauphin, une coquille; sans légende dans lechamp. Ce doit être là, vu l’absence d’inscription, et d’apres la fabrique même, la plus ancienne des monnaies de cette classe. Celle-ci, qui faisait partie d’un dépôt de médailles trouvé à Tarente et acquis par moi-même à Naples, est entrée depuis dans le Cabinet du roi; elle était encore inédite 1 .
N° a. La même tête, coiffée et tournée de même, dans un cercle pareil; au revers, le même type, avec la légende TAPAS, en lettres de forme archaïque ; fabrique à peu près semblable à la précédente 1 . Cette médaille, pareillement inédite, et ajoutée aussi par moi à la collection du roi, ne diffère guère de celle que j’ai décrite en premier lieu , que par l'addition du nom TAPAS; mais cette circonstance suffit pour lui assigner une époque postérieure sans doute de plusieurs années. •
N° 3. La même tête, d'un style différent, renfermée dans le même cercle très-saillant; au revers, le même type, d'une exécution sensiblement améliorée, avec la coquille sous le dauphin, et la légende TAPAS, en lettres d’une forme un peu moins ancienne. Cette médaille, encore inédite, comme les
* Voy. pl. j, n* 2 . 1 Voy. pl. l , n* 3
précédentes, et tirée de la collection de M. Dupré 1 , signale un progrès remarquable dans la fabrique tarentine.
N® 4- La même tête, d'un style plus élégant, coiffée avec plus de soin , au moyen d’un double bandeau , servant à former, sur le derrière de la tête, ce nœud de cheveux qui était le trait caractéristique de la coiffure des vierges grecques 2 ; cette tête, d’une physionomie différente, et tournée en sens contraire, c'est-à-dire à droite, est renfermée dans un cerele de globules; au revers, Taras nu, à cheval sur le dauphin allant de même à droite, avec la coquille, dans le champ, et la légende, en lettres rétrogrades, d’ancienne forme, TAPAX; le tout pareillement entouré d’un cercle de globules 5 . Cette médaille, très-rare et inédite, du module de didrachme, fait partie de ma collection. M. Carclli en a décrit une à peu près pareille 1 , qui ne diffère, à ce qu’il paraît, de la mienne, qu’en ce que la tête, ornée d’un collier, est renfermée dans un cercle saillant. L’une et l’autre de ces médailles, peut-être encore uniques 5 , doivent appartenir, d’après le module et d’après le style, à la dernière époque de la fabrique primitive.
Je rangerai dans la même famille quelques variétés qui offrent la même tête, avec des revers différents, mais toujours avec les caractères plus ou moins prononcés d’une fabrique ancienne.
N® 1 . Tête de la Nymphe de Tarente, les cheveux nus et retroussés par derrière, tournée à droite; au revers, partie
1 PI. i, n* 4. * .l'observe toutefois qu'il existe dans la
1 Paus.au. x, 4. collection de feu sir Rich. Payne Knight
1 Pi. I , n* 5. une médaille à peu près semblable . notant
* Elle est décrite sous le n* 45. en ces du moins qu’il est permis de s'en rapportermes : Caput mulicbr# infra orliculum ad ter à la description qui en est faite; voy. S. captllis ad occiput collectif, et monili or- p. 390 , M a. natum.
antérieure d'un hippocampe allant à droite; au-dessous, la eoquille, et dans le champ, les lettres de forme archaïque et en ordre rétrograde, TAPAS 1 . Cette médaille, beaucoup moins rare que les précédentes 3 , et du module de la drachme , est tirée de la collection de M. Dupré. II s'en trouve un exemplaire de coin différent dans le Cabinet du roi 3 ; trois autres sout décrits dans la collection de M. Carclli, l’an desquels offre cette particularité neuve et remarquable , que les cheveux de la lête de Femme, bien que rassemblés en nœud par derrière, pendent en longues tresses jusque sur l'épaule 1 '. Je citerai encore la médaille décrite en dernier lieu par feu sir Richard Payne Knight 4 , comme appartenant à la même variété. Eckhel en avait publié une à peu près semblable où il avait cru voir, au revers, un demi-péqase au lieu du demi-hippocampe *.
N° a. Tète de Femme, tournée à droite, les cheveux ceints d’un bandeau et retroussés par derrière; au revers, roue à quatre rayons. Cette médaille, de petit module, existe au Cabinet du roi 7 et dans la collection de M. Carelli 8 ; l’emploi de la roue ou de l’objet figuré de cette manière, au revers de la tête de Femme, est une particularité rare sur la monnaie de Tarente , qui ne saurait du reste appartenir qu’à une époque primitive. Les mêmes types se sont retrouvés sur une médaille
' PI. n* 6 .
* Avcllino, liai vet. Numism. 1, 1 , n* 3l3, 3t4; elSupplem. n* 637, 638.
1 PI- 1 , n* 7. Il eiiitc , dans notre Cabine!, une autre variété du mémo type, où le demi-hippocampe est tourné en sens contraire , et accompagné de la légende TAPAS.
4 Voici la description de cette dernière médaille , n* 49 : Capot mulieris ad D. coma ad ha me ru tn ut que prôna au et nodo stricta ; les
deux autres son t décrites sons les n°’ây et 48 .
* Nom. vet. etc. p. 394, N 6 .
■ SyUotje , etc. tab. 1 , n* 5 , p. 3 .
1 Décrite par M. Mionnet, sous le n" 477.
Cette même médaille, extraite du cabinet •de M. Gosselin, est gravée dans le recueil de M. Mioimet, pl. lu , n* a , et décrite, ibid. L I, p. 3 oi , n* 798, comme appartenant à Syracuse#; ce qui n’empêche pas qu’elle ne soit de Tarente.
de moindre module encore, possédée aussi par M. Carelli, qui l’a décrite 1 , et sur la foi duquel je la citeen toute assurance.
N° 3. Tête de Femme , coiffée en cheveux et tournée à gauche, dans une aire creuse, à bords relevés ; au revers, coquille, dans un cercle saillant 5 . Cette médaille de petit module, et sans légende d’aucun côté, offre, dans la fabrique et dans le style de la tête, les caractères de l’époque primitive. Il s’en trouve au Cabinet du roi trois exemplaires décrits par M. Mionnet 5 ; .M. Carelli en avait fait graver plusieurs variétés, tirées toutes de sa magnifique collection ; on en voit une dans le recueil de Hunter*, et une autre dans le Musée Britannique 5 , où la tête de Femme est entourée, comme la coquille du revers, d’un cercle saillant. La médaille que je publie, et qui m’appartient, vient d’un dépôt trouvé à Tarente même; la fabrique en est belle,
et la conservation n’en laisse rien à désirer.
N° 4. Tête de Femme, les cheveux nus, tournée à droite et renfermée en partie dans un cercle saillant ; au revers, dauphin allant à gauche; dessous, poisson, et plus bas, des jlots ; dans le champ, au-dessus du dauphin, lettres effacées, qui doivent être TA. Cette médaille, du plus petit module et d'une assez grande rareté, puisqu’elle ne semble pas avoir été connue de M. Mionnet, fait partie de la collection de M. Dupré 6 ; je la crois encore inédite, par suite du retard qu’a éprouvé la publication du recueil de M. Carelli , qui en avait fait graver une toute pareille, où les lettres TA sont parfaitement visibles. On ne saurait, du reste, la comprendre dans la série des médailles primitives, d’après l’qjégance du style et celle de la fabrique ; et je n’en fais ici mention que pour ne pas séparer
1 Voy. pl. i . n‘ 8.
* Sou» le» iT' à~i , U'p et
* Moi. Hanter, tab. 5o, fig. *IV.
‘ Mut. Britann. lab. ni , fig. 11 . p. 36
* Voy. pl. 1 , !»• 10.
1rs divers types associés à celui de la tête de Femme , dans le cours d’une ■ période monétaire, qui signale la transition de l’époque primitive à celle du beau style. Il est d’ailleurs superflu d’observer que la tête de Femme forme le type d’une des familles les plus nombreuses de la monnaie de Tarente, du poids et du module de didrachme, laquelle appartient au second et au troisième âge de la monnaie tarentine, doht je m’occuperai dans un second mémoire.
Mais il existe encore une variété de ce type, qui se rapporte à la fabrique primitive de Tarente, du moins dans sa dernière période , et qu’il importe d’autant plus de signaler ici à l’attention des antiquaires, que le monument qui la présente est inédit, et même unique, à ma connaissance. Cette monnaie offre la tête de la Nymplie locale , nue et tournée à droite , les cheveux retenus par un large bandeau et retroussés par derrière, absolument comme on le voit aux têtes des Nymphes. Hyélé, Aréthasa et Ségesta; ce qui semblerait constituer une mode de coiffure propre à ces sortes de Divinités locales ; cette tête, d’ancien style, est entourée d’une couronne de laurier : particularité remarquable, dont l'objet n’a pas encore été saisi sur les monuments numismatiques, et qui me fournira bientôt le sujet d’observations que je crois neuves et curieuses. Le revers de notre médaille offre Taras nu, sur le dauphin allant à droite, les deux bras étendus en avant; au-dessous, une coguille, et, dans le champ, derrière la figure, l’inscription, en lettres archaïques et en ordre rétrograde, TAPAS; type enfermé dans un cercle de petits globules. Cette médaille, du module de didrachme et de belle fabrique , se trouve dans le Cabinet Impérial de Milan, et j’en ai dû le dessin, que je publie 1 , à la bonté de M. Cattaneo.
• Pt .,n - 9