p. 710, sqq
• * La fable d'Anon a fourni à mon savant
ami M. Creuser, le sujet d’une dissertation , que je ma plais à citer ici comme un exemple utile h suivre , et qui n'a pourtant pas encore été suivi, du parti qu'on peut
cette attitude ne paraissait forcée, et pour ainsi dire mimique, que faute de se rappeler les figures dans des attitudes pareilles, c’est-à-dire également violentes, qu’offrent les médailles primitives de (’amanna, de Ségeste, de Cnosse, et généralement les monuments des anciennes époques de l’art grec; en sorte que cette prétendue bizarrerie d’attitude était en effet un caractère de haute antiquité. A l'appui de cette savante observation d’Eckhel, M. le duc de Luynes a produit de nouvelles considérations, puisées dans le même ordre d’idées, ou suggérées par la même classe de monuments du haut style grec, telles que l’épithète de Danseur, , donnée par
Pindare à Apollon *, laquelle exprime si bien, en effet, l’action véhémente et le geste presque frénétique de notre Apollon tarentin, avec la rare médaille de Cos s , où le même dieu paraît entièrement nn, les bras élevés, le corps violemment rejeté en arrière, dans une attitude plus tourmentée encore, s’il est possible, que sur nos médailles de Tarente. Toutefois, et malgré l’application heureuse qu’on peut faire d’un pareil texte et d’un pareil monument au type de nos monnaies de
tirer de certain* faits mythologiques; celte dissertation est intitulée : Mytkorum ab ar tium operïbus profectorum exemplum proponitur, Marhurg. 1 6 o 3 . in-/|\
1 Pindar. Fragment, i» 5 , ed. Boeckh.
III, 628; ÙpxifaT iyXatiu dvàaacav evpv- Qipelp kvoXkov.
* Vor. pi. A, n* 10. Une de ce» médailles. d’une fabrique plus récente., avec l'inscription KÛS, a été publiée par M. de Brônsted, qui a essayé d’en expliquer le* type, en le rapportant t la célébration du N ôpot irulncéf , dans laquelle an Jeune Homme, représentant Apollon , et non pas Apollon lui-même , célébrait la victoire du
dieu , en accompagnant son chant et sa danse du ton du tambourin , rà katebua %opeôct; voy Voyages et Rechercha dans la Grèce, 1 II.
pl. lvt , p. 3 1 2 . Cette explication ingénieuse donnait heu pourtant à des difficultés a«sez graves. J'en dirai autant de celle qu'a proposée plus récemment M. Streber, *Varoum.
Gnec. tab. iv, n. 7, p. 260 -é 3 . À mon avis, la meilleure explication de cette médaille importante est celle qu'a donnée M. Caveci oni . dans les AnnaL deli Instit. Arckeol. t VII, p, a 59-63 ; voy. ce que j'en ai dit dans le Journ. des Sat. septembre » 836 , p. 626-29. et qui ne permet plus d'admettre l'opinion conçue par M. le duc de Luynes.
Tarante, j’avoue qu’il me restait encore des doutes sur une manière si contraire à toutes les données de l'art antique, de représenter Apollon dans un état de nudité. absolue et dans une attitude qui a réellement quelque chose de mimique. La nudité ne constituerait pourtant pas à elle seule une difficulté sérieuse. Les plus anciens simulacres d’Apollon, tels que celui d’Égine, cité par Pausanias *, représentaient ce dieu absolument nu, £o<tvo> ytijM.no»; c’est ainsi que nous le montrent les médailles de Caulonia et de Milet, pour n’en pas citer d’autres; et c’est encore ainsi qu’il nous apparaît sur une rare médaille du Métaponte, dont le type avait été fourni par une statue de bronze érigée sur la place publique de Métaponte et décrite par Hérodote*, comme je crois en avoir fourni la preuve dans un autre mémoire 1 * 3 . Mais il reste toujours à justifier d’une manière complètement satisfaisante l’attitude exagérée et violente d’Apollon , qui ne semble pas d’accord avec le caractère particulier de ce dieu , non plus qu’avec le système général de l’art antique.
C’est ici le lieu d’examiner l’explication nouvelle qui vient d’ètre proposée pour ce type embarrassant , par un savant du premier ordre, M. K. Ott. Muller. Frappé comme nous des difficultés qu’on éprouve à reconnaître Apollon dans une figure conçue tle la manière que nous la présente la médaille de Tarante, sous ces formes prononcées, dans cette attitude violente et presque convulsive, l’habile antiquaire allemand s’est rappelé l’oracle relatif à la fondation de Tarante, dans un site
1 Paman. Il , 3o , t : kvàXXiuvt uév &yieov yvftvôv itrli, riyinje rifc irt^vpiov. C’était conséquemment une statue de style proprement éginétique.
* Herodoi. iv , 1 5.
1 Voy. mon Mémoire sur le type des médailles de Caulonia, p. 43-48. M. te duc de
Luynes , qui avait eu , de son côté , la même idée, et qui avait fait, entre le texte d'Hérodote et la médaille de Métaponte, le même rapprochement, a reproduit la médaille en question avec cette explication , dans aon livre sur Métaponte, p. 36 .
nommé Satyrion , £a.'ùpto * 1 ; et remarquant que la plante que porte à la main notre figure peut être la plante nommée précisément cher les Grecs a-ccivpiot *, plante à racine bulbeuse, plÇacv (io/ÆoeiSÇ , et dont la Jleur était semblable au lis, ’cct&oç KpnatiSU, double caractère qui se retrouve sur nos médailles deTarente, il en conclut que le personnage figuré sur ces monnaies est un Satyre, tenaut en main la fleur satyrion, par allusion à la fondation de Tarentc et à l’oracle qui y avait présidé 5 . U y a, dans cette ingénieuse explication, une idée qu'on ne peut s'empêcher d’admettre, c’est le rapport de la plante symbolique avec l'oracle eu question, et conséquemment la certitude acquise désormais, que le personnage qui porte cette Jleur eu guise de symbole se rapporte lui-même à la fondation de Tarente et à l’établissement du peuple tarentin dans le champ Satyrion *. J’avoue, pour ma part, que cette explication me parait plus près de la vérité, plus conforme aux données historiques, que l’idée de M. le duc de Luynes, tout ingénieuse et plausible que celle-ci m’avait semblé d’abord. Mais il y a aussi dans l’opinion de M. K. Ott. Muller un point que je ne saurais admettre : c’est la qualification de Satyre donnée au personnage en question, lequel ne présente réellement aucun des traits, aucun des caractères qu’on sait avoir été propres à cette sorte de figures, et qu’on leur voit sur des monuments numismatiques, à peu près du même âge que nos médailles de Tarente, tels, par exemple, que les médailles de Naxos, d'ancien style. H y a donc une restriction grave à faire à l’cxpli-
' Dionv». HaL Fragm. xvu , a , p. 5oi. idée, cetl lo nom Satyra donné à la JV/med. Rom. Cf. Ex cerpt. Varie . p. u. phe locale, inérc do Tarai, et la tête de
1 Dioacorid. de Mater, medic. lit, c. i4 telle Nymphe elle-même, empreinte sur la (c. i33. SprengeL ). monnaie de Tarente: double rapproche*
1 Annal, dell' Inst. Archcol. V. 166 . . meut qui u échappé à la .sagacité de M. K.
' Ce qui vient encore à l'appui de cette OiL Hullei
Digitizetfby Googte
cation de M. K. Ott. Muller, et c’est aussi ce qu’a pensé récemment un autre savant antiquaire, M. le professeur Orioli, qui croit pouvoir expliquer à son tour le mystérieux personnage par Taras lui-même, reproduit sous la forme héroïque, non plus comme fils mythologique de Neptune, mais comme fondateur historique de Tarente, avec l’attribut du poète, la lyre, et avec le symbole local, la Jlcur satyrwn Arrivée à ce point, la question me paraît très-près d’être décidée; et l'idée exposée en dernier lieu par M. Orioli se rapproche tellement de celle que je m’étais faite moi-même, relativement au type en question, et qui se fonde, comme on le verra, sur tout un ensemble de considérations numismatiques, que je crois pouvoir y trouver d’avance un grave motif de confiance pour l'opinion nouvelle que j’aurai bientôt occasion de proposer.
11 est encore une particularité curieuse, restée jusqu’ici sans solution, et même passée sous silence par les derniers antiquaires qui se sont occupés de l’explication de nos médailles. Ce sont les lettres tlTO, gravées de très-petit caractère, en relief, dans le champ de la médaille du Cabinet du roi, près de la figure réputée Apollon. Ces trois lettres sont, à la vérité? d’une forme bien indécise et d’une dimension qui les rend presque imperceptibles à la vue simple , au point que Millin a douté^que ce fussent réellement des lettres grecques 1 * * * 5 . M. Mionnet n’a cependant pas fait difficulté de les admettre dans sa description, sur la foi de Pellerin, et sans doute aussi d’après sa propre observation ; mais elles sont supprimées dans le dessin que M. le duc.de Luyncs a publié de
1 Annal . dcll’ Inst.Anhrol. t, V, p. 171-3. rin, <le notre Cabinet ; exemplaire chargé
1 Millin a consigné cette observation de note» autographes de Pellerin luiinAme,
dans une note manuscrite de sa main , qui b qui il avait appartenu , de (‘abbé Bar-
*e lit à la marge de l'exemplaire de Pelle- thflemy et de Millin.
cette médaille; et je dois dire quelles manquent tout à fait sur l’autre médaille que possède cet antiquaire, aussi bien que sur l’exemplaire de la collection de sir Richard Payne Knight, qui est le double du nôtre. Dans une telle contrariété d’opinions, sans compter la dissidence des monuments, il est bien difficile d’établir quelque chose de certain ; et ce qu’il y a sans contredit de plus prudent, c'est de se renfermer dans le doute exprimé par Millin. Cependant, si les lettres IITO existent réellement sur la médaille de notre Cabinet, et si ce n’est pas, comme je le crois, un simple accident monétaire qui a produit l'apparence de ces lettres si problématiques, on pourrait en donner une explication plausible. Ces mots se rapporteraient en effet au mot ÜTOAIOTXOÏ, dieu protecteur de la ville, qualiiication très-convenable pour l’Apollon Hyacinthien de Tarente. Dans ce cas, ce serait une preuve décisive acquise à l'opinion de M. le duc de Luynes, et ce serait aussi un nouvel exemple à l’appui de celui que nous ont offert les médaille d’Aptéra, de Crète, où le mot ÜTOAIOIKOS (sic) appliqué à la figure du dieu Mars, dieu tutélaire de cette ville, avait été jusqu’ici méconnu par les antiquaires sous la forme barbare flTOAIOSTOT, qui provenait d’une lecture vicieuse ’.
. ollATRlèvF FIGOHE,,
Tartu sur le dauphin, avec T hippocampe au revert.
Après un usage des types incus, qui n’avait sans doute été déterminé que par des circonstances particulières’, et qui dut
1 Voy. ma Lettre à Af. le duc </fl Luynes, p. 4 et 49 , où j'ai rectibé cette fausse leçon , et publié une médaille inédite A'Aptéra qui porte lisiblement UTOAIOIKOX-
1 Sans doute le besoin de mettre leur système monétaire d'accord avec celui des
républiques grecques du voisinage . telle* que Siris, Métapontc ctCrotone. M. le dur de Luynes assure même qae ce sont des monnaies inc uses do Métapontc qui ont servi à frapper nos monnaies inc uses de Ta* rente, à l'aide d'un procédé qui n'est eflec-
cesser promptement avec l’empire de ces circonstances, Tarente ne tarda pas à revenir au système monétaire qui lui était propre, ou plutôt on y continua la fabrique qui n'avait jamais dû être abandonnée. Les didrachmcs de forme tant soit peu globuleuse, où le type est enfermé le plus souvent dans un cercle fonné de losanges arrondis , comme celui de quelques-unes de nos monnaies incuses, et dontdesfyle ofl’re d’ailleurs tous les caractères de l’époque primitive, appartiennent indubitablement à cette période monétaire. Ces di~ drachmes, dont il existe, à ma connaissance, un assez grand nombre d’exemplaires, peuvent se distribuer sous trois variétés principales, que je rangerai dans l’ordre suivant:
I. Taras nu, à cheval sur un dauphin allant à droite, la main gauche étendue en avant, tenant de la main droite, écartée en arrière, un polype ; sans légende ni symbole dans le champ; au revers, hippocampe ou cheval marin ailé, tourné de même à droite, sans légende ni symbole dans le champ ; type imprimé dans un cercle creux formé de petits quadrilatères Le style de cette médaille, l’absence de toute inscription, la forme du cercle qui entoure le type du revers, et sa fabrique même , que le dessin permet d’apprécier, lui assignent indubitablement une place élevée dans la numismatique tarentine de l’époque primitive; elle est inédite et tirée du Cabinet du roi. Feu M. le docteur Miïnter en possédait une variété qu’il a décrite, qui se distinguait par la légende, en partie
tiventenl pas sans exemple dans cette période de ia numismatique; témoins les monnaies de Gèla , d'Agrigente et de Syracuse», surfrappées du typedeMélaponte.en relief et ea creux; et, k l'appui de cette assertion , M. le duc de Luynes croit avoir trouva, sur les médailles iocuses de Ta-
rante, des traces de l'épi en creux de Métaponte; mais j'avoue que celte particularité ne m’a point frappé sur celles de ces médailles que j'ai été dans le cas d'examiner; et je dois même ajouter que je la regarde comme tout k fait invraisemblable.
1 Voyez, pl. il, n° i5.
l'II'acée , PAS , et qui offrait de plus la particularité , très-
rare à cette haute époque de l’art monétaire, d’être fourrée
II. Taras nu, sur le dauphin tourné à gauche, les deux bras tendus en avant; dans le champ, sous le dauphin, une coquille ; derrière la figure, le nom TAPAS, en lettres de forme moins ancienne; le tout enfermé dans un cercle de globules allongés; au reverèf hippocampe ailé allant à gauche, sans légende ni symbole «l’aucune espèce 1 * . La fabrique de cette médaille, d’accord avec la présence du nom de Taras et avec la forme des lettres mêmes, annonce une époque moins reculée, bien que toujours primitive. Un exemplaire pareil à celui-ci, qui est tiré du Cabinet du roi, avait été publié dans le recueil de Hun ter 3 .
III. Taras na, les cheveux longs et flottants par derrière, à cheval sur le dauphin allant à droite, la maiu gauche tendue en avant , et tenant de la main droite écartée un polype ; dans le champ, sous le dauphin, le nom TAPAS, en lettres de forme archaïque; type imprimé dans un cercle de losanges arrondis, du travail le plus soigné; au revers, hippocampe ailé allant à gauche; dans le champ, au-«lessus, les lettres du nom TAPAS, répété en ordre rétrograde, et au-dessous, une coquille ; type entouré d’un cercle creux formé de petits quadrilatères \ Cette médaille , extrêmement remarquable par la finesse et la précision du travail, par la science du dessin qui sc manifeste à un haut degré dans la figure de Taras , signale déjà la naissance du grand et beau style sur la monnaie de Tarente, en même temps que, par la fabrique, par la forme des lettres de la double inscription , et par celle du double cercle , en
1 Descript. Nam. veter. aliq. Hitp. et Ital
* Voy. pl. 11, n* 16.
* Tab. 55 , o' rv.
* Voy. pL 11, n* 17.
relief d’un côté, et en creux de l’autre, elle porte tous les caractères d'une époque primitive, contemporaine des belles médailles incuses. Celle-ci, qui est rare, surtout à ce degré de mérite et de conservation, qui en fait un monument numismatique accompli, est tirée de ma collection. Un exemplaire à peu près pareil est gravé dans le recueil de Hanter *.
C’est ici que se termine le premier âge, ou la fabrique primitive des monnaies de Tarente, et que s’ouvre une nouvelle ère abondamment remplie de chefs-d’œuvre de la numismatique.
S II. seconde division. — Haut style.
FREMI thE FAMILLE.
Tarai sur le dauphin , avec une Jigun tf Homme aaù au revert.
Il n’est peut-être pas , dans toute la numismatique grecque , une série de monnaies aussi remarquables par l’importance du type principal, par la variété des accessoires ajoutés à ce type, enfin par la progression régulière du style, à partir de l’époque primitive, et durant toute la belle période de l’art, que ne l’est la classe entière des monnaies tarentines qui fait le sujet de cet article. Un autre motif d’intérêt qui s’attache à l’étude de ces monnaies, c’est que le type même en est encore.un problème dont aucun antiquaire n’a essayé de donner la solution. Eckhel, généralement si attentif et si habile à discerner les types rares ou curieux qu’offrent les monnaies des villes grecques, n’a même pas fait mention de celuilà dans son exposition, d’ailleurs beaucoup trop succincte, de la numismatique tarentinc; et cette omission d'Eckhel m’a toujours paru l’une des plus graves que l'on puisse trouver à
1 Mas, Hanter, tab. 5b , n* ni.
reprendre dans un ouvrage d’ailleurs si plein , si docte, si admirable à tous égards. En effet, à l’époque où parut cet ouvrage, chef-d’œuvre d’érudition et de critique, quelques-unes des médailles dont il s’agit étaient depuis longtemps connues et publiées dans les recueils du P. Magnan 1 * * * , de Pellerin 1 et de Hunter 5 . Le type quelles présentent avait excité l’attention dès le temps même de Scaliger*; et il y a réellement lieu d’être surpris que l’aspect d’un type aussi remarquable en soi, et aussi nouveau sur la monnaie de Tarente, n’ait point provoqué l’examen d’un antiquaire de l'ordre d'Eckbel.
Depuis l'époque où l’apparition des grands travaux d’Eckhel a fondé la science numismatique, en ne laissant guère à ses successeurs que des lacunes à remplir et des détails à rectifier, la numismatique tarentine s’est considérablement enrichie dans toutes les classes dont elle se compose, et surtout dans celle qui nous occupe. Ainsi M. Avellino, qui n’avait décrit d’abord dans son catalogue que quatorze de ces médailles 5 , toutes déjà connues, à l’exception de deux seulement, tirées de la collectiou de M. l’archevêque de Tarente, avait pu, dans l’intervalle de quelques années, ajouter à ce catalogue treize variétés nouvelles®, fournies en grande partie par des collections nationales, à la tête desquelles se plaçait alors celle de feu M. Carelli, qui ne comprenait pas moins de vingt de ces médailles. Depuis ce temps, quelques variétés rares et curieuses sont entrées dans le domaine de la science, en passant dans les
1 Muccll. Namùm. t. 1 , tab. 3g . n* xvil .
* IV Svpplim. p. 39 , pl. 11 , n* U.
* Mut. Hunter. lab. 55, n* v-x.
1 Voy son observation dans son traité
de lie N umm. p. 3, rapportée par les interprètes de Polit » . ad l. ix , 6 , S 80 .
* liai. vet. iïunusm, n* 3 1 5 , sqq
* Suppl ad vol. 1 Jtal. vet. Ntunum.
p. 37-38, n*’ 639>65 i. Plusieurs de ces médailles sont tirées de 1 a collection de feu M. Reynier. où il ) en a sept décrite», p. 33-34, n** 18 4 34; le reste vient en grande partie de la collection de M. Carelli.
mains d’amateurs et d’antiquaires célèbres , tels que M. Fontana à Trieste 1 , feu M. Allier d'Hauteroche 5 , sir Richard Payne Knight 5 , et en dernier lieu M. Millingen, qui en possédait six des plus remarquables 4 . Une circonstance heureuse, dont il me doit être permis de me féliciter, m’a procuré à moiméme l’avantage d’acquérir un assez grand nombre de ces médailles, la plupart encore inconnues 5 , faisant partie d’un dépôt, trouvé à Tarcnte même-, qui me fut apporté, dans les premiers jours de mon arrivée à Naples, par les soins de M. l’archevêque de Tarente, ce vieillard illustre et vénérable, au nom duquel il n'est pas d'ami de l’antiquité qui ne soit accoutumé à rendre hommage depuis plus d’uft demi-siècle 5 . C’est grâce à toutes ces ressources réunies que je me suis trouvé dans le cas de voir et d’examiner un plus grand nombre des médailles en question , que n'avait pu en connaître encore aucun antiquaire; et c’est en les étudiant avec tout le soin dont j’étais capable, en comparant attentivement les traits communs et les particularités diverses qui s’y remarquent , que je crois être parvenu à en expliquer le type , un de ceux dont l'intelligence importe le plus, si je ne me trompe, au progrès de la science numismatique.
Commençons par décrire ces médailles , chacune à raison
' Seatini, A fus. Pont, i 111, tav. «, n*g. actuellement huit nouvelles, provenant de
' Cab. do M. Allier , pl. i, ûg. 10 . cette acquisition; il ne s'en trouve que dexu.
* \mm. veter. etc. p. 269 . au Musée Britannique, d'après la description
* Ces médailles ont passé dernièrement de Taylor Combe, p. 33 , n M 5 et 6 .
dans le cabinet de M. Dupré. qui a bien * M r Capecelatro , ancien archevêque de voulu me permettre de publier celles qui Tarente, vivait encore à l'époque où je rém’ont paru offrir les types les plus neufs ou digeais ce travail; et je laisse subsister, les plus curieux , et k qui j*en témoigne ici comme un hommage du à sa mémoire, ma gratitude. ('expression de la reconnaissance qui m’é-
* Le Cabinet du roi, qui ne possédait tait dictée par un sentiment personnel, encore que cinq de ces médailles , en compte
( aoo )
<les variantes du type qu’elles présentent, et en les disposant dans l’ordre paléographique facile à établir entre elles , d’après les caractères du style et de la fabrique.
I. Personnage barbu, à ce qu’il paraît, la tête nue, vêtu d’un long pallium qui laisse à découvert une partie du dos et de la poitrine avec le bras droit, assis sur un siège bas et sans dossier, au-dessous duquel est suspendue une peau itanimal vêla; ce personnage, tourné à droite, tient de la main gauche une quenouille dans une position verticale, et de la main droite étendue en avant un vase à deux anses, de la'forme de kantharos; type renfermé dans un cercle de globules irrégulièrement disposés; au revers, Tahu nu, sur le dauphin allant à droite, les deux bras étendus en avant; dessous, dans le champ, une coquille; type assez mal frappé, et pareillement renfermé dans un cercle de globules de plus petite dimension Cette médaille inédite, et unique à ma connaissance, est une de celles que j’ai procurées à la collection du roi. C’est incontestablement la plus ancienne de toutes les monnaies deTarente qui offrent ce type; et le style comme la fabrique m’autorisent à en reporter l’émission aux temps les plus voisins de l'époque primitive.
II. Le même Personnage, imberbe, la tête nue, vêtu d’un pallium semblable, assis sur le même siège, avec la même peau d'animal attachée sous le siège; ce personnage, tourné du même côté, et tenant pareillement une quenouille et un kantharos; type renfermé dans un cercle saillant entouré d’un autre cercle de petits globules ; le tout dans une aire à bords relevés; au revers, Taras nu, porté de même sur le dauphin et tourné à droite, avec les bras étendus en avant; dessous, coquille et polype; dans le champ, derrière la ligure, les lettres mal formées, ou presque ellacécs du nom TAPAS 3 . Cette mé-
* Voy. planche il, n* >8 , ' Voy. planche H» n 8 19.
Uigîtïzea by frroogle
daille appartient encore , par une certaine rigidité de style , à un temps peu éloigné de l’époque primitive; elle n’avait encore été ni publiée, ni décrite, bien qu’il eu existe au moins quatre exemplaires à ma connaissances, savoir: un dans le Cabinet du roi, un autre dans la collection de M. Millingen 1 , un troisième daus celle de feu M. Carelli *, et le quatrième, qui m’appartient et que je publie de préférence, parce que la médaille est mieux conservée. Le sexe du Personnage assis a pu, sur la plupart de ces médailles, paraître incertain, d’après le caractère de la tête, et d’après la disposition des cheveux , qui a quelque chose d’une coiffure de femme. Le vêtement et la gucnouillc semblaient aussi de nouveaux motifs à l’appui de cette supposition, qu’a suggérée à plus d’un antiquaire, notamment à feu M. Carelli , l’état défectueux du type en question. Mais s'il est démontré, par la confrontation de toutes ces monnaies, d’âge et de style divers, que c’est toujours uu Homme et jamais une Femme qui en forme le type, il faudra recourir à l’explication de ce type même, pour rendre compte de cette apparence trompeuse due en grande partie au mauvais état de conservation des pièces qui la présentent.
III. Le même Personnage vêtu, assis et tourné de même, mais sans la peau d animal, avec la gaenoudle et le kantharos; au revers, le même type 3 ; médaille absolument du même style et de la même fabrique que la précédente , sans le cercle de globules, qui manque de l’un et de l’autre côté, et pareillement inédite, tirée du Cabinet du roi.