‹ Mémoires de numismatique et d'antiquitéChapitre 9 sur 18 · N IK A EH1X «M'AIE TOT 'MA1ETIUNEU1I0E · texte numérisé non relu

N IK A EH1X «M'AIE TOT 'MA1ETIUNEU1I0E

Cette inscription eat aussi du nombre de reiles qn'avnil copiées feu M. Thorlacius, avec quelques variantes, trop peu iniporlantes pour mériter d'élre relevées.

1 Cm ter, p. DLvm et dus. Sur un marbre de l'Asie mineure , on lit les mots suivants. enfermés chacun dans une ronronne,

l'an an-dessus de l’autre, U Al A EX , IPMIBOI ( aie), An.AAKETPQI (sic), apud Gnd. Prof Append. n* xiv. O dernier mot , qu’il faut lire AlIAAAirrPOI , désigne probablement les EnjdnU d'un 4 ge trop tendre pour prendre pari aux exercices de la patelin; ce que Pausanias exprime ainsi , VI , 1 4 , 1 c

e44 > y- C -ri-'v^ ±

formant une classe particulière au sein de la jeunesse habituée d’un gymnase. Sur un marbre attique, il est question d'.fe’nfants, ïlaÂhi , distribués, à raison de l’âge, en trois catégories la même classification se retrouve, en d'autres termes, sur une inscription béotienne 2 ; ailleurs enfin, notamment sur une curieuse inscription de l’ile de Chios, récemment découverte et publiée par M. Bœckh 5 , les divers habitués du gymnase nous apparaissent distribués en cinq classes, dont celle des Enfants, nais**, et celle des Hommes,’ A» JjoCc, forment les deux extrêmes, et celle des Adolescents, ''HÇriGoi, se subdivise seule en trois classes, désignées de cette manière : ’'E<pnCot necirtpoi , ^irVoi, Trf>fa-Cvrepoi. Ces exemples, qu’il ne. serait pas difficile démultiplier, suffiraient bien, à défaut de témoignages plus directs, pour autoriser l’explication que je vais proposer. 11 existe pour- tant un de ces témoignages que je ne puis me dispenser de produire, c’est celui d’Aristote, qui prescrit positivement d’observer, dans la construction et dans la disposition relative des gymnases, les convenances propres à chaque âge u : Tlpi-nti -yccp Jltipvcrôau ittlTitTcU riAixJoLi TovToi Ton KOirfMy (rSï yu,u.»a.cri«v).

oint ètrmjfaiàs va* voptcrtiele vaXtUtv ; cf. QAUE 2 UAAAISTAl apud Bœckh. Coq*.

Inscr. gr. n* 1 969 , l. Il , p. 54 Notre célébra inscription de Curoes offre une distinction analogue dans ce passage ; TUO TE E<Ï>A- BQN K Al TON NEÜN , Gaylus. Recueil II, pl. Lvm , 1. 5 o; et il n'est pas douteux que le» Neoi du gymnase de Cames ne répondissent aux Ncwrcpo* de celui de Géla.

Quant aux kjévstoi , qui formaient parmi les Éphebcs une classe particulière , par rapport à celle des ILxx&ef , Pausan. vi , G , 1 , et 1 4 • 1 ; cf. Pollue. ti, 10, et iv, i 35 ,.il n’est pas très facile de déterminer l’âge d'après lequel se séparaient les Kphèfas rangés dans

ces deux catégories ; voy. à ce sujet l'inscription de Cyrique. dans Gaylus, Recueil II , pl. LX 1 I 1 , p. aa 3 ; et surtout les observations de M. Bœckh. Coq*. Inscript, gr.

1 Bœckh. Corp. Inscript, gr. n* 2 3 2 Ces trois classes août indiquées bien clairement par le» mots : IlafJec rifs v pdmfs, rifs levii pus, T7?s xpixifs if Atxias ; voy. les notes do M. Bœckh.

1 Apud Bœckh. ibid. n* j 590.

* Bullett. dell' Institut. Arcfaol. i&3i, P* 7 l * 7 »*

* Aristot. Polit. vu, u *a;cf Schneider.

adh.L

C’est aussi ce que Platon recommandait dans ses Lois 1 : n<t>fo-yy ê* rcTi toiovtoiç yu|U.*<t<ri<t yttè KO.Taurx.fvàJïfii T0Ù4 NE'OTX a-vroTi; re XW Toi* yipoviri k . t. A. Et cette disposition n’était pas restée exclusivement dans le domaine de la spéculation philosophique; elle avait été appliquée en fait et convertie en usage pratique dans la plupart des villes grecques, à en juger par les exemples que. l’on connaît de gymnases des Jeunes Gens, rvuvouria. rS» Ne«v, qui existaient dans la même ville, séparément du gymnase des Hommes faits ou des Vieillards, to repovTUM» yjix'iktriw , ou TteifreidL tk. A a./<rrpa. 5 . Quelques-uns de ces exemples sont rapportés parStrabon 5 ; et je citerai surtout celui que nous fait connaître Plutarque, lequel se rapporte précisément à Syracuses, métropole d’Acræ, où il exis- * tait, entre plusieurs palœstres, un gymnase de Jeunes Gens décoré du uom de Timolion \

D’après de tels exemples, et en me fondant sur l’analogie qu’ils me fournissent, je crois pouvoir interpréter les mots NTM<î>OI IEPONOS de notre inscription d’Acræ 5 , comme offrant, dans le dialecte de cette ville, une locution équivalente à celle de NEANIXKOI IEPÜNEIOI, du marbre de Noto;

* Platon , de Letjib. vi , 761 , C ( t. VIO, p. 270, Bip.}; cf. Xenoph. Cyropaed. 1, 2 . 3 .

* Aristoph. apud Pollue, n, i 3 .

* Strab. xiv, p. 679 : Tâ> & K*o

ixptt , rf) piv bTàxstlzi rà rvpvÀtrtov w N£on>, rj? V xyopâ xai to Tepo^ltxàv.

* Piutnrch. il» Timol. S 39 , t. Il, p. 2A0, Heisk. : Hxl valaU/l pas éi*>ixo 3 of«fo*é 7 «, yvftvieior roîsS éots dcvijxav, xxi TtpoXeàvrttov Ttpotrrjjàpsvovp.

* Je ne puis m’empécher tlo rappeler k celle occasion qno, suivant tonte apparence . la colonie syracusaine d'Acr® dut

plus d’un embellissement 4 la munificence (Tlliéron II, dont le nom s’y lisait encore, gravé en beaux caractères . ffiPÛR , sur un fragment d'architrave servant de dessus de porte à un couvent , au rapport de Bonanni, témoin ocnlaire, l'anfiçu Syracasa.

libr. 1, p. 319, ed. Messin. 162 4. A cette époque du seizième siècle , il subsistait encore à Palauolo beaucoup de restes de l'antique splendeur d’Acrse; et tous les monuments qui en ont été retrouvés de nos jours portent l'empreinte du goût et del élégance d’un siècle tel que celui d'Hiérou II.

et comme il s’agit manifestement sur celle-ci d’une certaine classe de Jeunes Gens ou d' Adolescents du (jymnase d’IIiéron, il me paraît certain que les NTMOOI.lEPftNOE, de l’inscription d’Acræ, formaient, dans le même gymnase, une autre classe de Jeunes Gens d’un âge un peu plus avancé. Avant de procéder plus loin dans l’explication de ce monument curieux, j’ai besoin d’établir de plus en plus et de justifier par un nouvel exemple l’emploi de certains mots ou de certaines formes de mots, propres aux dialectes grecs de la Sicile; et ce nouvel exemple, je le prendrai sur un marbre grec qui appartient, suivant toute apparence, à cette même ville d'Acræ, et qui concerne aussi une certaine classe d'habitués d’un gymnase.

Le marbre dont il s’agit a la forme d’une base carrée, ou d’un autel, et il offre, dans sa partie supérieure, le mot NATPOI gravé en gros caractères, suivi d’une liste de noms propres qui remplissent toute la hauteur du monument, et terminé par le mot A4>POAITAI 1 : c’est donc un monument dédié à Vénus par divers membres d'une corporation, compris tous ensemble sous le titre de NATPOI. J’ai Heu de croire, d’après la forme dorique sous laquelle se produisent la plupart de ces noms , et d’après la consécration de ce marbre à Vénus, AOPOAITAI , que l’autel en question appartient à l’antique Acræ, dans les inscriptions de laquelle figurent une partie de ces mêmes noms, avec la même dédicace : A$>POAI- TAI 3 . Quoi qu’il en soit, il se présente une difficulté grave

1 Apad Guallher. 4.3; Muratori, t. I, p. dcixi ♦ 4 1 Torremuzxa , cl. i , 4 , u* xvm ,

* Aux exemples que j'ai déjà cités d une dédicace semblable , fournis par des marbres d’Acrs , j’en puis ajouter un troisième qui , bien qu'il ne soit pas inédit n’est pas

inutile à reproduire. Feu M. Thorîacius avait lu, à la troisième ligne , HPOIT ATECE , qui n'est certainement pas la vraie leçon.

A la ligne suivante . il a cru voir :

HPA1 KAI A4>P0A1TA1

d'oû il résulterait une double dédicace à

dans ce mot NATPOI, formant à lui seul le titre d’une inscription , attendu que ce mot ne se rencontre nulle part ailleurs, à ma connaissance, cl que la forme en paraît aussi insolite que l’étymologie en est obscure 1 . Des savants ont voulu voir dans ces NATPOI des espèces de Mimes ou (ï Acrobates , comme si le marbre portait N ATPOBAT AI , pour N ET POU AT Al; et je ne crois pas que cette idée mérite une réfutation sérieuse. Torremuzza soupçonne que ce pouvait être une classe de Magistrats ou de Prêtres, sans s’expliquer sur la signification propre du mot grec. Lin critique moderne fait de ces NATPOI des Inspecteurs de temples, au moyen d’une étymologie forcée et tout à fait contraire au génie de la langue' 1 . Entre toutes ces opinions incertaines ou contradictoires, si quelque chose peut être admis comme probable, c’est que le mol dont il s'agit, absolument inconnu d’ailleurs, est un terme de quelque dia-

Hira el À Aphrodite, dont je ne crois pas qu’il y ail d’exemples sur les marbres de la Sicile. Enfin, il a lu. k la ligne d’aprvs, APÜTOrEITON’OS , au génitif, ce qui produit une assez grave difficulté; tandis que le nom APIXTOrElTOS , tel que je l’ai lu ot qu'il est gravé sur le marbre , nom qui se rencontre, d'ailleurs, sur d'autres marbres d'Acræ , notamment sur celui que j’ai donné plus haut, p. 93, est justibé par l’exemple de Dionpiodore cl do Philution , nommés dans la même inscription , sans l’addition du nom de leur père. Voici, du reste, ma copie :

Eni nPAKAHâOT TOT NTM<l>OAÜPOT nPOÏTATAI ANAPEX II K Al kAPTkEX A<i»POAITAI APIXTOmiTOÏ APTKMiiN HATSAiNIA AIOWTXIOAQPOX

KPITQN <I»IAIXTÎQ.N0I «MAIXTIAI1X XÛXIOZ kAEUN ISTM<POAÛPOT FPAMM ATETS «MAIXTIÛN.

1 Les mots iN'aüpa et Navpi&tr, qui soot rapporte» par Ilcsycluus, t. 11, p. 656 , ne fournissent aucun éclaircissement.

* Lettera al duca di Serradijalco , p. S8 1 quali Navpoi forse uiranno ilali upettori dei tcmpli (a l'ior ed èpôv ossia &px, cura j.

Celte étymologie est si forcée , pour ne pas dire pis. qu’elle ne comporte pas de réfutation. L'auteur aurait pu essayer, du moins, de lui donner une sorte de vraisemblance, k l’aide de celle glose d’IIésychiu*, IVopovs , rôtis pvXax«, qu’expliquent et justifient ces deux autres passages du mémo lexicographe* , JS apc/* 7>/p*f , etNàprrv* xptnr?cie, Wrciv.

lecte particulier de la Sicile; l’une de ces expressions locales, qui durent se trouver en si grand nombre dans le langage riche et varié de% populations grecques de ce pays; ou, tout au moins, l'un de ces mots empruntés à la langue commune, qui prenaient, en passant dans divers dialectes, une forme particulière. Cela posé, rien de plus facile, à mon avis, que de rendre compte du mot NATPOI.

On a déjà pu se convaincre que la plupart des inscriptions qui nous restent des Grecs de Sicile, telles que ceHes de Géla, de Tauroiuénium, de Néetum et d’Acræ même, se rapportent à l'institution des gymnases, aux divers ordres de personnes qui les fréquentaient, aux distinctions et aux dépenses que ces établissements occasionnaient; et il est inutile de rappeler la multitude d’inscriptions semblables, .appartenant à presque tous les peuples de la Grèce, qui sont venues jusqu’à nous. Je présume que l’inscription qui nous occupe est de la même nature; et que les Nctupo/, auteurs de ce monument, formaient une classe de Jeunes Gens, ainsi nommés dans le dialecte syracusain d’Acræ. En effet, le mot grec Ne<q>of, synonyme de Néo i 1 * * * , a bien pu s'écrire et se prononcer Na.poi dans ce dialecte, où la diphthongue ta. de certains mots se contractait en <t, ainsi qu’on en a plusieurs exemples dans Théocrite*. Une contraction du même genre nous est révélée sur des terres cuites, où le nom du mois, appelé' par les Attiques BOHAPO- MifiN , est écrit, dans le dialecte dorien de la Sicile, BAAPO- MIOT 5 ; et le soupçon qu'avait exprimé à cet égard Burmann

1 Hesych. v. Ntapof* Néoi; cf. Eurîpid.

Troad. v. 848 , ed. Seidler. : ru/***r/<**> tt

ùpéfioi îè Ttpfcxtm* NEAPÀ

X * ptai v*pè ùtte&pàvotç, x. r. Add. En*

ripid. Hyptipyl. Fragm. Neapàc erv li toC véoe, t. IX , p. iÿ> , Maithi*

* Par exemple, Idyll î, 149 ;

Batrdfupat , Idyll. if, a S.

* Burma nn. ad Donrill. SiemL p. 579»; 1 Torremtma , Proleyomen. p. lxxv .< La der»

oier de ces savants s’es* laissé tromper par le désir de compléter le nombre des mois

est changé en certitude, par l'observation que j'ai été dans le cas de faire, à Palazzolo même, d'un grand nombre de ces anses d’amphores, où se lit le nom du magistrat mensuel, accompagné du nom du mois l . Ce point établi, il ne resterait plus qu’à rendre compte du changement de la voyelle a. en la diphtongue «lu, ce qui se ferait aisément, en vertu d’un usage propre aux dialectes dérivés de l'éolien, qui inséraient l'e après l’ot, surtout au devant d’une lettre habituellement aspirée conitne le p 3 . On pourrait encore expliquer d’une autre

«le l'année dorienne de Sicile, en faisant du mois Badromias , qu'il place le cinquième, un mois différent de Laromitu, qu'il nomme le onzième , d'après uue seule terre cuite , ou se lit AAPOMIOT, évidemment pour BAAPOMIOT. Il a commis la tflêinc erreur en (usant deux mois différents de ATPIAMOT et de AAPIAMOT ; et si je relève ici ccs deux fautes échappées à Torremuzza . c'est qu’elles ont été tout récemment encore reproduites par le savant Monter ; voy. son Eptslol de Monum. aliq.

script. etc. p. 10, Hafn. 18:1a. H est superflu de dire que les deux mêmes noms se retrouvent encore estropiés dans le livre de M. Avolio, tulle antichc Fa tiare di argilla, p. 83, Budromio et Laromio. De pareilles fautes sont trop fréquentes dans cet ouvrage pour mériter d'étre relevées ; mais il n'est pas inutile d'y signaler la mention du mois ATPIAMOT, qui s’y rencontre plusieurs fois, tav. m,3, a5, iv, 38.

1 II existait un grand nombre de ces anses iantphoret, avec des noms de mou cl de magistrats syrucusains, dans la collection du baron Judica à Palaxzolo; et je regrette bien de n’avoir pu , faute de temps, profiter de la permission qui me fut donnée de rechercher et de copier les noms des mois

nouveaux qui s'y trouvaient , afin d’avoir la liste complète et authentique des douze mois syracusains. Plusieurs de ces cachets imprimés sur des vases de terre cuite ont été publiés par le baron Judica lui-méme, dans ses Antichitadi Acre, tav. vi; mais on n’y trouve que les noms des mois ELANA- MOT, APTAMITIOT et TAK1N01OT, déjà connus. Je possède une de ccs anses , provenant de la même localité , avec cette inscription : £11 IEPEÛS AOPkTAIAA, curieuse par cette mention du nom du prêtre , au lieu de celui du magistrat; voy. pl. II, n. 1 1 . La Jleardxx grenadier sautage , (ZaXaib </hov, Dioscor. H. Pl. 1, 1 55 : à»0o* àypim f iotxs, est le type ordinaire de ccs sorte* de cachets; et c’est très -probablement la marque de la fahrique , insigne officinaram figuhnarum ; Tonrmuzza, Inscripl. p. loà ; Mû nier, Epistol. etc. p. îo. Je remarque encore, bien qu’avec quelque regret, que la même formule Eli IF. PEUX , suivie du nom TMOTPA A , et de la mention dumois ATPIA- NIOT, s’est rencontrée sur d’autres anses d’ampbore* trouvées à Girgcnli et ailleurs, et publiées par M. Avolio, tav. iv, n* 38 , qui en a donné cotte traduction bizarre : sub Eriotio Ttnuiradis, Agrianto mente, p. 89.

* Eustath. apud Maitlair. de Dialect. gr

manière un changement de cette espèce , conforme aux règles les plus ordinaires du dialecte dorique. Rien n’est plus fréquent, dans ce dialecte , que la substitution de Vu à l’a-, si ce n’est, peut-être celle, de l’a, à l'e ; et, au moyen de cette double permutation, le mot Na-upoi est identiquement, lettre pour lettre, celui de Necepo I. Je pourrais me dispenser de citer des exemples à l’appui de cette observation ; ceux qu’a rassemblés Maittaire 1 paraîtraient, sans doute, suffisants; mais il s’en faut bien qu'il ait recueilli les plus décisifs, ceux que fournissent les marbres ou les médailles, deux sortes de monuments bien moins suspects que les livres d’altérations de la part des copistes ou de celle des savants. L’usage fréquent qui se faisait de Vu, en guise de Va,, dans le dialecte syracusain , est prouvé, entre autres exemples, par le mot /u.aAxo$ , changé en

u.upto<; d’où vient sans doute, comme Va présumé un savant philologue 5 , le nom de la Vénus Murcia adorée à Rome 1 . Un exemple plus remarquable encore est celui du nom A' Hercule, ‘HpajcAîïç, qui se prononçait "HpwcAo* dans -ce même dialecte, tel qu’il était parlé dans les Mimes de Sôphrôn 5 ; et je puis rappeler le nom A2TOATMAX pour A2TTAAMAX, qui se trouve sur une inscription grecque de Sicile , que j’ai citée dans un autre écrit*. Quant à l’emploi de * pour t dans le même dialecte, je devrais me borner aux mêmes exemples que nous en offrent, sur tant de terres cuites syracusaines, les noms de mois riANAMCy^f APTAMITIOT, pour I1ANEMOT, APTE- MITIOT. Je pourrais ajouter d’autres exemples semblables.

p. i5o : A loXianr t à •xpo&ltâiva.i a rù v.

1 De Dialect. gr. p. i55.

* H «y ch. h. v.

* M. Welckcr, Annal, de Vlnitit. Arthéol t IV, p. 590, a ).

4 Arnob. adv. Gent. tv, iô , t. H , p. 1 ug , ed. Orell.

4 Hesych. ». tlpûxaXov • rùv (lp<xxXé*2<bppaw; voy. Valckenar, ad Adoniai. p- aoo.

4 Lettre à M. Schortt, «u mot Epierait* t p. 67-68.

fournis par dos monuments, tels que le mot HAPON, pour I- IEPON , sur un didrachmc de Crotone , et 1« nom HIAPON , du tyran de Syracuses Hiéron I ", sur un casque de bronze votif; et je citerai encore la légende AI1TAPA1QN, des médailles autonomes d 'ApUra, de Crète, afin d’avoir occasion de reproduire l’opinion que j’avais énoncée, au sujet de l’inscription AAA, pour AEA, des médailles primitives de Delphes 1 , opinion à laquelle je regrette que mon savant ami, M. Greuzer, ait refusé son assentiment 2 * .

Mais, pour en revenir au mot NATPOI, que je crois une forme syracusaine de NEAPOI, voici la manière la plus plausible, à mon avis , dont on peut rendre compte de cette transformation . On 1 i t dans Hésy ebius, que Nip* est synonyme d’a.<pput 5 ; conséquemment, que w.p*t est, sous une autre forme, le même mot que tea.pt i. Ailleurs , on trouve le mot N*p«,< expliqué par Néon et les interprètes d’Hésychius ont déjà remarqué, d’après l’ordre même où le mot tipa-i est placé , entre Naupif et Na.i<rieAft, qu’il fallait lire ce mot i<tlpa.<, ou plutôt ta.tpoi, évidemment pour ie<tf>ô(. En continuant de parcourir Hésychius, j’observe qu’on disait teiptl, teipot, pour (o-yà-n : toutes formes d’un même mot avec une signification équivalente. J’observe de plus que, suivant le témoignage du même grammairien, le mot team se contractait en vrim 4 -, et l’analogie seule autoriserait à admettre la contraction te apo( en mwm. Effectivement, je trouve qu’on a dit ttipot pour 7rpoV$a.To^et ’xpotrÇa.rot étant un synonyme de tiot et de tea.pot i , il s’ensuit nécessairement que uipo'v, avec cette signification, est une contraction de vea-po'v,

1 Voy. ma Lettre à M. Schom, au mol

Dation , p. a5.

* Creuzer, znr GcmmenAande , p. 163,

1 Besych. h. v.

* Idem, v. Ttt&nf.

* tti&jfh. v/hwp& wpàaÇtfaïttv. N tapoi * irp6s^Jot.

ainsi quel’avaitdéjà soupçonné un desinterprètes d’Hesychius 1 . Cela posé, la forme dorique tapôt, avec l’interposition du digamma, tct-Fpot, ta£pot, «topo», ne présente plus aucune difficulté. Il est évident, pour quiconque est tant soit peu habitué à suivre les mots grecs dans les diverses transformations qu'ils éprouvent, en passant d’un dialecte dans un autre, il est, dis-je, évident, que te<tpoi, tnpoi, *<tpô$, *«<po«, teupoi, te uip«5, ne sont que des formes différentes d'un même mot.

Quelle que soit l’opinion que l’on adopte sur le mode de formation du mot N<tvp«/, il me semble qu’en l'interprétant comme synonyme de N ea-pof, on satisfait, de la façon la plus naturelle, à toutes les conditions de l’analogie, sans blesser aucune des règles de la langue; et, si l'on admet cette interprétation , notre vocabulaire grec de la Sicile s'enrichit d’un mot nouveau , qui ajoute en même temps un témoignage de plus à l'appui de mon explication du mot Ntipupoi, et un exemple propre à justifier l’emploi de ce dernier mot, fourni de même par la langue des institutions gymnastiques de ce pays.

On trouvera peut-être que je me suis beaucoup trop étendu sur l'explication d’un seul mot; et je reviens, après ce long détour, à notre inscription d'Acræ, où il reste encore plus d’une difficulté à résoudre. La plus grave de ces difficultés, celle qui résulte de la construction vicieuse d’un mot pluriel, tel que , avec le participe /m.ta.^otev<ra,i , serait cepen-

dant bien facile à lever, s’il suffisait pour cela de recourir aux exemples cités par les gspinmairiens 2 de cette espèce d’irré-

* Hcaych. Inter prêt ad ». Nvpà*. que je ne partage pas ; vov. p. 39 . On trou-

* Maitlair. de Üialect. gr, p. a 56, cd. ferait bien plue d'exemples de la locution

Reitx. L'auteur de la Lettre « If. de Serra- contraire , tels , entre autres , que celui-ci . difalea a'eet servi d’un seul de ce* passages , Dion. Chryao&L Oral, xxxvm : Ô bè br)citéa par M. Maittaire, avec une confiance ftor robrwe ôfâv fyotfio.

gularité, propre au dialecte dorique, qui était précisément celui d’Acræ, colonie syracusaine. Mais ces exemples, tirés de quelques passages de Pindarc, et dont on conteste encore la valeur, pourraient bien ne pas être applicables au monument qui nous occupe; et, dans le doute, ce ne serait qu’une difficulté de plus. J’aime donc mieux supposer que le mot MNA- MONETZAZ a été écrit pour MNAMONETZANTEZ, par une de ces inadvertances de lapidaire, dont il y a tant d’exemples sur les marbres antiques 1 . Quant au sens propre de ce mot, que je regarde comme synonyme de MNHMHZ ENEKEN, ou MNEIAZ XAPIN, formules si souvent employées, en pareil cas, sur une foule de monuments de tout âge , il serait sans doute bien superflu de s’arrêter à en justifier ici l'emploi avec cette signification. Nous sommes si loin de connaître toutes les acceptions particulières qu’un même mot put recevoir dans chacun des nombreux dialectes des peuples grecs, qu’il serait au moins bien hasardé de n’admettre qu’une seule de ces acceptions, fût -ce celle qui paraîtrait le plus conforme à l’usage général de la langue; et quand on sait d'ailleurs que, dans le dialecte dorique, on disait /x»o./xovct,, pour /u. mfMrvn, dans le sens de mémoire a , on a bien pu, dans le dialecte dorique d'Acræ, tirer de ce mot yu,nt^.o*«L le verbe iMa.fi.nfMU , avec le même sens 3 , sans qu’il soit nécessaire de recourir, pour expliquer ce verbe, aux Mnémons et aux Hiéromnémons de la

bp& v kpxà&as , x. t. X. Cf. lleliodor. Æthiop. x , 3i . t. I, p. 433, Coray. : 6 îr)/ios xs- Xtfowi.

1 Si l’on pouvait se permettre une correction, quand il s’agit d'une inscription parfaitement gravée et conservée de même, on pourrait lire MNAMONETÏ.VN, forme poétique qui n’e»t pas sans exemple sur les marbres ; voy. Dceckh, Corp. Inscr. gr.,

n. 1794 . a t b, t. II, p. 3; mais je répète que, dans l’état actuel du monument, il n'y aaen à y changer, rien i y corriger.

* Leçon. apud Aristoplian. Vid. Maittair de Dialect. gr, p. aoo , B.

* D est superflu d'obaerver que vtbttv , dons le sens de rtcordarx , est d’un usage vulgaire ; voy. Stûrx, Lexic. Xenoph.

Grèce. Notre inscription doit dçnc sc traduire ainsi qu’il suit :

Sous Aristodamus,

Fils de Sosibius (gymnasiarquc),

Les Nymphi (jeunes gens nubiles du gymnase) d'Hiéron,

Comme vœu de souvenir.

Aux Chasles Déesses

(Ont consacré ee monument).

J’observerai cependant, à cette occasion, que l'emploi (17/ieromnémon n’était pas inconnu aux Grecs de Sicile, bien que M. Letronne, dans un mémoire qu’il a composé sur ce sujet 1 , n’en ait cité aucun exemple tiré de la Sicile. C’est qu’en effet le seul monument où ce titre se trouve, à ma connaissance , est une inscription grecque, restée jusqu’à ce jour inédite ou à peu près telle , et que l’on me permettra sans doute de consigner ici. Elle est encastrée dans le mur extérieur d’une maison de Calatafimi 1 , près de deux autres inscriptions publiées dans le recueil de Torremuzza. Ces inscriptions' provenaient des ruines de l’antique Ségeste, qui existent à quelque distance de cette petite ville moderne. La troisième, que je fais connaître pour la première fois, doit avoir la même origine, attendu que les caractères en sont absolument de la même forme et du même âge, et qu’il y est question du même personnage , à l’occasion de travaux qui y ont aussi quelque rapport. Voici d’a-

A fim. de l'Acad. des Inscript. , t. VI, p. 33 t-6o.

1 Celle de farci prête dora Fr. Avila ; voy.

le livre intitulé : Cenni tulle Antichità di Segesta, Paiermo, 1837, p. 51-53, où l'inscription est rapportée , mais d'une manière peu exacte, et interprétée tout de travers.

Du reste , lo témoignage de l'auteur de ce livre est important • recueillir, parce qu'il nous lait connaître avec certitude l'époque

récente de la découverte de ce marbre , et son extraction des ruines de l'antique Ségeste. Cest avec quelque regret que je me trouve dans la nécessité d'ajouter qu'en reproduisant, en dernier lieu, ces inscriptions de Ségeste, dans ses Antichitù di S* rg esta, p. i33 , M. le duc de Scrradifajço la donnée avec les fausses leçons TITIKAOT, AIIUUPAJ02, et 1EP0T0T2AN, mot barbare que ricu ne justifie.

bord les deux inscriptions déjà. publiées, que je reproduis telles absolument quelles se voient aujourd'hui, ou du moins telles que je lésai copiées, avec tout le soin que j’ai pu y mettre 1 :

AIOAnPOS TITTEAOT AITEPPAIOS TANAAEA<t>ANATTOTTA MINTPAN APTEMn.NOS IEPATEOT2A(») A<l'POAlTAI OÏPANIAI.

Par cette inscription, Diodorns ',Jils de Tittelns, de la cité ifÂperrae, recommande à Venus Uranie sa sœur (de mère) Taminyra, fille 'dt Artimon, consacrée an service de cette divinité. Telle est du moins la manière dont j’iritèrprète ce monument, et à l’appui de laquelle il né sera pas hors de propos d'ajouter ici quelques observations.

Je remarque d’abord que cette inscription a été rapportée d’une manière assez fautive par la plupart des antiquaires \ y compris D’Orville lui-même , dont voici le témoignage original*: Lapideh i grœcc inscriptnm , janujnc in muro Orphanotrophii , versus publicam viam, insertnm ita alte, ut scalis opus sit, dum letjere cupias ; (juœ nobis non ad manns crant. Du temps de D Orville il n existait donc à l’extérieur de cétte maison, qui était alors Y Hospice des orphelins, et qui est aujourd'hui l’habitation de l’arcîprete canômco cd abbaté Dott. D. Francesco Avila, il n existait, dis-je, que cette seule inscription, qu’il ne put bien déchiffrer, faute d’une échelle pour la voir de près. La même

‘ Voy. planche II, n. h.

* Guallher. n. 3a*. Torremuna, cl. 111, n. m , p. ao: Muratori, 1. 1, p. cr.xxr, I.

1 D’Onrille , Sicat. c. v, p. 54 cl 56.

Cf. Bnrm.inn. Apftmd. p. 58a. Je ne coznp remis pas , parmi h* antiquaires qui ont public celle inscription • Cüper, <|ui U a fait

que la reproduire d'après Heinesius, d. v, n. ii, qui l'avait lui-même empruntée à Gualtheri. D'ailleurs , l’interprétation qu'il en doune ne me parait pas plus admissible quo sa correction d'APTKJIHNOÏ en AP- TKMIAOX; voy. son Harpocratêa p. ia6f - ■•-/■'Wr .V-? ■’

cause dut produire les variantes et les inexactitudes qui se rencontrent dans les autres copies ; mais j’ose croire que la mienne est exempte du même défaut, attendu que j’avais de meilleurs yeux que D’Orvillc, seul avantage assurément que je puisse me flatter d'avoir eu sur cet habile homme.

J’observe, en second lieu, au sujet du mot AJIEPPAIOS, qui a été rapporté diversement par tout le monde, que la vraie leçon, telle qu'elle résulte de ma copie, où le premier P est réduit par la vétusté à la forme d’un I , est certainement AITEPPAIOS. Or ce nom désigne, sans nul doute, un habitant de la ville nommée par Pline 1 Appyri, et rangée parPtolémée, qui l’appelle "A.irtpp&t , parmi les villes maritimes de la Lycie. Cette ville figure aussi dans le catalogue d’Etienne de Byzance *, parmi les cités lyciennes , mais sous le nom de 'jV-irre^a.; ce qui ne peut être, de la part de cet auteur, qu’une faute de mémoire causée par la ressemblance du nom avec celui de la ville d'Aptéra, en Crète. La leçon de Ptolémée se trouverait d’ailleurs confirmée par une médaille unique, qui nous a offert le nom AXIEPAITUN, au revers de la tête de Gordien Pieux’; et notre marhre de Ségeste, gravé à une bien plus ancienne époque , nous présente le même nom sous une forme plus d’accord avec la manière de parler de la haute antiquité, où l’ethnique ’ kTrTtpoiîoi était eu usage pour ”A7rrep«.. Cette notion d’une ville d 'Aperrae en Lycie, constatée par notre inscription de Ségeste, se trouve d’accord aussi avec le nom de la personne, TAMINTPAN, Taminyra, dont il y est fait mention; car c’est bien la vraie leçon, au lieu de TAN- MINTPAN qu’avait lu D’Orvillc; et ce nom même de Taminyra

' Plin. H. S. ¥ . 27 . n. a 6 , p. 67 , et encore aujourd'hui U seule

1 Slephan. Byz. v Àir7epa. que l'on connaisse de cette vilje, est main-

* Cette médaille, publiée d'abord par tenant au Cabinet du roi.

M, Millingen , Choix de Mèd. grteq. pl. 111 »

( io8 )

offre une forme étrangère à la Grèce et sans doute particulière à la Lycie 1 , qui n’est pas non plus sans quelque intérêt. J’ajoute que le nom TITTEAOT, d'une forme pareillement peu commune, et défiguré dans les copies de notre inscription «tonnées par les anli(|uaires, est justifiée, comme vous le verrez bientôt, par la troisième inscription que je rapporterai.

Je ferai enfin une dernière observation sur le mot IEPA- TEOTSAN, forme que Uurmann condamnait à tort, attendu quelle est propre au dialecte dorique des Grecs de Sicile, et qu’on la retrouve, eu effet, sur les deux autres inscriptions de Ségeste 5 . Mais c’est la véritable signification de ce mot qu’il importe surtout de déterminer. En citant cette inscription d’après Muraton, avec quelques inexactitudes qu’il y ajoutait, telles que la suppression du nom APTEMfîNOE, feu le D. Munie r crut pouvoir s’en servir pour prouver que le sacerdoce de la déesse d’Eryx était exercé exclusivement par des

* Ce root semble rappeler le nom d’une caste sacerdotale de l’Ile de Chypre, les Tamiruila, Hesych. v. Ta/upéinr iepels xfi vet tv xvv pw.

* Je dois cependant observer, k cette occasion, que le mot IEPATETONTOÏ, conforme à l’usage le plu» ordinaire, se lit sur une inscription d’Acra.*, que j’ai copiée dans la collection du baron Judica, & Palaztolo; elle est gravée en beaux caractères , sur une base destinée sans doute à porter les statuettes ( si g ilia ) de Bacchus et de Proserpine. La voici avec les lettres qne j V/«uppl léc (voy. planche II, n. 8 ) :

AlONvEov k A iScoTcfpar IEPÀTETONTOI APïrrüNOS eEOfivaorov,

ETXAN.

On remarquera ici le nom APISTÛN ,

.Ai -

comme un nouvel exemple i ajouter à ceux qu'a cité» Durmann , ad Dorvill. Sic aï. p. 55 o; mai» sans qu’il en résulte la moindre présomption en faveur de la correction qu’il voulait faire du nom APIS- TIQN, qui se Ht sur l’inscription de ÎVoto; .voy. plus haut, p. 93, et qui n’est ni moins régulièrement formé, ni moins usité que celui d'APimiN, ainsi que l’a judicieusement observé M. Osann , de ftegin.

Philisl. p. 17. Quant au nom 0 EOftri«r 7 ov, que j’ai cru pouvoir suppléer, ce nom m'a été suggéré par Gcéron , qui cite un Syracusain Theomnastas , employé par Verrès, in Verr. iv, 36. J’observe enfin que feu M. Thorladus avait copié cette inscription avec d'assez notables différences , sur le mérite et l'exactitude desquelles il ne m’appartient pas de prononcer

femmes 1 . Mais, en admettant que X Aphrodite Uranie nommée dans cette inscription soit en effet la Vénus d'Eryx, comme je le pense, l’antiquaire danois n’a pu arriver à la conclusion qu’il tirait de notre marbre, qu’au moyen de deux suppositions, qui se trouvent l’une et l’autre contraires à la vérité : l’une, que ce marbre existait à Éryx , tandis qu’il est de fait qu’il vient des ruines de Ségcste; l’autre, que l’inscription portait : IEPA- TEOTEAN AÆPOAITAX OTPANIAX, tandis que la vraie leçon est : A(J>POAITAI OTPANIAt Or, il me paraît certain , d’après la teneur même de'cette formule, qu’il s’agit ici, non d’un sacerdoce proprement dit, mais bien de l’espèce de consécration religieuse, nommé hiérodulie , laquelle avait lieu, comme cela est notoire, dans la plupart des temples de cette divinité asiatique, et qui, admise, sur la vraisemblance du fait, par quelques antiquaires 3 , peut être regardée comme avérée d’après ce marbre de Ségeste. Le témoignage de Strabon 3 en reçoit ainsi une pleine confirmation, aussi bien qu’une expression de Diodore*, qui avait paru équivoque aux critiques.

Voici la seconde inscription encastrée dans le mur de la maison de Calatafimi 3 :

(| tft p0 U T)EONTO2;<t>AQNO2 (NuVpwJNOESGIIOAIANOÏ (Àj-opavopJEONTOXSENAPXOY (Aio£«pou)KAITANEIIIMEAEIAN (ttO/ixraplENOTTnNEPmN (toü Si moC â) K.ATE2KEYA20I1.

1 Religion der Karthagir , S vil , p. 84- \atàp ; às àvéQeow hzô'

* Hirt. Hierodulen, p. 4i ; Monter, ibid. ZouXlos xal 6$a>9ev itoXkoL

p. 8 o. * Diod. Sic. iv, 83 : ÎIslaëaXXoosi» fis..,.

* Strabou. VI, 371 , B : Updv kçpo&i- ITNÀJK.ÜN ÙMLVlA2;cf. WeMeli»g.«dM.

njt,».. lepoSovXauv yvpt wùtv xXjÿp« Taxa- • Voy. planche II, n. 7 .

Ce fragment d’inscription offrait, au temps de Gualtlieri, qui l’a publié \ quelques lettres de plus au commencement de chaque ligne, lesquelles en rendent la restitution à peu près certaine. 11 résulte de cette restitution, telle que je l’ai proposée , que, sous le sacerdoce suprême de Phaon , fis de Nymphon , surnommé Sopolianus Xénarxjue, Jils dé Diodore, étant agoranome , avait fait, en cette qualité, l’inspection d'une certaine partie des travaux du Xyste, qui était alors terminée 5 .

Voici maintenant la troisième inscription encastrée au même endroit, où elle a été placée à l’époque de sa découverte, en l’année 1810. Elle est à peu près intacte, et la lecture et l’interprétation n’en offrent heureusement aucune difficulté 1 :

IEPOMNAMONEON

TITTEAOSAPTEMIAÛPoi/

TANEIUMEAEUNEIIOIH2A

TnNEPrnNTOTANAPEÛNOe

*AITA2nPOEAPA2METAT<u»

IEPO<PYAAKQN.

Cette inscription nous fait connaître plusieurs faits neufs et curieux: i° il existait, dans l'antique ijpgcste, un Uiéromné-

' Gualther. n* 3aa; reproduite par Torrexnuua, cl. vu , n* xx t p, 74.

* La forme de ce nom me parait propre à indiquer que le personnage qui le portait avait été adopté par Sopolis ; c'est du moins ce que l'on peut inférer, d'après l'analogie que fournissent les noms romains terminés de même en anns.

1 J*ai été déterminé i compléter le mot dont il rte restait qne YOT par , d’é-

près la notion d’édiûces du même genre ,

que nous fournit noire troisième inscription de Ségeste ; et, si l'on admet celte restitution , nous y gagnerons la mention du Xyste , nouvelle sur les marbres grec». Ce fragment d'inscription de Ségeste est rapporté dans Idpvln/icàifci di Se g es ta , p. i33 , avec une traduction latine , que M. le duc de Serradifalco aurait dû laisser là où il l'a prise.

• Voy ! pl. Il . rt. J 6. Elle est rapportée aussi dans les dlnrtcàirt di Segetta, p. i3a-t33.

mon, qui était, sans doute, le Pontife suprême , correspondant à [’Hiéropolos, cité en tête du décret de Géla ', et qui , si l'on admet la leçon 'lepoôurÉovroç^que j’ai proposée pour la seconde*inscription, leçon autorisée par l’exemple d’Agrigentc et de Malte 5 , qui avaient aussi un Hiêrolhytas, devait se trouver, relativement à celui-ci, dans un rapport hiérarchique encore inconnu; 2 ° il existait aussi à Ségeste un collège sacerdotal, dont les membres, qualifiés Hiérophylakcs , Gardiens des choses sacrées, formaient le conseil de l’Hiéromnémon.etsous l’autorité desquels était placée la surveillance des travaux publics; 3° les travaux dont il s’agit ici étaient relatifs à l 'Ândrêon et à la Proédra, deux sortes d’édifices dont le nom ne s’était pas encore produit, à ma connaissance, sur les monuments lapidaires de l’antiquité grecque.

La Proèdra i devait être le local où s’assemblaient les membres de la tribu qui avait la présidence dans les délibérations publiques. On peut présumer, en effet, d’après la mention expresse qui se fait de la présidence de telle ou telle tribu , en tête de décrets des villes grecques de la Sicile, notamment d’Agrigente: IÏPOEAPETOTSAE TAX <t>IAAE (sic) TON T AAEON; on peut, dis-je, présumer que le même usage était établi à Ségeste; d’où il suit naturellement qu’il dut y avoir un bâtiment spécial affecté aux réunions de la tribu. On pourrait aussi considérer la Proédra de Ségeste comme l’édifice où étaient reçus et traités, en certaines occasions, les personnages de distinction, soit nationaux, soit étrangers, qui avaient obtenu, à raison de services rendus à l’Etat, la préséance dans les jeux pu-

1 Apnd Burma nn. ad Dorvill. Sicul.

p. 5 oi , 5 i 3 .

* Torremuua, d. fin, n. i et n,p. 73 et 76.

1 La Iççon IIPOEAPA se trouve aussi

aans 1e uvre eue

mile Antichità di Segesta . bien que l’auteur de ce livre ait commis quelques erreu|^ dans la transcription de ce marbre

blics. Cette interprétation , plus conforme à l'usage général du mot, se trouverait justifiée par de nombreux exemples; mais elle*c xi gérait que ce mot fût écrit ÜPOEAPIAS, comme on lit, entre autres marbres antiques qui nous offrent cette formule si usitée, sur notre célèbre inscription deCumes : KAAHN EIX riPOEAPIAN 1 * * * . Cependant, comme la leçon ÜPOEAPAX est certaine, et que je ne puis admettre quelle provienne ici d’une faute de lapidaire, attendu que ce mot est aussi régulièrement formé que ceux de Ka.6ê£/)o<t et d’E^éJjea . , j’aime mieux croire que c’est encore une forme propre au dialecte de Ségeste.

Quant à l 'Andrèon, ce devait être le lieu destiné à la célébration des banquets publics qui accompagnaient certaines solennités civiles ou religieuses ; c’est du moins ce que l’on peut inférer d’un passage de Vitruve*, rapproché de quelques autres témoignages 5 . Mais une notion curieuse, que nous devons à Plutarque, nous permet d’arriver à une détermination plus précise de l'espèce d’édifice public dont il s’agit ici; c'est qu'il en existait un de ce nom à Samos, sur l'Agora, lequel se trouvait contigu à celui qui servait de siège aux délibérations du sénat *. Or, d’après un pareil énoncé, et d’après le motif qui donna lieu à la construction de cet édifice , tel que l’expose Plutarque, on ne saurait douter que ce ne fût un local affecté à des réunions publiques de citoyens. La même induction se tire d'un passage d'Aristophane 5 , suivant l’interprétation qu’en donne

1 Cf. Aeschin. confr. Ctesiph. p. 466,

Reisk : nporêsfor sis TLpotbpiav tvxkéaas; ibid. p. 54a ; Dion. Chrysoslom. Oral.

XXXVII, 1. 1, p. to4. Reisk : krtfiïrxalt. . . dft is II potbpiatv. Sur la II pofàpfo, voy.

Casaubon, ad Theophr. Car. ni, p. 7 ],

Fisher ; Rœlliger. kl Schrift. t. I,

Vitruv. vi. 97 . S 5-

1 Xenoph. Sympa. 1 , 4 el 1 3 ; cf. Pollue. 1 , 79 ; Suit!. h. v.

* Plularch. Qaatst.grœc., 3o3,44 , 1 -VH.

lit, Reisk. Voy. Panofka, Res Sam. p. 5.

‘ Anslophan. Ecclesiaz. v. 707 ( 67 a.

Kuster. et non 744 , comme cite M. Pt nofka , qui a pris dans la noie de Kuster sur Suidas le numéro de la page , pour celui du vrr*). , <J<{

Digltized

Suidas '. Nous savons de plus, parles extraits du livre de Dosiadès sur les Repas publics, ou Syssitia des Crétois, que le local qui servait à ces repas s’appelait ccvtyei ov 1 * 3 * , mot qui répond sans doute à notre Andréôn de Ségeste et à Y Andréa de Samos; en sorte que nous pouvons conclure avec vraisemblance de tous ces témoignages, que YAndréôn et la Proédra, nommés * dans notre inscription de Ségeste, comme compris dans la même entreprise de travaux publics, étaient deux bâtiments contigus ou voisins, probablement deux dépendances du Prytanée, et situés sur Y Agora, l’un desquels, la Proédra, servait aux réunions des Proédres, l’autre, YAndréôn, aux repas publics des citoyens 5 .

Je mettrai fin à ces recherches, concernant des monuments inédits ou peu connus du siècle d’Hiéron II, en produisant, de nouveau un de ces monuments unique dans son genre, qui se rapporte, suivant moi, à la même époque; c’est une inscription qui se trouve dans l’île d’ischia \ près du bourg de Lacco, à la pointe orientale du promontoire nommé Monte di Vico. Elle est gravée sur une grosse roche de basalte noir, de forme très-irrégulière, suspendue à la crête d’une colline volcanique, toute couverte d'énormes touffes de cactus opuntia, dans une situation si inclinée, à une hauteur d’environ cin-

1 Suidas, t». Ài4péîh«f oïxov évOx ol &v- &pst eiûâ statv diïpoUttrûcu.

* Dosiad. a^adAiben.iv, i43.C,c.xxii, p. 60 , ed. Schw. : Eld & Tttx^lxyoÿ tîH» Kpijnjv oïxot iiso raîç trwrtrntw, wv rà pi» xaXovmv ÀlSAPElON, x. r. X.

1 Je n'ai pas besoin d’avertir que cette acception particulière du mot arvêpoûv se

fonde sur l'emploi qui »e faisait, dans le lan-

gage ordinaire , du même mot, pour désigner Y appartement de» Hommes dans les ha-

bitations privées. Les exemples du mot employé dans ce sens sont trop nombreux et trop connus pour avoir besoin d'être cités ; je me borne à celui que nous fournit un passage de Duris, apad Athen. xii, 54a , D.

* Je l’ai déjà publiée dans ma Lettre à M . Schom, p. 79 , 3), en avertissant que je me proposais, dans an autre travail, de faire sur cette inscription les observation»

quelle comporte.

quante pieds au-dessus de la mer, qu’on ne peut y atteindre sans beaucoup de peine, et même sans quelque danger 1 . Les lettres, de quatre à cinq pouces de haut, sont ponctuées à peu de profondeur dans la roche, attendu l'extrême dureté de la matière; ce qui n’empêche pas que ces lettres ne soient généralement très-bien conservées, quoique assez difficiles à lire à cause des aspérités dont la surface du rocher est hérissée, et de l’attitude incommode dans laquelle ou se trouve placé vis-à-vis de ces caractères; du reste, la forme des lettres, qui s’approche du caractère cursif, accuse une époque alexandrine. C’est ce qu’indiquent surtout l'oraicrtoa plus petit que les autres lettres, le sigma lunaire upsilon figuré de cette manière T, et le pi P. On verra bientôt par quel motif j’ai cru devoir consigner ici ce petit nombre d'observations préliminaires et de détails paléographiques. Voici maintenautl’inscription telle que je l’ai copiée , en y mettant tout le soin possible s :

PÀKIoC NrM<DIoT MAloCf’AKTAAoT APSANTEC

l( . -, ; ANEQHKAN

To ToIXIoN KAIoISTPA TIQTAI.

1 Ignarra décrit avec quelque exagération l'extrême difficulté que Y on éprouve à gravir jusqu'au rocher où se lit cette inscription ; il avoue quece n'est pas sans beaucoup de peine et même de frayeur qu'il y est parvenu , en s'aidant des pied* et des mains , et il ajoute qu'à l'beure où il écrit , il ne se rappelle pas , sans en frémir, le danger qu'il a couru, de Paimtr. Neapoltt.

p. 3 oo, 19). Sans avoir ressenti tout à (ait les mêmes craintes , je puis dire que j’ai

rencontré les mêmes difficultés, et que j'ai eu besoin de l'assiatance de deux mariniers d'ischia , qui me prêtaient l'appui de leurs robustes épaules, pour me tenir dans une position ai inclinée, en face de cette inscription, tout le temps qu’il était necessaire, à l’effet d'en prendre une copie fidèle.

* *Voy. planche U, n. 10, où je me suis attaché à reproduire aussi exactement que possible la forme des lettres ponctuées.

( il 5 )

IjC premier antiquaire qui publia cette inscription l , d’après une copie fournie par une main étrangère, la produisit d’une manière si fautive, qu’on aurait peine à la reconnaître; aussi le savant Ignarra, qui l’a rapportée de nouveau 1 , telle qn’il avait pu la copier lui-même , s’est-il flatté avec raison de détruire, en la publiant, tout un échaflaudage de méprises grossières ou d’erreurs volontaires. Cependant il se trouve, entre la version d'Ignarra et la mienne, une variante assez importante pour que je doive rendre compte de cette différence. 11 a lu, à la seconde ligne, MAIOC n AKTAAC, qu’il interprète par Maïas P. Atjuila ; d’où il suivrait que les deux personnages désignés en tête de notre inscription sous le titre commun de APSANTEX 3 , seraient des personnages romains, et conséquemment, que cette inscription devrait être rapportée à

1 L'au leur il u livre de Phœnicibus, p. a 6a ; voici la version qu’il en publia :

PAKIOC NTMYIOC KAI M A I O C * H A K I A À O C AII€A€ToePOI ANESTIIXANTOTTO TOTOIXION XAIC TOT TPA1ANOT THEOITA3EJ.

1 Voici la leçon d'Ignarra, de Palœstr.

Neapolit. p. 3ox :

I1AK10C NTM«t>IOC MAIOC II AKTAAC APSANTEC ANE0HKAN TO TOIXION K AI 01 CTPA TIÜTAI.

Je ne crois pas devoir tenir compte d’une

autre version, dérivée en partie de cdAe d'Ignarra, qui se lit dans un ouvrage intitulé : Tableau topographique et historique des (les d' Ischia, etc. Naples, i8aa , in-8*, p.86, en ces termes :

n AKIOC NTM<Ï>10C Il Al 01 IIAKTAAOC APSANTEC TO TOIXION KAI 01 CTP TIÜTAI.

Du reste, les détails donnés en cet en* droit sur la forme matérielle de l'inscrip* lion ne manquent pas d’exactitude.

1 Ce titre, exprimé par le participe aoriste , ne laisse pas d’offrir quelque chose d'assez insolite, pour un commandement tel que celui dont il s'agit, et qui est toujours exprimé sur les marbres grecs sous une forme actuelle.

une époque relativement assez récente. Mais je crois être fondé à affirmer que la vraie leçon est : MAIOC ÜAKTAAOT, de même que les deux noms de la première ligne, dont la lettre finale m’a paru incertaine entre Y et C, doivent, selon toute apparence, se lire : nAKIOC NTM<I>IOT. Ce nom de riAKTA- AOC, dérivé du même radical que IIAKIOC, appartient évidemment à la langue des indigènes de la Campanie, aux Osques de Cumes et de Capoue, habitant en commun avec les Grecs. Effectivement, le nom de rLAKIOC s’est rencontré sur une inscription grecque de Cumes 1 , qui s’éloigne si peu de l’âge et de la localité de notre inscription d’ischia, qu’il en résulte pour la leçon quelle nous offre une autorité péremptoire; et l’on connaît, d’ailleurs, par un trait célèbre de l’histoire romaine, par la délibération qui eut lieu dans le sénat à l’occasion de l’abolition des Bacchanales s , le nom d’dnnia Paculla, cette femme de Capoue, qui avait présidé à l’institution de ces mystères licencieux. Sauf la différence que j’ai relevée , et qui ne concerne que des noms propres dont je crois avoir justifié par ces exemples la forme empruntée à la langue de la Campanie, notre inscription ne saurait être entendue autrement quelle ne l’a été par Ignarra, ce qui revient à la traduction suivante :

Pakios, fils de Nymphios,

Malos, fils de Pakillos, investis du commandement .

et leurs soldats, ont élevé ce retranchement.

1 Cette inscription , publiée d'abord par dans ma Lettre à M. Schorn , n. 45 , p. 79 M le chanoine Jorio, Guida di Poiiuoli, ' Til. Liv. uns, iî: Pucullam Anniam ta». 11, n. ao, p. 119, • été reproduite Campanvn sacerdolem.

( ll 7 )

Du reste, ce que cette inscription, si curieuse par le lieu même qui la présente et par la forme sous laquelle elle s'y produit , oflre peut-être de plus intéressant, c’est qu elle nous procure le moyen de reconnaître dans l’histoire le fait auquel elle se rapporte, et d’en déterminer l'époque. Dans le dénombrement fait par Strabon 1 des diverses colonies grecques qu'avait reçues l’île d’ischia , nommée alors Pithéchuses, et qui en furent chassées successivement par les éruptions volcaniques et les tremblements de terre dont cette île était le théâtre J , il cite une colonie syracusame envoyée par le roi Hiéron, et il ajoute que cette colonie se vit obligée à son tour d'abandonner les retranchements 3 ijucllc avait élevés. On peut croire , sans se faire trop d’illusion, que Strabon désigne ici le mur dont il est parlé dans notre inscription , et qui , construit en quartiers de roches basaltiques, était en effet un ouvrage assez remarquable dans son genre et à cette place pour mériter une mention dans l’histoire, lorsque, d’ailleurs, la localité toute volcanique où se trouve cette inscription, à la base même de ÏÉpomée, ancien volcan éteint, s’accorde si bien avec la cause assignée par Strabon à la dispersion de la colonie syracusaine. 11 semble donc bien difficile de méconnaître le rapport qui existe entre le fait historique dont il s’agit et le monument qui nous occupe; et il ne reste plus qu'à déter-

1 Strabon. K v, p. a48 : 01 v epQSévIes vapi l^pwoç tou r vpéwov twt îupaxoualùtv i£é\nrov ro xttiacntsïicr&èv éavtûh» TElXOX xxi rifv vnaov.

* Voy. à ce sujet les nombreux témoignages rassemblés par Wemsdorf, Poét.

lot. minor. t. IV, Excnn. us, p. 35a, sqq.

* Je n’ignore pas qu’il y a quelque difficulté à admettre le mot toi^Io* de notre inscription comme équivalent de celui de

rsïXp * , employé par Strabon , et qui est véritablement le mot propre ; mais, d'un autre cété, un mur construit par des soldats, tel que celui dont il s'agit ici, ne peut être qu’un retranchement, tel qae celui qui est indiqué par Strabon; et l’analogie, qui est ici dans les choses encore plus que dans les mots, oblige à admettre une synonymie qui n’est pas dans l’usage ordinaire de la langue.

miner l’époque à laquelle peuveul appartenir l'un et l’autre. Strabon se contente de nommer Hiéron, tyran de Syracuse*, sans rien dire qui puisse nous mettre à même de décider s’il a voulu parler du premier prince de ce nom, dont le règne s’étendit de l’an 478 à L’an 466 avant notre ère, ou bien du second Hiéron, dont la longue et prospère domination remplit plus de la moitié du troisième siècle avant notre ère. Aucuu des commentateurs de Strabon n’a cherché à résoudre cette question, si ce n’est le dernier interprète français, qui s’est décidé pour Hiéron I", mais sans alléguer aucune preuve à l’appui de son opinion, et sans faire mention de notre inscription d'ischia, qui cependant ne paraît pas lui être restée tout à fait inconnue 11 est néanmoins bien plus probable qu’il s'agit en effet d 'Hiéron 11, dont la renommée plus récente et plus généralement répandue au siècle de Strabon, à cause de ses longs rapports et de scs liaisons intimes avec les Romains, rendait moins nécessaires les explications que Strabon n’eût pu supprimer, s’il eût voulu parler de l’ancien Hiéron. Mais ce qui tranche tout à fait la question, c'est le style même aussi bien que l’orthographe de notre inscription, qui ne peuvent convenir au siècle d Hiéron /" a , tandis qu’ils s’accordent parfaite-

* Strabon, trad. frnnç. t. II, p. 271, 1).

Le traducteur se contente de dire A ce sujet : .V ons ne pensons pas qu’il paisse s’agir d’ Hiéron II; et plus bas, il ajoute: Certaines ruines qui se voient dans Tile d Ischia (il devait citer l'inscription mZ-me) ne pourraient-elles pas être des restes de la forteresse dont les Syracusauis avaient commenté (pourquoi commence?) la construction ; et il cite en note, Ignnrra, de Pularstr. Mcapolit.

p. 3o4. n. ao ; il devait citer, p. 3oi, u. ao.

* Nous possédons un monument paléographique du règne d'Hiéron 1". qui dis-

pense de toute autre explication, dans le célèbre casque eo bronze d Olvmpie.

dont l'inscription a exercé le savoir de tant d'habiles philologues ; voy. Rrôndsted . knnstllatt . 18a», n. 65 ; liousonade .

K lau te. Journal, vol. XIX, p. 3oi ;Thiersch, Kunstblatl , 1 82 1 , n. 26 ; Sillig , Amaltkea , t. IL p. ait, ff.; Bocckh, Corp. Inscr. gr.

a. 16, 1. 1, p. 34*35; Ct Amalthea, t. 111, p. 55-64- Je ne puis dissimuler que , dan»

son commentaire sur l'inscription de ce casque votif. M. Boeckh rapfwu te le passage en question de Strabou a la victoire d'iiié-

PU

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