OB LÀ CILICIE
portent des légendes aussi explicites, puisque celles-ci nous font connaître à la fois le nom de la ville, son rang, son importance comme métropole, et le district dans lequel elle était située. La Lamotide, ((), qu’Etienne de Byzance
nomme Lamusie, Aafzoucia (2), était cette partie de la Gilicie maritime qui longe les rives du fleuve Lamus (3) ouLatniiim(4). Cette dernière forme est tout à fait inCrmce par les légendes des médailles que je viens de transcrire. Strabon, en écrivant Latmum, a*ait sans doute été trompé par la ressemblance du nom du fleuve cilicicn avec celui de la montagne qui avoisine Milet(5); peut-être aussi ne doit-on considérer cette vaiiante d'orthographe que comme une faute de copiste. Vers l'embouchure du Lanuts, entre Tarse et Séleucie, et à quelque distance dans les terres (environ 3'), était située une ville du même nom que le fleuve (6). Lés monuments numi.snia tiques nous apprennent qu'elle prenait le titre de métropole, et le type de ses monnaies nous fuit supposer qu’elle possédait un temple de Jupiter. Un passage d'Etienne de Byzance rattache la J.amotide à risaurie; mais nous avons eu déjà l'occasion de montrer, en publiant une médaille unique de Titiopolis, ville placée par les uns dans l'Isaurie, et par d'autres dans la Gilicie (7), que les historiens et les géographes ont plusieurs fuis pris ces provinces l'une pour l’autre j il suffit d'ailleurs de jeter les yeux sur une carte de l'Asie Mineure pour voir que la Lamotide, circonscrite au nord et à l'ouest par le Taurus, le Calycadnus
(1) Ptolcm. L. V,c. «
(2) Aa^Lo; xal «ap* Aotfuivata* tdi9vtxov Ao4iovato(-
Steph. B^. v€rho.
(3) Ptol. — Cf. CclUrim. H, p. 201 et 202.
(4) Stra b. XtV, p. 67 1 . Elaî S* ôpoi Tavrrjç [*niç Tpax<tac KtXtxi'a;] (leroCù lôXcov n xot
'EXcoOrne 6 AdbfiA; xal 'xcop.?! Il est astei diflicile de faire accorder
le titre de métropole qae nous fooranseat les médeiHes evec le qaelîBcetioa de xf^vi doaaée à Lunas pir le géographe.
(5) Pooip. Mêla, I. cap. xvu. — Innia eingit Latmum momtfm Endjrmionii, a Luna,
mt ftrunt, adamati. — Adrpoc 2poc ivOs iorCv dvtpOVy tt ÿ d(érp«dcv
Scbol. Apollon, ad Tert. 57, lib. IV.
(6) Par le 32 degré loag. et le 368 4' Ut. aord.
(7) Retue numùmati^u<, 1838, p. 422.
14 MBOAILLU llfBDITSS I
et le territoire d’OIba, ne peut en aucune façon être confondue avec risaurie. La ville de Lamua, qui au douzième siècle était épiscopale (I), a disparu complètement, à ce qu'il semble; du moins, les cartes de Walpole et du colonel Leake ne placent, entre Mézetlu et Aiasch (l'ancienne Eleusa), aucun bourg dans lequel on puisse retrouver la métropole de la I^motide.
HIÉROPOLIS.
N” 3. Buste de Bacchus couronné de lierre et tourné à droite, portant sur l'épaule un thjrse ; dans le champ, une grappe de raisin,
iCPOnOAITIlN. THN. nPOC. Tü. nïPAMn. Jupiter Nicéphore, assis, à gauche, la main gauche appuyée sur une haste. Æ. 8. Collection Borrell. (PI. E, n® 2.)
Les médailles autonomes d'Hiéropolis sont rares, et cell»«i, quoique son revers soit d'un style un peu barbare, est néanmoins précieuse par son module. Eckhel fait d'Hiéropolis et de Castabala une seule et même ville, se fondant sur la présence fréquente de ces deux noms réunis sur des médailles autonomes et impériales (2). M. Mionnet ne voit dans cette réunion que la conséquence d'une alliance entre les deux villes (3), et la numismatique asiatique nous offre tant d'exemples de faits '
semblables, qu’il est inutile d'insister siir la vraisemblance de |
l'opinion du savant antiquaire français. Il faut dire cependant que les géographes ne font aucune mention d'Hiéropolis, et |
l'on pourrait supposer qu'au temps de Strabon et de Ptolémée, cette ville n’était plus connue que sous le nom de Castabala; |
mais aussi, que faire dans cette hypothèse, des moyens bronzes de M.-Aurèle et de Caracalla, et qui pprtent le nom d'Hiéropo- |
lis seul, iCPOnOAITflN (4), ces pièces étant postérieures même au moins ancien des deux célèbres géographes.’ ;
(1 ) U)t dépradâ t VtTthtfèthé de Sdleade. OiisIJ. T7r jict. Chatcêdon. , *
(1)T. III, p. 57.
(3) Sappl. T. VTI, lis.
(4) Uiinmet, t. III, p. 534, a’ 313 <1 Svppl., t VII, b* Ut