PI. LXXXIV
(4) Gairria tDjthologiqDc, pl. XX, n* fl4.
(5) Apollotl, Il l, c. 6, 5 2 — Ou peut-être Otna, frère d’Éplûallê»- Idein,
DB I.A CII.ICIE. I 7
de Maximin, tourné à droite, la poitrine couverte d’une cuirasse à écailles.
RI- <>lAAAEA^EilN. KHTIAOC. La Fortune debout, à gauche, tenant de la main droite un gouvernail et portant sur le bras gauche une corne d'abondance. Æ. 10. (PI. E, n“ 4.)
On ne connaissait jusqu’à présent de cette ville aucune médaille, et la lecture de celle-ci offre quelque difficulté en raison du peu de relief des caractères, dont quelques-uns sont à peine perceptibles. La légende, une fois reconnue, en est si précise, que l’on ne peut entretenir aucun doute sur son attribution à la Cilicie i mais le district de Cétis n'y fût-il pas indiqué, le rapport frappant des grands bronzes deDiocésaréequi portent au revers le type de la Fortune (1) avec la médaille de Philadelphie, aurait suffi pour établir la localisation de ce monument numismatique. Je dois ajouter que son style le sépare entièrement des médailles de la Décapole et de la Lydie dont la fabrique est bien connue et se distingue par des traits particuliers à ces contrées. La partie la plus fertile de la Cilicie Trachéenne, suivant Walpole, est la vallée du Calycadnus qui portait le nom de Cétis (2). Le fleuve, venant du nord-ouest, traverse les villes d’F.rmerek, de Sinanti, de Moût et de Sélcfké, et se jette dans la mer un peu au-dessous de cette dernière. On pense qu’Erraerek est l'ancienne Philadelphie, et que Diocésarée existait sur un affluent du Ghiouk-Sou fCalycadnus), dans un Heu où se voient encore aujourd’hui îles ruines assez considérables (3). Le colonel Leake accepte également cette tradition ^ 4 ).
(î) Mionnet, t. tll, p. 577, n" fOi, c! Suppl. , t.VlI, p.209, n‘* 235 Cf. nii *njpt de la Fortune que rc)>rp»entent les médaillés dc^ villes de ^'antiquité, Ch, LeuormanT, .Voup. /^nn. de l'/nst. areft,» t- I, p> 2H. L'in^éiiieuse idée du .snvaut acadrtniciru est venue lever un des plus graves obsiaeles qui s'opjtosàt à Tiutcrprétation mncpicaiCDt syinbo- Uque des médailles frappées par les rilles du monde aueien.
(2) Kô>.vovo; 5vopa icoraph), i^yo^U'Ma piv dvcuOév koOcv àno twv t?,; Kn'rtooç, X. T. X. BJisil, Selcuc. de f ’itd S. 77/rr/. p. 1 20. — Kai ydip t»; twv tovtùïv xaî
tvnxTpt^v Yvvaixûv Batiijiavi*, x. t X. ddJ. 140. Pioléint'tr L. V, c. 8, donne KtjU;, mais il ne range dans cette division de la Cilicie ni Pliiladclphip, ui Oiocciarée qn*il plji-e dans U (alicie Trachêeoue.
(.3) VValpoIc’s Trüvets tkrnugft .4stit Minor, p. 243.
(4) Ess*ty nf a map of A*tu \tinor — Pr*»viure d’Itsrlid
18 mbdàii.les inédites
DIOCÉSARÉE.
N« 6. AÏTOK. KAIC. M. AÏP. ANTHNCINOC CEB. Buste lauré de Caracalla jeune, tourné à droite, les épaules couvertes d’un paludamentum ; devant le profil, dans le champ, deux contre-marques elliptiques , dans l'une desquelles se voit un foudre et dans l'autre un aigle éployé.
A AP. AlOKAICAPEiîlN. Pallas dans un quadrige, lançant la foudre de la main droite ; de la gauche elle tient un bouclier circulaire duquel s'élancent des serpents. Æ. 9. Collection Borrell. (PI. E, n° 5.)
Le centre du bouclier, très-usé par le frottement, laisse encore voir iine élévation irrégulière que je considère comme le Gorgonium (0.
Le type de cette médaille, Pallas dans un quadrige, est unique, à ce que je crois, dans la numismatique ancienne. Il rappelle le camée du musée Farnèse gravé dans Winckelmann (2), qui représente Jupiter foudroyant deux géants anguipèdes. C'est à Pallas que Jupiter a confié exclusivement la foudre pendant le célèbre combat, et c’est à cette arme puissante qu’il faut attribuer , sans doute , la grande part que lui donne Aristide (3) dans la victoire que remportèrent les dieux. Ceux-
(1) CeUe cûrcoiuUnce peut être conAtdérée comme ua uiaehroaiame de U part du graveur paitque la guerre dei TiUos fut intérieure a l'expédition de Persée.
(ü) Monumenti ineJ., n** 10. Une iiopbore tjrrliéoiennc du mn^éc Blicas représente PalUs din« un qnadrige, »*apprètint à percer de sa lance un géant éteodo anx pieds des cLeraux. Les savants antenrs de VÉUu des monuments eêramografthiques t eu poblisnl cette peintnre inédite, ont indiqué tons les passages des textes qui attribuent nn char à U décMe pendant le combat contre les géants • cotre tous les noms donnés à Tantagoniste de Pallas et qu^ils citent, Us ont préféré celni d’Encelade. Cependant le vêtement étoilé dn géant renversé pourrait désigner suffisamment Astérios. Y. Loc. laud., p. 17 et SUIT., pl. XI.
(3) T. I, Oral, in Athen. p. 11. — Le« reprr^seutations de Pallas année de la foudre on secondant Jupiter daus le combat contre lev géants, sont fréquentes. Médailles d*Anti« goDc Gonstas. Mionoct, I, 580; de Pliasclis de Lycie, id. tll, 442.— Bas-relief d'argent du Collège Romaiu ; Wiorkclmanu, Idon. iaed., p. 1 1. Cf. idem, Pierres grav. de Stosek, p. 61}deWitte, Cnt. /7umud, p. 1 , 2, 14, 15 et 16 ; Coi. Cnni/io, p. 5 et 29; Cerf. Beugnot, 2. Une jucrre gr*rét{Cat. de Stosek^ p. 50, n° 109) représente nne divinité barbue armée d’un casque et d'un bouclier et fooflroyant un géant. Wtockclmano y
DE LA CILICIB.
ici combattaient à pied (I), et c’est ainsi que les représentent les monuments (*2). Je ne sais si l’exception faite en faveur de Pallas est due à ce que cette déesse est en quelque sorte l’ex* pression matérielle de l’esprit de Jupiter (3), ou si le quadrige est un attribut nouveau de l'Athéné-Nicé. La foudre et le diar de la Victoire réunis exprimerait alors un combat livré avec succès; et c’est encore l’idée que fait naître la présence alternative sur les médailles de Séleucie, d'une Victoire et d'une Pallas armée perçant de sa lance ou foudroyant un géant anguipède (4).
La Cilicie, séparée du reste de l'Asie par les chaînes du Taurus , semble en être restée aux premières scènes de la mythologie. Le type de ses médailles est presque partout consacré à Jupiter. Quelques-unes nous retracent des épisodes de la grande lutte élémentaire des forces célestes et des enfants monstrueux de la terre (5); et il est probable que les Ciliciens avaient à cet
â TU eocôrft an Jupiter qaoiqne lei attributs soieot cenx de Mars. Au reste, bien que les dieux soient soarent représentés combsttant des géants, jamais ils ne sont armés de U fondre.
(1) Vulcaln épuisé de fatigue fut reçu par le Soleil qui le prit sur son cbir. Apollon. Abod. .é/]çon. III, 230 sqq.
ol xdtx£ (’IlTa^rro;), ^
TIv cTOjiar’ * ht. srjpè; ÇtivAv àinwvtîeiïxov ■
tepA; Si xxl a'M'pov (mSopoû àod|iavxo; dporpov , ’HcXicj) ttvùiv ^ ^ (intoi;
AéÇavo, dOxYpalig xexftTjôra di^ioTÎrn.
(2) Cf. les monuments indiqués dans la note 1, p. 355. — Voir encore médaille dr Doron de CUieie, snr laquelle Hercule est représenté combattant un géant angnipede. Mioonet, t. III, p. 578 , o** 198. — Les pierres gravées reproduites dans l’atlas des Ae-
de Vamtiqeuéf n*** 302, 329, 338, 356. — Wioekelm., Jionxim. inrd., n* 4.
(3) Aussi la Toyon^nons associée à ses combats, à ses trsvaox. Pallas est, comme Jopiter, représentée k U fois assise et nicépbore. — Car la déesse Rome n’est que le palladium d*une seconde Troie. — La divinité représentée an revers du sutère d’or des Êtoliens est la seule exception k ce principe que nous connaissions.
(4) Mioonet, L III, n“ 282, 287, 290, 295, 296, 303, 300, 307, 308, 312, 313, 3H. 330. — A Sidé de Pompbjlie, la Victoire est constammeot au revers de h tête de Minerve. Là aussi ces deux déesses alternent snr les médailles.
(5) L'infinence rictoriensc des astres sor les reptiles est nn fait qui ressort de l’examen d’nne foule de monuments; le combat des puissances dn ciel contre les géani»
20 MÉDULLES IKÉOITES DE L4 CILICIE.
égard quelques trudltions particulières, suivant lesquelles, sans doute, leur pays aurait été témoin de cet événement. La Fable l’ait naître eu Cilicie Typhon, que Jupiter foudroie aussitôt apiès sa naissance (l); le Titan Sycéas, poursuivi par le lils de Saturne, trouva un refuge dans cette province, et donna son nom à I une de scs villes (2). Entin les médailles de Séleucie, de Doron et de Uiocésarée viennent encore nous révéler une croyance ilont elles sont le dernier reflet.
jircKlutt^ de la liutnidc ro est rexprosMioi syrolKJÜque ; le soleil et la looc sont les destructeurs reconuus de tous les monstres. Cn Ta.«e très-précicox, public par M. Ruulri tl-ios le BuUfûn de ' V Actutrmi« mynU de Bruxtlles^ uous montre Hercule cl lulas triompliaut do l'ii s dre au moyeu dra armes stdaircs et lunaires, la btrpé et les lorcbea (pag. <23, tSiO, T. Vif, 2* partie). Le rase d‘Archéniore, publié par M. Cerliard dans XcR^ouveUes innaUs (l. I, 1837, p. 360)» fournit une nonvolle prenre de rette idée; Her' etile qui toc le dragou des Hespérides est accompagné de la hioc et d’ilcsperus (Ru//, de V [nst. atrh.t f H35, p. 201 et suiv.), et c'est Minerve qui lui enroic la dctulre. Perséequi détruit le monstre u'esi luS*métne que le lolcil» et le duir à quatre chevaux de la Pallas foiKlroyautc la rappruebe siugulièrcmcDt de l’astre des nuits qui, de »* sa course vaga* boude, lance des fU-clics uiori(')lt\s aux ennemis de l'Olympe. — D'antre part, si renée est le soleil • Miucrvc est aussi la lune (Rc/igio/M de Vani.» t. II » p. 762). Minerve et Dune sont les coni|>agncit des jeux de Proseiqiiue quand ccllc-ci est enlevce dans 1rs plniaes d’Eoua» et Pon.sait qu'en pareil cas les acolytlics d'uuc déesse ne sont que de simples variantes des formes de la même divinité (.Voue. G 41 I. mytk., p. 35). Si Ton rapproche ce qui précède de l’idée de Platon •{Phtrdon, p. 4 I, Bek.), qui considère Jupiter dans son quadrige et Plutoo dans son ciiar comme l'image du soleil levaut et rnucliatit, ou comprendra contbicu le quadrige, en tlonuaot à Pallas le caractère de la lune qui se 1ère, convient à son aetion destructive. ^ Cf. les médailles d'Athènes, au revers desquelles la < honette est remplacée par un ennssant. Mionuet, Il , 30.
Eiistaihe, I» 346: Kudox yiolanum, 406; Apollod t, 6. 3 [2) Athen. III, 78-