‹ Mémoires de numismatique grecqueChapitre 8 sur 9 · DES MÉDAILLES D’ARTABAN IV · texte numérisé non relu

DES MÉDAILLES D’ARTABAN IV

ET GODE D'OEU. SI» U NtlMISMATlOOE DES OSEE DESIVIEES ROIS PSRTBES ARSÀaDBS.

Dass mon Catalogue des médailles du Cabinet de M. de Magnoiicour , je décris les pièces suivantes (i) , toutes inédites :

i" Tête diadêmée et barbue d’Arsacc,à gauche.

«[• BAClAE[w;] [a] PCAK [ov] ErEPTET [ou ] AlKAIOr Eni*ANO[uj] [yi).] EAAHNO [«]. Arsace assis, à gauche, recevant une palme que lui présente une femme, ayant la tête tourrelée, debout devant lui. Dans le champ , lu date ADT (an 3y4) Ar. y.

(«) P. 86, sous les n" 66$ et suisaols.

ii° Jlùnies lyjH'S , mêmes légendes. I.a date SOT (an 376). l>ot. C

3 “ ,\utre, avec la date ZdT (an 377). A l'exergue, la trace de VIIEPB (doimènie mois macédonien). Pot. 7.

4 ” Autre; la date O 0 T (an 379). A l'cxcrgne, [ 23 !]nAIKO (sixième mois macédonien) Pot. 8.

La forme de celte publication ne comportant pas de bien longs dcvcloppenieuts, j’ai dii me borner à donner, dans une courte note, les raisons qui me portoieni à attribuer à Arsace XXIV quatre variétés de mon noies toutes nouvelles dans la série parllie, et dont les dates extrêmes comprennent un espace de six années.

Je vais essayer île préciser davantage celle attribution, de jeter quelque lumière sur le règne de ce prince, et de déterminer quel nom parlicuricr d a dù porter, qui le distinguât dans la suite des Arsaces, nom que les médailles ne nous font pas connoître.

Cette série de monuments présente, dans les notes numériques qui accompagneiit les revers, un élément de elassilication de la plus haute importance , mais qui cependant n’a de valeur qii’ autant qu’on le combine avec les autres moyens de distinction qui ressortent de l'examen des types.

Les dates ne servent qu'à établir l’àgc relatif des médailles à partir d’une ère commune, ou la durée des règnes; mais, ceci , à la condition que l’on fera la plus grande attention .à l’efliglc royale; autrement, on tomberoit dans le même abîme que Sestini , qui , en considérant les dates comme la source unique de sa cla.ssification , a cru pouvoir boulever.ser tout ce que le travail le plus patient de ses prédécesseurs avoit édifié.

Il est à remarquer que la tête royale, sur les médailles partîtes d’un même règne, ne se ressent en aucune façon de l’influence que pouvoient avoir les années sur le roi luiniênie. Si l’on remarque quelque différence dans le coin , cela

tienlà ralttValioii presque toujours progressive que subissoit le portrait à chaque nouvelle copie qui en etoit faite. Il n’y a là qu'un changement matériel dans sa cause. Cette immutabilité du vis.age royal , depuis l’époque de l'avéncnient , est un rapport de plus à saisir entre les Perses et les Egyptiens; le roi étant , dans les deux pays , un personnage divin , un fils du Soleil; car, ainsi qu’on le sait, le nom de Kavanien ou héanien avoit entièrement le même sens que le titre de Pharaon, ses traits doivent particijicr de la propriété qu ont les dieux de rester au nieine degré d’âge.

Je m’appuie sur ces considérations pour refuser d’admettre dans un même règne des tètes différemment coiffées, comme Sestini l’a fait sans aucun scrupule.

La médaille la plus récente que je connoisse du règne de Vologèse I'' est celle qui porte la date de IIA^’EMOV 0 ST (neuvième mois de 36 ()) [an 5 y de J.-C.]. Celle dont je donne ici une vignette, frappée en 3 y 4 (f>t <Ie •I•-C. ), nous montre un visage beaucoup plus jeune que celui de Vologèse I"’ (Arsace XXIII), et qu’il est également impossible de confondre avec Pacorus I", tant parce que celui-ci inserivoit son nom particulier sur sa monnoie,que parce qu’.à la date de 389(77 c’est-à-dire quinze ans plus lard , son

visage imberbe indique un âge moins avancé (juc celui du prince dont j’accrois la cbronologie parlhc.

Ceci a pour premier résultat de réduire considérablement le règne de Vologèse I", qui , d’après le calcul de T. Chr. Tycliscn, n’auroit fini que vers /foo. (90 de J.-C.) (i). Il ne peut, en effet, avoir dépassé Sjli (Gi de J.-C), et la découverte de nouveaux momunents peut seule encore déterminer comment il faut répartir les quatre années qui suivent 369 (57 de J.-C.).

(1) Df XumUm. rrter. Pcrsnr. , conrm. IV, — Mônioiirs de racademie de tArHingiii?, 1816, p. Î7.

De plus, on doit recnler d'un rang, dans la série des Arsaces, Pacorus, qui devient Arsace XXV. Ce n'est pas tout; le nouvel Arsace XXIV est précisément ce frère puîné de Vologèse I", que Zonare nomme Artaban, et près duquel, selon lui, se réfugia le pseudo-Néron (i).

Vaillant s’étoit efforcé de prouver que Zonare étoit dans l’erreur (a), et, malgré le sentiment de Visconti, T. Chr. Tychsen a partagé cet avis.

Quoique le récit de Zonare manque en général de clarté et de précision, cependant, dans ce cas, il étoit trop positif pour ne pas reposer sur quelque chose de réel. 11 reçoit d'ailleurs une nouvelle force du témoignage des auteurs persans. Firdousi, dans son Schah-Nameh, place, après un Palasch qui correspond à Vologèse P', un Erdewan dans lequel il est bien facile de reconnoître l’Artaban de Zonare.

Comme on l'a vu plus bout, les médailles connues d’Arsace XXIV s'arrêtent au sixième mois de l’année 3 yg (67 de J.-C. ); il est à croire cependant que son règne ne finit pas aussitôt, car Pacorus n’étant mort, suivant toute probabilité, qu'en 4*9 (roy de J.-C.), il n'est pas probable que son règne eût embrassé un laps de temps aussi considérable qu'il faudroit l’admettre, si l’on plaçoit son avènement vers 3 yp.

La première médaille de Pacorus ( Arsace XXV) porte la date 389 (77 de J.-C. ); elle existe au Cabinet de la Bibliothèque Royale et chezM. le marquis dcLagoy. Toutefois Visconti ne l’a pas connue, et s’étant mépris de la nnnière la plus étrange sur l’explication de la médaille qu'il avoit examinée , il n’avoit pu fixer en aucune façon le commencement du règne de ce roi.

Ce tétradrachme porte la date ' T (890); Pellerin l’avoit

(0 Lir. XI, S 7 .

(») Jriae, imp., p. aji.

]ue^I(5io), et en conséquence il attribuoit'à Pacorus II un monument dont la légende IIAKOP, ne laissoit pas Je doute quant nu nom du prince qui l'avoit fait frapper.

Visconti reconnut bien qu'il étoit impossible de rapporter à une époque si basse une médaille que son style rattachoit au temps du premier Pacorus. En un mot il céda à son sentiment exquis de l'art, qui cette fois encore le conduisoit si sûrement; mais il doit paroître bien étonnant qu'étant arrivé à la vérité par une voie qui réclamoit tant d'habileté, il n'ait pas franchi la distance si courte qui le séparoit de la certitude; qu'enfin il ait été forcé d'avoir recours aux inductions, tandis qu'il n'avoit qu'un pas à faire pour arriver à l'évidence matérielle. Visconti , qui lisoit $1, pensoit que ces lettres dévoient désigner la Philadelphène, province de l'Arabie-Pétrée , que Paconis pouvoit avoir envahie durant sa guerre contre Trajaii.

En publiant, dans son Supplément, un nouveau tétra-. drachme de Pacorus avec la date (^94)) *1 félicite d'avoir restitué à Pacorus I la médaille qui porte les notes $1, et il renouvelle son explication par Philadelphène. Cette erreur se conçoit du reste jusqu'à un certain point , parce que la barre transversale du T étant légèrement déprimée , cette lettre peut être pri.se pour un I. Mais la lecture nouvelle que je propose est si simple et en même temps si vraie , que je ne crois pas que personne revienne à l'opinion de Pellerin , d'Eckhel et de Visconti. Il suffiroit dans tous les cas du plus léger examen de la pièce même pour partager ma conviction.

Malgré tant de découvertes qui sont venues enrichir la collection parthe, les médailles d'argent d'Arsace XXVI Chosroès sont encore inconnues. Faut-il attribuer cette anomalie aux malheurs de la Perse sous le règne de ce monarque si complètement vaincu par 'i’rajan.^ Je ne sais, mais toujours est-il que le coup porté à la puissance des Arsacides

par les annas romaines se ressent dans le titre des niomioios 1

t[ui lu: cessa de décroître à partir du règne d Arsace XXVIl , ’

Vologèse II , et jusqu’à la lin de la dynastie.

J'ai fait remarcjuer ailleurs la renaissance subite qu'amena l’arrivée des Sassanides au pouvoir souverain. Quant à l êpo- [

que à laquelle cet événement prit place elle est maintenant assurée. .\Kalliias fixe la mort de Volojèse V .à l'an 538 de l’ère syrienne qui correspond, suivant lui, à la quatrième année du règne d Alexandre .Sévère(i),c'est-à-direà l’an 226 du ^

Christ. Une médaille unique , qui , de la collection de M. de I

3Iagnoncoiir, vient de passer dans celle tie M. Uollin , pré- 1

sente avec la tète et le nom de Vologèse V la date 0A4> (53g).

Au commencement de l’année 22 J de J.-C., Vologèse ii’étoil donc pas encore tué, et bien que chassé en partie par le fib '

de Habec , il conservoit encore assez de puissance et comptoil 1

assez de partisans pour continuer à battre monnoie. Le tétradraclime de l’année 53g est certainement le dernier que les Partîtes aient fabriqué en Perse.

Il est ainsi prouvé que jusqu’à la fin de sa vie, Vologèse V frappa des espèces avec son type habituel , avec celui qu’a- I

voit employé sa dynastie tout entière. 11 est donc absolument impossible de lui attribuer le bronze sur lequel M. de j

Sacy avoit cru lire Balatcha ( 2 ) , forme, il est vrai, peu différente du Palasch des manuscrits musulmans , mais qui n’a aucune solidité en présence de la lecture des médailles du Vologèse snssanide. Viscoiiti , en reportant au règne de Vologèse V le bronze dont je parle, avoit cédé à son tact parfait qui rendoit pour lui choquante l’attribution au V' siècle d'mi mominicnt évideiimieiit produit au eommencemciit du III'.

Mais en restituant à mon tour cette médaille à .Artaxerce 1",

je crois avoir donné à l'appui de mon opinion des expliia- |

(j) lltf» ?T.; Irj*ïTi>’.av5'j BaoiXtca;, 4^. iv, p. i34-

(i) Mémoirtî-s mii aniiquitcs Je la Pcràr, p. iS 6 .

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lions que les riiisons (l’impossibilité que j’expose aujourd'hui ne font qu’affermir davantage.

Je renvoie a l’ouvrage spécial que j’ai publié l'année dernière pour les détails relatifs à ce point de philologie; je rappelle seulement que la médaille de Dulasch ( le Vologèse sas. sanide) porte un nom (jue je Us Folakhcsch.

Cette orthographe pehlvi du nom deVologèse une fois trouvée, nous avons inunediatement la raison de la forme donnée à ce nom dans la transcription grecque, OAArAnoVj des tétradrachmes parthes. Si le mot pehlvi avoit commencé par un B, comme le supposoit M. de Sacy, il n’y auroil pas eu de raison pour que la lettre équivalente fiit supprimée dans le grec.

On conçoit très bien , au contraire , que la demi-voyelle l'ai» soit exprimée par un O; et du moment que le nom de Vononès étolt écrit ONwNIIC sur les médailles de la même série, le nom de Vologèse devoit avoir une initiale identique. Ceux qui savent les langut^s orientales dont l’écriture est sémitique comprendront facilement ce fait. 11 suffit pour ceux qui les ignorent de dire que la lettre vai> est à la fois une voyelle que nous transcrivons OU, dans oulad, oiilAa, et une consonne que nous rendons par V dans r/.vèr, divan, dive, etc.

La quantité très considérable de tétradrachmes arsacides que j'ai examinés dans le cours de mes recherches sur l’histoire de cette race de rois, m'a permis de rectifier les tableaux chronologiques que l’on avoit dressés pour leurs règnes , ou du moins d'asseoirsur des basesplus certaines (quelques époques don t la fixation ne pouvoit être cherchée que sur les monuments.

Le tableau suivant permettra de saisir à prentière vue ce qu’il y a déjà d’acquis à la science et ce qui manque encore. On sent qu’il importe surtout de découvrir de nouvclle.s années en dehors des dates extrêmes de chaejuc règne telles que nous les connoissons; et l’on voit aussi que sur plusieurs points il n’existe plus de lacunes.

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