‹ Mémoires de Philippe de Commynes Notice sur Philippe de Commynes preuves. Mémoires de Philippe de Commynes preuvesChapitre 17 sur 78 · Tome I, page J5I, noie · texte numérisé non relu

Tome I, page J5I, noie

C'est la substance de la tredence donnée par le duc de Bourgogne à raessire Philippe de Cominyncs , chevalier, pour dire et déclarer à monsieur Weunelok :

Premièrement, que le duc croit ledict de Wennelok eslre assésadverty de la bonne amour et entière affection qu'il a tousjours eue au roy d'Angleterre , le royaume et subjets d'iceluy; et que, pour icelle entretenir et garder, et que n'aguaires il advint le roy Henry le sixiesme estre demis de son royaume et les subjets d'iceluy prendre et accepter le roy Edouard pour leur Roy et souverain seigneur, ledict duc fit alliance par mariage avec le roy Edouard.

Item. Touchant l'entrecours de la marchandise , non pas seulement pris avec le Roy, mais si bien avec le royaume et subjets d'iceluy, mondict seigneur le duc, pour le bien tant d'une part que d'autre , le veut de sa part entretenir et garder, si a ce on veut entendre.

Item. Et que Dieu a voulu le roy Henry estre mis, prins et accepté Roy' du royaume, mondict sieur le duc en est très joyeux et content, comme nature le

* Henri VI remonta sur lir tronc d'Angleterre le (j octobre 1 4 7< » T. Cautkï, 11, 7S.r.

requiert; car, comme il est évidemment cognu, il est un des plus prochains de son sang aujourd'huy vivant, extrait de la maison de Lancastre, et que, pour ce, tous ceux qu'il plaira au Roy prendre et accepter ses loyaux subjels , que le duc les prendra et cognoistra ses amys.

Item» Et que pour de ce et autres choses bien à plein advertir la bonne grâce du Roy, ledict duc est délibéré d'envoyer son ambassade par devers luy, priant ledict sieur de Wennelok leur faire avoir passage \

(31 janvier 1471.) Tome I, page ÎI5, note 3.

Réduction de la ville d'Amiens.

Le jeudi , derraiu jour de janvier, Fan rail il IIe lxx, monsieur le conte de Darapmartin , grant maistre d'ostel de France et lieutenant du Roy, vint à grant compaignie de gens d'armes et archers devant la ville d'Amiens, affin que ladicte ville fust rendue au Roy : sur quoy, quant on sceut sa venue, messieurs maieur et eschevius s'assemblèrent ensemble et orrent conseil et advis de envoier devers luy, à In porte de Beauvais, savoir ce qu'il demandoit. El y alerent monsieur le

' I.KXCLET , 1\ , partir il , |» 4 i S.

maieur et sire Philippe de Morviller1, et parlèrent à luy, et puis retournèrent en lostel de la ville par devers messieurs, ausquels ils dirent qu'ils avoient parle à lui , et leur a voit dit qu'il estoit venu de par le Roy adfin que ladicte ville se rendist et luy feist obéissance comme il appartenoit faire à son souverain et naturel seigneur; et se ce ne se faisoit, et que les habitans de la ville en fussent retiusans, ledict monsieur le grant maistre y procederoit si rigoureusement de par le Roy que la ville en seroit destruite et en seroit a tousjours mémoire perpétuelle, dont raondict sieur le grant maistre seroit courouchié et desplaisant pour l'amour du bon peuple de ladicte ville. Sur quoy mondict sieur le maieur et ledict sire Philippe avoient respondu audict monsieur le grant maistre qu'ils n'avoient point charge d'eulx, respondre de ceste matière, mais que ilz en parleroient volen tiers à leurs compaignons et aux gens notables de ladicte ville; et ledict monsieur le grant maistre leur dist qu'il en voloit avoir prestement responce; et, après pluiseurs paroles, a voit esté accordé que ledict lendemain pour tous delays il eust ladicte responce. Et, après ce que lesdicts sieui> Guillaume', maieur, et sire Philippe orent fait ledicl rapport, messieurs conclurent do assembler lendemain, à la Malemaisou , les portiers de ladicte ville «l'Amiens, pardevant lesquclz conclurent , quant il/ furent assemblez, que lesdicts sire Guillaume et sirr

' r.'clait le cousin <lu clutncrlicr «l< ce nom, — II- O- ■ Guillaume de Hem. — 11. I).

lit. IS

Philippe yroient devers lesdictz Franchois, et en amenéroient jusquesau nombre de vm en la ville pour parler à eulx sur ceste matière : et tantost après y alerent, et amenèrent monsieur de Torcy, monsieur de Beaumont, monsieur de Tcneillcs, Cadurat et autres seigneurs. Et lendemain, qui fn vendredi, nuit de la Nostre Uamc Chandeler, assemblèrent tous les portiers de la ville ou prcel de le Malemaison, où furent lesdicts sieurs de Torcy, de Beaumont, Cadurat et autres seigneurs, ouquel proyel (sic) fu lu le pouvoir que le Roy avoit donné audict monsieur le conte deDamartin , et l'avoit fait sou lieutenant. El, aprez ledictpovoir leu, fu demande par ledict monsieur de Torcy aux portiers et autres gens de la ville, qui y estoient venus jusques au nombre de mil et plus, s'ils voloient estre bons et loyaux Franchois et subgetz du Roy. Tous lesquels, à une voix, concordablemcnt respondirent que oy; et lendemain, qui fu le jour INostre Dame, mondict sieur le grant maistre entra en ladicte ville à tout grant compaignie de gens de guerre : et lendemain, qui fu dimence, tout le peuple ala à Nostre Dame, où fu chanté Te Deum. Et là furent fais le serement au Roy par tout le peuple au devant dtidtct monsieur le conte, et fu crié Noël en grant joye.

Kschevinagi' ilu TM jour «l'avril 1 171.

En cet eschevinage « monsieur le grant maistre s'est grandement locde messieurs et de la ville, cl les a réméré h ié du grant bien et honneur qu'ils lui ont

s'il avoit les Bourguignons, la guerre seroit presque finie. *

Monseigneur le marquis 1 a près de vc lances, attendant les Bourguignons sur les frontières de Lorrainne.

Le roy Ëdouart est parti, passé huit jours, et descendu es pays de Nor et n'a doubte monseigneur que Angleterre lui face mal.

Le Roy a fait tirer tous ses gens vers lui , excepté ceulx qui sont à Amiens; et de présent n'en a point ès pays de monseigneur, excepté ceulx qui sont audict Amiens, qui courrenl. Ce pays, de rechief, a envoyé a monseigneur, oultre la noblesse, nu" picquereaulx bien en point.

Monsieur le chancellier Tornay et le grant conseil sont à Gand.

Messieurs les prevost de Saint Donast, mon frère, de Mediebourg, Ca rondelet, audiencier, et moy sommes commis ez pays de Flandres, Artois, Haynault, Brabant , Hollande et Zellande pour plusieurs matières qui touchent monseigneur, et tout pour les provisions au pays, selon l'intention de mondict seigneur et autres conduictes au temps de ceste guerre; et y besoignons à toute diligence.

Monseigneur de Montjeu va à la journée en Alemaigne, devers l'Empereur, pour la matière duTurq; car l'Empereur a escript à monseigneur y envoyer, et s<- tiendra en mav.

' \.v marquis oY lloilit'lm

1 11 arriva à lla\einpurgli !<• i i mars > r»> \ ov tom. l, i.îS

Messire Girard Verry va en Alemaigne pour appaiser le conte Palatin et le duc Loys, en Bavière, de part monseigneur, se faire se peut.

Le duc de Gueldes le jeune est à Villevolde en bonne garde.

Les président et procureur gênerai de Bretaigne sont devers monseigneur, et leur charge est en effect de declairer comment le Roy a fait savoir au duc de Bretaigne les causes pourquoy il vouloit faire guerre à monseigneur, et que le duc se declarast pour lui ; ce qu'il n'a pas voulu faire, mais se travaille de faire la paix.

Ung Tempesche qui autresfois a esté nostre bon ami ; mais magnificavit advenus nos supplantationem \ disant secrètement que le duc sera pour nous.

Le bastard de Bretaigne est sur la mer el ayde au roy Edouart.

Les seigneurs de Sombresset et de Sestics sont eu Angleterre, qui ont esté soustenus de monseigneur en leurs adversitez.

J'espere que ce temps prendra brief lin.

Escript à Bruxelles, le xvm° de mars*, par messire Ferry de Clugny ».

' Et enini homo paris me* magnifier. il \ttf» i im siippl.uil.tti"

nrin. Psalm , XL , 10.

1 Bn-t . Roy., M>.. n 84 {8 \ fol <,H

(25 mars 1471.)

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