‹ Mémoires de Philippe de Commynes Notice sur Philippe de Commynes preuves. Mémoires de Philippe de Commynes preuvesChapitre 3 sur 78 · Tome 1, page 01 , note · texte numérisé non relu

Tome 1, page 01 , note

Lettre de Charles de Melun au comte de Charolais rl à G uilhimm-

Biche.

('.'est l«- double «les lellrrs que j'envoye à n;on»n-neur <lc C.harolois

ei à la Bûche.

Mon très redoubté seigneur, tant et si humblement comme je puis me recommande à vostre bonne grâce. Mon très redoublé seigneur, plaise vous savoir que hyer, x II* jour de ce mois, en la ville de Paris, moy revenant de Normandie, où le Roy m'avoil mande

200 MÉMOIKES DE COMMYNES. [ 1463]

que je a lasse, je receu lettres du Roy, par ce porteur, escriptes à Bourdeaux 1 et du premier jour de ce mois, par lesquelles ledict seigneur me mandoit que, toutes choses laissées, je alasse par devers vous pour vous porter le double des lettres que le roy Edouard, le comte de Varvhic, et ce notable trompeur, maistre Loys Galet, luy ont escriptes et envoyées par Varvhic le herault, et par ung des filz dudict Galet; lesquelz doubles, mon très redoubté seigneur , je vous envoyé, par cellui qui les m'a apportées, avecques deux sauf conduiz que le Roy a fait expédier pour bailler et envoyer ausdicts Anglois, à Calaiz, voire, monseigneur, ou cas qu'il vous semblera bon qu'ainsi se doye faire; car le Roy, ainsi qu'il le m'escript, se veult conduire et gouverner envers eulx totalement par vous seul et non par autre, dont je loue Dieu, de quoy je vois de plus en plus ledict seigneur encline de vous aymer et avoir cesleliance et amour en vous. Pensez hardiment, monseigneur, que vous estes la personne de tout le monde qu'il ayme le mieulx, et en qui il sefye le plus. Monseigneur, advisez, vous et vostre Bisehe3, sans y

* Le loi clait a Bordeaux dès le îli mars procèdent (146a v. s.). ( D. Yaissetb , *i5.)

a « I.c Roy desiroit forl à traire envers ly le conte de Charolois; et à reste cause donna singulière privante et entrée à ung nomme Guillaume Hische, qui estoit ung des singuliers du monde, auquel le

conte son maistre dounoil plus de credence Ce Guillaume niouta

en trlle auctorite aveucques le Hov, que merveilles seroit à dire. Et avoient les sergeus et huissiers d'armes et tous aultres de la chambre exprès commandement du Hov que, a toutie heure, feust nuyt, feust

appeller autre, à tout ce que ce porteur vous porte, et principalement se les saufconduiz seront envoyez ausdicts Anglois ou non, et par ce porteur ou par qui bon vous semblera. Ledict seigneur m'escript qu'il remet tout à vous. Monseigneur, je vous escrips sur ce point mon advis, lequel sy est : que, s'il vous semble bien expédiant d'envoyer Jesdicts saufconduiz à Calaiz, qu'il seroit bon que diligemment expedissiez cedict porteur, en escripvant au Roy bien au long et de chascun pour faire mencion ; et que ce porteur, auquel j'ay baillé cheval fraiz pour hastivement aller devers vous , repassast par moy à Sens, auquel lieu je l'actendray jusques à son retour de devers vous. Et s'il vous plaist, monseigneur, vous m'escriprez par cedict porteur bien au long ainsi qu'il vous plaira que je m'y conduise tant pour les saufconduiz, si vous les me envoyez, que sur tout le demourant ; car s'il est besoing qu'ilz soient portez audict Calaiz , ledict Galet a ung filz à Paris, fort trompeur, auquel j'en bailleray la charge pour les porter. Monseigneur, ce qui me meut vous escripre touchant lesdicts saufconduiz , c'est que j'ai trouvé Varvhic ledict herault à Paris, lequel n'a pas esté si secret ne soubre tic langue qu'il ne m'ait dit qu'il n'est riens que les Anglois de son party creignent plus que vous, et de quoy ilz aient plus grant paour que de la mort de monseigneur vostre pere , et qu'ilz

jour, feust le Roy concilie ou eiuloriny , ou lui ouvnsl la chambre sans conlredict ; cl ainsi en lui faictà plusieurs loys. Le llov et l\ aile* icnl bras à liras par nujrt, telle fuis eslnii, |»ann\ la ville il»; Paris vi- SÎtter dainnics et d.uuoisellcs. 'Iji imi i.u|\, i6~i )

le cuidoyent mort, eu Angleterre1 : parquoy son roy et son maistre l'envoyoient devers le Roy soubz couleur d'autres matières; mais le principal point estoit que se monseigneur vostre pere estoit mort, de trouver moyen d'avoir amytié au roy de France , et tout pour la paour qu'ilz ont de vous. Ledict Varvhic me dist plusieurs autres choses, lesquelles seroient trop longues vous escrire : aussi , monseigneur , je repute tout leur fait toute tromperie. Mon très redoubté seigneur , je vous supplie et requier tant que je puisqu'il vous plaise nemonstrerne commun iquercesdictes lettres, excepté à vostre Bische, et vous plaise faire diligence de vous retirer en Caux; car c'est ung des crans désirs que le Roy ait et qui plus le tenra joyeulx quant il saura que vous y serez. Vous priant, monseigneur, que, quant vous escriprez au Roy, que me veuillez excuser de non estre alé de ceste heure devers vous; car il me semble qu'il n'en est nul besoing, et ay pensé que se je y aloye que ceulx qui peu vous ayment , qui sont autour de monseigneur vostre pere, diroyent et penseraient que je seroye alé par devers vous pour faire brouillis : et je congnois le Roy , qu'il n'est riens de quoy il soit plus couroussé que quant voz envieux ennemis vous tourmentent ; mais, s'il vous plaist me mander que j'aille par devers vous, riens ne m'enpeschera que incontinent je n'y aille; mais ce que j'en faix de non y aler ,

" Sur h* coninicnclieim nt de teln ner ( i »<>i , v. s.) devint si mallade

( lu duc ) qu'à peines estoit espoir jamais de son l essouldre.. • Le

ro\ Edouart en 'Jit proeessions ^enerallt s, sermon* et dévoiles soinnnilrs. ; ('.» \* m i \i>. mjj.)

je le cuide faire pour le myeulx. Monseigneur, touchant la nef de Portingai dont me pari as tes , et aussi vostre Bische , j'en ay escript au Roy et envoyé vostre mémoire : et moy estant en Normandie , il eut dimanche vin jours, j'en parlé à monseigneur le mareschal Jouachin, lequel me dist que luy ne autre des gens du Roy estans en Normandie n'oyrent onques parler jusques à moy que ladicte nef ne les biens qui estoient dedans fussent à madame vostre mere ne à vous : et quant elle fut prinse , ceulx qui estoient dedens ne se advouerent, ne ne parlèrent point de vous , ne, depuis qu'elle a esté prinse et amenée à Honnetleur, nul de par vous ne autre n'en a fait diligence de la poursuivre. Parquoyje croy que, pourceste heure, les biens qui estoient dedens seroientfors à rassembler; mais le corps de ladicte nef est en nature dedens le havre de Honnefleur, selon qu'on m'a dit , lequel, qui en vouldroit faire diligence, on i'aroit et par avanture une partie des biens. Et sur toutes les choses dessus dictes, monseigneur, vueillez adviser et sur moy commander tout ce que bon vous semblera , et je y obeyray : car je seey que le Roy le veult. Mon très redoublé seigneur , je prie à Dieu qu'il vous doint le plus aymé de VOz désirs.

Escript en vostre povre maison de INantouliet, où je suis aujourduy arrivé, xmrjour d'avril, auquel lieu j'ay trouvé une rayenne tante trespassee, en laquelle j'ay grant perte et ay trouvé mes noires H lies, lesquelles me ressemblent , en ladicte maison bien esbayes, et est toute pitié que d'y estre, et y >uis bien enbeson^m

204 MÉMOIRES DE COMMYNES. [Mo3]

et ne scey par quel bout y commancer. Ainsi signé : Vostre très humble serviteur et voslre gros mignon. C. de Mellun.

Monsieur le grant bailly du Roy, et le mignon de ma Valentine et de madame la prevoste qui fut, à ces enseignes je me recommande à vous comme je puis. Monsieur le bailly , le Roy m'a escript par ce porteur que je retournasse par devers monseigneur vostre maistre, pour luy porter aucunes lettres et doubles de lettres et saufconduiz, dont bien au long je rescrips à moudict seigneur de Charolois, et les luy envoyé par ce porteur, lequel est celui que le Roy m'a envoyé. Voyez lesdic tes lettres quej'escrips à mondict seigneur, lesquelles je scey bien que mondict seigneur vous monstrera ; et surtout, mondict seigneur et vous, et non autres, advisez de faire en façon que tousjours le Roy congnoisse que son oppinion est bonne de soy fier et aymer plus que nul autre mondict seigneur de Charolois; car vous savez que le Roy s'est de tous poins délibère de l'aymer et se fyer en luy, dont vous avez esté et estes le principal moyen et le maistre de l'euvre. Touchant vous, monsieur le bailly, vous savez assez et trop comme lu Roy vous ayme, et qu'en vous a toute fiance, et qu'il vous tient pour ung de ses prineipaulx serviteurs, parquoy me passe de vous escripre : un graut langaige m'a estoutié et de ce faire suis bien aisic. 11 fault venir aux poins. Le Roy escript à monseigneur : quoy, je ne scey ; mais le Roy m'escripl,

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(15 novembre 1464.)

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