‹ Mémoires de Philippe de Commynes Notice sur Philippe de Commynes preuves. Mémoires de Philippe de Commynes preuvesChapitre 43 sur 78 · Tome II, page 656, note · texte numérisé non relu

Tome II, page 656, note

Lettres de Charles VI II à M. de Rotin lin , gouverneur

de Provence, ele.

Mon cousin, et vous seneschal et grautescuier, j'ay veu ce que m'avez escript, et, avant la réception de voz lettres, avoye donné ordre et escript aux generaulx de mes finances pourveoir au fait de l'argent nécessaire pour la grosse armée de mer et paiement des un ou vm hommes qu'il y fault; et encores de rechief leur en escripz très expressément et envoyé pour les solliciter et ne bouger d'avecques eulx quatre de mes secrétaires, * lesquelz partent aujourd'uy pour y aller, et de jour en jour m'advertir et escripre ce qu'ilz feront; car j'entens très bien que sans ladicte grosse armée de mer, mon royaume de INapples et les gens de bien qui y sont demourez ne pevent eslre secouruz. J'en ay pareillement escript à monsieur le cardinal de Sainct Malo, aftin que de sa part je y entende en ensuyvaut son advis et oppinion qui est que ladicte armée doit estrefaietc et mise à la voile le plus dilligemment (m on pourra.

J'ay escript à messieurs l'admirai et mareschal de Gyé recouvrer six barches1 en Brctaigne, des meil-

' • La h.urlic était une espèce de navire inférieur à la nef, et tlonl la forme nous rsi inconnue. Le seul document où j'aie vu men-

leures et mieulx equippees qu'on y pourra trouver, pour aller quérir la Loyse1, et l'acompaigner jusques à Masseille, et me servir en cestalïaire. Je ne fays point de double qu'ilz ne le facenl, car ilz entendent assez qu'il est besoing, et que ce seroit grant perte de perdre ladicte Loyse.

Pour ce que vous aurez à besotigner de navires, retenez tout le navire marchant et autres qui arrivera es porta et hasvrcs de Prouvence pour mon service, et par especial ceu!x que congnoistrez qui seront pour eraploier et servir eu ce»te armée de mer.

Monsieur le cardinal m'a escript qu'il seroit bon, pour promptement raflraichir Gaiettc, en attendant le grant secours', envoyer deux navires legiers aux bandieres de Savoye, tirans la voye de l'isle de Cicille, et que de nuyct elles calassent au port dudict

tionner des hardies ne nous apprend qu'une chose, c'est qu'il y avait des navires de celle espèce, forts, grands et bien armes pour la guerre. »> (.Lu., Doc. inid. sur l'Hist. de la marine . p. 5j.j

' Elle existait encore \ers ijij ou 1.116; car Antoine de Confiait* en fait mention dans son Traile' sur (et Jftiz tir la marine et naeigf?/ger, Ann. maril., page ;»<). « Aus»v v a autres gratis navires pour faire la guerre, comme la l.ny\e, la ne! de Rouen , et autres grosses hardies pour faire la guerre, et, Dieu avdant, y en aura île plus grandes ou semblantes a la Charente, [lu., iù., page 09.]

* « La festc de madame sainte Ann: . vingt six du mois de juillet (i4y6), vindrent les nouvelles à rVaples, que la nave nommée a Marmandc et trois gallres esloient ai rivées dedans le port de Gavelte, portant gens et vivres pour le secours de ladicte ville.... Le jciuk, dix huitiesme du mois d'aoust, entra un gallioude b'rence dedans le port de Gayelle, pour le secours des l'rancots, en licspil de toute l'armée qui devant estoit. G111.1.. ni \ iui nfi pvr; voyez I.f.mw h , l \ , partie 11, page 1 i3.j

446 MÉMOIRES DE COMMYtfES. [ 1496]

Gayette. Cest advis me semble très bon ; si vous voyez et congnoissez qu'il soit exécutable, faictes le, car je vouklroye et désire que ladicte place de Gayette soit secourue et aidée en toutes façons.

Pareillement est requis, ainsi qu'on m'a fait savoir, avoir ung port en Prouvence, ouqnel mes navires se puissent retirer et demourer en seureté, et que cellui de Thoulon seroit très aisé à fortiflier. A cesle cause, je vous prie que y vueillez faire besongner en toute extrême dilligence, et pour ce faire y employez dix mille Qeurins des xxm qu'ilz m'ont octroiez pour faire ung navire du port de xvc ou nm bottes1, et ce qu'il fauldra pour le parfaire oultre lesdicts x™ fleurins, je le feray fournir et paier par delà.

J'ay esté ad vert y que la nau Negronne est arrivée à Genncs toute rompue, et qu'il est besoing la remastrer et faire plusieurs grans adoubs tant a elle que autres carraques qui ont toute ceste sayson esté en mer, et pour ce qu'ilz ne pevent retrouver boys que de mes pays de Prouvence et Daulphiné , ou de ceulx de mon oncle le duc de Savoye, je luy ay escript et fait prier qu'il vueillc faire faire defTense à Nisse et autres ses terres et seigneuries de ne tirer boys à faire

• En italien, botte en espagnol, botn. en vieux français, boute, signifient tonnran, CUVC, bouteille. » Est à entendre que 1rs noms des clmrgemenssont iliiïei eus enndnen que rj 11 i l'entend tout revient à ung, car en Ponant parlent à lonneattlx, et en Proitvi meet Ee\ ant parlent à bote: ung tonneau vault deux bottes, et doit poiser le tonneau de dix neuf a vingt quint.iuk, peu pin*: peu moins, et la hotte neuf quintaulx et demy. » (.Iai . Doc inetl. u/r l'Hist. Hr ta mniinr, pagp 80.)

[ 1496 j PREUVES. 447

navires pour ceste année, et de mon cousté vous savez que ladicte deireuse en a esté faicle.

Je vous envoyé lettres de créance adressons à messire Buptiste de Campofregoso : faicles y ainsi que entendez, et souvent m'escripvez de voz nouvelles, et je vous manderay des miennes. Et adieu. Escript a Cliastillon sur Yndre, le ixe jour de juillet. Charles. Ro-

BERTET.

Suscription : A mon cousin le marquis de Routhelin, gouverneur de Prouvence, et à messieurs les seneschai de Bcaucaire et grant escuier*.

Page 1