‹ Mémoires de Philippe de Commynes Notice sur Philippe de Commynes preuves. Mémoires de Philippe de Commynes preuvesChapitre 46 sur 78 · AU ROY, NOSTRE SIRE · texte numérisé non relu

AU ROY, NOSTRE SIRE

Supplie très humblement maistre Jean Rabot, conseiller dudict seigneur en son parlement de Dauphiné, qu'il luy plaise, de sa grâce, luy pourvoir sur ce qui s'ensuit.

C'est (jue quant letlict seigneur alla en son royaume de Naples pour le conquérir, il mena avec luy ledict Rabot pour assister en son conseil, qui fut le premier jour de septembre l'an 1494, où il a demeuré jusque* au vingt jour de m a y l'an 1405 *, duquel temps et jusques audict jour vingt de may, iceluy Rabot a este payé du salaire et gages à luy ordonnez, tellement qu'il en est content et satisfait.

Ledict vingt jour de may, le Roy noslredict seigneur,

• Bibi.. roy., Ms., /omis DuffUj v, ii" ?<h, fol. i-5 verso. — I.Wijjinal autographe porto « Au Roy, noslre souverain seigneur. >.

a .< Il revint dans sa pairie le dernier tle juillet de l'an M. « cet vu » (Ciiorifr, 497 )

après qu'il eut donné ordre en tout ledict royaume, tant sur le fait de la justice, des finances, de la guerre, que aussi de la garde des places, chasteaux et forteresses d'ieeluy, et mis police en toutes autres choses, se départit de Naples avec ses gens et son armée pour retourner en France.

Et pour ce que L'office de protonotaire, l'ung des plus grans offices dudict royaume, que l'on appelle en grec Logotheta , est le chef de la justice audict royaume, et que le Roy n'y avoit point pourveu , il voulut et ordonna que le suppliant eust I exercice, régime et gouvernement d'iceluy office avec les gages, emolumens et prérogatives apparletians audict office, lesquels gages sont une once d'or chascun jour, qui vaut six ducats de carlins ou cinq ducats d'or larges, jusques a ce que par ledict seigneur fust autrement pourveu audict oflice, et en outre pour le retour dudict Rabot en France luy ordonna, attendu le vieil âge où il est constitué, cinquante jours à semblables gages d'une once d'or pour chascun jour, dont les lettres patentes furent commandées à maistre Florimond Kobertet, par iceluv expédiées ce mesiiic jour vingt de may.

Et combien que ledict Rabot refusast , et ne voulsist accepter Icllcschargcs, ni demeurer audict royaume, ait:s s'en vouloil retourner a\ec le Ro\ , et. de ce l'en supplia très humblement et instamment : toutefois iceluy seigneur luv dict que sur tous les plaisirs et services que le suppliant avoit désir de lu;, faire, qu'il ju ist cestc charge, et que dedans cinq o>» mx mois

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après ensuivons, au plus tard, il pourvoirait audict office de prolonotaire, puisque ledict Rabot n'y vouloit demeurer; lequel Rabot, pour obéir, servir et complaire audict seigneur, fut content de demeurer, et a depuis exercé ledict office au mieux qui luy a esté possible.

Or est advenu que le sept jour de juillet Fan dessusdict, ladicle ville de Naples , par grande trahison et desloyauté , se rebella contre le Roy, et mit dedans dom Ferrando d'Arragon avec sa puissance, et le receut comme son roy, en occisant, meurtrissant et tuant inhumainement et cruellement les François qui y furent pris , et aussi alors se rebellèrent plusieurs seigneurs, citez, villes et chasteaux dudict royaume.

Auquel jour sept dudict juillet, messire Andréa Gayetano, chevalier, Francisque de Noie, gentilhomme, accompagnez d'environ soixaute satellites et compagnons de guerre bien armez de brigandines et salades, tous porta n s basions invasibles, à l'aube du jour que ledict Rabot se levoit du lit, vindrent assaillir et environner de tous costés.la maison où il habitoit, et la mirent à sac, et fourragèrent tousses biens valans, tant en or, argent que autres biens, sept à huit cens ducats d'or, dont ledict dom Ferrando eut, de l'argent dudict Rabot , deux cens ducats larges, et lesdicts Gayetano et de Noie eurent le demeurant de l'argent, cl toutes ses autres bagues et biens, en faisant prisonnier ledict Rabot dudict dom Ferrando, et ne luy laissèrent qu'un manteau, ses chausses et souliers et un petit bonnet de nuit eu sa teste; et aussi ses ser-

vitcurs furent tous pris et dépouillez, et aucuns d'eux rais depuis en galère par force.

Lequel Kabot a esté depuis détenu prisonnier par ledict dom Ferrando en aucuns fors chasteaux trois cens vingt huit jours, et aucunes fois en fosses et très mauvaises prisons, et maltraité, sans le danger et péril de sa personne, et a este détenu jusques au premier juin dernier passe, auquel jour, par la volonté de Dieu, et au pourchas et intercession de monsieur le cardinal de Saint Severin, il fut délivré de la roche Benevent où il estoit détenu, sans payer aucune rançon, réservé ce qu'il a payé au capitaine de ladicte roche pour ses dépens et sa garde, et a demeuré à venir depuis ledict Benevent jusques à Grenoble où est sa demeure, deux mois, pour les grans dangers et périls qui sont sur les chemins.

Et quant il fut arrivé à Rome, où il n'a voit aucun argent, habillement, chevaux ni servileurs, emprunta de messire Manaut de Guerres, capitaine d'Ostie, douze vingt ducats d'or, qui véritablement, pour l'honneur du Roy, les luy presta, et plus largement s'il en eust voulu, pour se remonter et habiller luy et ses servileurs; et auparavant avoit emprunté de messire César de Begadelia , l'un des gentilshommes dudict sieur cardinal, qui est de Bologne et estoit venu quérir et délivrer ledit Rabot , soixante ducats, pour payer audict capitaine de Benevent, et pour autres dépenses.

Si supplie très humblement au Roy nostre sire, ledict Rabot, qu'il luy plaise, de sa bénigne grâce, avoir pitié de luy, et pour \>- drsdomager de.s choses dessus-

dictes, et le payement de ses gages, luy plaise faire délivrer audict suppliant par le trésorier du Dauphiné, ou le grenetier du port Suint Esperit , aucune somme de deniers telle qui lui plaira : et si les deniers de la receple de ceste année de celuy sur qui le plaisir du Roy sera l'assigner estoîent distribuez ou assignez ailleurs, plaise audict seigneur luy en faire assignation sur ceux de l'année prochaine venant, en ayant esgard que ledict suppliant, plein d'enfans, a servi tant le feu roy Loys, que Dieu absolve, que le Roy qui est à présent, en Testât de leur justice, trente deux ans, et depuis vingt ans en ca a vaqué presque continuellement en plusieurs ambassades , légations , commissions , charges et autres grans affaires desdicts roys et de leur royaume, sans y espargner sa personne, et lousjours est et sera prest de ce faire , tant qu'il aura vie et santé, quand il plaira au Roy, pour la félicité et prospérité duquel il priera Dieu continuellement1.

* Histoire de Chartes PIII, 717-718.

UN DES PREl VhS lll S Ml MOIRES.

TABLE ANALYTIQUE

j4Mm7/<;. Rachetée par Louis XI. I, 12, 91 ; ses habitants veulent se donner au roi, 1 1S ; rendue a Louis XI , Il , 75. Citée, I. 208, 211, 213,317; III , 305.

Abrttzzes , les). Se rangent au parti de Charles Mil , II, 392. Citées, 431, 538, 553.

Acquapendenle Rendue a Chai les VIII, 11, .104. Citée, III, 382.

Acri. Donnée au seigneur d'Aubignv, II, 394, 428.

Acri (comte d'). Sa fuite en Sicile, II, 39 i ; ses biens sont conlisqués.iïmL, se refuse à rendre hommage a Charles VII 1, 395.

KccHâ (Alonzo Carrillo d"), archevêque de Tolède. Accompagne le roi de Castille Henri IV a Andayc , I, 164 ; son pouvoir sur ce prince, 1G5.

Adorme ( Jean }. Conduit «les troupes inilanai-.es au duc d'Orléans. Il, 335 ; si? tourne contre Charles VIII,

Adoubes les'. Gouvernent Cènes , II , i 47 ; n<- sont pas gentilshommes , 563 ; ont ét« souvent dit c.v (doges J de Cënes, ibid.

Adrien . empereur. Cité, II, 2*6 Aille (le seigneur de F). Cité, III, 22S.

Aillv (Jean d'}, vidante d'Amiens.

Cité , 1 , 3(;k.

Aire. Vendue a Louis XI , Il . 2 ; revient en la possession de l'archiduc d'Autriche, 31 H. Cuée, 200.

Albanie, Conquise par Mahomet II, II,

Alrket (Alain, seigneur d' ;• Envoyé par Louis XI au-devant de Margue-

rite d'Autriche, Il , 240; III, 345, 3iK.

Albrkt i Charles II , seigneur d' ). Secourt le duc de bout bon, I, ?5 ; se joint au comte de Charolais devant Paris, 76.

Alorit (Gabriel d* ), vice-roi delà Pouille. Lettre qu'il écrit à Charles MU, III, 432-431!. Cité, 412.

Albi yi'ERyi'K. Voyez Ledesma.

Alby (évéque <i'). Voyez Ahboise (Louis d".

A LÉCHS ( Yves, baron d'). Fait partie de l'année d'Italie, II . 368 ; donné en otage. 503 ; mis en liberté , 544.

Alem.ox (René, duc d'). Assole au sié^e de Liège, I, 1X9. Cité, 190; 111,214.

Alekcom 'Charles IV, duc d", .En quelle qualité assiste au sacre de Louis XII, II, 596.

Ale&a.xdke VI Rodrigue RorgiaL Couronne Alphonse II . roi «le Naples , 11, 329 j fait entrer \c& Aragonais «lans Rome, 370 ; retient prisonniers le ordinal Ascagne et autres, ibid.:

ouvre les portes «le Rome a Charles VIII , 37 1 ; rc«|iiétc qu'il présente a ce prince, ibid., se relire au « hâleaii saint-Ange , 37?; ce qu'il «lit des rapides complètes d«'S Français , 370; manque d'élu1 déposé, 3XÔ ; accusé d'avoir acheté la papauté 386 ; traite avec Charles Vlll, ibid.: III. 365, 369 ; a quelles conditions. 11. 3S7 ; III. .175-380 ; livre Ziziin , frère de Raja/et . au roi , II. 3X7 ; crée deux cardinaux a l.i sollicitation «li' ce dernier, ibid., III, 376, 37 7, 3S7 ; cherche à fair«- de

TABLE ANALYTIQUE

clarer les Vénitiens contre Charles VIII, 11, 112; se ligue contre ce prince, 419; relarde la publication de la Ligue, 4?3 ; lettre qu'il adresse à ce sujet aux fidèles , ibid. , noie ; abandonne Rome, 433 ; .ses intelligences avec les serviteurs de Char les VIII . 538; ses craintes relatives à Gènes , 666 ; titre nouveau qu'd accorde au roi de Outille, 579; cherche à faire sa paix avec Charles VIII , 687 ; indispose les Florentins contre Savonarole , 602 ; le déclare hérétique , 603. Cité , 34 B, 363-365, 3S8, 402, 413, Uti, i?4, 514, 510, 531, 544, 551 ; III, 361, 365,395, 408, 4 16.

Alexanokk lf. Okajcd. Cité, 11. 401.

Alexandrie. Citée, Il , 40* . 56«.

Alp.xis , gentilhomme du marquis de Mantoue. Cité, 111, 421.

Alkmaer [Alqnemare}. Citée, I, 247.

Allemagne. Coutume des villes libres de ce pays ,1,1 30 ; comment on y acquiert le droit de bourgeoisie , ibid., note ; coutume des prélats de ce pays. 160 ; ennemie de la maison d'Autriche et de Bavière, Il , 13 i.

Allemands. Méprisent la pompe du duc de Bourgogne, I , 1117 ; leur saleté, 168; n'aiment pas les Bourguignons, 169; menacent Louis XI. 3?0; gain qu'ils font à la bataille de (îrandson, II. 9; servent dans l'armée du duc de Lorraine, 60 ; refusent de rerevoir parmi eux le comte de Campo- Basso. 6? ; combattent contre le duc Charles à Nancy, 63 ; s'unissent aux Bourguignons , 67 ; leur disposition aux brigandages, 134 ; leurs princes les tolèrent, pourquoi, 135; sont rudes et \i\enl rudement, I I ; favorisent le prince d'Orange, 1 87 ; soutiennent les Bourguignons, U S ; leur victoire sur les Français, I R9, note se incitent à la solde de Louis XI , 193; veulent défendre Dole, 104; accusés de trahison par le «lue de Milan, 3nS ; leur débat avec les Milanais , 3 S0, 44S;sonl cause île la reddition du château de Naples, 39M; se mettent du parti du duc de Milan , 414; veulent quitter l'Italie.

418 ; assistent à la proclamation de la Ligue, 424 ; \iennent renforcer les troupes du dur de Milan , 151 ,

oflre qu'iU font à Charles Vlll de passer l'artillerie à Fornoue , 452 ; a quelle condition, 453; sauvent l'armée française, ibid , sont les meilleures troupes de pied, 458; récompensés par le roi , 484 ; protègent la retraite de l'année, 495 ; \iennenl la renforcer. 506; en faisaient la principale force, 513; sont plus exactement payés que les autres troupes , 649 ; enrichis par le pillage, ibid. ; il y en avait de deux sortes au service de Charles Vlll , 5..2 ; leur méGance contre Baptiste Frégose, 666.

Alphonse II , roi de Naples , d'abord duc de Calabre. Fait la guerre aux Florentins 11, 2<)3 ; marie sa fille au duc de Milan , 306 ; son expérience dans la guerre , 3 1 1 ; son courage n'est pas toujours soutenu, ibid.; est cause de la guerre entre les Vénitiens et le duc de Ferrarc, 32Î ; accusé d'avoir fait empoisonner les citernes de Venise, ibid.; son couronnement, 3Î9; ses dispositions pour repou66er l'invasion des Français en Italie , 333 , 334 ; passe pour être courageux , 363 ; n ose se défendre contre Charles VIII, 37?; abdique la couronne, 374 ; sa cruauté, ibid.; ses vices, 375 ; son despotisme, 377; n'a aucune dévotion . 378 ; sa jactance et ses menaces contre Charles VIII a\ant l'arrivée de ce prince en Italie, 380 ; sa frayeur lorsque le roi est à Rome, 381 ; fait couronner son fils Ferdinand , 3HJ ; sa fuite, ibid.; III , 397, 407 ; vision que lui inspire la peur, II, 383; fait pénitence , ibid.; sa mort, ibid.; supplie les Vénitiens de s'opposer à l'entreprise de Charles Vlll . 412. Cité.

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