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particulier son verger, qu'en s'amusant il avoit clos laimême d'un mur de pierres. Le bord du flenve considéré du nord au sud, avec le rapide ou sault de Richelieu, me fit ressouvenir tout à coup du détroit et du passage des Thermopvles, Assurément, #il y étoit fait quelques ouvrages du génie, personne ne pourroit v monter, ou franchir ce point sans permission, pour deux raisons bien naturelles : le passage, entre deux chaînes de roches, est fort étroit, ct le courant y a une force extrême, Pour le remonter il faut nécessairement l'aide d'un fort vent de nord-est, Les navigateurs ont bien le soin de ne pas tenter de le franchir, sans être assurés de ce secours et de la mer montante, Le sol en cet endroit, est riche, quoique pierreux.
De là nous fûmes favorisés du vent jusqu'aux 3 Rivières, Partout même perspective, plutôt meilleure, Le païs, plus plat, est plus beau. Tous les bas fonds et les bords du fleuve, de Gentilly et Bécancour, étoient couverts de bois de toute sortes et de haute futaie — surtout l'isle de Bécancour, qui est devente ma propriété par la suite, ct dont je ferai la topographie en temps et lieu.
La ville des 3 Rivières est située au sud-ouest de la rivière des Forges, appelée rivière Noire à cause vraisemblablement qu'une vase noire, au found, la fait paraitre telle, Elle tire sa source de plusieurs lacs dans le nord ct le nord-ouest, principalement du lac nommé Témiscamingue par les Téêtes-de-Boule, qui sont des Sauvages
ayant effectivement la tête grosse et tout-à-fait ronde, ce qui leur à mérité sans doute ce nom : ils sont grands, ct gros à proportion, mais stupides, sans aptitudes si ce n'est pour leur chasse et Ieur pêche, dont ils vivent; d'ailleurs bons et fort humains ; ils ne sont pas nombreux, à cause, je pense, de leur misère,
Le terrain des 3 Rivières est plat, le sol de sable jaune, gras ; tout y pousse fort bien, surtout les melons de toute espèce, Cet établissement, quoique central et fort ancien,
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n'a pas fait de progrès comme Québec et Montréal ; il est toujours resté pauvre, Je puis donner quelques-unes des raisons qui ont concouru à ce triste état. Les cyclopes qui sont établis à trois lieues au nord et qui possèdent quatre lieues carrés, ont empêché d'y établir des paroisses ; le païs plus haut à paru impraticable aux habitans des environs : la population de cette bourgade et des alentours n'a pas cru pouvoir mieux faire pour sa subsistance que d'aller travailler duns ies différens ateliers, ce qui à fait négliger longtemps 1e sud du fleuve, quoique le sol y soit des plns riches, Mais je ne raconte ici que mon voyage à Montréal ; plus tard, comme j'ai été directeur des forges, j'entrerai dans des détails intéressants,
l'ancre levée, nous gagnämes le lac Saint-Pierre, qui a 7 lieues de long et 4 lieues de large où il à le plus de largueur, Son entrée, au bout du nord-est, se trouve entre la Pointe-du-Lac et l'embouchure de la rivière Nicolet, A cette pointe étoit autrefois un village sauvage ; les François v avoient un fort, on en voit encore les vestiges. Fout autour du lac, s'étendent de hautes forêts et de belles prairies de grève, Les paroisses de Machiche, de la Rivièredu-Loup, au nord, de Saint-Nicolas, de la Baie-du-Febvre et de Saint-François, au sud, — qui l'entourent — sont fort riches parce que le sol l'est, Ce lac fournit beaucoup de bons poissons, surtout de Péturgeon, — ressource assurée pour les habitans du voisinage,
Nous arrivämes dans les Isles, terres des plus fertiles, où il y a de belles fermes, Elles sont sujettes à l'inondation dans l2s printemps où il se fait des digues de glaces,
Sorel, au bout d'en haut de, ces isles, ne tarda pas à se montrer, Quoique cet endroit ait le nom de ville, qu'il soit port de rivière, que la rivière Chambly y passe, il n’a pas fait de grands progrès, Le terrain y est bas ct sablonneux, et le sol sablonneux exige beaucoup d'engrais. On me dit que ce pais, au nord et au sud, jusqu’au lac Champlain,
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