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étoit habité, si bien qu'il étoit considéré comme le grenier de tout le Canada, et que tous les habitans étoient fort riches,
Cependant le vent nous approchoïit de Montréal, Comme j'avois ma tante à visiter et qu'elle faisoit sa résidence à deux lieues plus bas que cette ville, je priai le capitaine de me mettre à terre vis-à-vis la maison de son père, M. Lespérance, capitaine de milice de la Fongue-Pointe, J'arrivai chez M. Lespérance l'après-midi, sans être attendu. Ma tante y étoit et toute sa famille. Oh! quelle fut sa surprise de voir un Jeune françois, âgé seulement de 18 ans, ét Le propre neveu de M. de Rustan, son époux, que j'avois laissé 1e 22 mai précédent à Paris! ,,..
Après leurs lettres lues, nous nous inîmes à table pour souper, ét la conversation y fut inôniment agréable, On me demanda comment javois trouvé Québec, ét surtout ies Canadiennes, Ma tante étoit jeune et jolie, aimant bien à se l'entendre dire,
J'eus beaucoup dé plaisir dans cette aïmable famille, ainsi que par la connaissance que je Bs, à leur recommandation, de M, le curé Curateau, ancien sulpicien françois. Plusieurs jours déjà s’étoicnt écoulés, que je n'avois comptés que pour dés heures: il falloit cependant aller à Montréal : ma tante m'y accompagna. Nous alläines loger chez son oncle M. de LaCote, vieux gentilhomme, Lui, sa dame, su famille nous accucillirent de leur mieux.
M. Mongoltier, supérieur, et tous les MM. du séminuir: pour qui j'avois des lettres (comme pour bien d'autres ) furent charmés de me voir — principalement M, de Jonquière, avec qui javois passé In mer d'Angleterre üuu Canada.
Il ne devroit pas étre hors de propos de raconter, en passant, l'aventure arrivée au ministre Delisle pendant le coup de vent que nous essuyâmes sur le grand banc ; aventure que je devrois avoir déjà rapportée ; mais elle