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Le directeur avoit la vue sur tout, l'inspecteur pareillement ; celui-ci étoit obligé de passer de demi-heure en demi-heure à tous les chantiers pour voir si tout y étoit dans l’ordre, et ordonner ce qui étoit nécessaire ; les remarques qu'il faisoit étoient journalisées au jour et à la minute, et le teneur de livres les enregistroit dans chaeun des comptes qui étoient réglés tous les mois.
Le fourneau produisoit un profit de 50 louis par jour, chaque chauflerie 50 louis par semaine, la moulerie 50 louis par coulage, — en somme de 10 à 15 mille louis par campagne de 7 mois; les frais en emportoient les deux tiers ; c'étoit donc le tiers net que les intéressés avoient annuellement à partager. Ce fut l’appat d'un tel gain qui nvattira à reprendre de nouveau une part dans cette exploitation, au préjudice de mon isle, jusqu'en 1779, que ne pouvant pas aller conduire les travaux moi-même, tout v périclita. #t mes espérances furent perdues,
L'endroit est certainement des plus agréables, On y voyoit environ 130 maisons bien nettes, bien logeables, aux ouvriers, de bons et beaux jardins et prairies et une belle et spacieuse maison: on y faisoit un commerce de traite avec les sauvages, appelés Tétes-de-Boule, qui descendoient la rivière depuis les lacs Témiskamingue, etc. Le nom de Tête-de-Boule leur vient de ce qu'effectivement ils ont la tête ronde comme une boule : d'ailleurs ils sont bien faits, bons et fort dour:.
C'est dans ce dédale de devoirs et d'intérêts divers, d'agrémens et de fatigues, que je passai cinq ans: deux comme inspecteur et, après la guerre américaine, trois comme directeur jusqu'à la vente des forges à M, Gugy, etc, ete, Les bals, les danses dans la cour de l'établissement amusoient beaucoup: les gens étoient bons, et ma qualité de médecin me fuisoit du bien sous le triple rapport physique, moral et politique, J'y étois donc trèsheureux par toites sortes de canses: si ce bonheur eût
Hs DE 2 duré, j'avois trouvé là le lieu des délices! Les étrangers venoient de tous les païs par curiosité; les habitans de la ville des Trois-Rivières et des différentes paroisses du voisinage en faisoient autant, et c'étoit joie et fête pour eux. 1] étoit de règle qu'aucun des ouvriers ne retiroit personne chez lui sans venir au bureau en avertir et demander la permission ; si bien qu'il n'arrivoit jamais rien d'indécent ni d'accident sans que nous én eussions connaissance ; nous étions informés même de leurs bals, de leurs danses, de leurs festins. Cette petite peuplade vivoit heureuse ainsi aux Forges,
À part les inquiétudes de la guerre américaine, je sentois croître mes espérances, Quoique notre associé Pélissier eût emporté tout son or et son argent et un compte des avances faites à l’armée du Congrès, se montant à 2000 louis, qu'il n’eût laissé qu'environ 6000 barriques de minérai, fort peu de fers dans les différens magasins, presque point de ressources pour en faire ni d’autres moyens, parce qu'il croyoit tout perdu, je mis toutes mes facultés dehors et mes amis à l'épreuve, pour la campagne qui alloit suivre ; je doublai les préparatifs partout et remplis les magasins de provisions et marchandises pour m'encourager à employer le plus de monde possible : car pas de bras, pas d'espérances, D'ailleurs, comme je voulois prouver à la compagnie que je méritois sa confiance, je mis en œuvre tous mes talens, et j'eus le bonheur de faire une brillante et profitable campagne, que lon cite encore tous les ans sous lé nom de Première campagne de La Terrière ! Dans le cours de l'hiver suivant, je payai mes dettes : le coffre-fort contenoit des movens suffisans pour pousser vigoureusement Îles travaux ,.,,
J'étois si content de moi-même, voyant que tout me rioit, que je donnai plusieurs bals et dîners au général Ridgzel, en garnison alors aux Trois-Rivières, avec son état-major et Les respectables citovens de cet endroit et du
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voisinage, ainsi qu'à un officier françois appelé le comte Saint-Aulaire, en garnison à Bécancour et au service britannique, homme d’une rare éducation sociale et du plus aimable caractère, J'en fis ma société et mon ami. Il étoit brave, prudent, sincère. A ce propos, quand cela ne feroit qu'amuser le lecteur, je vais lui conter une historiette, Nous avions été invités par M. le curé Pétrimoulx, de la Rivière-du-Loup, à aller passer quelques jours avec lui ; nous acceptâmes et huit jours après, un samedi soir des Jours-Gras, nous nous rendimes à son logis, où nous rencontrâmes sa belle-sœur, son frère ét une jeune demoiselle appelée mademoiselle Falaise, Le régiment du colonel Prétorius, corps auxiliaire à la solde de l'Angleterre, étoit en quartier d'hiver dans cette paroisse, Un capitaine dans ce corps avoit fait la connoissance de Mile, Falaise, et ne la quittoit pas une minute. C’étoit son cavalier, et il étoit si jaloux qu'elle ne pouvoit faire la partie de cartes qu'avec lui ,... Un soir, 4 table de jeu étant dressée, madame Pétrimoulx tourna les cartes pour savoir avec qui ces dames seroient associées ; Le sort donna Mile, Falaise pou partenaire au comte et madame Pétrimoulx à LaTerritre, c'est-à-dire pour le premier robre du wisk,
De Suint-Aulaire et ce capitaine allemand se prirent doucement de paroles, ce dernier sembloit être persuadé de nous épouvanter tous, et ne cherchoit qu'à ravaler le nom et l'honneur françois. J’eus beau m'ettorcer de tout calmer, le moment critique arriva, et l’insulte nous fut jetée à tous les deux, — IT est tems, dit le Comte, faisonsle s par la fenêtre, sans le frapper, — Aussitôt nous le smisissons À nous deux et ..,, sa tête fit dans la fenêtre un trou net. Un tas de neige en dehors le recut mollement, Pas de mul, rien que la honte! ..,, L'épouvant: étoit grande dans la maison; le pauvre curé et sa familk
s'attemdoient à nous voir à tout moment assaillis par tout
le corps des effiviers; personne ne se concha, excepté le
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comte et moi, dans la même chambre pourtant, ayant à portée nos épées et chacun une paire de pistolets, et bien résolus à ne pas nous éloigner l'un de l'autre en cas d'attaque, — Nous nous disions que des gentilshommes nue doivent ni veulent jamais prendre parti pour un polisson, et que d’ailleurs il étoit fort haï de tout le régiment à cause de son humeur insociable, — N'importe, dit le comte, le vin est versé, il faudra le boire honnêtement, à la françoise! — Et de paroles à sommeil, de ce dernier au jour, du jour au déjeuner, il n'arriva rien de nouveau jusqu'au moment de nous mettre à table que deux aidesde-camp du colonel Prétorius entrèrent, se présentèrent à nous ét nous firent, de la part de ce colonel, cette commission : — “ Le colonel Prétorius fait ses complimens à M. le comte de Saint-Aulaire et à M. LaTerrière, et les price de vouloir faire connoître les particularités des faits qui ont donné lieu à la sortie prompte et poliment forcée du capitaine un tel par les fenêtres de M. Pétrimoulx ..,,” Le comte raconta les choses en détail à ces deux messieurs, et en appela au témoignage du curé, de sa sœur et de mademoiselle Falaise, qui dirent et assurèrent tous que c'étoit là la pure vérité, adoucie et raccourcie, — A ces traits, répondirent les aides-de-camp, nous reconnoissons l'homme. — Et, à l'instant même, ils allèrent faire leur rapport. Nous étions encore à table, lorsque le colonei Prétorius renvoya les deux mêmes personnages avec une invitation d'accepter son diner, Nous acceptämes avec plaisir, ainsi que l'aimable famille Pétrimoulx. Nous nous amusâmes de notre mieux à ce diner, où se trouvoit tout l'état-major, à l'exception de ce fou, qui étoit aux arrêts pour huit jours. Quelques instances que nous fimes, nous ne püûmes faire lever ses arréts.—T'ordre, la décence, ln délicatesse, répondit le colonel, sont choses qu'il ne faut jamais mettre en oubli.—Notre prudence à l'éloigner de notre compagnie sans le frapper, avoit infiniment touché
ce colone], Trés-satisfaits, nous partimes Vers le soir, et nous regagnämes les Forges avant Les neuf heures,
Autre aventure avec un fat, appelé le major de Berner, logé militairement chez M. Courval, un des anciens nobles et bon citoyen de cette ville, Un soir que j'y étois allé en visite, ( nous nous retirions même dans cette maison hospitalière quand nous allions en ville ) nous étions assis dans la chambre de compagnie avec les dames; cet être entra, comme un butor, d'un air impoli, — salua les dames et me regarda lu tête levée, et moi réciproquement, Cet égoïste boufñi de prétentions m'aborda seul, nn instant après, en me disant : Pourquoi ne m'avez-vous pas salué ? Je répondis que je ne croyois pas y être obligé. — Ne saviezvous pas que je suis le major Berner et capable de vous foutre par les fenêtres ? — Quad vous seriez le diable! je ue suis qu'un gentilhomme françois, directeur des Forges, mais je ne vous crains pas. 1l appelle quatre domestiques soldats allemands, qui étoient alors dans la cnisine, pour l'aider, J'ai le temps et l'adresse de me munir d'une vieille et grande épée, appartenant à M, Courval, gt de me mettre en défense, — Approchez, monsieur le major Berner, lui criai-je ; je vais vous servir à la françoise, vous et vos quatre satellites, avec qui je n'ai démélé qu'à mon corps défendant !— Mais M. Courval s'étant rendu maître chez lui, le grand homme rentra dans son cabinet, et nous n'en entendimes plus parler,
L'aaire s'ébruita cependant le lendemain. Mon ami St, Aulaire vint me voir et s’offrit À me servir de second en cas d'appel. Personne ne parut, et nous fûmes couche) aux Forges, après avoir bien ri du fier major, même avec des officiers de son corps. Le général Ridzel voulut me connoître et m'invita à un bal qu'il donna et où j'allai avec madame, Diner, et après le soir venu, danses et bal, Je ne vis pas de Berner, il étoit allé à Montréal, où on savoit déjà notre affaire et où je passois pour l'avoir fait souffler dans la manche ; — on le Tui dit même à un diner public.
Ce bal étoit formé des dames et messietrs de la ville, des officiers de l'état-major, et de M. et Madame de Ridzel à la tête, — sur la plus haute étiquette, Musique excellente et tables de jeu, Quoique je ne fusse pas joueur, il me fallut entrer en lice au Virnigt-et-un ; je me vis au moment d’avoir perdu près de 300 louis ; mais les cartes ayant changé, j'eus vingt-et-un d'emblée, et les fortes mises entassées contre moi, jeune poulet, me relevèrent à ce point que la crainte me vint de poursuivre le jeu et de retomber, Je pus soufher à l'oreille de mon domestique de venir me dire: Monsieur, la voiture arrive de l'établissement ; le fourneau est tombé, les halles sont en feu. Vite, partons, on vous demande... Laissant madame au bal aux soins d'amis, je ne fis qu'un saut, C'est ainsi que je parai prudemment un mauvais coup du sort, Non-seulement j'avois rattrapé ce que j'avois perdu, mais j'emportois encore 150 livres de gain, ce dont je ne me vantoi jamais; je publiai même que je m'étois retiré avec perte, et je fus cru aisément, Exemple à la jeunesse ! Pour moi, je n'ai plus joué d'argent depuis...
Les invitations polies que j'avois reçues en ville, en particulier du général, exigeoient la réciprocité, et j'en étois capable, Je donnai donc, quelque temps après, un grand diner et bal aux Forges, qui fut splendide et selon le dernier goût ; j'avois loué la musique du régiment, La dame du général Ridzel ouvrit le bal avec mon épouse : à elles deux les honneurs, Tous les invités furent si satisfaits de cette fête, qu'il en fut parlé. Je n’'eus garde de me mettre aux tables de jeu, prétextant que j'avois trop d'affaires ; car je n’avois oublié la dernière leçon chez le général. (1)
MUR propos de la maison des Forges où résida M. de LaTerrière, aucher de Saint-Maurice écrivait dernièrement à M. Joseph Marmette :
‘* J'arrive des Vieilles-Forges où je suis allé en excursion avec Gérin et Buteau-Turcotte, Le manoir a été endommagé, il y a quelques années, pas un incendie, mais il à été restauré par son propriétaire actuel, M. Robert McLDougall avec un goût que tous nos industriels n’ont pas. Il lui a scrupuleusement conservé ses an-
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Voici un autre exemple que non plus jamais je n'ai oublié, Je n'allois jamais à cette petite ville, sans y recevoir quelque invitation, Un jour, j'allai chez les aides-decamp, qui me firent tant boire malgré moi, que, quand je partis, j'exigeois de mon cheval qu'il pliât les genoux pour me recevoir sur son dos, Comment je me mis en selle, je n'en ai nulle souvenance, Je pris le grand galop, et jusqu'aux forges, distance de trois lieues, dit-on, je ne ralentis pas, Ces messieurs et mes amis, craignant que je ne fisse une chute mortelle, ordonnèrent x quatre domestiques bien montés de me suivre jusqu’en lieu de sûreté, et ceux-ci arrivèrent en vue de la maison comme je cherchois à faire entrer mon cheval, moi dessus, dans la porte du logis, où fort heureusement un domestique faisoit tous ses efforts pour me faire abandonner la partie, me jurant que je courois risque de me tuer, Trop pris de vin, je n’entendois pas ; cependant, à la fin, il fallut céder et gagner ma chambre et mon lit, Je n'y fus pas longtemps sans faire du train, si bien qu'on fut obligé de m'attacher, Le vin un peu cuvé, je me ressouvins que j'avois dans mes poches 300 louis en or, que j'avois reçus par la poste de notre commissionnaire de Montréal ; mais mon épouse avoit su me les ôter finement, A mesure que je revenois à moi, le souvenir de cet or m'occupoit tant que, croyant lavoir perdu, j'ordonnai d'envoyer à la recherche : on me tranquillisa en me disant l'avoir fait, et là-dessus je m’'endormis. Que l'on juge de mon chagrin au réveil, et de mon vif regret de m'être oublié ainsi et d’avoir exposé mon carac-
ciennes divisions, ainsi qu’une grande partie des vicilles boiseries françaises,
Rien de plus pittoresque et dé plus antiquaille qne ces salles immenses, aux larges âtres flanqués de plaques de fer fleurdelysées et portant le millésime de 1732, que ces c« rridors où toute une compagnie de reîtres et de lansquenets seruit à l'aise. C'est à se croire dans la salle d'armes du dernier des Burckhards, si l'hospitalité toute écossaise de M. MceDougall n’était 1à pour nous faire songer
avec complaisance aux douceurs du temps présent.”
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tère eh public! Qtie me diroient les associés? Hélas! .... céla me ft utie si profonde impression qite jémais deptris je n'ai pris ant coûp dé phtis que je ne devois, Je pris donc inaîtrisér atisri cette fatale passion, qui à ruiné tant de pétsonitiés à ma connoissance, mortes en ontre très-mistrables, Exemple éncore à mes enfans qui liront ce récit des folies dé jetinesse de leur père! ....
Aïnhst dns lèe danses et ln joie s'acheva l'hiver. SATIS qe j'etsse otblié les grands préparatifs d’une campagne dont j'ai dit déjà qu'il en fut parlé. Le feu fut mis en avtit at fotitnéau, et totit l'atelier se trouva ocenpé tant datis les bois qu'à l'établissement et aux environs. Dès lors, je ne pensai plus à autre chose.
Vers lé mois de imai, le gouverneur Carleton, alors Kir Guy lord Dorchester, envoya aux Forges le capitaine Luw pour faire faire des rames, ou plutôt pour espionner, Je le reçns fort poliment; il passa denx mois avec noûs, L'honmime étoit bon et fort obligeant ; les rapports qu'il fit fürent favorables, L'automne d'ensuite, étant allé à Québec pour les affaires de l'établissement, j'en reçus un exceilent acctieil, aîiñisi qüe du Dr, Foot, à qui il me présenta. Son excellence me parut charmée de la visite que je lui fs, et la Cyclopie ferrugineuse aussi, Un fort préjugé cependant existvit toujours daris le public à savoir que j'avois été, comme Pélissier, influencé par les républicains bostonnois, et ee füux préjugé à toujours fourhi à mes jaloux eñnemis des moyens dé me nuire auprès des différens gouverneurs : ces derniers ne m'ont pas exactement fait du mal, mais je n'en ai jamais pu obtenir ni bien, ni faveur.
Ma conscience étant pure, n'ayant trahi ni voulu trahir d'aucune façon un gouvernement qui me protégeoit, je n'étois guère ému de la mauvaisé mine que d'aucuns me faisoient pour mieux faire leur chemin, suivant la coutumé ordinaire des lâches; je n'en pris d'aitre souci que d'éviter ces gens-JA avec lé plis grand soin, Comme le
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lecteur le verra partout dûns cet ouvrage, je m’attachai uniquement À mes propres affaires, et sans poîitet loin mon ambition, j'économisai surtout autant que ln raison pouvoit le permettre, Mes approvisionnements faits à Québec, je remontai aux Forges pour y songer à effectuer avec toute l'activité possible les préparatifs de 1776 à 1777, partout deux fois plus considémbles, puisque les Forges devoient être vendues, Tout l'hivef se passa ainéi et sans beaucoup de plrisir à cause de la grossesse de mn chère amie, qui aboutit, comme je lai dit au chapitre précédent, le 4 janvier 1778, événement qui ent des circonstances assez singulières parce que ma femme avoit été obligée de s'absenter quelques mois. Personne ne savoit le lieu de’ sa résidence qe moi et le comte de St, Aulaire ; tant il est vrai qu'au besoin les malheureux trouvent des atnis sincères partout. Or, à ln forge basse, j'avois pour marteleurs deux Anglois — deux frères, qui avoient pour ménagère une veuve appelée Montour, C'étoient de bons enfans, instruits, pleins de bons sentimens, de discrétion et de délicatesse, qui m'étoient connus, C'est dans leur maison que j'eus une chambre pour elle à l'époque de ses couehes, et 1à ma chère Dorothée (aujourd’hui mon fidèle bâton de vieillesse) vit pour la première fois le jour — fille d'une mère et d’un père malheureux, mais liés jusqu'à la mort de la plus sincère et tendre amitié. Le Dr. Rimbau, des Trois-Rivières, amené par un long détour, en secret, à cette maison, 1ut l'opérateur, car je ne voulus pas par délicatesse faire moi-même l'accouchement, Cet opérateur, après avoir déposé In malade dans son lit, repartit avec les mêmes précautions. 11 ne s'agissoit plus que de placer cette chère enfant chez une nourrice, que le Père Théodore, récollet, avoit engagée dans sa paroisse, Je ne pouvois confier cet enfant à personne, à cause de la saison et du danger du voyage, et il m'en coûtoît beaucoup de quitter ma chère amie, quoiqu'elle fût bien.