‹ Mémoires de Pierre de Sales Laterrière et de ses traverses [microforme]Chapitre 26 sur 49 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

Sortie de prison de l'auteur. Son voyage à l'isle de Terreneuve, Non retour dans la province ; ce gai y fait jusqu'à l'ecamen des ehirurgiens, et son départ pour l'université de Cambriduye, près de Boston.

Ce qu'ayant vu, ét considérant l'incertitude d'une plus longue guerre, et que j'étois jeune, il me parut sage de sortir de prison et d'aller voyager pour rétablir ma santé, qu'une si longue et rigoureuse détention avoit altérée, C'étoit en automne, et tous les bâtimens pour l'Europe étaient partis ; je me résolus de prendre passage pour l’isle de Terreneuve, sur un brick qui alloit au Hävre-de-Grâce, à 15 lieues de Saint-Jean — commandé par le capitaine Fall, natif de Guernesey, Le navire devoit débarquer à ce port sa cargaison de farine et de pois et se recharger de morue, Je n'eus que vingt-quatre beures pour me décider

“et faire mes préparatifs ; je préferai partir plutôt que de

rester en prison, Ma bonne amie étoit allée voir son père aux Trois Rivières: je ne pus emmener que mon enfant Dorothée, qu' étoit restée avec moi pendant cette absence, Je lui fis faire des habits d'homme, et je l’'embarquai déguisée de cette façon; personne à bord ne savoit que c'étoit une petite fille, n'étant connue que sous le nom de Jacky à son papa. Je âis, je lembarquai: nous sortimes de prison un matin et fûmes diner à l'auberge de ln Basseville avec le p'evost Prentice, qui vint ensuite nous accompagner jusquà la chaloupe, C'étoit celle des Gourdeau et elle alloit à l'isle, Le bâtiment étoit déjà au Trou de Suint-Patrice, où nous le rejoignimes, Deux ou trois jours après, nous atteignimes le détroit de Belle-Isle, et au bout de onze jours comptés, nous jetions l'ancre dans le Havrede-Grâce, au port, devant le quai et la maison de M. John Fhomy, marchand, à qui le bâtiment étoit adressé.

Je descendis à terre ct fus bien reçu des citoyens de l'encroit, Je résolus d'y rester tout l'hiver ; ma santé l’exigcoit absolument et les invitations pressantes des principaux habitans achevèrent de m'y décider, Le juge Charles Garland m'assuroit qu'il me rendroit tous les services en son pouvoir tant par son influence que personnellement, et d'antres personnes dont je parlergi me donnoïient les mêmes assurances, Le troisième jour, je débarquai et fus loger chez Mother Cook, en attendant qu'une couple de chambres, dans le comptoir d'un inarchand guernesiois, me fussent livrées. Le consignataire du capitaine Fall, Jean Thomy, étoit Irlandois, bon, poli, libéral et généreux à ce point qu'il voulut absolument que j'allasse diner chez lui, tous les jours, avec mon petit Jacky ; et je n'y manquois pas, excepté les jeudis, que nous allions diner chez le juge Gurland, à sa villa appelée le Grove,

Ce poste du Havre-de-Grâce est un très-joli endroit, Les premiers qui l'établirent étoient François, et il appartint d'abord au gouvernement françois, Il est sis et situé dans le fond de Ja baie de la C'onception, qui a neuf lieues dans son entrée et neuf de profondeur ; cette baie, dans le fond, se partage en deux. Le côté nord fut établi, comme je l'ai dit, par les François, et le sud, appelé baie des Espagnols, par des gens de cette nation; cette dernière. porte encore le nom de Spanish Bay. Ce n'est qu'un lieu de pêche et de chasse; cependant, mon opinion est que les grains de toutes sortes, y réussiroient ; les patates et le jardinage y viennent fort bien, J'y ai vu ce qui m'a paru être un débris ou une masure de moulin à farine : donc les premiers habitans y semoient des grains ; ils abandonnèrent ensuite la culture pour la pêche, La petite ville du Havre étoit des mieux situées, et renfermoit, outre ses échafauds de pêche, de fort belles maisons. Ses principaux citoyens étoient le ministre Defort, la famille Garland, et une vingtuine de gros marchands ou facteurs de compa-

imies d'Angleterre, d'Irlande, de Jersey ct dé Guernesey, — outre deux chirurgiens. L'un deux étoit un François, appelé LeBreton, homme d'éducation, qui s'étoit réfugié là ayec une religieuse qu'il avoit enlevée à un couvent de Nantes et avoit épousée:; ils avoient une nombreuse famille et vivoient assez bien, sans être fortunés, L'autre chirurgien étoit un Italien, appelé Ferys, qui vivoit comme époux avec une jeune marquise, qu'il avoit aussi enlevée en Espagne ; il tenoit une maison somptueuse, : une petite distance du havre, appelée la villa de la Carbénnière, Sans être meilleur praticien que LeBreton, il avoit plus de pratiques et, ayant par conséquent plus de revenus, faisoit plus de dépenses.

‘Après que j'eus répondu aux borines et aïmables invitations de ces familles respectables, je me jetai aux promenades. Je parcourus les lieux souvent en compagnie d'un Aninistre méthodiste, M. Stratton, homme poli, sociable et bon, de même que son épouse, et sans enfans, Je leur cobfiai plus tard mon petit Jacky, dont je leur découvris vonfidemment le sexe,

La: navigation fermée à la pêché de long cours, il n'y avoit plus que les cabotiers qui allassent encore . d'un poste à l'autre, Ces petits postes tirent leurs approvisionnemens pour l'hiver des grandes places comme Saint- Jean, qui est la capitale. Mon bon ami Thômy m'engagea, vers le 10 de janvier, à aller avec lui et plusieurs messieurs à cette ville, par terre, du côté de Belie-Isle — trajet d'environ quinze lieues par un chemin de pied; ik ne falloit coucher qu'une nuit dehors, et, pour le retour, si le vent étoit favorable, nous reviendrions en quatre heures dans sa goëlette, Ayant dit oui, nous convinmes de partir dans trois jours, avec des hommes pour porter du bagage ut des provisions. Une chaloupe nous traversa dé l'autre côté dé cette partie de la baie jusqu'à ce chemin-de pied. Je.ne m'étois pas allongé les jamhes en prison, ioi il me

fallut bien le faire, Ce que je vis dans ce voyage m'inté. ressa beaucoup ; le pays étoit pittoresque, garni de forêts qui le faisojent ressembler à plus d’une localité dans le nord du Canada. Sapins, épinettes, bouleaux, mérisigrs, aunes noires, etc, en faisoient la richesse, Le sol, que jexaminai en plusieurs endroits, me parut bon et méme riche, à trop de roches près ; ce qui me faisoit penser au système de ,, ..,....., et autres, d'après lequel cette isle ne seroit pus absolument ancienne, au-dessus des eaux, le détritus des feuilles et la forét n'ayant pas encore couvert tous les rochers lavés autrefois pur les eaux de la mer, Il me paroissoit aisé d'y faire de belles prairies, — Eh! disois-je à mes compagnons de voyage, qu'est-ce qui peut en empêcher l'essai? — Rien, me :répondirent-ils, si ce n'est la pêche, qui rapporte plus que ne le feroit la culture, — En nous entretenant du pais et de son climat, nous arrivâmes sur la hauteur où est la citadelle, toujours gardée pur 4000 hommes, C'étoit le colonel Pringle qui avoit le commandement de cette place et de toute l'isle en 1783,

Nous donnämes nos noms à la garde, après quoi il uous fut permis de descendre à la ville, Nous l’examinämes à notre aise, ainsi que sa rade et le détroit par où eutrent les navires arrivant de la mer, Je crois que c'est la plus belle rade du monde, Je ne vis sur le port qu'une frégate et un vieux vaisseau servant de Prison-Ship, Nous nous rendimes ensuite chez un Irlandois catholique, appelé Cannon, qui tenoit auberge, et je m'y reposai jusqu'au lendemain.

Mon nom étant parvenu à la forteresse et devenu publie, un ami que j'avois connu à Québec, qui + étoit commis-

saire — Jean Lee — vint me faire de bon matin une visite, que je lui rendis toute chaude en allant chez le commandant, à qui il me présenta et dont je reçus toutes sortes d'égards, Ma visite d'État faite, il voulut m'accom-

pagner, et même diner avec nous à notre auberge : pens dant mon séjour en cette ville, il ne me quitta pas, Son plus grand plaisir, disoit-il, étoit de me voir, de me recommander et de m'introduire dans les meilleures maisons, Ayant su mon injuste et dure détention, il faisoit trophée de m'annoncer comme une victime maltruitée, IL étoit pourtant royaliste et dans le service, ainsi que ceux à qui il apprenoit mes infortunes, mais c'étoit justement ce qui leur faisoit prendre plus de part à ma situation ; ils me disoient tous: Restez parmi nous! Voilà comment l'on traitoit les malheureux à Saint-Jean.

Comme c’étoit le tems des bals, diners et fricots, il ne se passoit pas de jours que je ne fusse invité,

La cour du banc du roi se tenoit alors, et on ft le procès d'un marchand de la Carbonière, accusé d'avoir tué sa femme par jalousie, Cette aïfaire intéressoit beaucoup de monde : la famille de la femme étoit de la ville et demandoit vengeance avec ses amis ; de son côté il avoit aussi de nombreux amis qui vouloient le taire trouver innocent, Le procès dura quatre jours entiers. Les circonstances, les témoignages, les indices, paroissoient forts contre l'accusé, et ceux qui prenoient intérêt pour la femme s'en réjouissoient, disant: Ce vieux laid de veuf sera pendu! .... Enfin, après des plaidoiries vives et savantes des avocats pour et contre, le jury rendit le verdict, non-coupable, J'avois suivi le procès, et il me paroissoit impossible, et à bien d'autres spectateurs impartiaux de même, que l'accusé fut trouvé innocent, La cour avoit prononcé, plus de réflexions! ..,, Nous dinâmes à 7 heures, à cause de

cette affaire, et an nombre d'environ 200 personnes, de

bonne et moyenne éducation, et tenant les unes pour le mari les autres pour la femme, Il se dit qu'elle étoit respectable et de grand mérite, et que lui étoit homme d'esprit, mais vieux, laid et jaloux méme de son ombre, Il n'est vas impossible cependant qu'elle eût eu quelque

intrigue pour ces trois causes,

s PE

ner jen 621,

EE

rep

Parmi ces bons citoyens, il s'en trouva un — un marchand — que ma situation intéressa particulièrement, M, Buffet étoit né à Waterford. Causant un jour avec moi, il me demanda ce que je me proposois de faire, pendant l'hiver, dans un lieu de commerce. Rien, lui répondis-je, Alors il s'offrit à me procurer des marchandises, en me faisant entendre que je gagnerois la moitié, et sans en savoir plus long, je me chargeai de rhums et autres effets pour une assez jolie somme, Cela ne produisit que des créances qu'en partant je laissai pour lui aux soins de M, Garland, Les a-t-il fait rentrer? Les a-t-il transmises à mon bon ami en poissons, huiles, etc? Je l'ignore: j'ai seulement appris depuis que cet ami étoit mort,

Notre tems de réjouissance fini, j'allai remercier tous ceux qui m'avoient si bien accueilli sur la recommandation de mon ami Thomy et surtout de Lee, Le premier, qui avoit terminé ses affaires et dont la goëélette étoit prête à parvir, me dit un soir qu'il falloit faire nos adieux au plus vite.et embarquer sitôt que le vent le permettroit, — Quand il vous plaira, lui répondis-je, et je vais de ce pas à la citadelle saluer le commandant et mon bon ami Lee, prendre leurs ordres et les remercier de toutes leurs bontés, — Ma conduite leur plut beaucoup et ils m'offrirent de m'écrire à l’arrivée du vaisseau de guerre attendu d'Europe de moment en moment, s’il y avoit quelque chose qui pût me regarder, comme quelque mesure politique, Je redescendis à mon auberge, Que vis-je arriver un instant après? Mon ami Lee, qui venoit diner avec nous ét nous passâmes le reste de la journée ensemble, Le lendemain, vers le jour, une voix de tonnerre se fit entendre, — M. Thomy, levez-vous ! Embarquons, le vent est bon! — Au bout de quelque minutes, nous étions à bord, Nous y trouvâmes onze passagers, avec des vivres et de l’eau pour 24 heures seulement, le trajet avec bon vent d'un poste à l'autre n'étant que de 4 heures,

Le vent nous servit bien pour sortir du détroit ; mais dans cette saison il est variable, et il se jeta tout à coup au nord-ouest avec une telle violence, qu'il nous repoussa plus de cent lieues en pleine mer, quelques manœuvres que nous fissions pour nous rapprocher de terre, La septième et la huitème journées, nous nous trouvâmes réduits à manger nos souliers et nos bottes et à boire notre urine, parce que le vin, le rhum et la morue salée qui étoient à bord rendoient tous les passagers fort malades. Notre situation étoit critique. J'avois beau, en qualité de médecin, leur recommander de ne pas perdre une goutte de leur urine, ils ne me crurent point, à l'exception de Thomy et d'un matelot nommé John, qui, nous voyant faire, suivit notre exemple, Par cet heureux moyen, quoique très-affaiblis, nous nous soutenions encore, tandis que nos compagnons étoient étendus à fond de cale et à demimorts, Nous étions en ce triste état, lorsque tout-à-coup John prit la parole, — Je vois bien, dit-il, qu'il nous faut tous mourir : le vent ne change pas et nous sommes bien loin de terre! Il ne nous reste plus qu'un moyen de prolonger nos jours, — Quel est-il ? demanda Thomy, — Tous nos gens sont presque morts, répondit cet homme ; il y a parmi eux un boulanger qui est vieux et fort gras. Plutôt que de mourir de faim, si nous l'achevions? ..., Avec des morceaux du doublage du bâtiment, nous ferons du . fu et en ferons cuir:! — Quoique cette idée nous parut a reuse, nous ne dîimes pas grand'chose ; nous le calmes cependant en lui disant : — Patiente jusqu'à minuit ou demain matin, Hélas! si Dieu ne nous envoie pas d'autre vent, nous ÿ consentirons ..., Avec bien de la peine il nous écouta, tant la faim le dévoroit, Ventre enragé n'a point d’orvilles. John étoit un Irlandois cathélique, et notre divine religion toucha son cœur ; il pria l'ieu comme nous de changer le tems, et le Tout-Puissant eut pitié de nous ; car une couple d'heures avant le jour, le 22 janvier,

2 nl

on CT | ‘ ;..

LI AE NE Cr mr

le vent passa tout à coup au sud-est avec la même force, Malgré la grosse mer, nous mimes toute voile dehors et voguämes vent arrière, Et notre espoir de revoir la terre de repaitre, quoique nous ne sussions point exactement où nous irions atterrir, n'ayant pas d’instrumens pour prendre hauteur ni un capitaine assez intelligent pour cela, Tout ce que nous savions, c'étoit qu'en faisant route vers l’ouest-nord-ouest, nous ne pouvions manquer de prendre terre, mais où et quand? Si la côte n’étoit pas habitée, nous ne serions guère mieux vu notre extrême détresse. N'importe ! espérons! ..., Vers les quatre heures de l'après-midi, nous vimes une grande noirceur à l’ouest, au niveau de l'horizon, ce qui nous encouragea, J'avois encore quelques ribandelles de mon capot de loup-marin, je Les fis griller au feu et j'en mangeai; mon ami et le matelot en mangèrent aussi. Nous étions déterminés à courir toute la nuit, vent arrière, vers cette noirceur, Au point du jour, nous nous en étions b:aucoup approchés, et sur les onze heures, il n’y avoit plus à s'y tromper, nous reconnûmes la terre, La joie et le courage nous étoient revenus d’une manière surprenante ; mais pour nos moribonds, dans la cale, rien! .... Nous n'osions pas descendre, craignant de les trouver morts, parce que nous n'entendions plus aucun bruit. Ainsi poussés par un vent favorable, nous arrivâmes à la baie de la Trinité, habitée heureusement pour nous, À notre arrivée à l’échafaud du principal marchand de ce lieu, ayant fait signe de détresse, dans l'instant nous fûmes secourus. Le marchand lui-même, appelée Walker, vint à bord entrer notre goëélette dans le havre, et fit porter vitement tous nos gens dans une maison, où j'ordonnai (il avait été pris un caribou) de faire du bouillon, d'y joindre un peu de farine, et d’en faire prendre à tout notre monde, Et point d'autre nourriture jusqu’à ce que les intestins se fussent remis à fonctionner! Grâce à ces soins prudens, dix jours suttirent

pour nous rétablir tous. Ce Walker étoit juge de paix, excellent homme et philantrope : il n’épargna rien pour notre bien. Mon bon ami Thomy et lui étoient d'anciennes connoissances ,.., Chacun, étant rétabli, pensa au départ, et quoiqu'il y eût 30 lieues par terre et point de chemin autre qu'un sentier de pied, présque impraticable Gans cette saison à cause de la neige, tous, d'un commun accord, préfèrèrent faire le trajet à pied plutôt que par eau, La goëlette fut laissée là en hivernage jusqu’en mars.

Deux jours suffirent pour les préparatifs de ce voyage ; nous nous munimes notamment de raquettes de bois, nécessaires pour passer les bas-fonds surtout, où le vent avoit amassé plus de neige. Quatre guides, loués par nous, portoient notre bagage et nos provisions. Lorsque nous voulûmes payer M. Walker, il nous assura qu'il n'avoit fait que ce que lui-même désireroit qu'on lui fit dans un semblable accident, et qu'insister seroit l’offenser et le rendroit de fort mauvaise humeur, Il nous chargea des meilleures provisions qu’il eût et avec abondance; aussi le quittâmes-nous et sa famille entièrement pénétrés de leurs bienfaits, Je le revis au mois de mai suivant, à Saint-Jean, et je dinai avec lui, lecteur, juge avec quelle joie!

Lui ayant fait nos remerciements, nous filâmes vers le sud-est et fimes une lieue sans rien dire tant cet homme généreux avoit touché notre âme. Lorsque nous onvrimes la bouche, ce fut pour parler de lui et du besoin que nous avions eu de rencontrer un être si hospitalier et si bon!

Comme de coutume, je ne manquai pas d'examiner et observer attentivement l'aspect de ce païs, appelé Côte du nord de l'ile, Les bois francs et mous m'annonçoient que là aussi le sol pouvoit étre cultivé, et répondroit à l’idée favorable que j'avois de tout le littoral. Les patates et les autres légumes récoltés à la baie de la Trinité prouvoient cette opinion, Qu'est-ce qui empéchoit donc que cette

EN ns Nr LC RE

Page 1