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côte ne fût établie et cultivée? La pêche, le manque de bras, et l’insouciance pour l’agriculture, La première nuit, nous nous arrêtimes au bas d’une montagne, à l'abri de presque tous les vents, au bord d'une rivière, La rive étoit un sol d'alluvion, très-riche : il y avoit donc de bonne terre dans les environs puisque les eaux en charrioienf dans leurs lits? Le lendemain et le reste du voyage, qui fut de six jours, ce fut le même aspect — de belles plaines où vraisemblablement le foin pousse en abondance l'été,
En arrivant au Havre, nous apprimes que l’on nous croyoit perdus, car on avoit su par d'autres personnes parties après nous de Saint-Jean, le jour de notre départ dans la goëlette de Thomy. Jugez combien les parens et les amis de nos compagnons de voyage £e réjouirent de nous recevoir; ce ne fut que fêtes partout pendant quelques semaines,
Les effets que mon ami Buffet m'avoit confiés étoient à terre depuis dix à douze jours, dans une maison que le juge Garland m'avoit procurée, Je pris possession et j'éta. blis mon petit ménage pour l'hiver, Le capitaine Fall m'avoit laissé un de ses matelots pour me servir, mais il ne répondit pas à ce que j'en attendois et je le congédiai ; puis je m'arrangeai avec une vieille veuve — Mother Ray — et son garçon, qui étoient déjà dans la maison: elle devoit faire ma cuisine et mon petit ménage, lui devoit me fournir de bois, Je passai ainsi l'hiver, recevant les amis qui venoient me visiter et allant chez eux; ils en usèrent si poliment que de m'inviter à tous leurs festins, bals et fricots, J'avoue qu'ils me firent tant danser chez la veuve Socklin, où il y avoit assemblée tous les jeudis, que jy attrapai une pleurésie, dont je me guéris avec l'aide du Dr. LeBreton, mon confrère, qui me visitoit tous les jours, ce qui accru, a0tre intimité à ce point que je ne pouvois passer deux jours sans aller chez lui, La société de son- épouse, femme de grand mérite et très.spirituelle,
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m'y attiroit beaucoup, et mon petit Jacky jouoit avec tous ses enfants ; il n'y avoit que M. et Madame LeBreton qui sussent son déguisement, On a beau dire, la sympathie nationale a partout son influence; car je me plaisois mieux avec eux qu'avec mes autres amis, quelques égards affectueux qu'ils eussent pour moi; il en paroissoit autant de leur côté: pendant ma maladie, ils eurent tous les soins pour moi, et après, quand ils ne me voyoient pas, leur inquiétude étoit frappante par les exprès qu'ils envoyoient pour s'informer de ma santé, en quelque part que je fausse,
Cette respectable famille Garland ne leur en cédoit pas, surtout M. David Garland, frère du juge. Enfin, tous les citoyens de l'endroit rivalisoient ensemble a qui m'obligeroit le mieux, Je répondois à tant de marques d'estime en étranger sensible et plein de reconnoissance ,,,, Ils auroient bien voulu me garder en ma qualité de médecin, après le trait suivant, que je vais rapporter sans m'en donser louange,
La femme du juge civil, étant enceinte de huit mois, tomba dans des spasmes nerveux, qni amenèrent une perte avec convulsion dont rien ne pouvoit triompher, Sa faiblesse devint telle qu'on perdit toute espérance, Son médecin étoit le Dr. Ferries, qui l'avoit déjà accouchée. .LeBreton fut appelé, mais la malade continua de s'en aller en poste ; et l'on vint me chercher pour consulter en ce moment critique, En présence d'une nombreuse famille, qui s'attendoit à la voir fermer les yeux, je demandai aux deux praticiens si, à chaque grossesse, ln malade avoit aperçu de pareils signes? Ferries répondit que non, — Quelle est done selon vous la cause de la perte? — Quelque vaisseau rompu in utero — N'admettez-vous pas d'autres causes ? — Non, — Et vous, M. LeBreton ? — Je suis de l'opinion du Dr, Ferries. — Comment regardez-
vous la malade? — Comme étant dans ie plus grand
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