‹ Mémoires de Pierre de Sales Laterrière et de ses traverses [microforme]Chapitre 44 sur 49 · LE · texte numérisé non relu

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commis de marchand, répondit qu'il avoit autant de droit que moi d'en manger,— Qui, mais pas en cachette, — Par l'estime, nous sommes encore à 120 lieues du banc.

25 mai. Renouveau de la lune à 11 h. du matin, Vent N.; cap O.-N.-0, ; mer unie. Nous faisons, sous petite voilure, 3 milles et demi à l'heure, 34 vaisseaux de la flotte avec nous, Le côté, à l'articulation xyphoïde me fait mal, ainsi que la rénale ; je m’en sentirai longtemps. Sur le soir, par tems calme, avons essayé de descendre à 50 brasses une bouteille pleine d'eau douce et bouchée hermétiquement avec du liége et de la cire ; l’eau est revenue salée- Le salin nitrique marin, par la pression de la surface cubique, a forcé l’eau de mer d'entrer dans la bouteille, Nous avons ensuite descendu celle-ci vuide, le goulot le premier, et nous l'avons retirée pleine, le bouchon ayant été par la même cause enfoncé dedar.s. Nous la bouchâmes une troisième fois avec du verre; elle revint vuide, ou plutôt presque vuide, car il s’y étoit introduit un peu d’eau, que nous jugeûmes avoir pénétré par quelques pores de la cire ou quelque petit vuide entre le bouchon et le col interne de la bouteille, Nous projetons de renouveler un autre jour l'expérience avec de meilleures précautions, J'ai mangé du bœuf salé et bu beauconp d'eau.

26. La langue me fai mal, Calme; vent de N.; pluie, Trente-cinq bâtimens de lu flotte en vue, allant comme nous au gré des flots, Espérons du bon vent! Que Dieu

Je ne dois pas omettre de parler de la privation de thé le soir, Hier, comme le capitaine annonçoit le souper, je lui dis qu'à mon âge je ne pouvois pas digérer deux fois par jour du bœuf, quoiqu'il fût fort bon, et que je préférois

une tasse d'eau bouillie avec du sucre. Il répondit qu’il n'y avoit point de feu. Cependant trois quarts d'heure après, l'eau pour le grog, dont je ne bois jamais, arriva bien

. chaude ; je demandai du sucre et je pris deux tasses d'eau

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le thé Der, je x fois éférois d'il my après, bien 8 d'eau

sucrée, qui ont facilité Ja digestion dé mon dinér, Je me porte bien mieux ce matin. Dieu seul sait si je pourrai obtenir même ce moyen de digestion côntre l'opinion d'un homme qui ne veut rien au gré des passagers, ses ordres de despote devant s’exécuter de préférence, Le: pauvre M. Porteous, presque toujours malade du mal dé mer, auroit besoin de thé léger, le soir ; il Y en à pourtant encore À bord trente-huit livres, c'est-à-dire plus qu'il n'en faudroit pour notre consommation. Qu'en veut faire ce capitaine avare, nous n’en savons rien. Pour moi, peu m'importe, si je puis avoir de l’eau chaude, qui tient le corps libre et relâche, ce dont j'ai constamment besoin, et le thé resserre, Cela ne nuit donc qu'aux partisans du thé.

27 mai. Vent N.-N-0.; calme ; cap à l'O-N.-0, Faisons environ un mille, Hier nous étions par 45.30 lat., et 99.7 long. 44 navires et la frégate autour de nous, Lé capitaine Smith, du Leeds, est venu à bord ; il a pris une grosse tortue jaune qui dormoit sur l’eau,

28 mai. Vent N.-N.-0.; cap O. } N-0. ; 3 milles à l'héure. Mer un peu houleuse, Mon côté me fait mul, aux fausses côtes ; il paraît y avoir une dureté en dedans: j'ai mis, ce matin, les mouches dessus. Je n'ai pas pu me coucher sûr ce côté depuis l'accident, et cela m'inquiète, 'oujours vent contraire, rendant ce voyage long et pénible pour un homme de mon âge, Je n'ai compté ce matin que 38 voiles ; il'en manqueroit 6. Le soir, pris mon eau, tiède À l'ordinaire, inais bien épaisse de vase : je la fis ‘voir au capitaine, qui fit une petite réprimande,

29, dimanche. Vent O.-N.-0.; cap an 8.8.0, Compté 38 voiles, Depuis que j'y ai appliqué les mouches, mon côté me fait moins souffrir, A midi, vent N.-0. ; cap au NN, N.-E,; 3 milles À l'heure, Apparence de gros vent, Dieu nous en préserve, pour le peu qu'il nous vaut!,.,,

30 mai, Au matin, vent S.-S.-0,; presque calme : cap au N-N.-0. J'ai compté 39 voiles, Je n'ai presque point

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