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raissent souvent tout autres, lorsque votre ignorance est effacée par des connaissances sûres et vraies! ,..,, J'étois jeune, j'étois ingénu, franc comme la nation à laquelle j'appartenois : mes réflexions faisoient rire, La soirée se passa fort agréablement, pendant que M, Dumas lisoit les lettres que je lui avois apportées d'Europe, Je me croyois en paradis, tant le Canada étoit agréable à mes espérances. Sous le charme, je fus me coucher, après quatre mois de branle, dans un bon lit, qui ne remuoit pas,
Je me Jevai bon matin, et, n'ayant vu Québec que de nuit, en attendant le déjeuner, j'examinai de mes fenêtres la rne et ies maisons, qui me parurent d'abord aussi bien bâties qu'à Paris, On sonna, et je parus à la salle à manger. Après des saluts réciproques, M, Dumas m'annonça être bien aise que mon oncle, son bon ami, vécut content, — et qu'il étoit fort satisfait des autres lettres, En prenant ce repas frugal du matin, il me parla beaucoup de l'Europe, de Montauban et de Négrepelisse, petite ville qui etoit le lieu de sa naissance, L'ayant contenté de mon mieux, il me demanda à quelle heur croyois que le capitaine voudroit me livrer mon bag Je répondis n’en rien savoir en raison des formalités de douane mais que vers midi vraisemblablement je verrois le capitaine, — Fort bien, entrez dans mon bureau, ajouta-t-il, et nous jaserons. Vos lettres, après vous être reposé, vous les remettrez
demain en faisant vos visites, — D'accord, — Pendant que
je me reposois, il envoya à la douane avec ma déclaration,
et mon bagage arriva, sans que j'en eusse connaissance, Un instant après être entrés dans son cabinet, il me tint ce discours: Il paraît par ce que votre oncle me marque, que vous avez d'abord étudié les mathématiques à LaRochelle, (où j'ai fait apprentissage du commerce ), et à Paris la médecine; mais vous étes bien jeune pour pratiquer dans ce païs une telle profession, N'auriez-vous pas quelque goût pour le commerce, plus profitable dans
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ce pais commerçant ? — Je ne suis venu dans cette partie de JV Amérique, lui dis-je, que pour y voyager. Cependant si jy prends goût pour vouloir m'y fixer, il faudra bien m'adonner à quelque chose, — Eh bien! ajouta-t-il, après que vous connoîtrez ces lieux, vous pourrez vous décider, et quand vous étudieriez le commerce, cela ne vous empêchera pas de vous mêler de médecine, — Lorsque j'aurai vu ma tante de Montréal, je vous répondrai ; j'aurai pent. être alors changé d'idée; pour le présent j'aime bien la médecine, — Très-bien, voyez vos amis, je vous introduirai ces jours-ci dans les meilleures maisons, En attendant, remettez toutes vos lettres de recommendation, et amusez. vous,
Monseigneu Bryan, madame Decheneaux, Papin Barollet, le curé Riché, la famille Bazin, outre M. Dumas, étoient à Québec les personnes à qui j'étois particulièrement recommandé, Dans mon voyage de Montréal, je dirai quels y étoient ceux à qui je l’étois pareillement, Dans deux jours j'eus ni ces visites d'obligation ; on me traita et accueillit avec la plus grande affabilité, Je fus introduit chez tous leurs amis, et au bout de quelques semaines, on auroit juré que j'étois Canadien, tant je me faisois aux usages du païs, et l’'empressement que j'avois à les copier, me méritoit l'estime de tous ceux qui me connoissoïient., Je passai l'automne et une partie de l'hiver dans la joie, les bals et les plaisirs.
11 faut avouer que le sexe canadien est beau, et qu'en général, recevant plus de connoissances par le moyen des
écoles et communautés que les hommes, et par une disposttion naturelle, i! surpasse de beaucoup l'espèce masculine en finesse, en douceur et en grâces, Peu : xigeantes, elles née se prévalent point de cette supériorité, ce qui leur attache les hommes à ce point que même les étrangers sont forgés de les mériter, En général, les femmes du Canada sont très-économes et de tendres et fidèles épouses,