II
)aii [i65o] iiÉMOiRtis
cauld offrit même en son particulier de servir âe volontaire , pour ôter tout Tobstaclè qu'il pourroit faire en ce rencontre. Castelmoron se chargea de rapporter cette réponse au maréchal et au marquis, desqueb il nous dit qu'il n'avoit eu aucune charge de conclure, mais seulement d'écouter ce que la princesse pourroit hd offrir sur les propositions qu'il venoit lui faire de leur part.
Le g fut un jour de grande confusion, qui nons tourna pourtant à grande utilité ; car comme Lavie s'ôpiniâtra à faire distribuer par la ville les copies des lettres du Roi, desquelles j'ai parlé, le peuple s'en .émut , et vint en grande rumeur au logis de la prixtx^esse, criant qu'ils alloient égorger Lavie^ et sa famiDe dans sa maison. Elle leur remontra que cela nedevoit
Î')oint se faire ni proposer, et mit tout en usage pour es empêcher d'exécuter ce dessein : mais enfin ïesgShéraux , qui depuis peu étoient de retour de l'année, venant visiter la princesse, le peuple les suivit; et comme ils n'avoient pas des sentimens aussi modérés qu'elle , et qu'ils jugèrent la présence de Lavîê' fott jpréjudîciable dans Bordeaux, ils applatrdireiif 1 h bonne volonté qu'ils témoignoient , et crurent qne b'étoit un coup d'Etat de' laisser agit leur ébfôre. &«!' Vebœuf se mit à leur tête ; ils éourarent au logis de Lavie, qui étoit ennemi capîtàl de ce marquis Vih etfoncèrent les portes , ils y entrèrent, Làviè se sauta au couvent des Pères Feuillans, voisiii de sa maison: ils le suivirent, Fàppelèrent traître à sa patrie, étnis' saire du Mazarin pour faire exterminer la tnâisem royale ; ils lui vomissoient mille imprécations. Sanvebœuf, qui avoit été touché des larmes de madame
os tBNfiT. [i6âo] 3t5
nsi femme ^ empiécha qa*on ne regorgeât^ 11 tâchoit à te persuader de se retirer, et sortir de Bordeaux : il y: résista, et parut intrépide dans un tel péril , sur le bord et à la vue d'un tel précipice. Le peuple , qui ayoit créance en Sauvebo&uf, suspendit sa furew contre Lavie, et retourna en sa maison pour égorger sa femme. Ce marquis y courut , la prit par la main ,. et ramena avec ses en£ains au même lieu où étoit son mari. Lefr conjurés pillèrent la maison^ ^ après en avoir enlevé l'argent et les meubles, enlevèrent lesiportes et les fenêtres, et voulurent y mettre le fe«| mais Sauvebœuf, qui y étoit retourné, les en empêcha* Lavie , il la vue d'un tel spectacle , jugeant à l'avenir sa constance inutile, prit résolution de se retirer avec sa faumlle à Blayc. Sauvebœuf les accompagna jusqu'au bateau qui les y porta, pour les garantir par le cbe- Boin de la mort dont ils étoient menacés. Mirât, con^» seiller au parlement, homme de mérite et de probité^, fort en crédit dans sa compagnie et parmi le peuple ^^ qui avoit toujours été ennemi de Lavie , se mit dans le bateau avec lui, et l'accompagna généreusemtat jusqu'à Blaye , d'où il retourna le lendemain.
Il n'est pas toujours aisé d'exciter des séditions \ mais quand elles le sont^^ est difficile d'en arrêter le cours. Cette populace , émue et en curée du butin qu elle venoit de faire chez Lavie, vouloit en faire un pareil aux maisons de Duglas , du Franc et de Poitac- Seautiran, jurats de la ville, et desquels j'ai parlée La princesse s'y opposa de toute sa force; car si la violence qui venoit d'être faite pouvoit servir, comtne en effet elle servit beaucoup, la continuation aurait été nuisible. Il est nécessaire d'imprimer de la crainte;
3à6 [ 1 65o] MÉMOIRES
elle contient dans la dépendance et dans le respect quand elle est modérée : mais l'excès en est dangereux; il ne refroidit pas seulement les aflecttons, il irrite les volontés, et fait pour Fordinaire secouer le joug qu'on s'étoit volontairement imposé. La princesse étoit obligée de sauver Duglas parce qu'il étoit oncle du conseiller Taranguè, qui avoit'été le rapporteur de sa requête; Franc, parce qu'il étoit ami intime de Lusignan ;' et Pontac, par la grande^arenté qu'il a voit dans le parlement; car cette famille est des plus anciennes, des plus riches et des plus considérables de la ville : le premier président , le procureur général et le greffier en chef sont encore à présent de ce nom. L'avantage que nous tirâmes de la menace qu'on avoit faite à ceux-ci fut qu'ils vinrent avec la livrée haranguer la princesse et le duc d'Enghien (ce qu'ils n'avbieht point encore fait), et que Duglas nous découvrit toutes les pratiques, toutes les cabales q| tous les desseins queLavie avoit contre nous.'
Le lo, le marquis de Montespan offrit à la princesse quatre cents gentilshommes qu'il pouvoit assembler dans son voisinage , et d'aller à Toulouse pour essayer de disposer ce parliïrtient, par les amis qu'il y avoit, à imiter celui de Bordeaux , et à s'unir avec lui; dont nous ne vîmes nul effet dans la suite , quoique h princesse lui dépêchât assez souvent. Il n'eut jamais la hardiesse de répondre à pas une de ses lettres, et l'envoya prier de ne lui écrire plus, mais bien de lui envoyer dire ce qu'elle jugeroit à propos pour sbn service. Et pour établir la créance de ceux qu'elle lui enverpoit sans lettres , il la fit prier par son envoyé
DE^ L^ST. [l65o} 3îl7
de couper uo ëcu'd or eu deux parties, doot elle gàrderôit l'une V et lui enverrôit Fautre^ et que la priacesse lui envoyant quelqu'un^ ou lui à elle, chacun chàrgQroit le porteur de la moitié qui seroit en son poavoir, pour faire voir qu'il seroit homme de con*fiance. Les seigneurs retournés en province sont surjets à vouloir persuader qu'ils ont du crédit dans leurs coûtrées, pour tirer leurs avantages de la cour; mais j'en ai peu vu qui aux occasions en aient donné d'autres marques que d'envoyer faire des complimens et parade de leur pouvoir, qui ne s'étend pour l'ordinaire qu'à accommoder une querelle et à garantir leurs terres d'un passage de gens de guerre, et à se saisir des tailles dues au Roi tant qu'il y a des troubles dans leur voisinage. ;
' La princesse le remercia de sa bonne volonté, et le pria d'exécuter l'offre qu'il lui faisoit. Et comme l'enr yoyé refusa de se charger de sa lettre, de crainte, disoit-il, qu'elle ne fût interceptée, elle lui dépécha un gentilhomme qui eut ordre en même tempa de passer à Toulouse , et d'y voir le sieur Du May, conseiller au paiiement, à qui elle envoya, avec la lettre responsive aux offres qu'il lui avoit faites d'agir dans sa compagnie pour son servjwsp, douze- lettres sans sousr cripiion, pour les remplir du nom de tels de ses confrères qu'il jugeroit à propos.
: La princesse dépécha en même temps à l'archevêque de Narbonne, de la maison de Rebé, ancien, ami et serviteur de la maison de Gondé*, au barpn d$ L^iran, gentilhomme du pays deFoix, de la maison de. Levis et huguenot, nstturellement séditieux, et dont l'humeur, portée aux séditions, lui a enjfin fait couper h
3a8 [i65o] mtsmaîSLSM
tète par arrêt du parlement 4e Teolouae, conme dous dirons en son lien*, au vicomte d'Arpsyon^ qui, de toutes les espérances qu'il nous jioBSia pendant et depuis la prison du prince , tira enfin de la cour un ht^ vet de duc et pair. Elle dépêcha encore à SaitiA-Atit nais, qui avoit été autrefois^long-temps retiré en Espagne, parce qu'on lui avoit ôté le gouvernement de Leucate , qu^il avoit de père en fils. Cétoit im fort Inrave homme , mais d'un esprit inégal et difileile i contenter , pour la trop boime opinion qu'il itvok de lui-même , qui lui avoit fait passer une partie de sa tijB en exil ou en prison^ Il avoit été désobligé par Heaii, prince de Condé, père de celui-ci ; mais il étoit devenu ennemi mortel du cardinal Mazarin i ce qm nois faisoit espérer d'en tirer quelques services, parce que les inimitiés présentes efi*acent pour l'ordinaife le souvenir des passées; et l'intérêt comme la fen^ geance ont cela de commun , qu'ils oublient les bisa* faits et les injures qu'ils ont reçus dans un tempS) par l'espérance d'eh recevoir ou d'en faire dans un autre. Incontinent que Lavie fut arrivé à Blaye , il écrifit une longue et pressante lettre au parlement, pour loi demander justice de l'outrage qu'il avoit reçu. Sa parenté dans la compagnie |^ crainte de ceux de smi parti, celle des conséquences , la pitié que font ssti'' vent les malheureux, l'estime que lui avoit acquise soi intrépidité, et l'aversion naturelle qu'on a contre les violences, donnèrent Heu à une assemblée de cham" bres, où il fut résolu qu'il seroit informé de ce qm s'étoit passé le jour précédent. On ordonna aux boni bourgeois de se 4enir armés ; Ton manda iea juraU pour leur dire la délibération qui venoit d'être prises
0» env^a des cômimssaîres par les juràdes (qui sont les quartiers de la Tille), pour fndre prendre les armes partout, maié iniitilement : chacun cria qu'on atoit eu riison de dhfttier un trdtre. C'est ainsi que les peupies , qui ^conçoivent les choses suivant leur pasâon , (|iialii&oiei^ Lavie ; mais, à là vëritë, tous les gens sages yâmùient la Tiolebce de cette action, qui de bonne fortune fut tout attribuée à SâuVebœuL On tn inffMrma ; on fit rendre ce qu'on put du pillage ; on fit emprisonner trois iàlîsëràbles sans nom et sans aveu» Le parlement aVoit dessein de les faire pendre pour intimider le peuple , dont Temportement lui faisoit peur -.mais 9 parle même principe de crainte, il n'osa f eiëcQter ; et tout oela n'aboutit qu'à faire sortir quel^ qoes^iilis des plus affectionnés au duc d'Epemon ; ^et c'étoit ce que nous souhaitions davantage.
Le 1 1 , le baron de Vattèville , gehtilhomme de la
cOfeutë de Bourgogne , homme d'esprit , d'etpédiens ,
plein d'invention et d'adresse , étoit , à Saint'^bas^
tièn^ aux écoutes des^ choses qui se passoient à Bor*
deaux , où il avoit été incognito l'année précédente
poar fomenter le désordre que la haine contre le duc
d'Epernon j avoit excité , et où il semoit de l'argent à
tons ceuk qu'il ccoyoit pouvoir l'entretenir. 11 avoit
re^a des lettres^ de créance que la princesse avoit don-»
bées, en arrivant dan^ la vicomte de Turenue, à San**
tdbœuf et à Lusignan ^ comme nous avons^ dit ; il en
Ivoit donné part ail roi d'Espagne, dans la crainte que
l'argent ae manquât à la princesse ; et, pour lui doU'-
ner lieu de mettt'e sur pied quelques loupes , il lui
tvoit envoyé les jours précédens une lettre de change
1^ cent mille livres payable à moi ou à mon Ordre»
33o [l65o] MÉMOIRES
sui* Coqrtade, marchand banquier, hoismepour Jors d*un grand crédit, et qui depuis a fait banqueroute, lequel ne lavoit pas youlu accepter. Il envoya un nommé Garros , chargé d'une dépêche du 3i mai, par laquelle, après les complimens de respect, il loi témoignoit une grande impatience d'avoir des nouvellies de sa réception à Bordeaux, afin, dîsoit-il, de lui envoyer lé même argent qu'il avoit rapporte i SaintrSéb^stïen , par le manquement de parole du'doc de Saint-Simon, et pour lui offrir, comme il faisoit par avance , tout le pouvoir et toute la protection do Hoi son maître.
' On renvoya en diligence cet envoyé pour dire le bon état des choses, et représenter que comme le parti s'étoit formé avec promptitude parla grande affection que toute la confédération aivoit pour le prince, ii sedéforoit de même, s'iln'étoitpromptementseconra par tout l'argent nécessaire pour sa conservation. Oa lui représenta que Gourtade n'àvoit pas voulu accepter la lettre de change , n'ayant point d'effets appartenant à ceux qui Favoient tirée sur lui : aassi n'avoit-ce été qu'une invention du baron de Vatteville pour nous témoigner sans effet son affection ï nous secourir ; et quand iiavoit paru dans la rivière pour mugueter Bordeaux etBlaye, sur ce qu'on loi avoit dit que le duc de Saint-Simon étoit dans n(fi intérêts, il s'en retira d'abord, et sema le bruit qu'il avoit des sommes immenses , qu'il auroit disposées à Blaye si ce duc l'y avoit voulu recevoir. Nous avons pouirtant su depuis, et reconnu par la suite, qu'il n'y portoit autre chose que des paroles pour l'embarquer dans le parti par les espérances d'une grande fortune.
DE" LftNfi^T. \ [ l65o] 33 f
L'on manda encore à VâtteVille ique lâ|Mince88e oil donné ordre dé se saisir du port d^Âi^càchon iir désembârquer ce qu'il voudroit renvoyer à Boraûx, et que nos gens y arboreroiént un drapeau vert mv donner signal aux siens de leur arrivée. La prinsse envoya avec Garros le baron de Baas, chargé anpouvoîr qu^elle lui avoit donné en ces termes : « M, le baron de Vatteville prendra toute créance au baron de Baas, maréchal de bataille et lieutenant de roi à Ro^roy , auquel fai donné tout pouvoir d'entrer en mon liom dans le même traité que;madame la duchesse de Longuet ille et M. de Turéniie ont fait avec les ministres dé Sa Majesté Catholique en Flandre, aux conditions que ledit sieur de Baas conviendra avec ledit sieur baron de Vatteville et tous autres ministres de Sadite Majesté qu'il appartiendra^ faire tous autres traités qu'il jugera à propos, recevoir argent, donner quittancé ; et je promets ratifier tout ce qui sera par lui géré et négocié en mon nom, et lé faire approuver et ra^ tifier par tous mes amis et confédérés de Guienne , etc. Fait à Bordeaux, le ï i juin i65o. » Baas étoit homme de courage et d'esprit, mais un eu trop emporté et trop brusque. 11 étoit au duc d0 bouillon, auquel il s'ét bit attaché pendant le siège dé aris pour quelque mécontentement qu'il avoit reçu n cardinal. Ge duc proposa à la princesse de renvoyer en Espagne , afin de se rendre maître de cette ^gociation et connoître par Baas l'état des affaires e par-delà, et les secours qu'on pourroit en receoir , sOit pour prendre des mesures plus certaines, )it pour le parti , soit pour son avantage particulier.
33l [l65o] HEMOiRfii
thuê ayîbiis dispose toutes dioses pour «ovs^tèn* dre nskrës dt Boorg , petite ville ë« nne coUine et laquelle il y & une maiûère de bastion reCrandiëtqa'aB appeUe citaddle ^ dans laquelle est la maison sei^ih ridle^ qui appartient au duc de Luxembouigi et qui tfitgarde le confluent d^s rivières de Dordogne et4l« Garonne, qu'on appelle le Be6-d*A«kbel« €e postée qui te/t entre Blaye et Liboorne^ nous eût été de grande utilité, supposé que nous eussions eu de Targent 9 et le temps dé le fortifier i; mats comme <ià eut avis de la marche dû maréchal de La Meilleraye a?ec des troupes, les ducs jugèrent à propos de suspeadre TexécUtion de ce dessein , de se Contenter du Câp de-Bucfa , qyi est proprement k pOrt d'ArcacbMi et d*attaquêr Castello^de-Médoc , qui est ma àssex boa ôhâteau appartenant au duc d'Epernon^ qui nous étoit tiécessaire pour favoriser les conVois qui iroie&t ^ viendroient de ce port4à à Bordeaux ^ outre que lei Bordelais, impatiens de voir faire quelque exploitée guerre qui portât préjudice en particulier i ce duc qu'ils ha&sOient mortellement, proposoieat oostH nuellement d'attaquer Cadillac : et qui n'étoit m fr cile ni judicieux à entreprendre avec le peu de tt^ pes que nous avions, qur étoient toutes nouvelles, i la vue des ennemis , qui étoient en plus grand uoia^ bre, et que le général de La Valette commaadoit pour lé Roi. Et pour exécuter ce qtd avoit ét^ rësob pour CasteUo, le duc de Bouillon fit passer la rivièf« IIq de Garonne aux nôtres. Iii
Le comte de Marsin , gentilhomme liégeois , honusc h d'esprit, de jugement, de oonduite , de valeur etâe | mérite tel, qu'ayant commencé à l'âge dequaton^
oc UJiBT. [i65o} 333
ans de porter le sMusquet en AHemagne dans le rëgiment da conte de Titfy , aroit passe par tous les ie^té», et coQunaadoit en chef les armëes da Roi en Catalogne quand le prince fut arrêta. II avoit servi pknîenr» eampagnes^ de iparéchal de camp et de fieotenant général sons hiî ; il avoit acquis Tamitié dn piÎDce dès son enfance pendant qn'il étoit en Bom^ gogiie y y exerçant le gouvernement du feu prince de Coudé son père, où Marsin, avec son régiment de éavalefie , avoit pour Fordinaire ses quartieiss d'biver. le prince avoit une grande ésdme pour tui, et lui avoit donné le gouvernement de Bellegarde, comme il fit deptki9 celui de Slenay. Cet engagement fit croire au sardinal qu'il seroit homme k tout entreprendre poui venger la prison du prince, S'il le laissoit en liberté pendant qu^dUe dureroit : aussi le fit^i) arrêter dan$ fiarcêlone , et mettre ensuite dans le château de Perpignan autant de temps après que les princes fureiU arrêtés qu^ en &Ilut pour en envoyer les ordres. J4 huai souvent ouï dire qne quand il entra cadet daqs hi réi^mevt d'iai&nterie do conte de Tilly, il fut le ^gt-huitième gentilhomme liégeois, lorrains on atl^emands , dont quatorze sont devenus généraux d'airmécren chef, qui est uue ebose fort extraordinaire.
he duc de fiouiUon et moi reçûmes ce jonr-là eh%^ cm» un billet de lui , qu'un père récollet nous repdik de sa pflfft , par lequel il nous ma^ndoit qu'il lui étoit Ibeile de se sauver pour se rendre à Bordeaux , et qu'il prioH le duc de lui envoyer une route peyr laquelle 3 sât avec sâreté , et de maisons en maisons d'amis, s'y •madré. Le duc lui en envojra une trè&^sûre; le récol* et» loi porta . Mai^in voulut exécuter le dessein de son
334 [i65oJ MiàMoiRïs
évasion; iHais par malheur la cord^; a?ec laquelle il se glissa d'une fenêtre fort haute dans le fossé ^ smle bord duquel on lui tenoit des chèyaux^préts pptir son voyage, Sjétàu,t trouyée tcop courte, et ayant yoQla «auter à terre de plus haut qu'il ne crojrQit , il sç rompit une jarohe et fut contràiut d'appeler JaisôntineJle, et la prier de le yenir re^epAre et le remettre dans la prison.
Le la , la princesse ?t le$ ducs reçqrejit o0r^ de services de plusieurs persjOii^Qes, de qualité , qui s^voi^nt pli^ de peur qu'on ne l^r fit du ms^ que. d'e0Yie de iious faire du .bleu. i
.La princesse dépêcha Saiût-AgouHn ^ lieutenant des gardes du duc d'£nghien,.par.terréà SaintrSébastijen, pour donner avis dé Fembarqu^ent de J^aas, et rapporter des nouvelles de ce.qu on pourrpil^pérerde sa négociation. Et afin qu^il eut phis deiacitil4 à spa passage à Bayonne, elle écrivit au comte de. TciulongeoB,.qui en étoit gouv.erneurv etqui liu avoit fait quelques civilités , pour lui dire qu'elle n'awit pas attendu^\in comf^iment aussi froid que. celui; qa elle avoit reçu de lui-, qu'elle, n'en! pouyoit juger; antre chose, sinon qu'il.n'avote p^ voulu ^confier sa pensée eti'état de soncoQur pour le prince ison. mari àoési qu'ilena^voit chargé; qu'elle croyoitiqu'il étoit teiqae la parenté et la familièreamttié qui. ëtoit et avoit tonjours été entre eux lui de voit faire juger ; et qu'elle ne pouvoit croire que: ses malheurs. eustSient rien àitëréà Jt'afTectJQn qu'il lui: avoit .témoignée. Saint-Âgoolin, qui ne le > trouva, pas à Bayonne!, idia Je: cherdier i Bidache-, ^etjui ayant rendu sa dépêche > il lui répour dit ^ I haussant les épauler, que/ la; prihce$s6\vo^oit
0E LENET. [l65o] 335
lui metire.Ia èoj'de. au cIdu, et qu'il n'y avoit salut ni pour le pûnce ni pour elle que dans la soumission au , Roi et à se^ miiû$tres ; et renvoya le porteur sans, vouloir lui permettre son passage en Espagne. Les princes s imaginent souvent que ceux qui s'attacheni à eux dans leur prospérité doivent tout risquer pour eux dans teur;mauvalse fortune ; et sur ce fondentent nous traitions de traîtres tous c^ux qui avoient été amis de Van Qu de Tajutlre des prisOiiniers , quand ils ne sacrifioi^t pasi toute chose pour Icfur .service , ts^pt lapaasioQ nous aveuglait.
La princesse écrivit en même temps au maréchal de Gramont son frère, qui pour lors éloit dans son gouvernement de Béarn , par le conseiller de La Chaiise son. ami parti<;ulier , pour; savoir s'il trouvoit hon qu'elle lui envoyât un gentilhomme de conGance pour savoir ses sentimens, et prendre ses conseils sur h conduite qu elle devoit tqnir dans la conjoncture où elle se trouvoit. Peu de jours après il lui fitTéppnse^ et lui manda qu'il (daignoitson malheur;^ qu'il Yondroit la servir et le prince ^n.mari, qu'il aimoit, s'il l'ôsoit dire 9 avec toute la tendresse de son coeiù; mais qu'il avôitll^s "loiains liées, étant domestique^ du Roi, et ayant la principale garde de sa personne.* ! ' '
' î L'on sut quC; le maréclial de LàMeilleraye avoit re^ /osé à celui que la princesse lui avoit dépêché d'accorder > un paase-port pour faire venir 40n train de feezë à Boirdeaux, et qu'il avoit écrite la cour po^r lAWoitiùrOa !lei trouveroit ibdh.. Ce qui.nous pressoit bvantage deie voir arriver étoit l'espérsince de faire ^sser eu mèm^ temps] de^x mille mar^s.d^ la vais-
3^ [i65o] MiMOiaEs
sellé d*apgetit du feu marëchal d« Bmé^ cpie Tob anroit promptement convertis en Qicmiioie.
Le 1 3 , Ton sut que l'entrée de FarchûlHc Lëopotd et du vicomte de Tu? enne en France, paF la PicaN die et par la Giampagne, avoit alarmé la conr, que le cardinal avoit inconsidérément fait aUer à Gomptègne; qu'on y avoit mandé le due d'Orléans , et que k cou* sternation y étoit grande depuis qn'on y eat appris h réception de la princesse à Bordeaux , les arr^qn'elle y avoit obtenus pour elle et ppur les dncs de Boinlloa et de La Rochefoucauld, et la passion démesurée qos le penple lui faisoit paroltre.
Gomme le duc de Bouillon avoit envoyé Baas sa Espagne par les rais(H|s que je viens de dire , le doe de La Rochefoucauld, qui n'étoit pas nK»ns clairvoyant ni moins habile que lui , prit ocoasien de p(Wter aussi la princesse à y envoyer le marquis de SÎihry son beau-frère, plein d'esprit et d'Iiabîleté, et de qui le nom étoit non-seulement oomiu en Espagne, mais il y étoit encore m bonn? odeur par les ni§^ ciations du chancelier son grand-père , et par les eoh plois qu avoit eus le sieur de Pui^eux son père.
L'on avok reçu tm billet du baron de Vattenjlkfir une patache qu'il avoit fait passer à Boidaaux, par Is* quel il invitoit la princesse et tous ceux de son partie qu'il appeloit confédération, comme je ÊiiSi sonvent) d'envoyer quelqu'un de qualité pour Qooclove et sit gner un traité avec lui , ensuite du plus pouvoir sfii avoit du roi d'Espagne, etpojiir recevoir les soflOMi dont il. conviendroit. Il n'avoit point d'argent psK lors, comme nous l'avons su depuis ^ omis il imUi nous embarquer, et il jugeèit bien, par l'ëttt waspà
DB vamtr. [f65oJ 33^
ë^im étioiéy ^|X9 rien ii« potrroit ii^yils f^ir^ àvaneei^ daf anlage que Fen^é et la nécessite d*en recevoir.
Sauvebœaf etoit trn l^orame fôcheux à vivre, im^ patient de se voir soumis à Tobéissance , lui (jui avoit commande en chefTannëe précédente les troupes de Bmdéaox sous rauloritédu parlementyauquel ^puis il étoil devenu odieux à cause dé ce qui ^'étbit ^ssë chez Lavie. D'autre par|^ il port?oit uti nom connu aux Espagnols, qui jngeoient de lui comme Ton fah cidinfârement des gens de quelque hardiesse et qui ontfait quelque bruit dans lé monde, quand on ne les a pas pratiqués^ et qu'on ne les eoniioit que pat le9 gaaettGSé>Le duc de La Rochefoucauld proposa pre^ mièrementaa due de Bouillon, qui portoitimpEltiem^ ment; les actions brusques àé Sauvebœtif, puis à la pripcesse , de ITienvoyer vers le baron de Vatteville^ €t€oramerii<ii et Tatitrè objectèrent son peu de ca^ ftcité, il proposa en méi^ie tempis d'envoyer Sillery; qai traiteroit conjointement avec Baas, eilui avec Vat-^ teville^ et passeroît de là à Madrid pour complimentes le roi d'Espa^içneé On le résoliiit àhisi: on éontistïun pouvoir dé laprincessepOTirtrattef, comprenant lesdiis sî^Ursl de Sauvebœtil^ de Sillerj et de Baas , en kméflie foitne que celui que j'ai transcrit ci-dessu^ ^dit conça^ ta» billet \Aé créance à Sillery en particulier:, afin de >pot#veir faire eMendre aux Espagnols ^!dn lie leur envoiyoit Sauvébceuf que pout^ ^^eh dé-^ tnre^iàtieniéïjeth mauvaise opinion que deisf gens ^ûÊsI S9gsf^ .quleo?! eiUsënt pà avoir dé nouis , leur érï- ^ajrsmii xmitd pewacitmu^&cpïë Itii. Et ë^urément rien MdDfùièitfliatdeiré^utatioaàititie afikiré, et n'établit jja3 1^ bonne foi4t la eincérké , que de k fai^^ né^ T. 53. aa
ii^ [jl65oJ MÉMQIBBn
goqier par up iumme4e ^tok'ilé^ de prudeoice et ^ sagesse coiiiu;i^. La prioeQ^lse changea SiUeiy de reidre au roi d'E^agne une l^tUe en ces tèrmjes r
K Sire , ,
.} tt Les témoignages de boiite qoê je reçiMs de Votre K Majesté ne oie permeUeut pas de différer plus longjK temps les très-humbles remeretmen» que je lui en , « dois. J'aî cru , «ife , que je ne pouvoîs mieU|X m^ao | « quitter de ce devoir que par la bjpucheidu.marquiscle K Sillery^qi^e je dépêche à Vôtre MajestéipourilaisUp* « plierdiQ croire que jçiQOJiserveraitoiËfce^ma vieleseun T^nir djss grâces qu'il lui plaît me vouloir faire^ par « lesquelles j'espère arrêter le coiirs de la violente op- « pression quemonsieur moamarietmes beaux-frères tt souffrent par les ordres dui cardinal Mazarân, qai, <( abusant du nom ^t de 1 autorité dn Roi monsouye* tt^rain seigneur, a ini^ les princes de son sang dans u une trè^T rigoureuse prison, contre toutes les lois (k di^ royaume, J'eeipère, uire, que Sa Majesté veo- «igera un jour, sur la. tél^ diei ce mauvais ministre, u qqi, par cet^e insolepteentreprise, trouble le repos f^ .etla traqqailUté de^cet E%lt'^>pourleqUeLetpouf h fc gloire dfi; Roi mondit se^neur et mari a tant de «, fois hasardé isa vjie y crayant quel c* étoit le' virai ch^ «i.min qq'il/df^voit teiairpouf' remettre enfin lècalme ^c p2)r tpi^jtela ç^r^ti^té. £t Commet je. ne souhaite ^jjripn que de suivre eit .toute choisfiila sincéritéife <^, ^^s i^teUftions^j'os/^très^humblement suppléer YetK ^ IVJlayesté, commis jOiffii^ IjCs jarm^es^^aux yeux, de foo* «(( iQir çontribueri^e qui dépendidë soà autorité t oyaU (c, etdQpoiiv0irq^^ PijQU a jiHs.entrè)iesi maihs^ poot
DE LENET. [l65o] 33ç)
parvenir k une juste et durable paix que ce cardinal a tant de fois empêchée , contre les intentions de la Reine et les vœux de tous les bons Français. La liberté de monsieur mon mari et celle de M. le : prince de Conti et de M. le duc de Longueville i est la première démarche nécessaire pour un si t grand ouvrage. C'est, sire, ce que je demandet rois au Roi mon souverain seigneur, le genou à ( terre, si son âge lui permettoit d'user de son auf- [ torité tout entière, usurpée pendant sa minorité i parce perturbateur du repos public qui en abuse ^ c c'est, sire, ce qui me fait recourir à Votre Ma- : jesté, que je supplie avoir^ toute créance audit mar- : quis de Sillery, auquel j'ai expliqué mes intentions et celles de mes amis sur ce sujet. Cependant, sire, j'espère de la générosité de Votre Majesté qu'elle accordera sa protection à une princesse af- : fligée , et qui a été contrainte de traverser toute la France pour venir chercher un asyle en cette ville , et garantir M. le duc d'Enghien mon fils, âgé de i sept ans , du même traitement que souffre mon- : sieur son père. J'ose dire à Votre Majesté, sire, : qu'elle est obligée par beaucoup de raisons à m'ac- • corder la grâce que je vous demande en qualité de t votre , etc. A Bordeaux, le i3 juin i65o. »
Le lendemain i4j Sauvebœuf et Sillery partirent lans la frégate de Vatteville. Le duc de Saint-Simon a fit attaquer par celle de Blaye et par quelques chaoupes , d'une telle manière qu'ils furent contraints de e mettre à terre dans un esquif, d'abandonner leur ord, et de reprendre une autre voie plus sûre, comme
34<^ [l65o] MÉMOaR£S
ils firent : et ce fut la première fois fjuc ce due, qui nous laissoit toujours quelque espërance, sedédan ouvertement contre la princesse.
Le iS, Lavie, qui ne vouloit pas perdre une si belle occasion, écrivit une secondé lettre au parleiment. Il leur représenta qu'ils dévoient fine justice exemplaire contre ceux qui avoient fait venir une frégate espagnole jusque dans le port de Bordeaax', il supposa qu'on y avoit trouvé des traitée faits par le duc de Bouillon avec le roi Catholique ^ et après les avoir invités k rétablir leur autorité^ il lescoqiH roit de faire connoitre b la princesse qu'elle récon^ pensoit mal ce qu'ils avoient fait çn sa fayeur, leur ayant amené des hôtes qui ne sotigeoieni qu'à s}Iqmer la guerre dans le lieu qui leur devoit servir d'àsyla ^ et de la supplier de se séparer des ducs de Bouillon et de La Rochefoucauld, desquels il enteodoit parler, et de les faire sortir de la ville. Il ajootoit qu'il ne s'étonnoitplusde ce qu'on en i^voit chassa avec tant de violence ^n citoyen tel que lui, qui ii'anroit jamais souffert des choses afutant désavantageuses à son Roi que celles qui s'y traitoient^ Cette letbre, jointe à une du duc de Saint-Simon au présides^ d^Affis, pleine de grands mots suif sa fidélité ^ contre celle de Bordeaux , réveilla l'aversion que la plopart delà compagnie avoient contre Lavie. Ils le traitèrent d'insolent et de présomptueux; ils connurent IVtifloe de son esprit , parce quMls savoient qu'il n'y atoit jusque là aucun traité fait par le duo de Bopilton ïï^ le roi d'Espagne; ils se tinrent offensés de ses r^ songes ; ils connurent que son intention étoit de ta noircir à la eoqr, pour s'y faire considérer eanœ
mriliërM : de s0rfté qu'an Ktv decontkmer daM fevr fësolutmi de fiiif e jcistice do pttkigB de sa mai^H^ ttiiiie soQgètent plus à cMiiei' ks prisonniers dont fai parle , et cbsnrgètent leur doyen de me faire voir 6es< deux letëeeâ, et de me dire , comme il fit y leur ré* iolnfiioii^ qui fut de n'y faire aocune rëpouse. Taat U estdangereus do vouloii* se sÎHgiikriser oiirertemeilt dans une compagnie ou chacun croit avoir autaM et plas de zèle que son> compagnon.
On adroit eo nouvelle k< mativ d'AuUerive^ ca|ri-
tiiiie de cavalerie dans le fégimait de P^sati , et de
CàiUttr l\n% des» aeerëCaîresi du priace, qu'on avtdtt
eavc^ë b Nérao ^ afm (]ti'à la faveur du châèeafii ^ qiii
est assez bon , on pût y employer les sommes quel^s
i&mîmsi dévoient à fiire cincf rëgÎMKSis d'infanteiîe ,
MM les noms d'Englnie]:» ^ d'Albret, Brez^ , Montmo*-
tency tt Châtéaurou>x \ et mandèrent que , bie^ loin
defiaivoriser ces^ levées , les habitanst n'a voient voulu
donner ni hommes, ni argent , ni vivres pour garder
le châleaw, disant qu'ik a voient parole du duc d'£^
pemo» qu'il n'y meitroit personne de< son eôté, et
^'ils ne ventoient pas^ aitiver la guerre dans leur
pays. Elî ITon appri^ le soir qin'ils avoient âon-*seule-
Oient reçu garnison dw duc d'Epemon ,. mais qu'ils
l'aveîent demondëev contre ce qu'ils avoient promis^ç
tellemeiitqnfily a» peu de* certitude au^ paroles d'une
«ominunanitë.
Le ^eur Pomiers^Francon, ami paràoulier du duc 4le Sainl^SimOTf , de qui ilirecevoit tous les jourd des lettres qu'il me montroit , m'en fit voir une qui £ai^ i0rtr bien concoître que la prise de la frégate étoit eflBst delà persuasion de Lavie ^ cav toutes les pré-
34ft [l65o] MÉMOIRES
cëdentes faiaoient espérer que le duc f«roit TaTeugle ^ et dissimuleroit toutes choses. Et ce bonhomme m'ai.voua qu'il ne pouvoit assez s'étonner de son incoimstance, parce que c'étoit lui qui avoitjeté les premières semences dans Bordeaux de Taffection qu'(^:K] y avoit pour les princes , et qu'elle ne provenoit qim< de la peur que lui avoit donnée la prise de BeÛe^ garde.
Sauvebœuf , qui venoit d'échapper le péril de Ist frégate , repassa par Bordeaux : il alla publiquement prendre congé de tous ses amis du parlement pour Espagne , et se battit en duel contre Guionnef, qu'il désarma. La Glotte , son second , fut tué en ce p combat. m
Le Bouttet, gentilhomme de Berri, fit offrir ses ser- \m vices à la princesse et ceux de ses amis , et l'assura que d'abord que Montrond enverroit demanderles contributions aux provinces circonvoisines , touteh noblesse monteroit à cheval sous prétexte d'empicher la levée, et la feroit payer exactement, pourvu ^a qu'on leur donnât ^e quoi faire les troupes que cha* cun pourroit mettre sur pied, et laisseroit le reste pour l'entretien de Montrond. Baas le cadet, major de Persan, m'écrivit par Bouttet que la princesse douairière lui envoyoit lettre sur lettre , avec ordre de congédier tout ce qui étoit dans cette place, à la réserve de deux cents hommes, sur la parole que la cour lui donnoit qu'on ne l'attaqueroit pas ; et que, pour la contenter, il avoit donné congé à quelques fantassins incapables de servir, et qu'il n'en feroit pas davantage, quelque ordre qu'on pût lui envoyer. Le Bouttet retourna sur ses pas avec Tully, BoisYil-:
iiei^s, Du fioflirg , tL-Ëpinalle , Beaujeu et le ehevalier ^l'Ainet), et poortèrent ,de8 oommission» de lieutenant f énëral à Persan, àTavannesetSaint-Gëran; de maréchal de camp à Bussy, LeVis et firoussac (une en .Uanc)^ deux de maréchaux 4e bataille, avec poaToir de commander les troupes, Tune à Baas^ Tautre à d'ÂIègre; un régiment de cavalerie de quatre comps^ gnies et deux de fusiliers pour LeBouttet, semblables *, quatre compagnies pour lesdits lieutenans généraux et maréchaux de camp *, quatre autres en blanc, et six d'infanterie ^ le régiment de Bourgogne pour Levis'^ <les ordres à lui , à Bussy et à Saint-Géran de se saiisir des villes , ponts et passages qu'ils jugeraient à ^propos, greniers à sel, tailles, etc. On en envoya de semblables à Montrond, avec ordre aux uns et aux antres de décharger le peuple du tiers des tailles €ft du sel , et d'établir des contributions pour recevoir le reste. sans violence, et sans inquiéter le paysan. Oa envoya encore ^es commissions en blanc pour six compagnies détachées, lly avoitdes lettres de la princesse pour tous les susnommés, et une grande quantité dont la suscription étoit en blanc , pour être remplie des noms qu'on aviseroitsuivantles occurrences. En un mot, Ton envoya ce jouf-Ià tout ce qui étok nécessaire pour former un petit corps d'armée en ces quartiers*-là.*, et l'on chargea Mesehalvi' des pierreries de la princesse , de valeur de cent mille franes, afin de les mettre en. gage pour faire, préférablement^i toutes choses , la levée des troupes de Saint-Géran et de Levis , parce que l'un étant gouverneur et i'auti^e lieutenant de «'oi en Bourbonnais, il importoitdetles^ taire déclara et mettre promptement; dans le parti.^
(344 C^oso]
Là prinfoeite' mm conmandà de mabder è Haas de ^m faire part det coatribatîoD» qa*on tife^oit de cetta provinc&-là, rien n'inspirant plus de fermeté et dt constance dans les partes que rutiUté qn-on en tire.
Gomme il n'ëtoit pas raisonnalde de graduer les serviteurs que la princesse avoit en ces pays^là ac préjudice de ceux qui servoient auprès d'elle, elle 6 ce jour-^là maréchaux de oamp Goligny, Saint-^Alvèn et Ghavagnac«
Le gentilhomme que la princesse aroit envoyé i ^foouage à Du Dognon rapporta que, pour ne psi faire la même chose qu'avoit faite le duc de Saint-^imon , qui a voit envoyé les lettres de la princesse i la cour , il n'avoit pas voulu recevoir celles qu'il loi avoit portées de sa part, et lui avoit dit quil ne vouloit point s'expliquer; mais qu'il sauroit tm len temps et lieu ce à quoi l'honneur Tobligeoit. Il rapporta encore que de Bouche, qui commandoit dans Ré , lui avoit dit qu'il étoit hors d'état de témoin gner à la princesse le souvenir des obligations qu'il avoit au feu duc de Brezé son frère; mais que qaand elle SjCroit en éti[)t de lai envoyer des gens pour poovoir défendre File , il l'en rendroit la nKiitresse; et lui donna la correspondance d'un gentilhomme du ^oiiiinage, nommé Gbamboissier , pour la communi* cation des lettres de la princesse à lui, et de loi à ' elle , avec promesse d'envoyer à la rade de Bordeaox la Lune de Jules et quelques autres vaisseaux , coumandés par les créatures, de ce duc, incontinent aprèi qu'il seroit de retour de navigation.
Le 17 , le oomte de Meillé , à qui on avoit dond osdce d'atta^er Castelnau , s'aecpûtta fort bien de
•^ ^ttplcH, étêé rciidk nkattre de la p^oe. les Bon iUteia cëlâ>rèreiit cet exploit comme ils auroient pu foire la prise de la plus importante place da monde, tafit il Êiut peu de oLoee pour réjouir ou pour affliger Qoe populace.
Le 18 y le parlement dëputa le sieur Voisin , concilier, et (écrivit par lui une grande lettre à celui de f»m> lui donnant part de ce qu'il avoit lait en iaveor de la princesse, et lui demandant union entre eux. Cette lettre fut concertée avec moi. Je rendis compte de sa teneur à la princesse^ et aux ducs; et, à la prière de cette coftiplignie^ nous écrivîmes tous à nos amis et aux serviteurs des princes d'agir de concert â\^ec ce dépiité pour rendre sa mission utile.
En Fabs^nce d^s générant qni étoientdans Médoo, je re^us avis que le maréchal dé La Meilleraye , de qui toute I\irmée cotisistoit en quinxe cents fantas^ 8)08 et cinq cêntft chevaux, passoit de Coutras à Candie; et comme il 7 avoit à craindre qu'il ne voulut attaquer le château de Vaire, j y envoyai cinquante hommes de renfort , quelque argent et quelques fa^rines, qui y mauquôient.
Le 19, nos gens, qui au retotir de Castelnau avaient
pillé tout le MédoC) dont la plupart appartient an due
d'fpernon, amenèrent à Bordeaux une très-grande
quantité de bétail ; mais comme la princesse ne s'étoit
rien tant proposé que rétablissement du bon ordre,
elle le fit tout restituer h ceux auxquels il apparte*
aoil ; ca qui fît un très-bon effet dans la ville. Elle
ordonnia de» contributions sur la taille dn Roi dans
ees contréeMà , <t déchargea la peuple d'un tiers.
Je reçus tnoore avis, en Fabsèttce des ducs, que le
^JjjS [l65o] fH&MOlRES
dttC d*£periiOB / s'approcbaût deiPouiHiae, p bien prendreie poste de l'île Saint-Georges. To deaux, alarme de cette nouvelle, me pressad y e du secours , ou du moins La Mothe-Sauvage , q noissoit le pays, ou bien de faire assembler les ] pour la défendre : ce que la princesse trouva l je fisse. Et je connus,. à la chaleur qu'avoient] délais pour conserver ce poste, qu'ils croyoi< de la dernière importance , que rien ne non plus utile que sa prise, et qu'elle obligeroit i ment le parlement à se déclarer, et passer par les raisons qui l'avoient jusque là obligé à gard que bienséance envers la cour.
Sur le soir, nous sûmes que le duc d^Eperi soit passer ses troupes dans le Médoc. Les soient que c'étoit à dessein de secourir son < de Castelnau, dont il ignoroit la prise; d'autr c'étoit pour empêcher qu'on occupât Arcacho recevoir les secours d'Espagne ; et d'autres, qu( toit que pour contenter sa vanité en paroisss portes de Bordeaux, et sa colère en brûlant qi maisons de ses ennemis particuliers.
Le ao, il continua de faire passer ses troup donnai avis aux ducs, qui étoient allés visiter le; de Castillon, de Mucaut et deMargos, pour noitre s'ils ne nous seroient point de plus grac lité, plus aisés à fortifier et de moindre garde qi et Arcachon. Sauvebœuf et Sillery s'embarqi dans un vaisseau hollandais que nous avions mille livres par mois , pour Espagne *, mais si après le vent contraire les ayant obligés de rej terre , le dernier se résolut de passer par les Bs
DB'tËllËT. [l65o] 347
ets'eaalbi ai^c nn gentiftomme dé là' frontière , qui k mit aa-^elà desmotvti^, ayant pas^ë à sa suite comme son valet de chambre.
Le duc de Bouillon ayant jugé que lé marais de
Blanquefort étoit un poste fort sur, y fit entrer toute
larmée ; et se saisit du château , qui appartenoit au
marquis de Duras son beau-frère , où il mit un corn-*
- mandant et cinquante soldats.
^ On intercepta des lettres du conseiller de Bufg ,
^ adressées à Le Tellier, secrétaire d'Etat, et à madame
r; DuVigean, par lesquelles il offroit de servir le cardinal
^ MazarindansBordeaux, oùilfaisoitespérerdanslasuite
de grandes révolutions contre nous. Peu s*ert fallut
j^ que cela ne lui attirât le même malheur qu'avoit reçu
g» Lavie quelques jours auparavant -, et il ne l'évita qu'en
^ gagnant les devans, et me venant offrir de conti|iuer
^ cette correspondance pour le service de la princesse.
^ Il nous tint parole , et tout le temps que nous fûmes
iP à Bordeaux il leur écrivit toujours à notre mode : ce
^ qui ne nous fut pas d'une petite utilité, tant ces sortes
n^ d'esprits intrigans , et qui s'insinuent dans les affairels
sans y être appelés, sont dangereux et incertains. 5e Le ai , le peuple courut en foule au 'Palais, sur e^ le passage du duc d'Epernon en Médoc, et crioit tout haut qu'il y avoit des traîtres dans la ville 5 et w ^u'il ne s'en approchoit d'un côté , et le maréchal de ^ La Meilleraye de l'autre , que pour exciter quelque Conspiration au dedans , ou pour se saisir de quelques postes, à quoi il falloit pourvoir. Sur quoi lepar- *^ent ordonna aux bourgeois de se tenir armés et de faire une garde exacte, {^'affaire de l'île de Saint-Georges réussit comme
30 [l6&o] MjkHQlRW
pfX Favoit prëYU« Les ëperniltMtes •*€& nûskcnt a^ac peu de résistance ^ ^t il ne lenr tmt pts diffidie» s'y ayant trouve que quelques paysans qui n'ëtoient ni en pombre ni en ëiat capable de se défendre. Rien ne nous fut d'une telle utilité que cette prise* Elle causa une extrême frayeur dans Tesprît des Bordelais; elle allnraa une haine plus grande cfne jamais contre le duc d'Epernon» et, par contre»-coup, contfê le cardinal Mazarin. Le parlement s'assembla^ et ordonna que tous tes bourgeois sans distinction prendroient les armes *) que Vliàlel-de*'TiUe s'assemblerroil au son de la cloche pour aviser à la caose pablifqs>e; que les ducs seroient priés d'œcnper les postes de Saint^Surin et de la Bastide y et qoe l'on prendrai dans le coffre commun dix mille écus poor les prSt«r k la princesse , aÇn d'en faire deux rëgimens d'înfiui^ terie pour la défense de Bordeaux^ EUe les reçut, et donna de ses pierreries de plus grandie valeur pour sûreté de cette somme , afift de £aire voir qn eUe ne youloit pas leur être à charge que le moins qu'elle pourroit; mais l'année suivante ces gages loi fmrèiA rendus libéralement.
Espagnet fut le promoteur de eet arrêt. Ce conseiller étokt d'qne fermeté, stoïque et d'maie verts înco^ ruptibie*, il se piquoiL de bravoure , et en ai^oit à ta vérité autant que s'il eût passé; Honte m TÎe dans ki emplois de guerre. 11 avoit aidé i assiéger et pre»* dre, l'année précédente, le château Trompette. Ilétoit toujours des vigoureux avis dbns sa ccmpagnle, et des premiers li les exécuter. Il étoil savant et bon juge; et quoiqu'il fût des plus zélés pttnt le sennoe dsi princes , il ne vouloir jamais concerlar aucvne chose
Itt LMCT. [l65o] 349
mvec nous, ni même avec ses confrères dn même parti , et fiiisoit toujours plus quil ne nous faisoit es^- ^er. La déférence qu'it Touloit qu'on eût à ses opinions , la gloire qu'il croyoit acquérir pat sa manière de se conduire , ëtoit tout son salaire ; et jamais nous n'aTons pu l'intéresser par at^ent ni par aucuns bienfaits, quekpie soin que ndits en ayons pu prendre.
Le ai, l'bôtel-de- ville s'assembla suivant Tarrêt doBt je viens de parler, et résolut toiit dWe voix que la sûreté pubiiqtie' ttQ consistant pas i là seule garde que la cour avolt ordonnée, les bourgeois de* meoreroient unis arvee messieurs les ducs et le pâr*^ Iknent, duquel on obsérv^tt>it-ihViôlablenient les ordres et les arrêts; que l'on s'opposeroit aux désordres et violences qui poùrroîént être faits cohtre lès ordres de la justice ; qu'on se saisiroit des contré* venans powr les remettre entre les mains de la cour, afin d'être châtiés suivant l'exigeance des cas 5 qu'elle seroit an surplus snppliée de pourvoir par sa prudence au repos et à la sûreté publique , et d'agir ffinsi qn'^e verroft être à fykns contre ceux qui passbi^t dans la ville pour titre dails les intéifêts' dn duc dT* pernon on du éardinal Maisarin; Rtèn ne nions pduvoît être plus avantageux que cette délibération : ansaî en tirâmep-nons une grande utilité par la suite.
Ce JûuxMlà m^mè et le lendemain , nous yimes un ciffet de là; chaleur qu'eUô avoit inspirée. Le maré^ (jbal de La Metllersfye envoya im tro^petiie au parleraient, «fui fut arrêté à 'la> Bastide, pour y attendre 4à répttnse cpor'on feroit à ^ lu lettre dont il étoié chargé. Elle portoit que le Roi leur vouloit accorde^d'dtéT'Iè duc d'Epernon dugouvernement d^ Goj^nne, pourvu
35o [ll^So] MÉMOIRES
qu ils, ne soufifiisseat pas plus longrrtemps dans leur ville ceux qu'ils y avoient retirés, roulant parler de la prinpt^sse; et des ducs de Bouillon et de La Rochefoucauld, qu il ne nommoit pourtant pas.
Le 24? le parlement Si assembla, et fut long-temps à dëlibérer sur ce sujet. Les avis furent partagés : les uns représentoient d'un côté Fayantage du changement; qu on leur o^roit;^ Tobéissance due au Roi, le pérji de. s'embarquer à une guerre dont réyénement seroit incertain^ d'autre part on représentoît que h con4i^^<>:f^ so^^ laquelle on oifroit de changer leur gouverneur étoit honteuse à la compagnie, aprësavoir donné letraite à c^ux que l'on voulèit étiie mis hors de leur ville ; que cette : offre étoit captieuse, pour les brouiller avec, ceux de qui ils espéroient toute leur défense \ que quand elle seroit sincère et quilsvoodrpient l'accepter , il ne seroit pas en ienr pouvoir, n'ayant.pas les forces suffisantes pour opposer à celles de la prinicesse, et à l'affection que le peuple avok pour elle-, que 1(^ cardinal Mazarin, qui a voit une passion tout entière pour le mariage d'une de ses iiièces avec le duc de Caudale , ne faisoit cette propôsitioB que pour les éblouir dans la conjoncture présente, et pour les tromper dans la suite. EniBu, après avoir df b^fttu toutes l^s rs^isons, il fut résolu que le procureur gj^néi;al écriroit au maréchal que le parlement , scanilali^ de sa u^anière d'agir vers lui, niavoit pas Voidu rejcevoir sa lettre-, qu il trouvoit fort ëtralige qu'A l'eût traité comme ennemi en lui envoyant un trompettè, etjque s'il eût su sioainitétieFil n'enaurok p»
.^s^4p,1^ sorte (0../ .; V ; -i r^ . -.■ ■:.. ii -^
: (0. If J-c parlemein ayawt covtàdéréi qu'on >>nvo^k des jettres p>r
DE Ll^ffiT. [l^SM] 'S^I
Cependant le peuple i prévoit ardenidiél^t Tumoh qui avoit été irésoltte dans rhôtel-de-ville \ et de telle sorte que 8 étant attitoupé et entré danls le Palais, ils crioient confusément qu'ils ^gopgerdi'éht tous cfeul qui Youdroient s'y opposer. Et comme ils s!adressèrent |»rticuli^ement au. président d'Âifii^ et a Pomiers- Fwiiçon,: ces messieurs vinrent en diligence et fort ^(Frayésen mon logis ^ pour tne proposer d'employer l'autorité des ducs, afin de faire retirer cette populace insolente. Gomme cela ne nous étoit pas propre'^ J€ leur répondis que leur autorité n'étoit pas suffisante pour cela 5 qu'il n'y avoit point d'ap|)arence qu'ils prissent les armes contre ceux qui leiir avdient tant témoigné d'afifeqtion; et que le parlerileht seul ^loit capable dé réprimer leur ardeur démesurée. Ces môssiburs , qui reconnurent la raison qui me fdi- «oit parler de la sorte, me prirent à partie, et tae dirent en colère qu'on vouloit les exposer à tout moment à là fureur du peuple; qu'ils abandonneroient toutes choses, et prendroienl leur sûreté à la cour comme ils wrroient être à faire -, qu'en tm mot ils ne donneroient jamai^l'arrét d'union. Et sur ce que je leùfTeniohtrai qu'ayant fait tous les pas qu'ils avoient
^eft trompettes qu'aux ennemis, et c[ue cç nVtoit pas de la sorte qae
^*6xï fàisoit savoir au pàrkmenk et aux sujets du noi les volontés die SaMl^estë; et-d'biileiirs <[uc le maréchal de La Meillerdye, depiiils'qil'?! ,<îtofit.eau4;^^P.^ ^9 f|B^soi;t> 'n'ay-oi^ pas envoyé son > poqvPJr.e'M cwM- Olissioi;^ au parlement I ordonna que ce trompette seroit renvoyé ,saus prendre de lui lés lettres de ce maréchal, auquel le procureur général , prii'^Méè'ânpsiéléki^nt, iécHiritanë lettre eii'térméÉ fort civirs, contef- Dapt leéjraisop^ du parlement, ;(|ue qè maréchal téinoigna du4çpu)s approuver , par la réponse pleine de civilité qu'il .fit au procureur général. » (jffisioire véritable de tout ce qui s^ est fait et pds^é en Guienne pen^ figint ià guerre de Bordeaux,) : ^ . i: /; j
3lf^ [i65o] «inoïKBs
faits jusque Ih^ U uy avok plus rien à miiuigpr, et qtie la plus graad^ prudence étoit de faire yoir à li cour qu'ils sauroieut mamtenir ravtoritë de leuri a^ r^ts par les armes , afin qu'elle perdît la pensée de les gagner par des négociations, qui les exposereieiit ensuite à la fengeance du cardinal , ils me i^partireafc qu'ils le connpi$soient aussi bien que moi , mais que je ^aYois biep qu'il y ayoit de certaines mesures dans lesquelleslçs/compagnies souveraines dévoient secootenir. Je connus par là qu'ils ne ^clierchoient qo'i saofvejr les apparences; et comme je ne jugeai pas à propos 4e les violenter, j'éqrivb un billet auE diKs, duquti ayant rççu la réponse, par laqo/elle je via qujls e^r troiept dans mon sens , je leur: proposai 4e doimar mi | arrêt contre le duc d'Eperpon , ^es troupes , fsuitm» ] et adhérens, qui auroit le même effet que l'arrêt dV lûon qu'p^ leusir demapdoit, san» qu^ le mtOt d'uoioi y fût inséré. Ijs^n d^n^e^rërent d'açicord, et nous nm [ isépa^âmes saUsfaits les uja3 des autres* 11$ allèrent rendre çomp)t^ de notre conférence au parlement, et moi ^ }a prj^icesse et aux ducs, qui totts.approuvènoit ]^ résoluitipn que nous avions pijjf e. .
I^ 3i5, l'arrêt f[{ue nouiavioDâ concerté fut résoliM et comme on achevoit d'y opiner, un bruit confus qui s'étoit répandu dans la ville alla jusqu'au parlçme^tj et l'on isut que le duc d'Epernon, à la tâte de sa troupes, avoit marché à Blanquefortpour attaquer les nôtres dans Te marais^ ^^ }l s^voit qii''elles éiffmi postée;sî, MaÂ9 comme t» Cbamboo , qui les pommaar doit, a^oft jugé qu'on ne le pouvoit défendre , il avoit afoandotipé ce |)oste, et avoit tiré sou$i Bordeaux )t cavalerie , l'infanterie et le bagage s^m atucune pertei
DE LEHET. [i65o] 353
Leduc d'Epernon se crut victorieux d'avoir occupé ce poste, et le publia^ comme, le gain d'une bataille. L'alarme en fut telle dans la ville , qu'en un moment tout le monde fut sous les armes ; et le duc de Bouillon ne put jamais empêcher, par tout ce qu'il put dire, que qua^ ou cinq mille bourgeois ne sortissent, à dessein d'aller forcer le duc d'Epernon dans le marais. On eut beau leur remontrer que le poste étoit d'un très-difficile accès 5 qu'il étoit occupé d'un canal plein d'eau, traversé par un pont rompu, et défendu par deux pièces de canon ^ qu'ils avoient affaire à de vieilles troupes bien disciplinées^ rien ne put les contenir : et quelques-uns, comme c'est la coutume des peuples qui condamnent toutes les raisons qui s'opposentàleur emportement, accusoient en murmurant le duc de Bouillon d'intelligence avec leurs ennemis, parce qu'il leur disoit toutes celles qu'il pourvoit et qu'il devoit pour les empêcher d'aller les attaquera D les y mena donc, voyant leur obstination. Après qu'ils eurent fait deux ou trois décharges, et tué quatre-vingts ou cent hommes , du nombre desquels furent deux capitaines de Navailles, la nuit les sépara, ^ ils se retirèrent avec assez de désordre. Ds y perdirent deux soldats et un bourgeois. Le comte de Guidant, qui s'y étoit signalé, y fut blessé d'un coup de f<ea dans le visage, duquel il faillit à mourir, et la dame 4e Gouville de la blessure que celle-là lui fit au cœur, l-ia Roussière, qui y fit fort bien, y reçut un coup de ^mousquet dans la cuisse ^ et le président Pichon , qui ^ piquoit de chevalerie , eut bien de la joie d'y avoir ^n cheval tué sous lui.
En conséquence de l'arrêt de ce jour-là , le parle- T. 53. 23
354 [i65ô] MÉiioiRÉis
ment ifommaftlane-MâuvoUit>', R^moiid, d'Èspaguet et Mii*ât pour àssi^er en qualité de leurs cémmi^airé^ à tous les conseîk de guerre. Le ptèmier étcfit ttù tiéiJ* lard emporte, ennemi juré du duc d'Epernoiï, hâttïrellemfent enclin à toute tiolence; le second ëtoit presque de même trempe, inais plus àisëè goùvei^ ner , et qui , par Tintërêt, ëtoit de tous tes alrîs que Ton voùloit; et Mirât, un homme plus attache au parti qu'aucun autre, maià sage, qbi vcfuloit toujours rtiarcher par les formes des compagnies , allant très-biëh à ies fins, et qui s'ëtoit rendu l'arbitré et lé maître, par ^es amis et par sa bonne conduite , de ce qu'on ap()6loit la petite fronde : les trois autres ëtoient les prîrid^ pauî de la gi^ande. Sur Tavis ou sur la crainte qtié nous avions que le maréchal de La Meilléraye n'arrêtât le courrier ordinaire p*our voir ce qu'on iw^tB écrivoit de Paris, et coinnoltre les intelligence^ tpé nous y avions , nous l'envoyâmes enlever, à desseifl de savoir celles que le cardinal pouvoit avoir à Bordeaux; mais le |)arlement ne l'approuvant pâti, Dôii^ft^i fîmes rendre le paquet au commis , pour di^tribtift' les lettres en la forme ordiiiaîreé Pn
Le îi6, 6n tint conseil de guerre, où assistèrent pdl là première fois les quatre députés dti parlement. \à première proposition qu'ils y firent fiit de faire fi- lco^ briquer des sous pour payer les soldats ; ils aisnréreirt pui^ que kur compagnie le tolërerQit au cbnimeheement, et Fordonneroit même dans la èuite.
On résolut d'envoyer attaquer les gens que le dw jtiho d'Epernonàvbit laissés dans l'île St.-Géorg'es,dontto 1 Coo Bordelais croy oient que toute la fortune jn^bliqued^ pef] pendoit, et On en donna l'éxëciition à La Mothe-Delis. mh c
M LEMET. [i65o] 355
Oii me nomma chef du conseil , et surintendant des finances *, mais je refusai ce titre comme j'avois déjà fait à Turenne , quand les ducs de Bouillon et de La Biochefoucauld , croyant ra'obliger , mjn¥itèrent de Vaccepter : et je résolus dès-lors de ne prendre aucune qualité dans le parti , pour éviter les jalousies qu'elles excitent pour Tordinaire , et n'en ai eu. auoane tant qu'il a duré , mç contentant de m'employer volontairement à tout ce dont on me jugeoit capable, sans y être obligé par le titre d'aucune charge, et m'en suis fort bien trouvé.
. Le parlement députa en même temps des commissaires particuliers pour divers emplois : Bordes et Monier pour le poste de Saint-Surin , et Fayade pour celai de La Bastide ^ Muscadet et PicHon pour l'artillerie ; Boucault, Le Boux et Dussaut pour la distribution des deniers du convoi; d'Âlème pour un petit armen^ent qu'on résolut de faire sur la rivière. Tous, selon la aécessité de leur emploi, avoient relation au conseil de fjuerre, et convenoient avec moi de ce que nous souhaitions d'eux , ou de ce qu'ils désiroient de nous. On résolut encore qile quand il ne plairoit pas à la ^incesse d'assister au conseil , il se tiendroit en mon logis, qui étoit joignant le sien: car, outre que c'étoit ^commodité des ducs, les députés du parlement &isoient difficulté de s'assembler chez eux, parce <2iie cela auroit témoigné qu'ils étoient sous leurs ordres; ce que l'on ne pouvoit croire de moi, qui étois Ud homme sans conséquence. .
Comme notre cavalerie faisoit un peu de désordre ^Ux jBnvirons de Bordeaux, quelque soin qu'on prît ^ela contenir, on résolut que dorénavant on distri-
îi3.
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bueroit le foin par jour ^ et Ton ne peut voir plus d^affection que le parlement en témoigna ce jour-là pour le parti : il ne se contenta pas de lui donner des secours présens, il pourvut encore à tout ce qui étoit nécessaire pour le faire durer.
Nous apprîmes que le duc de Saint-Simq>n alla visiter le maréchal de La Meilleraye, et que l'un et l'autre y attendoient le duc d'Epernon , pour aviser tous ensemble à ce qu'ils dévoient faire contre nous. Mais celui-ci, se persuadant qu'il p'avoit besoin de personne pour venir à bout de Bordeaux, et portant impatiemment qu'autre que lui commandât des troupes dans son gouvernement, ne voulut pas se trouver au rendez-vous , et ménagea si peu la bienséance , que, sans leur écrire , il leur envoya dire par un laquais qu'il n'avoit point de conseil à donner ni à prendre avec eux : dont le maréchal , qui étoit aussi glorieux des belles actions qu'il avoit faites à la guerre que l'autre l'étoit par les chimères qu'il s'étoit mises daas la tête sur sa naissance , de laquelle Busbec a parié plus véritablement qu'aucun autre , eut beaucoup de ressentiment.
Le maréchal de Gramont apportoit tant de soinî empêcher notre négociation e^i Espagne , que , sans le secours d'un Portugais nommé Othon Sabaria, qui avoit une correspondance secrète avec les ministres de Portugal , et qui faisoit passer tous nos paquets, nous n'eussions pu donner des nouvelles en ce payslà , ni en recevoir que par mer , qui est presque tofljours une voie incertaine , et qui nous étoit deve- |i« nue impossible , n'y ayant aucun vaisseau pour lors dans le port de Bordeaux. Ce jour-là, cet homme m'ea
r ta
DE LEKËT. [l65o] 357
rendit une lettre de change de cent mille francs, que Courtade me paya fort ponctuellement, et me dit que la première, dont j'ai parlé, n'avoit été qu'une invention de Vatteville pour nous témoigner de la bonne volonté sans effet, attendant qu'il eût reçu ordre et argent de Madrid. Celte lettre étoit accompagnée d'autres que Vatteville écrivoit à la princesse , au duc de Bouillon et à moi , par lesquelles il promettoit de grands secours, et nous invitoit à tout promettre à messieurs de La Force pour les engager dans le parti, sur la parole qu'il nous donnoitde fournir à point nommé les sommes dont nous conviendrions avec eux , et l'avoit persuadé ainsi à Baas : de telle sorte qu'il nous écrivoit les mêmes choses, comme s'il les avoit eues en son pouvoir. Tant les négocia-* teurs nouveaux , pauvres et avides , croient aisément ce qu'on leur dit, sans considérer qu'ils ne doivent pas répondre de ce qu'ils ne connoissent que sur le rapport d'autrui.
Le 27 , La Mothe-Delas , avec trois cents hommes tirés de nos régimens , attaqua l'île Saint-'Georges , [éfendue par même nombre tirés de ceux que comandoit le duc d'Epernon, lesquels il prit tous à discrétion dans une église où ils s'étoient retirés, et qu'ils ne purent défendre (0. 11 les mena en triomphe
(1) L'attacjue fat faite le 27 juin à la pointe du jour. Les paysans ^yani conduit les troupes par des chemins et des sentiers par lesquels ^s ennemis ne les attendoient pas , on les surprit dans leurs retranche- ^ens et dans leurs corps de garde; on les poussa dans Peglise et dans >^ moulin , où ils se rendirent à discrétion. Il y en demeura cent sur la ^^ce, et deux cents prisonniers , parmi lesquels il y a dix officiers , ^l^re autres le sieur Canole, lieutenant colonel du régiment de Nasilles , dans la poche duquel on trouva un ordre du chevalier de l«a
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à Bordeaux , où la joie fut excessiTe. On les mit toai dans les prisons, après que les ducs eurent employé toute leur autorité pour les garantir de la fureur du peuple , qui vouloît ardemment les faire moorir tons. L'emportement étoit tel , qu'un caTalîer ^e La Roche* foucauld, qui cria en retournant tJ^Ve te Roi et M. d'Epemon! fut sur-le-champ égorgé et traîne par toutes les rues , après quon lui eut coupé le nez, 1^ oreilles et les parties honteuses : tant il est dangereux de parler ou d'agir à contre-temps contre les inclinations d'une populace mutinée.
Le président Gharon me vint rendre ^risite : je ne sais si elle fut sincère , ou si Tarrét du parlement oo le brait que nous fîmes courir par la ville des sorh mes que nous avions reçues d'Espagne, que nous amplifiâmes, et de celles qu'on nous Saiisoit espérer dans peu de jours, l'avoit obligé à me venir voir ; maû il me promit d'envoyer un courrier exprès pour bâta* messieurs de La Force , et qu'en cas qu'ils ne vin&seot pas en diligence, il feroit tomber toute la faction de
ceux de la religion entre les mains du vicomte de
ht
Valette, portant qtï'il fit bfttir un fort par le moyen de Téglife, & | ^^ moulin, et de quelques maisons voisines, permettant de démolir celb h$o qui Pempécheroient; quMl laissât le passage de la riyîère libre poork* traQquans seulement, jusqucs à nouvel ordre : et pour TentretieB dck garnison, il lui assignoit le revenu de TSle. Le reste de la garnifOQ
ayant tâdi^ de se sauver, demeura exposé à 3a vengeance despaysn") qui les assommoient dans les vignes, les ble's et les saussaies. Tootk bagage et les armes sont demeurés aux vainqueurs , qui n'ont pei» pas un seul homme, à la réseri'e de deux on trois blessés, et èfi pièces de canon , qui sont les mêmes qui furent prises an si^ (Ie»>' bonme, oîi la trahison , et non pas la valeur des ennemis, fitretiiv 1«8 Bordelais, v ( Histoire véritable de tout ce qui s*csi fait et p^ en Guienne pendant fa guerre de Bordeaux. )
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iiear ftiTerr
Tpr^fiifi^ et de jnesîsieqrs de Dura^ ses nevwi:» Il me rendit }a <^of e ai faeile , et j'étai$ ^i pea pe^tsuadip ^'il efii \kn çri^dit aussi g;rand q^e celui qu'il m'insiuuoit^ que ]e ue fi^ pas beaucoup de fç^ndemeut spr $es pror ip<esses,. Npitre entrelieu fui fort loug ^ et à la ^iu jp Tobligeai à voir le3 duc$ de BouiUou et de L^ RpcUefou^auld, e^ à ^eur dire h même chose, étajut bie|i aise de me laver ies maius d'uo^ telle uégociatiou^ 4aiit p^rce qu'elle ëtoit moins de mou humeur que d^ la le^ur , que par rinçertitude de son éyënemeut.
liSi princesse dpuna commission au baron de B^r l^e pour le^er spr ]^ tidUe de Tartas une compa§^i^ de ^iisiUer^ pour garder et défendre sa maison , qui e^ as^^ bonne. Elle en donna ui^ autre à celui de RpquetaiUade pour lever une compagnie de gexidarme^^ous ^ npm d'Âlbret, et un régiment d'ii^fi^interie, JNous lui donnâmes quelcfue argent comptant^ et des assignations sur le pay;^: sa maison » qui es^t des plus fortes de la province, nous fit Caire qet effprt. Npus donnâmes encore quelques patentes , quelque assignation et quelque argent au baron de MarrsaD, pour la levée d'un régiment de quatre cpmpagnie3 de cayaleriç. On se sert en semblables affaires de toutes sortes de personnes, moins avec intention d'en fortifier un ^parti que pour empêcher qu'ils ne passent d^ns celui qui est opposé, particulièrement quand il^ ont des châteaux, à la faveur desquels on peut faire quiEilque^ levées de troppqs ou d'argent sur le plat
le î^Ç, les ducs allèrent visiter r^ie Saint-:Georges. A. jl^ur retour on tint conseil , et Ton résolut qu'on y ^civerroit six cents hommes cpmmandé|s par Le Gham*
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bon, et que pour la mieui: garder on construiroit un petit fort dans une certaine pointe sur le bord de la rivière , à la faveur duquel on pourroit retirer cette infanterie , ou y en envoyer un plus grand nombre si Ton le jugeoit à propos , ou pour mieux dire si le parlement de Bordeaux le dësiroit : car en effet ce poste ne nous étoit d'aucune utilité, et son importance ne consistoit qu'en Timagination des bourgeois.
Un trompette de Farmée de La Meilleraye, qui Tint de la part de quelques amis de Guitaut le visiter , fat d'abord conduit en mon logis, où il y avoit cent sacs remplis de l'argent que j'avois reçu la veiUe, et qui n'étoit pas encore distribué. Il en fut tellement ébloui, qu'il ne fut pas difficile de le corrompre après lui avoir donné quelques pistoles. Il me promit de revenir autant de fois que l'occasion s'en présenteroit, et de me dire tout ce qu'il pourroit découvrir, et de débaucher tous les cavaliers qu'il pourroit, et me tint fort fai ponctuellement parole.
Un certain ecclésiastique nommé le père Bonnet grand dévot de profession et encore plus grand froD deur , fit imprimer la relation de ce qui s'étoit passé |iij en l'île de Saint-Georges , avec des termes si pleins de chaleur, que depuis ce jour-là je résolus, comme mm je fis en effet, d'empêcher autant que je le pus les le h impressions de toutes choses qui pourroient fâcherb ftn cour.
Le 29 , nos troupes commençoient à se dissiper, |i^s et nos officiers avoient la plupart consumé le peaè finances qu'ils avoient apportées : ce qui obligea b princesse à faire distribuer quelque argent aux capitaines pour les secourir ; et à ceux qui avoient le plus
irit
9K LBNST. [l65o] 36l
le besoin dans lenrs compagnies; et Ton ordonna quelque somme aux plus considérables officiers , à L'insu Tnn de Tantre , pour éviter les jalousies et lés conséquences.
On envoya l'arrêt partout où il fut possible dans le ressort , avec l'attache et une lettre circulaire du duc d'Enghien sur chaque copie , et des gens en divers endroits pour faire soulever les communes.
Le 3o , mon Portugais fit passer un exprès à Saint- Sébastien , qui porta le même arrêt au baron de Vatteville , auquel il manda qu'il pouvoit faire venir droit à Bordeaux les vaisseaux et l'argent qu'il nous voudroit envoyer : car nous avions pris nos mesures avec nos amis pour faire non-seulement tout approuver , mais même souhaiter qu'on nous envoyât d'Espagne tout ce dont nous avions besoin.
Le chevalier de Rivière, qui s'étoit intrigué dans Tamour du prince pour la demoiselle de Toussy , à présent la maréchale de La Mothe, et qui s'étoit rendu de quelque considération auprès de lui , étoit allé à Stenay auprès de la duchesse de Longueville , croyant <iu'il auroit part aux affaires ; mais comme elle savoit ^ue monsieur son frère l'avoit voulu mettre dans les tiennes et qu'il s'en étoit mal trouvé , elle se cachoit de lui comme d'un espion , et portoit fort impatiemment sa présence. Lui , qui ne manquoit pas d'esprit , <^onnoissant qu'il n'y avoit rien à faire pour lui en ce pays-là, voulut se tailler de la besogne. Il proposa à ^* duchesse de lui donner congé pour aller en Guien- *ïe , où il disoit avoir du crédit et des amis ; elle le Prit au mot, et l'y envoya plus pour se défaire de lui ÏUe par la créance de tirer de l'utilité de son voyage.
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Elle le chargea de lettres de eréaAce pour Pomiers- Françon et poar Lavie, qu'elle cr<^oit deroîr élp^e dana les intérêts des princes. Il partit donc de Stenay le 4 de mai , pendant que nous étions «qcore à MoDtrond , et arriva le 3o jain à Bordeaax.
Il débuta par vouloir donner à la princesse et à iD#i toutes les défiaiices possibles contre les ducs de fiouil* j Ion et de La Rochefoucauld; mais ccratiB^e on coa- I noîssoit son esprit intrigant , intéressé et de peu de L sûreté, elle lui défendit d'abord de ne jkii parler ja- L mais contre Fun ni contre Tautre , et à moi de ne lui l^ donner aucuiie part dans ses afl^QS.
Le premier juillet^ Je commandant de Casteluaa se rendit à la première sommation que lui fit faireJe duc d'Epernon.
Nous sûmes de Paris que depuis la prise du CMelet Tarchiduc Léopold avoit assiégé Guise. On nous mandoit que le cardinal n osoitj entrer, tant le murmure contre lui étoit grand , et qu'il faisait courre lie bruit que le Roi vejokoit en Guieime : ce que fiCMK crûmes assez facilement par la crainte que le cardinii avoit des orages que les frondeurs, entre les maiçs desquels il étoit, pou voient à tout moment exciir ter contpe lui dans Paris \ au lieu qu'en ^'approdiaot de Bordeaux, il lui arriveroit de deux choses iWi ou qu'il en viendroit à bout, auquel cas il n avoit pks rien à craindre; ou que s'il arrivoit quelque chose i Paris contre lui, et que Bordeaux lui résistât, cpi étoit le pis qui lui pouvoit arriver, il se raceomffioderoit avec les princes, qui avoient un intérêt cos- \^ mun avec lui contre ;les frondeurs ; il îles mettroiten l\^ liberté, pour ensuite agir ensemble contre eux. ^Noitf |^^
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DE LC^ET. [l65o] 363
étions fort sirjets à faire des raisonnemens à aotre avantage, et parce que nos affaires étoient en boa état, et parce que nous croyions impossible que ronion des frondeurs et da cardinal durât long-temps. Elle ne pouYoit cesser sans nous ouvrir la porte à uti accommodement avec les uns on les autres, en quoi consîstoit notre salut : mais nous soubaiUodas que ce Bat préfërabie ment avec le cardinal, comme le plus prompt et le pius sûr , et celui duquel nous pouvions tirer plus d'avantagées prësens pour récompenser ^euK qui avoîent servi les prinoes ; ^et c'est ce qm ^nous fai- 6oit toujours écouter ceux qui nous faisoient quelques propositions* Pour cela la princesse ne voruloit que la liberté de monsieur son mari ; les ducs haïssoientmorr tellement les frondeurs ; et si j ose me compter pour queique^chose, j'avois encore plus d'aversion pour ^ dësopdne que je voyais dans TEtat. Je craignoisTinJconstance des peuples, et Tévéoement d'une affaire en^la conduite de laquelle j'avois très-grande part^ j'avois beaucoup contribué à sa naissance, et elle ne pôuvoit échouer sai|s me porter lun notable préjudice ; ^Ue ne pouvoit d'un aniure »oôté furendre assez de force -pour renverser la fortune du cardinal, sans lui donner de terribles pensées contre la vie des princes qu'il tenoit on prison ; et cette imagination me «tenok dans des peines cimtinuelles.
Le 2, le parlement résolut d'envoyer mi exprès Si Paris pour ordonner à ses députés d'y demeurer, non plus en qualité de députés vers le Jloi et ses ministres , mais vers le parlement seulement, pour solliciter Feffet de là lettre qu'il lui av oit écrite par le sieur Voisin , et pour leur demander secours et union, en-
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suite de Tarrét qu'ils avoient donné le aS du inois de juin contre le duc d'Epernon , duquel ils leur envoyérent copie en forme.
Le 3 , ce parlement, qui ne songeoit plus qu'à soutenir ce qu'il avoit fait, et à se mettre à couvert delà vengeance de la cour par une guerre forte et vigoarease , vouloit y intéresser les autres compagnies souveraines du royaume, à mesure que l'occasion s'en présenteroit. Il avoit la veille dépéché au parlement de Paris; ce jour-là ils s'assemblèrent, nonobstant qu'il fût dimanche, pour écrire à celui de Toulouse, sur la nouvelle qu'il avoit reçue que celui-ci avoit, par un arrêt solennel, cassé diverses ordonnances du duc d'Epernon , et qu'il faisoit le procès à Morand , maître des requêtes et intendant de justice en ces quartierslà, contre lequel il avoit décrété prise de corps, et l'avoit contraint de chercher son refuge dans Lectoure, où ce parlement avoit envoyé des commissaires pour le saisir au corps, et où on leur avoit fermé la porte. Enfin les choses étoient fort aigries; et si elles avoient été bien soutenu^ , elles aurôient pu aller plus avant, d'autant plus que nonobstant les soins du premier président, homme dévoué à la cour, on crioit toute la nuit dans les rues vwe le Roi et les princes ! et qu'à la dernière assemblée des chambres il y avoit eu vingt-quatre voix à demander union i Paris et à Bordeaux pour demander conjointement la liberté des princes. Cette conjoncture obligea le parlement de Bordeaux à écrire à celui-là aux mêmes termes qu'il avoit écrit à celui de Paris."
La Tivolière, lieutenant des gardes de la Reine, étoit allé de la part de Sa Majesté vers le vicomte
DE LENET. [l65o] 365
d'Arpajon aveé des lettres du cardinal qui lui faisoient espérer le bâton de maréchal de France , et des commissions pour lever cinq ou six mille hom- E mes de milice dans le dessein qu'il avoit formé d'as- \ siéger Bordeaux , comme il fit. Il lui promettoit quelque argent comptant, et ordre de prendre le reste sur la taille de son yoisinage ; il lui donnoit encore permission de traiter avec Saint-Luc de la lieutenance de roi de Guienne. Dans ce inéme temps ce gentilhomme , que la princesse lui avoit dépéché, comme j'ai dit, arriva chez lui , et lui exposa tous les avantages qu'il avoit ordre de lui proposer. Ce vicomte jugeoit bien que le cardinal pouvoit mieux et plus' promptement quelle &ire ses affaires ; mais le ressentiment qu'il avoit d'avoir été méprisé de lui en diverses rencontres, et la créance qu'il y avoit moins de sincérité d§ son côté que de celui delà princesse, partagèrent son esprit ; et après avoir bien soiigé à ce qu'il avoit à faire, il résolut d'envoyer un courrier à la cour pour demander l'érection de sa terre de *** en duché, un bâton et non ^i brfevet de maréchal, et l'ar^ gent nécessaire pour payer la charge de Saint- tue. 11 le fit partir y et en attendant ^on retour il retint chez lui La Tivolière, envoyé de la cour, et Saint- Seroux , envoyé de la princesse , afin qu'ayant reçu la réponse du cardinal, il en pût faire une positive à l'un ou à l'autre^ Ces vastes prétentions font assez juger de son caractère : elles l'ont empêché d'avancer sa fortune autant qu'il eût pu- faire, ayant beaucoup de naissance et beaucoup de service.
La princesse reçut encore ce jour-là de nouveaux complimens de toute la maison de La Force, qui, sous
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divers prétextes, tiroit en longueor la conclusioodu traité projeté entre le maréchal , le marqub et elle, pendant qu'ils avoieftt (ainsi que le cardinal me Ti dit depufs) des négociations à là cour poar y mëDa* ger leurs intérêts : tant Fesprit de Tbomme est incertain et la sincérité rare. La princesse leur répondit qu'elle étoit toute prête à leur faire compter largeot qu'ils lui avoient demandé, et de leur donner contentement sur le reste. Elle faisoit c6â offres hardiment, sur la bonne foi de Va tte ville, et nous fûmes bien heureux de ce qu'ils ne nous prirent pas au mot.
Le duc d'Epernon ne pouvant plui subsister dans le Médoc par le défaut de vivres et par la guerre que les paysans lui faisoient, qui tuoient à coups de fusil, à la faveur de ce pays-là qui est fort couvert, tous les soldats qui s'écartoient tant sOit peu , il fit passer son armée vers Castres^ et comme ce poste est dans le voisinage de File Saint-Georges, dont la conservation étoit le plus ardent désir des Bordelais , il fallut pour leur complaire que les ducs y envoyassent de nouvelles troupes : aussi retira-t*on c^les de Saint^Surin.
Le 4? Pomiers - Françon , doyen du parlement, ami, comme nous avons dit, du duc de Saint-Sinaon, avoit demandé et obtenu passe-port pour l'aller voir à Blaye* Il en revint, et nous dit que ce duc ne se cotisoleroit jamais de s'être engagé à la coui\ contre les intérêts des princes-, qu'il étoit toiijours dansfopinion qu'où ne pouvoit leur être utile qu'en négociant avec le cardinal : à quoi il s'offroit. En pareilles rencontres Ton trouve plus de négociateurs que de soldats : chacun se veut ingérer dans les affaires pour se ménager avec les deux partis , et Ton en trouve peu
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[(lusedëtermiaeAt nettement, si un grand intérêt ne les y o^blige. Franoon nous parla de certaines proportions inutiles que Lavie avoit faites à Mirât, a dessein de mettre du désordre et de Id désunion parmi nous.
La princesse reçut nouvelle de Montrond que tous eeux à qui elle avOit éfcrit s'y étoient rendus 5 que Châteauneuf y étoit arrivé de l'armée du Roi avec soixante maîtres-, qu'on avoit quelque créance que le duc de Nenlours y dévoit aller ; que toutes les commissions qu'elle y avoit envoyées, etMesehalvi avec 6c« pierreries, y étoient arrivés à bon port 5 quô'Saînt- Aigoan avoit surpris le château defiangy en Berri^ et que ceux dé ohâteauroux s'étoient révoltés contre le prince. Ceux du Mas-d'Agénois vinrent payer dix mille livres qu'ils dévoient au prince, k cause de sa duché d'Albret.
L'abbé Pichon amena en mon logis un ^gentilhomme de la terré de Caumont, travesti en paysan, qui m» "vat demander un homme ou deux de commande- *
ment, pour lesquels il donner oit otage , pour se mettre avec lui à la tête de quatre cents hommes conspires , pour se saisir d'Aiguillon, poste fort avantageux et Fort aisé à fortifier, étant dans la pointe du confluent àiLot et de là Garonne. Il m'offrit encore de noils faire surprendre Marmande , et obtenir uue porte ou-*- ^erte six heures entières pendant la nuit. Les ducs^ t qui je menai ce gentilhomme, lui firent comprendre |u'il falloit différer cette entreprise jusqu'à ce qu'on ut en état de tenir la campagne et de les soutenir *, t me chargèretit de lui donner un chiffre pour entre- -nir correspondance avec lui. Le défeir dé {l^rofiter il former eontinueitement des desseiifis, lesquels on
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juge pour la plupart chimériques v mais on n*oseles rebuter. II faut entretenir commerce avec tout le monde dans un parti, et se résoudre à perdresou^ent du temps et de Fargent mal à propos.
Le lieutenant général de *** m'écrivit que l'argent de don gratuit d'Albret étoit prêt, et me demandoil une voie sûre pour le faire apporter.
Le parlement donna arrêt pour expulser de la ville tous ceux qui seroient suspects au parti, et députa des commissaires pour en faire une liste exacte.
II ordonna en outre que l'on donneroit tout l'argent qui proviendroit du convoi à laprîncésse, et nomma des commissaires pour aviseiravec moi de quelle manière et par quelle forme on le distribueroit: mais le malheur étoit qu'il n'y avoit rien ou très-peu en ce temps-là^ car les grandes recettes se font au printemps et en l'automne, qui sont les temps des foires.
Il ordonna aussi que les commissaires des jurades verroient avec les capitaines des quartiers parque! moyen on pourroit si bien régler et discipliner h milice de Bordeaux, qu'en cs^s de besoin on pût b faire marcher en bon ordre et s*en servir utilement Quand je dis que tous ces commissaires avoient ordit d'aviser avec moi, ce n'est pas pour faire croire (pe toutes ces affaires passoient par où je voulois, car ils savoient bien que je ne faisois rien de moi-même, et * que je prenois ordre de toutes choses de la princesse et des ducs; mais le parlement en usoit ainsi pour faire les choses avec plus de secret, et. croyant que je le» tournerois à leur mode dans l'esprit de ceux qô avoient droit de me commander.
Un nommé Garros vint me proposer encore de sur-
* DE LENET. [ iGSo] '6Gy
prendre Dax par le moyen d'iiii conseiller de ce lieu-là |ui étoit ennemi môHel de Po3rânne , qui eh étoit le gouverneur. Les ducs lui dirent la même chose qu'ils aboient dite sur lé sujet d'Aiguillon. Tous ces faiseurs de prôt>o$itîons commencent en faisant parade de leur tèle au service de ceux auxquels ils s'àdresseilt, et finissent en leUr demandant (|u6lqtie ch6se qui letik^ est propre.
Vàtteville rëgaloit si bien nos envoyés, quIhVëVèiioient tous persuadés de sa sincérité, et du grand pouvoir du roi Catholique : tant les caresses et lés pré^eùÀ ont d'ascendant snr les volontés de^ homiitëé. Lartet , qui avoit fait passer Silleîy en Espagne , en f^eviht. Il nous dit son arrivée à Saint-Sébastien, où Ion lavoit reçu magnifiquement. Il nous dit tant dé éhoses, et nous débita de si bonne foi là grandeur et la bonne intention de ce pays'-là , qu'éhdère t|tlé h6U^ connussions à peu près, par Texpérienùe que nou§ eh iviôns déjà faite , Terreur en laquelle il étoit , noni^ ugeâmés fort à propos de ne lé ^as désabuser, âfîfo lue tenant les mêmes discours à tout lé mdndé , lé Public en demeurât persuadé, parce qùé tèh étôit ort utijle pour soutenir la bonne volonté de^ Bôrdé^ Us, dont la plupart partageoieht souvient dans létrs toagihattibns les tréédri» du Perdu. II noiiâ persitâdâ ourtant la chose dû monde dont l'étén^tnent ndUi t voir ^ue nous devions Tétre le tbàié^. Il tioîlë dil-^ tié le roi d'Eépagnë av^it mandé à VattêviUé de t<iut bqitfèfr pott envoyer rargéiit néi^e«^réi ir^utenir té atti ; et qu'en ràêtùe temps il àv^it fait charger quati^ë ^M eiiKi(tlsinté ttitié ïlifélA kWïi6kfté^$ii{a'iH\lûit Il inéltré' à hi Vëité, et l^tUit dépééh^ à l'iii^^artl T. 53. !i4
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même pour nous en venir donner avis y et de fordro qu'il avoit donné aux officiers qui les commandoient de voltiger à Femboucliure de la rivière , jusqnes à ce que nous leur envoyassions du secours de Bordeaux, afin de les faire entrer et passer en toute sûreté. Il apporta à la princesse , aux ducs et à moi , des lettres de Sillery et de Baas qui coufirmoient tout ce qu'il nous disoit : de sorte que, ne doutant point d'avoir aa prompt secours, Ton prit la Eyait même tout ce quos put ramasser de chaloupes, de vaisseaux et de frégates dans le port de Bordeaux-, on les munit, on k arma , et partirent pour aller à la rencontre des trois prétendues frégates espagnoles, et prirent en passant celle de Blaye, qui avoit attaqué Sauvebœafet Sillery. ^
Le 5 , on reçut nouvelle de Paris que Guise ëtoit fort pressé ^ que le cardins^l étoit toujpurs à La Fère, et pairloit toujours du voyage de Guienne^ et qoe le duc d'Orléans et les frondeurs n'attendoient que la prise de cette place , et la marche de Farchidoc le long de la rivière d'Aisne , pour lever le masque contre le cardinal : ce qui nous^donno^t de grandes espérances.
On écrivit de Montrond que la colère de la priD" & cesse douairière augmentoit à mesure qu'elle voyoit croître le nombre des ojfliciers et des soldats qui arri' voient de toutes parts dans cette place.
Le duc d'Epernoa décampa, marcha vers LaMeit' leraye, quitta Cusac pour aller passer la rivière i Branne sur un pont de bateaux qu'il y avoit fait faire; et l'on envoya Sauvebœuf dans File Saint-Georges pouf la défendre en cas d'attaque ; car le peuple de Bor^
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^eaux le . prd^aoiti toujours pcrur toutjes ' Ui chôises lu il oroypit d/itepoptairçe. ' » ' '•]'
Le 6y Je; parlement donna un sembltaible ari^ét'à celui; que le parlement de Paris rendit pendint îé siége,;pai*lec[ueril ordonna qu^on ne feroit jaifiais d<e paix. sans y comprendre tous ceux qui se sérôieilt joiqts à, eux ; et «écrivit de même sorte aux maréchal et marqtiis de La^ Force pour les inviter d'entrer dans ]« parUcomime ils avoient témoigné le délirer, pouf être ensuite, disoiçnt-ilis, les gënëràux du'parléménf , conu)ie les ducs Vëtoîent de la princesse. 'Mais k vérité ëtoit que. méssiëiars dé La Forde ne nous ddjjnoieaft dl3 leuir» indovcilles que pour faire detetùps eh temps quelques: dëfliarchiesc^i nous donnassent de l'espérance , et à eux lieu de faire leurs affaites à la cour.
Le 7 , on sut qu'il y avoit eu une grande sédition à Dax au sujet d'un gentilhomme nommé Hanix, fort aimé dans la ville , que Saint-Pé avoit mis en prison parce qu'il lui avoit fait un appel, et que le peuple, par l'affection qu'il lui portoit, autant que par la haine qu'il avoit contre Poyanne et contre tout ce qui étoit dans sa dépendance , l'avoit tiré de prison à main armée , et ensuite forcé ceux qui étoient dans la citadelle de remettre dans la ville tout le canon et toutes les munitions. La princesse crut qu'elle devoit tâcher de profiter de cette conjoncture, en écrivant comme elle fit à Hanix, aux consuls, et à plusieurs gentilshommes du voisinage , offrant secours aux preïniers, et priant ceux-ci de s'aller jeter dans la ville. Le 8, elle écrivit encore au baron '^**, qui lui avoit offert ses services, qu'il ne pouvoit lui en rendre un
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plus gr^nd que de fomenter cette afl&ire : et éur ce qu'un conseiller dëpntë du prëskiîtl vînt lâe trôotër pom* çie'dife que sa compdgilîe s'emplpiermi volontiers pour faire déclarer cette viUe*]à pour le^ princes, si Ton vouloit lui promettre que lorsqu^ôH feroitla paix on leur feroit rendre la juridiction de Tartas, qui en avoit été distraite pout la donner à celui è Nërac quand on le créa, la princesse, à qui je le ptisentai) après lui avoir fait beaucoup d'amitié le renvoya avec uiie lettre au présidial , par laquelle elleks assura de s'employer en temps et lieu pour cela; ee qu'elle feroit d'autant plus volontiers, qu'en ledfiiûsant plaisir elle désobligeroit les habîtans de ÏHétk, qui avoient reçu les troupes du duc d'Epe^noU, et refusé les flfienneà.
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