‹ Mémoires de R. Levasseur, (de la Sarthe) ex-conventionnelChapitre 17 sur 33 · X58 MEMOIRES · texte numérisé non relu

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tf II sera donc nécessaire de purger ces commissions, et il en devra être de même des tribunaux; vous les avez vus paraître successivement pour applaudir au triomphe de la liberté et au salut de la représentation nationale et de la république , mais dans toutes les bouches ces félicitations ne sont pas également sincères. On a pu remarquer ces hommes qui , sous le manteau , avaient la phy« sionomie et l'empreinte de l'aristocratie. Tous ceux qui ne sont pas attachés à la république ^ qui n'est que Tégalité ^Qtre les citoyens ; tous ceux qui rampaient lâchement sous Robespierre sont indignes de régir des républicains. Certes , tout cela exige une réforme, et désormais sous le régime de la liberté un jeune homme de dix-neuf ne sera point à la tête de l'instruction publique. »

Et Carrier, l'abominable Carrier, que plusieurs libellistes m'accusent d'avoir défendu quoique j'aie formellement voté son décret d'accusation , Carrier, que la seule annonce d'un gouvernement régulier eût £sdt rentrer dans la poussière, Carrier jo^nit sa voix à celle de Tallien et ajouta ce peu de mots à la dénonciation :

fx Ce jeune homme avait été dans le Morbihan. A l'approche des brigands , les partisans ^u fanatisme se levèrent, il se formait déjà un rassemblement de trois à quatre mille ; je donnai ordre de le dissiper par la force ; eh bien! ce jeune homme a voulu instruire criminellement contre ceux qui avaient exécuté cet ordre ; il avait écrit contre

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moi à Robespierre sur ce sujet , et j'étais : sur la liste de proscription. »

Ce jeune homme était Julien fils, et j'ai cité i dessein la dénonciation qui le concerne^ parc^ qu'elle suffît pour faire bien connaître le caractère de la réaction qui commençait et en même temps les desseins réparateurs de Robespierre. Julien fils avait été en mission à Rordeaux et à Nantes; ami intime de Robespierre, il lui avait £Eiit connaître les assassinats de Carrier et les exactions de Tallien, et par suite de ses rapports Carrier et Tallien avaient été rappelés: inde irœï J'ai rapporté dans mon second volume deux lettres de Julien à .Robespierre , sur Nantes et sur Rordeaux ; on a pu voir qu'elles avaient été dictées par les plus purs sentiments de patriotisme et d'humanité. Cependant Julien était resté l'ami de Robespierre, et le concussionnaire Tallien et le sanguinaire Carrier étaient ail nombre de ses proscripteurs ! Peut*» on croire, je le demande à tout homme de bonne foi, que l'amour de l'humanité ait dicté les actes de pareils êtres ? n'est-il pas plus probable qu'ils ont déclaré la guerre à Robespierre parce que Robespierre connaissait leurs crimes et voulait les punir : ces faits qui n'ont point encore été rapportés me paraissent cependant précieux pour l'histoire ; ils démontrent à qui veut étudier de bonne foi , quel fut le caractère moral du 9 thermidor, et ils expliquent d'avance la lutte que

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nous avons eu à soutenir contre. des fachnmes qui ont continué au profit de la contre-révolution qne réaction qu'ils avaient commencée au profit de la teireur.

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