‹ Mémoires de R. Levasseur, (de la Sarthe) ex-conventionnelChapitre 25 sur 33 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Effets que produisent les événémens du 9 thermidor sur les provinces et sur l'armée. •— Ordre du jour de Levasseur au camp de Namur. — Rapport des commissaires au sein de la Convention.— t État des partis dans cette assemblée. -— Principaux symptômes 4e réaction. — Accablement des Montagnards. —-Levasseur essaie seul de lalter contre les proscripteurs.

J'étais depuis quelques jours à Namur, où je me reposais de mes travaux militaires , en me préparant à de nouveaux combats, lorsque le Moni^ teur vint m'apprendre la catastrophe du 9 thermidor , et l'agitation qu'elle avait fait naître dans la capitale. Je ne pouvais comprendre , au premier instant , toute la portée de cet événement , et encore moins en apprécier la moralité avec quelque justice ; j'étais surtout loin de prévoir qu'il fut le premier signal d'une contre-révolution

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véritable, dont les effets devaient se faire sentii^ jusques sur les générations qui tious suivent. N'ayant eu aucune relation intime avec Robespierre, et me sentant plutôt disposé envers lui aune sorte d'aversion qu'excitait en moi son égoïste sécheresse et ses habitudes déclamatoires, qu'à dessentimens de sympathie, je ne répugnais pas à le croire coupable, puisque mes collègues L'avaient condamné. D'ailleurs , plusieurs des hommes qui avaient partagé son supplice m'étaient depui]? long-temps odieux, et je place au premier rang un Dumas et un Coffînhal, vils agens de meurtre , tout souillés du sang qu'ils avaient froidement répandu. Quoique je n'aie pas été loin de croire qu'un système de sévérité fût nécessaire à la chose publique, jamais je n'ai pu voir sans horreur et sans mépris les hommes qui s'en faisaient les bénévoles exécuteurs. Il peut y avoir encore de la grandeur et de la vertu civique à concevoir un bien être social et une liberté sans bornes, même lorsqu'ils ne peuvent s'acheter qu'au prix du sang: mais celui qui se charge de répandre le sang n'est jamais qu'un scélérat ignoble. Tel est la différence qui sépare la tête qui ordonne, du bras qui frappe. On respecte avec raison le juge qui prononce, dans la conviction de son âme, une sentence de mort; on recule à l'aspect du bourreau qui l'exécute.

Ces impressions diverses, et surtout la conm. '7

fiance que les décisions de la Ck)nventîon m^in^» piraient, me firent aGcneillir, sinon avec un enthousiasme que la complète conviction peut seule faire naître, du moins avec une quiétude tranquille, la nouvelle de la grande catastrophe. Robespierre était, disait -on, un conspirateur, un aspirant à la tyrannie ; plusieurs de ses complices étaient évidemment des hommes bassement atroces; je ne pouvais qu'applaudir au coup qui venait de les frapper. Cependant, cette heureuse illusion ne fut pas de longue durée; je ne tardai pas à connaître toute la vérité, et je frémis en entrevoyant les maux qui menaçaient de fondre sur la république. Le 9 thermidor, avait-on dit au premier moment, était une journée de concorde, et je m'aperçus bientôt qu'elle ouvrait la porte à des discordes nouvelles plus envenimées que celles dont les plaies saignaient encore dans la Convention. Une touchante unanimité avait réuni tous les partis, dans l'espoir du salut commun^ et des partis nouveaux s'apprêtaient à recommencer une guerre «charnée. Les vainqueurs de cette grande crise n'avaient eu pour but que le triomphe des idées républicaines, et des menaces de proscription , et des imprécations de haine commençaient à planer sur la tête de tous les zélés républicains. Ces sombres présages d'une réaction, qui ne tarda pas à se présenter, me frappèrent d'une douloureuse tristesse; l'effet qu'ils produisaient sur

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Tesprit des troupes m'alarma vivement. Dans les crises précédentes , lorsque le mouvement ré* voiutionnaire était toujours ascendant, les trou-^ blés àxx forum n'avaient pas leur contre -coup dans les camps. Il n'y avait pas de factions aux armées; on n'y comptait que des Français et des soldats de la république.

Les résultat du 9 thermidor furent différens. D'abord, l'annonce pompeuse d'un régime légal) mais fort, modéré mais énergique, avait excité la joie. Robespierre, chargé de toutes les fautes de ses contemporains; fautes, crimes si l'on veut, que je crois avoir démontre' être ceux des masses et non pas des individus; Robespierre, dis-je, livré à l'exécration publique , comme ime sorte de bouc émissaire , semblait avoir scellé de son supplice l'ère des réconciliations et l'aurore de jours pltis beureux. On espérait autant de gloire que par le passé et plus de bonheur. Mais bientôt les symptômes menaçans* parvinrent jusqu'aux soldats ; les républicains gémirent ; les tièdes poussèrent des cris de joie en apprenant qu'avec les hommes de 93 on avait voulu frapper un systèiTàe tout entier. Pour la première fois on connut des divisions parmi les citoyens revêtus de l'uniforme national. Une sourde agitation minait l'armée; le découragement s'emparait des plus zélés tjui commençaient à se demander si c'était bien pour la cause de la patrie qu'ils avaient

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versé leur sang! Hélas! ils ne se cloutaient pas encore que le dévouement deviendrait bientôt une cause de persécution , et que tel d'entr'eux serait poursuivi comme terroriste pour s'être jeté le premier dans la mêlée, ou pour avoir repoussé l'ennemi sous le règne du comité de salut public ! Au milieu de cet état de doute et de malaise, je sentis le besoin de parler à l'armée, de la rassurer sur l'avenir de la France. Je lus aux troupes, rassemblées au camp de Namur, un ordre du jour rédigç dans ce but. Je ne cherchais pas à leur dissimuler les dissensions intérieures que le 9 thermidor rendait imminentes, mais je cherchais à ranimer leur ardeur. « Soldats, disais-je^ quelce que soient les événemens de la capitale que a nous ne pouvons encore bien connaître , vous » saurez remplir vos devoirs qui ne changeront «pas de nature; le service militaire doit être a votre seule pensée , le salut de la patrie votre « unique but; vous ne devez pas vous informer si « tel ou tel parti triomphe, car vous connaissez « l'ennemi que vous devez combattre, c'est l'étran- (c ger en armes qui menace la république. »

Certes, si, lorsqu'on a voulu faire de moi un conspirateur^ on avait consulté cette prociamaftion, on aurait vu du moins que lorsque j'avais en mon pouvoir des moyens de force, je n'avais cherché à les employer que dans l'intérêt public j on aurait vu, si Ton me supposait partisan dévoué

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de Robespierre, que je savois sacrifier mes sentimens pour travailler au salut commun. Mais* jamais la logique fut-elle au service de l'esprit de faction ?

Peu de temps après la publication de cet ordre, du jour, je reçus une lettre du comité de salut public qui me rappelait à Paris. Cette mesure était commune à tous les députés en mission dans les départemens et aux armées, et avait été prescrite par une décision spéciale de la Convention. Je n'obéis qu'avec peine à l'injonction qui m'était faite. Après la brillante campagne qui venait de se terminer, j'aurais voulu assister à une campagne qui s'annonçait plus glorieuse encore.

Étranger de tous temps aux partis qui avaient divisé la Convention , j'aurais voulu ignorer même les nouvelles combinaisons qui s'étaient formées dans son sein , et ne pas être obligé de prendre parti dans une lutte où l'on voyait combattre Français contre Français, républicains contre républicains ; mais une seconde lettre du gouver^ nement ayant renouvelé le premier ordre que j'avais reçu, il ne me restait plus qu'à hâter monr retour, et , malgré mes regrets, je m'éloignai de mes compagnons d'armes. En arrivant à Paris , je me rendis au comité de salut public où se trouvaient alors Rewbell , Barras et iMerlin de Douai. « Qu'avez-vous à me reprocher? leur dexnandai-je. — Rien, me répondit Rewbell; tocti

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rappel n'est pas une marque de mécontement ^ c'est la suite d'une mesure générale. » Barras ajouta quelques mots d'éloges sur mon courage et mes travaux militaires. Je me retirai. Ce n'était pas dans des conversations particulières, c'était à la Convention que je voulais juger l'état des esprits et les effets de la grande crise qui venait de s'opérer.

Il y avait plus de six mois que je n'avais siégé au milieu de mes collègues quand je reparus dans le sein de la Convention. L'aspect nouveau de cette assemblée me frappa. Le sommet de la Montagne^ où se pressaient naguère les deux tiers des députés, était maintenant dégarni et presque désert. Un grand nombre de ses membres s'étaient rapprochés du Marais^ où ils essayaient de se faire oublier en se confondant avec la tourbe banale des appuis de tous les partis vainqueurs. D'autres , sans quitter le côté gauche, étaient descendus plus bas, et, de leurs bancs nouveaux comme d'un terrain neutre, ils étudiaient la nouvelle marche de la Convention.

Mais ce qui in'étonna davantage, fut de voir Tallien, Legendre, Merlin, Fréron, assis au côté droit, auprès de cette Gironde qu'ils avaient décimée, et avec laquelle ils paraissaient dorénavant alliés par des liens indissolubles ; car les thermidoriens, ainsi que je l'ai dit^ s'étaient raU liés aux opinions du côté droit , et avaient pour

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ainsi dire, fait amende honorable en allant s'asseoir sur leurs bancs. Il régnait dans toute l'as* semblée une étrange confusion : déjà Thuriot, qui s'était rapproché du Marais, passait pour ter-^ roriste, et Lecointre de Versailles, qui depuis a été proscrit avec naus, était l'un des plus chauds adversaires du gouvernement révolutionnaire , quoiqu'il n'ait pas , comme les thermidoriens , été s'asseoir au côté droit. Dans cette dispersion générale, il m'était impossible de savoir où je retrouverais des amis , où était le véritable parti de la répubUque ; mais lorsque, pour la première fois , en ma qualité de membre du comité de correspondance, je montai à la tribune, je pus comprendre, d'après le seul aspect de rassemblée, que beaucoup de sang serait versé sur le tombeau de Danton, de Camille Desmoulins et de Fabre-d'Églantine : c'étaient eux que voulait venger Legendre ; c'était leur supplice que Barras et Tallien prenaient pour prétexte à leur dévorante ambition, et Merlin de Thionville à son étonnante désertion. Je ne pouvais consulter personne pour savoir quel parti prendre au milieu d'une assemblée que je ne connaissais plus ; mais ma conscience me restait, et c'était assez; je ne désertai point le poste que j'avais cru devoir prendre au sommet de la Montagne : déjà long-temps je l'avais occupé avec les vrais amis de la liberté : je ne crus pas que les circonstances nouvelles

Une fissent une loi de le quilter; je me promis de rester inébranlable dans mon amour pour la patrieet pour la liberté, de défendre les principes qui avaient toujours été sacrés à mes yeux et de combattre la réaction thermidorienne, quand elle éclaterait en injustice, comme j'avais combattu jusqu'alors le despotisme et l'aristocratie. Malheureusement , je retrouvai les plus véhémens de nos collègues tiédes et découragés; à peine il était possible de reconnaître encore cette vigoureuse Montagne, dont l'énergie avait fait trembler le monde; il y restait cependant une trentaine de chauds patriotes , décidés à donner leur vie pour leurs principes : de ce nombre étaient le véhément Duhem, Rulh, Ruamps, Bourbotte; Soubrani, et cet intéressant Goujon, dont nous avons eu depuis à déplorer la perte. C'est au milieu d eux que je choisis ma place; car c'était de leur côté que se trouvait le courage et le dévouement; je résolus pourtant de m'armer contre les injustes défiances , et de réprimer, tant qu'il serait en moi, mon impétuosité naturelle : peutêtre, me disais-je, serait-il possible de tenter une réconciliation entre tous les partis; tous ont eu des pertes à déplorer; tous, sans doute, doivent désirer un accommodement. Soins inutiles ! la réaction nous emportait, et les hommes mêmes qui avaient fait autrefois preuve de sagesse et de modération , suivaient le char de Tallien dans

Fignoble route des vengeances particulières.

Le premir acte d'opposition que je tentai contre les nouveaux meneurs, nïe fit exclure du comité de correspondance; j'avais trouvé, dans les papiers qui m'étaient adressés, une lettre sur le règne de la terreur, comme nous en recevions de tous côtés. Les signatures me frappèrent, je les avais vues sur une autre pièce; je la trouvai et je comparai ces signatures; elles étaient les mêmes. Dans la première pièce, toute contre -révolutionnaire , on traitait la Convention et le gouvernement républicain avec le plus grand mépris; il me vint dans la pensée de présenter dans la correspondance ces deux pièces l'une après l'autre pour faire voir comme les hommes varient, et je les lus après le reste de la correspondance , pour donner aux députés le temps d'arriver à la séance. Je fis d'abord connaître la plus récente; on demanda au côté droit l'insertion au Bulletin, et mention honorable. « Attendez , citoyen , dis-je , j'ai encore une pièce signée des mêmes personnes. Il ne vous en coûtera pas plus d'ordonner la mention honorable pour les deux adresses. » J'étais à peine au quart de ma lecture, qu'il se manifesta dans l'assemblée un mouvement d'indignation, particulièrement au côté droit; on entendit crier : « Nous ne voulons pas, entendre de telles horreurs.» 'Attendez, leur dis-je. J'eus beaucoup de peine à lire toute la pièce, tant l'agitation était

grande dans toute la salle. Un membre du côté droit demanda le décret d'accusation contre les si* gnataires de cette adresse; il fut rendu à l'unanimité, avec ordre à moi de déposer les deux pièces sur le bureau^ ce que je fis à l'instant. En descendant de la tribune on me demanda où j'avais trouvé cette pièce.Dans le portefeuille deLafayette, répondis-je, où j'en ai trouvé bien d'autres; je les produirai en temps et lieu, et plus d'un masque tombera. En retournant à ma place , un de mes collègues me dit : Tu es bien indiscret; crois-tu qu'on laissera vivre un homme qui a le portefeuille de Lafayette à sa disposition ? Effectivement , lors de mon arrestation , on avait mis les scellés sur tous mes papiers; les commissaires chargés d'ea faire la levée demandèrent où étaient les papiers du portefeuille de Lafayette. — Ils sont en sûreté , répondit ma femme.

Peu de jours après la lecture des deux adresses,, un membre du côté droit fit observer que j'étais membre du bureau de correspondance depui» sa création ; que ce bureau était renouvelé , et que je ne devais plus en faire partie. On demanda mon remplacement : c'était juste , trop parler nuit.

Dans des conversations particulières avec Tallien, Legendre, Merlin et d'autres, je leur représentai à quels dangers ils exposaient la république en rompant subitement les barrières qui avaient arrêté ses ennemis , qu'ils ouvraient un

passage au torrent qui allait les entraîner euxmêmes, qu'ils devaient craindre de servir, sans le vouloir, d'instrumensaux contre-révolutionnaires qui bientôt les écraseraient à leur tour. Nous arrêterons le mouvement et nous le dirigerons comme nous le voudrons, me dirent-ils. — Vous arrêterez et vous dirigerez ce torrent comme vous voudrez? ah! ne le croyez pas, il creusera notre tombe à tous. Dans le même temps Reuwbel, membre du gouvernement, s'écriait : « Prenez garde à ce que vous faites, les ennemis sont aux portes de cet assemblée; ils vous embrassent pour vous étouffer, d

Très-souvent des députations se présentaieht à la barre delà Convention pour déclamer contre le règne de la terreur et ses excès, ayant soin de comprendre sous ce nom toutes les lois républicaines; un jour, ne pouvant plus me contenir, je demandai la parole : «Je conviens, dis-je, avec les pétitionnaires que nous avons passé des temps bien fâcheux , bien terribles^ que nos lois portaient un caractère de rigueur bien grand; mais ces lois contre lesquelles on crie tant aujourd'hui, qui nous les présentait, ou le comité de salut public, ou celui de sûreté générale, ou enfin le comité de législation ? C'est à ces trois comités que l'action du gouvernement républicain était confiée , c'est d'après les rapports qui leur étaient faits de la part de tous les agens du gouvernement qu'ils ve-

naient nous proposer ces lois. Comment les discuter, comment les modifier ou les rejeter, avionsnous les mêmes rapports qui venaient de tous cô-^ tés à cps comités et qui pouvaient leur donner des connaissances que nous ne pouvions pas avoir , excepté par les départemens dont nous étions les représentans , et maintenant tous les pétitionnaires qui viennent déclamer à la barre de laConvéntion contre ces lois, adressent plus particulièrement la parole aux membres du côté gauche (je me retourne vers le côté droit) eh! où éti«z-vous donc alors? aucun de vous n'a donc élevé la voix contre ces lois que vous blâmez aujourd'hui. Direz- vous que la crainte vous fermait la bouche? La crainte dans le cœur d'un représentant du peuple! je ne puis et je ne dois pas le penser. Qui n'empêche pas le mal autant qu'il est en son pouvoir, en devient complice. »

Je m'apperçus d'un mouvement d'impatience dans le côté droit, je vis Tallien et d'autres tnembres gesticuler, Legendre et Merlin de Thionville se lever, je sentis qu'il fallait finir.

« Vous avez renversé le tyran Robespierre , ce n'est pas assez, il faut détruire la tyrannie; la liberté n'a été exposée à de si grands dangers que parce qu'on n'a pas arrêté cet homme dès les premiers pas qu'il a faits vers la dictature. Oh ! si de nouveaux tyrans s'élevaient dans cette assemblée, ce poignard, que j'aperçois sur la table des droits de^

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i'homme , me rappelle mon devoir. Mânes de Bru-

tus, reçois mon serment : Je jure d'immoler à la liberté le premier d'entre nous qui voudra remplacer Robespierre. «J'étais descendu delà tribune, un profond silence régnait dans la salle, je retournai à ma place et m'adressai à mes collègues : Eh bien ! vous ne me soutenez pas!. . . Ah! que vous êtes lâches ! Barrère, en sortant de la séance, me dit : Ah ! Levasseur , si tu avais été secondé , la réaction était arrêtée. — Oui, lui répondis- je, si quarante membres du côté gauche étaient venus faire le même serment , nous en imposions aux réacteurs, et j'aurais profité de ce moment pour demander qu'aucun député ne pût être mis en état d'arrestation qu'après avoir été entendu dans une séance spécialement consacrée à ce sujet. J'aurais proposé à mes collègues de venir nous asseoir indistinctement de tous les côtés , et particulièrement au côté droit; chacun de nous aurait été armé d'un poignard que nous aurions placé sur le côté gauche de notre habit, de manière qu'il fut apparent.

Le comité de salut public songea alors à m'envoyer à l'armée des Pyrénées orientales. Ce fut Barras qui proposa le décret au comité. Surpris et même piqué de ce qu'on disposait de moi sans m'en prévenir, je ne fus point au comité de salut public pour accepter ni refuser. Je me disais : le peuple ne m'a point envoyé pour aller aux armées.

ajO MEMOIRES

On Saura bien vaincre sans moi; mon poste est à la Convention, et surtout dans les circonstanœs présentes; ce poste est le plus dangereux, j'y reste. Le décret fut rendu sans aucune opposition. Tous mes collègues du côté gauche me sollicitèrent à ne pas accepter cette mission. « Tu vois que Ton veut faire la contre-révolution, me dirent-ils^ tu as du courage et de l'énergie, tu seras plus utile ici qu'à l'armée. — Je leur l'épondis : Vous ne me soutiendrez pas : j'aimerais cependant beaucoup mieux perdre la vie dans un combat que de porter ma tête sur l'échafaud ; » ils me promirent de m'appuyer dans toutes les occasions, et ils ne m'ont pas tenu parole.

Quelques jours après,une députation de jeunes gens se pt'ésente à la barre : ils lisent une adresse contre le gouvernement révolutionnaire et contre la Montagne. Duhem indigné s'écrie : « Ces jeunes gens ont quitté l'armée pour venir nous insulter ici. » Je demandai la parole pour répondre à lacalomnie de Duhem. A cette considération je l'obtins aisément; « J'arrive de Tarmée, dis-je, je reconnais plusieurs des pétitionnaires pour les y avoir vus : non , Duhem , ils n'ont point quitté l'armée comme déserteurs, nous les avons chassés comme des lâches qui, au premier coup de fusil , criaient sauve qui peut. » Un mouvement d'indignation s'élève dans l'assemblée et dans les tribunes; on s'ameute contre moi, les jeûnes gens

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qui éfaient à la l)arre ont l'air furieux, et leurs gestes sont menaçans; je vais près de la barre et j'ordonne à un huissier d'ouvrir la porte; je passe au milieu de ces jeunes gens en les regardant d'un air fier; je fais le tour des couloirs, personne ne me dit rien : je comptais à la vérité sur deux petits pistolets de poche que je portais toujours sur moi en cas de besoin.

Depuis ma nomination à l'armée des Pyrénées orientales , plusieurs députés du côté droit me di* rent : Pourquoi n'acceptes-tu pas cette mission : tu es si vif, si violent, que tu te perdras ici. Baudin des Ardennes me demanda un entretien particulier, il me dit : Le comité de salut public, avant de te nommer commissaire à l'armée des Pyrénées orientales, a invité toute la députation des Ardennes à se rendre dans son sein : on nous annonça qu'on avait le dessein de t'envoyer à cette armée, mais qu'on n'avait pas voulu proposer le décret à la Convention avant desavoir de nous si nous avions des reproches à te faire au sujet de ta mission de Sedan , et quUls ne voulaient pas avoir l'air de te soustraire aux recherches qu'on pourrait faire; nous répondîmes qu'à la vérité tu avais été chargé d'une mission bieti malheureuse , mais que non-seulement tu ne l'avais pas exécutée avec toute la rigueur qui t'avait été prescrite , mais encore que tu ;avais cherché à défendre les prévenus , et enfin qu^ aucun de nous n'avait le dessein de t*accuser.

Crois-moi, pars pour l'armée, tu te perdras ici^ crains de n'avoir pas suivi un conseil dicté par l'estime et l'amitié.» Je conviens à présent que j'eus grand tort de ne pas accepter cette mission. Jq reconnus,. mais trop tard, que nous n'étions pas en force pour arrêter le débordement des passions et prendre la raison pour guide. Que de peines et de chagrins je me serais épargnés! je le devais peut-être à la réputation que j'avais acquise à l'armée du Nord, je le devais surtout à mes enfans qui ont beaucoup soufferts, parce que leur père fut arrêté dans la suite , et sa modique fortune fort dérangée.

Mais c'était au sein de la Convention que se trouvait le danger! c'était au sein de la Convention que je croyais voir ma place marquée! Je regardais comme honteux d'abandonner un poste où mes collègues et mes amis avaient des dangers à subir ; d'ailleurs, la réaction marchait d'un pas sL rapide qu'il m'eût fallu bientôt quitter mon poste, ou trahir ma conscience ; certes, j'aime mieux encore, après tant d'années de persécutions et de malheur, avoir rempli mon devoir, et vivre dans l'exil, avec la conviction d'avoir fait le bien, que de m'être laissé entraîner dans le parti vainqueur, où je n'eusse pu recueillir que de vulgaires avantages personnels et la honte qui suit la défection.

Revenons auxX^iscussionsde la Convention. J'ai, déjà dit que les ambitions personnelles s'étaient

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émues au moment tnéme où ia crise du 9 messidor avait éclaté ; on ne tarda pas à en voir la preuve ; auc4)n des coalisés n^osait engager une querelle qui pouvait compromettre sa position , mais la moindre étincelle pouvait allumer l'incendie au milieu de matières qui ne demandaient qu'à s'enflammer» L'occasion qu'on attendait de tous les côtés , mais qii'aucun parti n'osait faire naître y se présenta pourtant peu de jours après le 9 thermidor. Le comité de salut public était resté incomplet par la mort de Robespierre, Couthon et Saint- Just. Barrère vint demander le remplacement de ces trois députés , et désigna, pour leur succéder, Treillard, Bréard et Je^an Dd)ry. On se récrîade tous cotés sur cette proposition. Les jthermidorienscontestèrent au comité le droit de présenter ses candidats. On profita de cette occasion pour $'élever contre la tyrannie décemvirale. Quelques députés demandèrent qu'on adoptât de. suite un mode de renouvellement hebdomadaire du comité; d'autres insistèrent pour qu'on procédât de suite à l'appel nominal pour l'élection* Les thermidoriens s^étonnèrent de ce que Hérault n'eût pas été remplacé; d'une part on insistait pour que le mode de renouvellement fut décrété ; d'autre part, on réclamait à grands cris l'appel nominal.

J'avoue , s'écria Tailien , que je conçois difficile*ment comméut^ lorsqu'il s'agit de consacrer un principe sauve^gard^ de la liberté publique, on

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demande rajourneraent ; nous avons passé la nuit pour abattre le tyran ^.passons -la aujourd'hui pour assurer le triomphe de la Hberté. Ce qui est vrai dans, ce moment le sera*-t-rii moins demain ou dans deux ou trois jours? sera-t-il moins vrai demain qu'aujourd'hui qu'il ne faut pas que les mêmes hommes exercent long-temps le ppuyoir si l'on ne veut pas qu'ils «n abusent? On ipeut ajourner les moyens d'exécution , mais je soutiens que ce principe doit être consacré surle-ch^mip.

Billaud-Varennes répondit:

« Je demande la priorité pour l'appel nominal. Si le comité s'est permis de présent-er la liste des mçmbres qu'il croyait propres au travail du comité de salut public, c'est qu'un décret formel le lui prescrivait; mais puisqu'il s'est élevé de l'opposition ^ j'insiste pour l'appel nominal ; c'est par cette voix que le peuple va connaître ses vrais amis.

On vient de dire qu'on avait eu des raisons pour ne pas remplacer Hérault; oui, nous en avons eu, nous n'avons pas voulu augmenter le nombre des conspirateurs qui étaient déjà dans le comité; je m'étonne qu'on ait déjà oublié l'état d'oppression sous lequel gémissait la Convention nationale... Je soutiens qu'il faut sans cesse se rappeler cet état d'oppression afin que laConvention ne retombe plus dans un pareil état d'avilissement; on

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me dit que dans ce moment-ci rassemblée est libre : oui , elle l'est; mais Tétait-elle avant que le glaive de la loi eût frappé le tyran? Tétait-elle à Tépoque où la loi sur le tribunal révolutionnaire lui fût présentée? Non, si ces faits sont constans, comment peut*onles avoir oubliés depuis la mort du tyran? J'insiste pour que la nomination des membres des deux comités soit faite par appel nominal! w

La discussion se prolongea : de part et d'autres , on y mit une aigreur à laquelle nous n'étions plus accoutumés: cependant Tinfluence du comité de salut public était encore grande ; sas partisans triomphèrent dans ce premier combat; on passa à Tappel nominal sur Télection des nouveaux membres du comité ; on pourvut en même temps au remplacement de Hérault-Sechelles, et Ton compléta le comité de sûreté générale, au sein duquel Texpulsion de David et d'Elie Lacoste , chassés pour nes'êtrepôint prononcés contre Robespierre, laissait deux pièces vacantes. Saint -André et Bourdon furent appelés au comité de sûreté générale. Treillard, Merlin de Douai, Bréard et Jean Debry furent élus membres du comité de salut public. On fit aussitôt observer que JeauDebry^ ayant protesté contre le 3i mai, ne pouvait faire partie d'aucun comité de gouvernement. Ce député se démit de bonne grâce , et personne ne réclama ; on n'en était donc point encore à faire le procès à la

276 , Kékoiw$

Mpnta^ne; les thei*mîd<>rîenf i$Q ^&Bi donc assor ciés volpnt^iraipçpt à la jqiiraéç du 3i mai, car, ^ans catte içirconstauce du moins. Ils q^ peuvent pas prétendre avjpjr été dominée par la terreur.

Cependant la queystion du rçnouvelleçnent par q^arl n'était point encore rjt^solue; Barrérç çom^ prit c^m l'çsprit de l'assemblée était pronoBcé cpntrela prolongation de ses pouvoirs^ il s'opposa lui-même à l'ajournement :

« Je neçançoisydit^il, pas comment les opinions sont partagées, quand on a vu que l'habitude du pouvoir pouvait causer la plus grand mal. D'aile

I^rs, le repos e$tnpçessair€!au?i; membre^ qui coiq^ pp;^Pt maintenant le çoraiié de içalut public. Nous avons plus d'una foi^ gémi de ne pouvoir suivre la marche de vos opérations; il faut^ aprè« un long trayail, rentr-çr dans le ^ein de ia convention pour s'y reposer de ses fatigues ; je m'oppose à rajournemant« »

Ce discours fut accueilli par d'unanimes applau-^ djàsemens^ qui ne devaient pa^ flatter vivement U vanité de l'orateur; le renouvellement partiel et régulier fut adopté par acclamations; on décida même que les membres sortant ne seraient rééii^ gibles qu'au bout d'un mois ; bientôt n^me, wr le rapport de Poujtier , on étendit la même mesura .à tous les comité^. Il ^^t curieux de lire les motifs présentés par cet orateur; on verra qu'alors la réaction se cachfût encore $ous las formes le$ pUi$

DE RBMé LËYASSEUR. 'ï'}']

patriotiques^ itiâis que déjà elle perçait cîans les discsôtrfst dé ses suppôts.

« Vous avez, dit Poultier, retiré y6^ Cotùxiié d'Utte tutdié avilis^tite, vous àvez régularisé la côtiMé dû <*hai* révôlutiontiaîre^ qui àtipârârvônt tUâfcbdi au gré de quelques hammes qiïr eto faisaient tm îrt^tfutnent d'oppressiort, el toulâîéWt s^tti servir pôUr avilir un gofûvérnertîent pdpu-^ lâiré; ik avaient usurpé leîs pouvoirs de^ hi coti*- Vettfioîn , ils lés avaient resserrés énti^ les mains dé que!qufes membres de la repf éietitation , et le réstti de cette représentation était tetiù dans là pltis ittcôtoccivablé nullité.

Cepettdstnt la (Wnventioiï est une, eUe ne résidé pâtd dànsf une pôt^tton de ses nietnbres, mai^ datls ïetrf intégrité, ilons avons tous le droit de servir là patrie; hous avons tous reçu du peuple la Mis^kiti ^crée de feit*e sbil bonheur.

Si quèlqu^fn voulait encore nous dominer, si qtfélques tribnns însolens voulaient comprimer là: réprésentation nationale^ ou ces hommes s*ûppttîef aient sur de grands talens, sur une grande prôpularité, ou ils auraient plus de présomptioti que de moyens.

Dans la première hypothèse , nous devons nous tem'r ^ur nos gardes, car depuis cinq ans fes granrds taléUs ont &it tous nos maux : dans le second cîas^ nous devons, pour le saint eommun^ réprimer les ridîcuïes prétentions dé cès petits

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ambitieux, et opposer la raison froide et mesurée à leurs divagations insensées, à leurs babillardes ignorances.

Nous avons renversé le trône , nous avons pro-^ clamé la république, tout n'est pas fait encore f de nouveaux dangers nous mena,cent, mille pièges nous environnent; les uns veulent amortir notre énergie, égarer notre humanité , rendre stationnaire le char imposant de la révolution,^ afin que, tournant sur lui-mémé, il nous reconduise à la servitude. Les autres se préparent de loin en loin à ]a dQn^in^tion (avec une âme possédée des ri-p chesses ) , prennent toutes les formes républi-r çaines, laissent le peuple se flatter avec perfidie, lui arrachent sa confiance pour lui dérober ses pouvoirs. Us ont tauJQurs à la bouche les saints noms d'égalité et de justice,, et ils foulent aux pieds les lois les plus sacrées ; on les voit sans cesse mendier par des discours empoisonneurs les suffrages des citoyens simples et sanst expérience qu'ils pervertissent insensiblement ; bientôt une foule de créatures les environnent* ils deviennent des idoles qu'on nep^ut offenser sans crime; tous ceux qui^ libres dans leur pensée j no veulent pas s'agenouiller devant ces nouveaux dieux, sont de$i conspirateurs que Ton proscrit , et l'échafaud devient le prix de leur fierté républicaine ; alors toutes les âmes se compriment, la terreur amène le silence, les citoyens se fuient, les amis s'évitent ^ on ne se

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considère plus qu'avec effroi : en portant les yeux sur. les symboles de la liberté, on croit voir les instrumens du supplice ; le patriotisme n*est plus que Fart de dénoncer, d'opprimer , de voler , dé proscrire, d'assas'^iner les patriotes. Pendant ce temps, les ennemis de la révolution respirent; ils méditent leurs projets sinistres, sourient des déchiremensde la patrie, et reprennent l'espéràoce d'égorger la liberté dans son berceau.

Citoyens, méfions-nous de ces ambitieux hypor crites, ilssonl des serpens dangereux qui s'àttachent à la statue de la liberté^ comme à leur domaine exclusif; ils la caressent avec un transport affecté après Tavoir enveloppée dé leurs tours sinueux; ils la serrent tout-à-coup et se mettent au-dessus d'elle après s*être élevé par elle. Les véritables amis du peuple, loin des tribunes orageuses, méditent dans le silence notre bonheur et veillent à la conservation de nos droits ^ ils ne cherchent point la renommée; ils n'ont point l'air Êirouche et cruel, ni le geste menaçant; ils n'af-* fectent ni la malpropreté , ni la singularité ; ils ne mettent dans leurs discours ni moi gue , ni fureur. Intrépides dans le 'danger, ils savent mourir à leur poste ; ils cherchent l'osbcurité et la retraite quand le péril est passé ; ils ne vantent pas leurs services, ne demandent ni places, ni récompenses^ leur récompense la plus douce est la. conscience d'avoir fait leui-dévoir et servi la libertéi

On m'alléguera qiie dé^ vérités sont comiques, que tout le monde les a répétée». Je plains ceux qui me feront de tels reproches ; s'ils ne disent jaK mais que des choses incîonnu^s, ils seront peu in^ telligibleâ aux patriotes. Pour moi^ je ne me pique point de cette orlginalité^eft je suis charmé que met idées Soient conformes à celles de tout ]é monde, eest-à-dire; à celles du peuple^ le peuple a aussi sa pensée, il sait raisonnner ^ il acquiert de YéX* périence | et le temps lui fait distinguer les amis de son bonheur et de sa liberté ^ d'avec Oeux qui ne travaillent en son nom qu'à leur puissance f k leur fortune et à leur élévation.

On répète tous les jours que nous marcbcîùs entre le patriotisme fatigué^ qui veut se reposer au sein du noodérantisixie, et l'opiniâtreté aveugle qui ne veut point approprie)* les forces révolintionnaires aux besoins , aux tempS' et aux cir«> constances. Ceci vient ^ san» doute, faute de s'en^ tendre; déterminons une bonne fois ce qtte nous aitendrons par hommes suspects^ et faisoûs met^ tre en arrestations tous ceux d^ cette classe; ne laissons rien à l'arbitraire^ ni aux passions, ni aux récriminations, ni aux erreurs de Tignorance^et définissons les chpses clairement; et lors^ que nou& aurons» déterminé l'échelle de la sus«* picion^ elle servira de meâure au comité révolu* tionnaire> et tel ne paraîtra pas patriote dans une commune et aristocrate d^MEisr tjb autre. Njous

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yôùliOtïé tous la liberté et Tégalïté, ûotis ne disptiton^ qtie strr les tnoyeïià d'y art*îvef. Ëdaîmn^ dôtis lîfuttielletnent , soyons de bonne foi , et ne iflétton^ pas l'àittotir-^pi^opi-e â h place lïe Tamcntr de^ la patrie.

Je safe que cette dîgrëésioîi est éffangère k rorganisation des comités; mais après di^t ttîdîi^* de compression et de silence , nous avons tous quelque chose à nous dire; j'ai soulagé mon cœur et je reviens un peu tard à l'objet de la discussion; vous avez décrété que les comités seraient renouvelés par quart tous les mois; pour assurer l'exécution de cette mesure tutélaire,je vous propose les articles suivans ;

Article i^'. Le dernier de chaque mois les diJPférens comités seront tenus de provoquer à la tribune par l'organe (le Fun de leurs membres leur renouvellement; ils seront tenus de déposer sur le bureau les noms des membres sortans.

Art. II. Cette liste sera lue par un secrétaire de la Convention et affichée au bureau.

Art. m. Le dernier de chaque mois il y aura une séance pour opérer le renouvellement; cette séance n'aura pas besoin d'être indiquée ; elle aura lieu périodiquemen en vertu du présent décret.

Ces mesures étaient justes et réparatrices, elles

furent l'unique fruit de Falliance qui succéda au 9 thermidor. Nous verrons dans le volume suivant les partis qui composaient la coalition se séparer^ nous verrons naître de nouveaux déchiremens ^ jusqu'au moment où la réaction triomphante se jeta presque entre les bras de l'ancien régime déclaré.

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